C'est une intéressante enquête que publie "Le Figaro" sur "les écrivains boudés par le théâtre". Des auteurs célébrés de leur vivant mais quasiment plus joués aujourd'hui. Pourquoi ce désamour ? Dans la presse, on évoque également d'autres disparus et deux affaires politiques : les affaires Fillon et Griveaux.

Portrait de Jean Anouilh (1964)
Portrait de Jean Anouilh (1964) © Getty / ullstein bild Dtl.

DUGOMMIER, mondain.  "Ce que j’aime, c’est les meubles Empire…"

MAGIS, rigoleur. "Question de goût. Moi, je les préfère en bois ! Ah, ah, ah !" 

Dugommier et Hortense échangent un regard. 

HORTENSE, gênée. "Tu vois, Victor… Emile a toujours le mot pour rire…"

Peut-être connaissez-vous le texte d’où est tiré cet exceptionnel échange ("Ce que j’aime, c’est les meubles Empire... Moi, je les préfère en bois !")... Si vous ne le connaissez pas, rassurez-vous, il y a une explication. 

Ce sont des répliques tirées de "L’Œuf", une pièce en deux actes de Félicien Marceau. Elle connut un succès mondial à la fin des années 50, restant à l’affiche au théâtre de l’Atelier pendant plus de trois ans. Suite à ce succès, "L’Œuf" est même entré au répertoire de la Comédie-Française en 1979. Mais cette année-là, la pièce a fait un flop et, depuis 40 ans, elle n’y a plus jamais été jouée.  Félicien Marceau n’est d’ailleurs pas le seul auteur tombé dans l’oubli. De nombreux dramaturges, pourtant célébrés de leur vivant, ont aujourd’hui quasiment disparu des scènes du pays. Alors, pourquoi ce désamour ? 

Le Figaro a mené l’enquête, et nous donne d’abord d’autres noms d’auteurs qui ne sont presque plus joués : Jean Anouilh, Marcel Achard, André Roussin, Edouard Bourdet, Henry de Montherlant… 

Des écrivains boudés par le théâtre

Pourquoi n’intéressent-ils plus personne ? Ou, du moins, plus autant avant ? L’une des raisons est d’ordre économique. Elle tient à l’ampleur des distributions d’autrefois. Trop de personnages dans leurs textes. Dans « L’œuf », par exemple, il y en a 35. Or, aujourd’hui, à de rares exceptions, les metteurs en scènes ne peuvent pas engager plus de quatre ou cinq acteurs. Au-delà, c’est trop cher. Ils ne trouvent pas de production capable d’assumer les coûts du spectacle.  

Ensuite, leurs pièces ne sont plus trop dans l’air du temps. A l’inverse de celles de Molière ou Racine qui, elles, ne se démoderont jamais. Du reste, la jeune génération de théâtreux ne les connaît parfois même pas. Et puis il existe une raison plus politique, et je cite ici Philibert Humm, notre confère du Figaro.  

Ces auteurs seraient classés à droite, quand la culture est à gauche... 

Le comédien et metteur en scène Michel Fau le confirme. Tout en le déplorant. 

C’est atrocement réducteur, mais c’est comme ça. Mai 68 est passé par là. Anouilh et Montherlant passent aujourd’hui pour d’affreux bourgeois installés, alors qu’ils sont de vrais auteurs sulfureux...

A ses yeux, la Comédie-Française ne jouerait pas "son rôle de conservatoire". Sauf que ce n’est pas son rôle, rétorque Eric Ruf, l’administrateur de l’institution. Contrairement à une idée reçue, la Comédie-Français n’a pas vocation à jouer ce que les autres théâtres ne jouent plus. Eric Ruf donne quelques chiffres.

Sur les quelque 4 000 pièces que compte notre répertoire, 95% ne sont et ne seront jamais plus jouées. Certaines ne l’ont même jamais été. Pas une seule fois ! 

D’où le titre de cette enquête : "Théâtre : le cercle des auteurs disparus"

On trouve d'ailleurs d'autres disparus dans la presse

A la Une de Paris Normandie, s’affiche le visage d’un soldat français de Bakhane, force déployée au Sahel pour lutter contre les djihadistes. Dimanche, on l’a retrouvé mort dans son campement au Burkina Faso. Les causes du décès ne sont pas établies. L’homme de 27 ans était né près du Havre et le journal lui rend hommage.

Dans Le Petit Bleu d'Agen, le visage d’un autre militaire : le colonel Arnaud Beltrame, tombé en héro il y a bientôt deux ans. Un rond-point d'Agen porte désormais son nom. Des squares, des avenues le portent aussi dans d'autres villes. Il est beau de voir que l’on continue de célébrer cet homme-là.

A Nice, c’est une rue qui a été récemment rebaptisée : la rue de la Cité du Parc est devenue "Le cours Jacques Chirac", et l'on y trouve une statue de l’ancien président. 

Polémique à propos d'une statue de Jacques Chirac

Elle a été inaugurée il y a dix jours, mais depuis, elle a déjà été vandalisée à deux reprises. Jacques Chirac a perdu l’annulaire et l’auriculaire de sa main gauche. De surcroît, elle fait polémique, nous explique Nice Matin. Des opposants au maire affirment qu'elle a été fabriquée à la va-vite pour pouvoir être inaugurée avant les élections municipales. Et, disent-ils, elle serait en mousse, mais sera remplacée plus tard par une statue en bronze qui coûtera à la ville 80 000 euros. 

Le cabinet du maire dément : la statue de Jacques Chirac n'est pas en mousse mais en résine, et la ville n’en a commandé aucune autre. En revanche, on va renforcer la structure pour éviter de nouvelles "amputations".

Parfois, la politique est faite de bien petites choses... 

Cependant, il existe aussi de grandes "affaires".

"L'affaire Fillon" devant la justice

Lisez la prochaine édition du Monde, qui révèle les dessous de ce dossier hors-norme. L’ancien Premier ministre et son épouse comparaîtront au tribunal à partir de lundi prochain. Et dans Le Monde, donc, Fabrice Lhomme et Gérard Davet nous racontent la fabrication d’une « PME » familiale. Un "système" familial, que François Fillon aurait mis en place afin de s’enrichir. Pendant des années, son épouse a touché des sommes faramineuses pour des travaux d’assistante parlementaire dont elle n'a, jusque-là, pas pu fournir de preuve. Deux des enfants du couple ont également été mis à contribution. 

Cette enquête se lit comme un roman.  

"L’affaire Griveaux" fait en outre toujours la Une. On pourrait sans doute l’appeler "le bistou-gate". 

Comme Le Monde, Libération a mené l’enquête sur le trio à l’origine de l’histoire : un performeur russe, un avocat proche des Gilets jaunes, et une étudiante en droit de 29 ans… La famille de cette dernière prend sa défense dans Le Parisien. Son frère se dit persuadés qu’elle a été manipulée.

Et puis, pour finir, un chanteur disparu. 

La Croix rend hommage à Graeme Allwright, mort dimanche dans sa maison de retraite à l’âge de 93 ans

Avec lui, nous dit le quotidien, la chanson était à la fois tendre et rebelle. Le papier se conclut sur quelques paroles… 

Adieu, amis, courage

On peut vaincre l’orage

Et terrasser la peur

La forteresse tremble

Et les vents se rassemblent

Sur les derniers rameurs

Sous le poids des souffrances

Se lève l’espérance

Et l’arbre de douceur

Avec Graeme Allwright, c’est une partie du cercle des poètes qui a disparu.

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