(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : regarde les hommes changer

(Bruno Duvic) Savez-vous quelle pièce se vend le mieux cet hiver dans les magasins d'habillement au Japon ? Des sous vêtement dernier cri qui chauffent la peau en douceur. C'est la garde robe post-Fukushima. Moins de chauffage à la maison, une couche de vêtement high-tech en plus.

Comment vivre après la catastrophe ? Peut-on se passer au quotidien de l'énergie nucléaire ? Les réponses s'étalent sur deux pages, signés Michel Temman ce matin dans Libération .

A la veille du séisme, 54 réacteurs nucléaires étaient en activité au Japon. Il n'en reste plus que 5.

Dès le début de l'été dernier, de grandes affiches ont été placardées dans les rues : il faut économiser l'énergie. Les Japonais ont été fidèles à leur cliché : disciplinés. En juillet la consommation a baissé de 20%.

C'était la canicule, ils n'ont pas branché les climatiseurs.

Les distributeurs de boissons n'ont plus refroidi les canettes que par intermittence.

Les entreprises ont organisé différemment la production.

A la maison, moins de tours de lave vaisselle, pédale douce sur les cuiseurs de riz.

On vit plus simplement

Passer de 54 à 5 réacteurs, changer de mode de vie sans revenir à la pierre à feu, c'est donc possible. A quel prix ? Les énergies gagnantes se sont pas les renouvelables, mais le gaz. Le pays importe en masse des ressources fossiles : charbon, fioul, gaz liquéfié.

Mais le Premier Ministre assure que son pays est en train de mettre en place un nouveau modèle énergétique. Il deviendra un exemple.

Regarde les hommes changer. Fukushima a transformé nos vies. La crise aussi, évidemment

C'est à lire dans La Tribune

Ce n'est pas le premier reportage sur la Grèce en crise. Mais alors que le pays est à nouveau au bord de la cessation de paiement, les détails donnés par Angélique Kourounis sont assez stupéfiants.

Une image est devenue quotidienne à Athènes : ces gens qui commencent leur journée en plongeant la tête dans les poubelles.

Autre image, la soupe populaire : 30.000 repas distribués chaque jour en Grèce. En une heure tout disparait. Avant, aux distributions, on voyait avant tout des immigrés en galère. Désormais de plus en plus de Grecs. Comme cet ancien entrepreneur, bilingue, diplômé : "L'entreprise marchait bien, et puis il y a eu de moins en moins de commandes de plus en plus de taxes. J'ai réduit les salaires, j'ai licencié mes employés un à un. Pourtant ils avaient tous accepté de travailler sans être payés, mais j'ai dû déposer le bilan."

Plus d'un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté. C'est tout le tissu social qui est touché, explique Angélique Kourounis. Des crèches et centres pour personnes âgées ferment leurs portes, plus de cantines, plus de chauffage dans telle école. Tel salaire a dégringolé de 2.200 à 800 Euros mensuels.

Au secours ! 7 jeunes Grecs sur 10 songent à quitter définitivement le pays.

Y-a-t-il une vie après la crise ?

Vous vous souvenez peut-être de ces reportages aussi tristes que celui de La Tribune sur certains quartiers de Détroit, capitale de l'automobile, laissés à l'abandon au plus fort de la crise. Contraste cette semaine dans L'Express . Janvier 2011, salon automobile de Détroit. Profusion de carrosseries rutilantes. Les géants de la bagnole aux USA, General Motors, Ford et Chrysler ont présenté 30 nouveaux modèles à eux 3.

Les ventes sont reparties à la hausse : Chrysler qui embauche plus de 1.000 personnes dans son usine de Jefferson avenue. General Motors a distribué plus de 3.000 Euros d'intéressement à chacun de ses salariés.

Que s'est il passé ? D'abord merci le contribuable : 100 milliards de dollars ont été dépensés depuis 2008 pour sauver l'industrie automobile.

Et des sacrifices gigantesques ont été consentis. Fermeture d'usines, licenciements par milliers. Le principal syndicat s'est engagé à ne pas faire grève jusqu'en 2015, les nouvelles recrues ont dit adieu aux garanties retraites et médicales qui faisait la réputation du secteur auto, et leur paye est inférieure de 40% à celle des salariés restés en place.

L'emploi dans la voiture aux Etats Unis, c'était le sésame de la middle class ouvrière. C'est désormais un job très moyen.

Et en France ?

Le sujet à la Une de beaucoup de journaux ce matin, c'est le sommet social. On en parle beaucoup ce matin sur France Inter. Je vais vite.

La Tribune propose un tour de France des plans sociaux. Le journal a recensé près de 25.000 postes supprimés ou menacés en France. Près de la moitié en Nord Pas de Calais, Normandie et Picardie. Autre façon de présenter ce sommet social à la Une de Libération : 1.000 chômeurs de plus par jour, quelles solutions ?

Quelle vie, quelle couverture sociale après la crise ? Dans L'Express Alain Minc s'attaque au tabou électoral : la classe moyenne. "Une partie de la classe moyenne doit faire l'effort de se protéger elle-même. Est-il normal que le fil d'un zonard grippé soit remboursé à 65% parce qu'il n'a pas de mutuelle alors que celui d'un cadre sup l'est à 95%."

Au milieu de tous ces bouleversements, dans l'édito de La Croix , Dominique Quinio souligne un des enseignements de la dernière enquête démographique de l'Insee : 7 français sur 10 vivent dans la région où ils sont nés. "Etonnante statistique à l'heure de la mondialisation ». A quoi l'attribuer, se demande la journaliste : « Un mode de vie particulièrement agréable, la possibilité de travailler au pays ou au contraire des freins sociaux au départ ? »

Regarde les hommes changer... Ou bien : écoute-les

"L'espion du président". A n'en pas douter, ce livre en vente cette semaine va alimenter la machine à scandales. C'est à la fois un portrait de Bernard Squarcini, le patron de la Direction centrale du renseignement intérieure et une plongée dans cet organisme, le FBI à la française. Le livre est signé de deux journalistes du Point et d'un du Canard enchainé . On peut donc en lire des extraits cette semaine dans les deux hebdomadaires, surtout Le Point qui accuse la DCRI d'être devenue, une police politique, un service de renseignement instrumentalisé au profit du pouvoir, au profit d'un clan.

Bernard Squarcini est mis en examen dans l'affaire des fadettes, espionnage présumé d'un journaliste du Monde . Dans la même affaire, le juge Courroye a été mis en examen hier. Très sale ambiance entre ce magistrat proche de l'Elysée et Le Monde . La preuve dans la chronique page 2 du quotidien. Franck Johannès raconte le discours de Philippe Courroye à la rentrée solennelle du Tribunal de Nanterre, lundi dernier.

On a pu déjà en lire des extraits dans la presse, le procureur répond à ceux qui l'accusent d'être vendu au pouvoir. Il cite notamment Mirabeau, pour dire que son honneur sera lavé un jour ou l'autre dans le temps "Le temps, ce juge incorruptible qui fait justice à tous"

Et Franck Johannès conclut : « Mirabeau (grande figure de la Révolution) a été inhumé au Panthéon. Jusqu'à ce que la convention découvre qu'il négociait dans le même temps avec le Roi. On l'a finalement enterré anonymement au cimetière de Clamart. Et ses cendres, dit-on, ont fini par être jetées dans les égouts."

Un peu d'amour pour finir. Même Jean-Luc Mélenchon cède aux sirènes du people. Il accorde une longue interview à Gala cette semaine. Il parle de son enfance au Maroc puis en Normandie, de ses première émotions politique et au détour de l'interview, il y a cette confidence : « un jour j'aimerais bien écrire un roman d'amour. (…) Les questions de fusion et d'identité dans l'amour sont passionnantes. »

Regarde les hommes changer : le roman d'amour de Jean Luc Mélenchon, un jour peut-être en librairie. A demain

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