On pa rle beaucoup de vous dans la presse ce matin, Laurence Parisot... C'est normal... Avec votre discours d'hier, vous avez créé l'événement... Alors, il y a les journaux qui prennent acte... Ceux qui prennent à partie et ceux qui prennent votre parti... Comme "Le Figaro" qui, sous la plume de Nicolas Barré, écrit qu'avec vous, les chefs d'entreprises ont trouvé une porte-parole particulièrement efficace... Que votre registre est celui du lobbying à l'américaine... Autremement dit, que vous martelez vos idées, que vous défendez pied à pied vos intérêts avec un seul but : obtenir des résultats... Au risque de forcer le trait et de recourir aux slogans, comme celui de "la France illisible"... Nicolas Barré qualifie votre discours de "charge violente, passionnée, sans tabou". Alors changement de décor maintenant, avec "L'Humanité", où l'on vous voit en Une, les bras levés, sous le titre : "Réjoui des mesures Villepin, le patronat s'emballe". Selon la Présidente du MEDEF, la France serait illisible, écrit Maurice Ulrich... Alors, pour y remedier, on lui suggèrera de retourner à l'école... L'école de la démocratie... Car si le MEDEF a du mal à lire la France, c'est à l'évidence parce qu'il ne connaît qu'une langue : la sienne. Il croit par exemple qu'il est l'entreprise à lui seul... Or, que serait l'entreprise sans les salariés ? Qu'est-ce qui créé les richesses, si ce n'est le travail des salariés ? Voilà... "L'Humanité" épingle aussi l'organisation de l'Assemblée générale d'hier...Un décor royal pour une "liberal academy, écrit Pierre-Henri Lab... Un vrai show à l'américaine, où l'on exhibe les salariés du bâtiment... Photo à l'appui, où l'on voit effectivement sur scène un groupe de femmes portant casque de chantier et s'exprimant au micro. L'autre entité très présente dans la presse ce matin, c'est l'école... Avec la remise en cause de la version des faits apportés par la prof poignardée au lycée professionnel d'Etampes... Puisque, selon le rapport du ministère de l'Education, il n'y a pas eu, dans cette affaire, de faute grave de la direction... Ce qui inspire à "France Soir" son dossier à la Une, sous le titre : "Des flics dans les écoles ?"... Les enseignants sont contre, nous explique le journal... Mais après l'agression d'Etampes, la question se pose à nouveau. L'Education nationale... Avec son ministre, Gilles de Robien, qui accorde une interview à "Libération", où il défend sa méthode, marquée par une succession d'annonces... "Ecole : Robien a la réformite", titre "Libé"... Qui plus est, il réforme en douce, affirme ce journal... Un véritable bricolage, de la part d'un ministre qui s'intéresse plus aux parents qu'à leurs enfants... Un bricolage instauré en dogme. Alors, que répond Gilles de Robien ? "Même pas peur !"... "Je suis un ministre serviteur, dit-il... Je n'ai pas peur du passage à l'acte". "Pourquoi me parlez-vous de boulimie ?", demande-t-il au journaliste de "Libé" qui l'interroge... Etonné que nos confrères soient surpris, Gilles de Robien explique qu'il n'est pas là pour perdre son temps, et que s'il prend des mesures, c'est justement parce qu'il faut aller vite et ne pas attendre tel ou tel rapport, ou tel rapport sur le rapport. Et puis il y a cette question, qui montre peut-être, Laurence Parisot, que vous avez inventé un nouveau mot politique... A multiplier les annonces, ne risquez-vous pas d'être illisible ?, demande "Libération"... "Non, car tout ce que j'annonce, répond Gilles de Robien, s'agence autour d'une même colonne vertébrale : la réussite scolaire, l'égalité des chances. Alors exemple d'une "réforme Robien"... Sa volonté de tout faire pour que les professeurs puissent dorénavant enseigner deux matières... Un truc, une astuce pour réaliser des économies, estime "Charlie Hebdo", qui termine par ce commentaire... "Si Robien a su passer de la vente de contrats d'assurances à la gestion du plus grand ministère de la République, on peut supposer qu'il n'est pas surhumain, pour un prof de dessin, de se mettre à enseigner le sport, et pour un prof de sport, de se mettre à enseigner les maths". D'où ce titre de "Charlie Hebdo" : "Transformiste, le nouveau métier de prof". Autre métier : celui de ministre... Et ses coulisses, qu'une fois de plus "Le Canard Enchaîné" nous propose de découvrir... Avec la mésaventure de Christian Estrosi. C'était le 27 décembre dernier... Le ministre de l'Aménagement du territoire devait impérativement se rendre à Toul pour affaires urgentes... Pour cause de routes enneigées, il a dû prendre le train, mais une fois installé dans le Paris-Nancy, il s'est rendu compte qu'aucun arrêt n'était prévu à Toul. Alors, qu'à cela ne tienne : avec son portable, il a appelé ses services, qui ont immédiatement appelé le préfet, qui a tout de suite appelé la SNCF... Branlebas de combat... A la surprise générale de tous les autres voyageurs, le Paris-Nancy s'est arrêté en gare de Toul. C'est beau le pouvoir... Sauf que... Si le train s'est arrêté, les portes ne se sont pas ouvertes pour autant... Le conducteur s'étant probablement contenté de respecter un signal rouge. Furieux, le ministre avait le quai à portée de pied... Or, le train est reparti illico jusqu'à Nancy... Et il a donc fallu que Christian Estrosi attende le départ d'un train dans l'autre sens pour rejoindre Toul... Comme quoi, les ministre ne mènent pas toujours grand train. Pas facile non plus, le métier de Président... C'est le journal "Le Monde" qui revient aujourd'hui sur les lapsus de Jacques Chirac en Corrèze... C'était à cause de la lumière. "Ah, vous m'avez bien gâté avec ce projecteur dans la figure... J'étais en plein contrejour", tempête Jacques Chirac. Ce reproche, il l'a formulé auprès de ses conseillers, qui racontent volontiers l'anecdote, soucieux que l'incident de Tulle ne soit pas rapporté à la santé ou aux facultés intellectuelles du Président, après son accident vasculaire cérébral du 2 septembre dernier. Peut-être... Mais, un rien cruelle, Béatrice Gurrey note que même empêché de lire correctement, le Président n'était pas obligé de mélanger aux phrases qu'il prononçait des mots qui n'avaient rien à y faire. La Côte d'Ivoire, pays malade... Malade de ses divisions, de sa guerre civile larvée... La Côte d'Ivoire, malade aussi de son cacao... Objet de corruption au plus haut niveau, si l'on en croit un rapport de l'Union européenne, que révèle "Libération" ce matin. "Gbagbo fait son beurre avec le cacao"... "Libération" explique comment le Président ivoirien rançonne les planteurs à son profit... Comment la réserve de prudence, censée soutenir les cours en faveur des petits producteurs, a servi à financer l'achat d'armes. D'ailleurs, il faut rappeler que Guy-André Kieffer, journaliste indépendant, enlevé le 16 avril 2004 à Abidjan, dénonçait précisément dans ses articles les malversations du régime ivoirien de la filière cacao... Notre confrère est toujours porté disparu. Dans "L'Express", une brève qui a de quoi rendre fou de rage Christian Estrosi, qui n'arrive pas à arrêter un train... Les gens de cinéma ont beaucoup plus de pouvoirs... La preuve... Dans cet article de "L'Express" intitulé "Petits arrangements", on apprend que Luc Besson parvient sans problème à obtenir de la Préfecture de police de Paris que l'on bloque une rue pour une soirée entre amis ou des travaux à domicile... Que Catherine Deneuve n'a aucun mal à faire vider de tous ses convives la salle de certains restaurants qu'elle fréquente, afin de déjeuner ou dîner en toute tranquilité... Et dans le genre "passe-droit", le dernier en date n'est pas mal non plus... Il concerne Nathalie Baye, dont la voiture, stationnée depuis plusieurs semaines au même endroit à Paris, n'a pas eu le moindre PV... Les pervenches de son quartier ayant appliqué la consigne : pas de prune pour l'actrice. Face à de telles pratiques, on a vraiment envie de voir ce qui se passe ailleurs... Tiens, on va aller en Belgique, avec le journal "La Libre Belgique", qui publie une Une tout à fait étonnante... On y voit un bébé dans l'eau... Plutôt zen, comme tous les bébés dans l'eau... Mais attention : au-dessus de cette photo, on peut lire ce titre : "Les bébés nageurs, futurs asthmatiques"... Eh oui... Très en vogue, cette pratique ne serait pas aussi saine qu'on le pense, du moins dans les piscines... Après 10 ans, on constate des lésions irréversibles aux poumons, et deux fois plus d'asthme et de bronchites récurrentes... A cause du chlore, bien sûr. C'est à lire dans "La Libre Belgique", si bien sûr vous habitez dans ce pays... Comme peut-être bientôt Johnny Hallyday, qui fait la Une et de "Paris Match" et de "VSD"... Hebdomadaires dans lesquels il explique pourquoi il veut devenir Belge... "C'est pour mon père, dit le chanteur, car nos rapports ont perturbé ma vie... Cela me hante encore". "Tu parles !", nous dit "Libération"... Si Johnny veut devenir Belge, c'est essentiellement pour des raisons d'argent... Parce que, contrairement à la France, la Belgique n'est pas sous le coup d'une convention qui empêche ou rend difficile l'accès au paradis fiscal qu'est Monaco... En clair : un citoyen belge a beaucoup plus de facilité et d'intérêt qu'un citoyen français à devenir résident monégasque... Ce qui, fiscalement, est une bonne affaire. Du côté de l'entourage de Johnny, on nie ces prosaïques et présumées intentions... N'allez surtout pas croire que c'est surtout le régime fiscal du plat pays qui a quelque chose de Tennessee... Mais quoi qu'il en soit, deux journaux s'attristent du départ éventuel de Johnny en Belgique... Ce sont "Le Canard Enchaîné" et "Charlie Hebdo", qui font tous les deux le même titre : "Johnny en Belgique : la fuite des cerveaux".

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