Bon alors ce matin... Bien sûr, vous saurez tout des "boules puantes"... L'expression est attribuée à De Gaulle pendant la campagne présidentielle de 65... C'est ce qu'explique, dans son billet, Dominique Dhombres, du Monde... Cette expression donc, elle est reprise par bon nombre d'éditorialistes ce matin... Puisque, comme le dit Paris-Normandie, on assiste à "la sulfureuse bataille du patrimoine"... C'est classique, rappelle Libération... "Le présidentiable est une cible privilégiée... Chirac en 95, Jospin en 2001, avaient eux aussi fait l'objet d'attaques sur leur patrimoine"... En passant, pour la petite histoire, sachez que ce matin Libé vous explique tout de la réalisation du journal... Un numéro spécial qui s'intitule : "Libé : le making-off"... Alors, sur ce sujet de l'ISF et des présidentiables... à lire aussi quelques réflexions intéressantes... sur les rapports complexes entre les Français et l'argent... Ca, c'est dans Libé... Et sur pourquoi les Français se méfient de l'argent des politiques... Et là, c'est dans les pages du Parisien-Aujourd'hui en France... Mais au-delà, ce matin... même si ça ne fait pas forcément les GROS titres... Il y a le devoir de mémoire... C'est l'hommage national aux Justes... présidé et voulu par Jacques Chirac... Ca se passera ce soir au Panthéon, expliquent vos journaux... Et certains éditorialistes rendent hommage, ce matin, à ces femmes et ces hommes justes... comme Didier Pobel, dans Le Dauphiné Libéré... "Celles et de ceux pour qui vivre sans se déshonorer, c'est savoir ouvrir son coeur, mais aussi sa porte... y compris lorsque les heures sont sombres, et qu'on entend partout les bruits de bottes... y compris lorsque le petit visage, sous le trop grand manteau, est celui de Sarah ou d'Elie, en un temps où il vaut mieux se prénommer Hélène ou Paul... C'étaient juste des femmes et des hommes"... Et leurs témoignages... à lire un peu partout dans la presse... sont désarmants de simplicité... des leçons d'humanité, à lire sans modération... Dans La Voix du Nord par exemple... Simone Pichoff se souvient de ses parents qui ont caché 8 membres d'une même famille juive pendant la guerre... "simplement parce qu'il fallait bien les sauver"... Dans Pèlerin, il y a aussi Jeannine, 85 ans, qui témoigne... "Quand ils ont frappé à notre porte, Papa n'a pas hésité... Et Maman les a immédiatement fait entrer, sans penser une seule seconde que nous risquions nos vies"... "Juif, explique encore Jeannine, à l'époque je ne savais même pas ce que ça voulait dire"... Mais elle et ses deux soeurs vont vite l'apprendre... Elles habitent aux Lilas, dans la banlieue nord-est de Paris... Et les convois de camions traversent régulièrement la ville, en direction du camp de Drancy... Jeannine qui sort l'album de photos... "Regardez : là, c'est Léa, et Suzy juste derrière... Nous sommes éternellement liées"... Les trois femmes, raconte le journaliste de Pèlerin, sont les seules toujours en vie de cette histoire... une histoire qu'elles racontent à leurs petits-enfants et arrière-petits-enfants... parce que, disent-elles, "il faut que les jeunes générations se souviennent"... Dans Paris-Match, vous ferez connaissance avec Maurice... Ce bottier, aujourd'hui âgé de 98 ans, a été fait prisonnier au début de la guerre... Il s'évade, revient à Paris... Sa femme est décédée... Il confie ses papiers à Alice, son apprentie, qui est Juive et n'a plus le droit de travailler... Il héberge également 8 personnes de la famille de la jeune femme... puis Joël, le fils de l'un de ses voisins... "Sauver Joël, c'était juste mon devoir", dit aujourd'hui Maurice... Ainsi donc, ce soir, "les Justes entrent au Panthéon", comme le titre La Croix... Et cette cérémonie, pour l'éditorialiste du journal, elle propose des Français à admirer... des exemples à suivre... des engagements à poursuivre... des vigilances à exercer... Parce que, souligne Dominique Quinio, "à l'une des bifurcations que propose toute vie, ils ont choisi le bon chemin, le bon combat"... Que l'on se souvienne des horreurs du passé... C'est ce que disent donc tous ces "héros ordinaires" dans vos journaux, ce matin... Et dans ce contexte... eh bien un titre attire le regard... C'est dans Le Monde... "La pénalisation du négationnisme divise les Européens"... Le journal explique que la présidence allemande de l'Union européenne cherche à relancer le projet de directive pour des sanctions plancher contre les propos niant l'Holocauste... Pour la ministre allemande de la Justice, il existe des limites à la liberté d'expression... Il ne doit pas être possible, en Europe, de considérer l'Holocauste comme une chimère... Sauf que... si aucun pays de l'Union, bien sûr, ne remet en cause cet épisode de l'Histoire européenne... l'idée d'une législation est loin de faire l'unanimité... D'ailleurs, la discussion a débuté en 2001... c'est dire si le sujet pose problème... Alors Le Monde explique... Certains pays, comme la France, l'Allemagne, l'Autriche ou l'Espagne, ont leur propre dispositif de lutte contre les propos racistes... Mais d'autres... par exemple le Royaume-Uni, l'Irlande, les pays scandinaves... sont traditionnellement très méfiants à l'égard de ce genre de législation... Pour eux, c'est la liberté d'expression qui doit primer... Confirmation à la lecture du Guardian ce matin... qui titre : "Une interdiction de la négation de l'Holocauste serait une erreur"... Bien sûr, analyse le journaliste, "les intentions de l'Allemagne sont bonnes... Mais il ne faut pas tirer de mauvaises conclusions d'un passé malheureux... Le négationnisme doit être combattu dans nos écoles, nos universités, nos médias... pas dans nos commissariats et nos tribunaux"... Timothy Garton-Ash conclut sa démonstration en citant le premier procureur de l'Inde... "L'expérience montre que les lois prohibant les discours de haine encouragent l'intolérance et les divisions"... Les hommes et les femmes déclarés Justes reçoivent une médaille... Sur cette médaille... écrit dans Le Monde Henri Bartoli, lui-même Juste parmi les Nations... on peut lire : "Quiconque sauve une vie sauve l'univers entier"... Et il poursuit... "La force faible qui nous a permis de le faire procède de l'esprit... Il faut que les générations nouvelles s'imprègnent de cette vérité, afin d'être à même de faire face aux barbaries toujours renaissantes"... Barbarie, la guerre en Irak ?... Eux le disent... Ils disent aussi pourquoi ils ont déserté... Trois soldats américains, dans L'Humanité... Trois soldats réfugiés au Canada, qui racontent leurs raisons pour ne pas aller faire cette sale guerre... Il y a Dean, 25 ans... Il a servi deux fois en Irak... Mais, dit-il, "il y a un moment où on se dit que le commandement a tort"... Il regrette que cela lui ait pris tant de temps à réaliser... Phil aussi, il a mis du temps... Lui aussi, il a servi en Irak... Il a déserté en octobre... quand il a réussi à admettre que son pays avait envahi l'Irak avec des preuves fabriquées... Chris, de son côté, n'a jamais servi en Irak... mais deux fois en Afghanistan... Il n'a pas supporté les violences contre les civils afghans... "C'est difficile, dit-il, d'être un bon soldat dans une mauvaise guerre... Quand j'aurai des enfants, je veux qu'ils sachent que je suis fier d'une chose dans l'armée : d'avoir déserté"... Alors, au total, explique L'Humanité, ce serait 300 soldats américains qui auraient déjà trouvé refuge au Canada... Leurs avocats réclament pour eux le statut de réfugiés politiques... Avant eux, il y avait eu les soldats du Vietnam... 30 ans plus tard... aujourd'hui donc... ces vétérans les soutiennent... Ce sont d'ailleurs eux qui coordonnent, à Toronto, la campagne de soutien aux War Resisters... aux résistants de la guerre... A chacun ses combats... Eux non plus ne badinent pas avec leurs convictions... Ce sont "les vendeurs de l'équitable"... une rencontre à lire dans L'Express... Agathe, Pierre, Corinne et Romain sont des commerciaux engagés... engagés dans le commerce équitable... Ils préfèrent perdre un contrat que vendre leur âme... Pour eux, pas question de se laisser entraîner dans des négociations sans fin... Le prix ne doit pas compromettre les engagements de l'entreprise vis-à-vis des petits producteurs du Sud... ni mettre en péril la survie de l'entreprise en l'obligeant à revoir ses recettes à la baisse... Dans ces négociations-là, tant pis pour les marges de la grande distribution... Sur les produits équitables, elles sont à moins de 30%... contre 40 sur la plupart de l'alimentation classique... Romain constate, amusé, que c'est un bras-de-fer inédit, dans un monde de requins plus habitué à parler "taux de rentabilité" que "solidarité"... Agathe, elle, explique son grand écart quotidien... "Il faut être à la fois Bernard Tapie et Mère Térésa"... Et pour finir... Cette phrase de Paul Claudel, en exergue de L'Humanité... "A tous les surhommes, il faut préférer ce spectacle rare entre tous : un homme juste, et juste un homme"... Bonne journée...

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