Et une carte d'électeur déchirée dans Presse Océan témoigne d'un traumatisme politique, a trahison que ressentent les partisans de l'aéroport abandonné mais surtout le symbole de la reculade de l'Etat...

Le recul du Pouvoir, une transgression dans notre culture politique... 

"Le refus d'obstacle" pour l'Opinion, le "facheux précédent" pour le Figaro, "la faillite de l'État" pour Midi Libre...  "Un triple échec politique démocratique et économique" dit Ouest France... 

Et les Echos vantent bien l'habileté et la présence du Premier ministre... Est ce le sujet quand l'Etat a exposé sa nudité?

Comment la masquer cette nudité? Et quelle est la vérité de demain, celle que sollicite le Parisien qui propulse Nicolas Hulot à sa une avec cette phrase martiale?

"L'Etat ne tolèrera aucune exaction" dit le ministre de la Transition écologique et il parle aux zadistes et à ceux qui voudraient, ailleurs, organuiser d'autres blocages... 

La décision du gouvernement n'est en aucun cas une licence pour reproduire ce type d'action. Elle signifie au contraire que l'Etat ne se laissera plus embarquer dans pareille impasse. Ceux qui voudraient en découdre doivent savoir que l'Etat ne tolérera aucune exaction ni aucune forme de pression.

Hulot l'écolo, qui a gagné, parle comme s'il enfilait l'uniforme... Est ce une habileté ou une ligne? 

On lit dans le Télégramme que le pouvoir a pensé expulser les zadistes immédiatement, dès ce mois de janvier et mobilisait à cette fin.

On lit dans le Parisien qu'il y préparait l'opinion, faisant circuler des informations, "pas toujours fondée", sur la radicalité des opposants... Est ce partie remise, puisque les zadistes devront partir au printemps ?

Pour l'instant, ils célèbrent, ces zadistes, racontés dans leur joie par Le Télégramme. On lit ce témoignage d'un vétéran, Maquis, un écologiste d'origine slovaque agé de 70 ans... 

Ca fait dix ans que je vis dans une cabane dans la ZAD. Aujourd’hui, pour moi, l'émotion est grande. C'est aussi fort que pour l'indépendance d'un pays. J'aimais bien ma vie ici. Je cultivais deux hectares de terres, beaucoup de légumes. Je vais quitter tout ça. J'irai me battre ailleurs. 

Ailleurs, dans ces combats que redoute Hulot mais qu'espère Libération, qui titre "A qui le tour"?  On voit une carte des autres point de friction entre l'Etat ou l'industrie et la mouvance écologiste... A qui le tour...  Libération espère les minorités et l'écologie qui peuvent bouleverser les pouvoirs? 

Le monde raconte les précédents, les sites nucléaires abandonnés de Plogoff et Creys Malville, et surtout le Larzac en aveyron , où des paysans et des militants, semblables à ceux de Notre Dame des Landes, s'opposaient à l'extension d'un camp militaire, et Mitterrand leur donna la victoire et les leurs terres...

Midi Libre a connu ça, qui réveille le vétéran José Bové et raconte comment ceux du Larzac, d'un slogan, "hors du roquefort plein de salut", ils inventèrent un développement solidaire...

Va t-on recommencer à Notre Dame des Landes... Et verra-t-on fleurir ces bébés de la ZAD... Que Ouest France racontait, en décembre, créer un village comme tant d'autres?

J'ai lu dans la Montagne cette histoire belle. A Ceyssat, Puy de Dôme,  les éleveurs de vaches sont venus relever l'un d'entre eux, Alexandre, dit Doudou, dont la salle de traite avait brûlé, on peut aussi, sur la lutte retrouver des valeurs éternelles? 

Ou l'Etat voudra-t-il se venger? 

Une femme mystérieuse dans l'Obs...

Avec laquelle il est bon quitter le bruit. Une romancière que l'on nomme Elena Ferrante mais c'est un masque, ses millions de lecteurs  ne veulent pas que l'on dévoile son identité. Ferrante est l'autrice d'une saga dont le quatrième tome sort aujourd'hui, l'amie prodigieuse, l'amitié de deux femmes, Lila et Lena, nouée à Naples à la fin des années 1950...

Et Elena Ferrante interrogée dans l'Obs, c'est si rare, parle du prodige de l'invention, ces "sources inconscientes qui viennent enflammer notre imagination"...

Le point de départ, cela a peut-être été la mort d'une amie, ou bien une grande fête de mariage, une histoire, on ne sait jamais d'où elle vient...

Elle parle, Ferrante, de cette fête permante qui la saisit en écrivant, "l'impression d'être emportée par une onde de crue et j'étais heureuse d'être encore vivante après son passage"... 

Et dans nos rapidités, on se ressource d'entendre cette éternité fugace... 

Elle soulage, Ferrante, comme la douce injonction de Un, qui s'insurge contre la vitesse qui est la norme de notre monde...

Elle soulage comme les écrivains. Un autre romancier, plus prolixe que Ferrante, Paul Auster parle de l'écriture dans l'Express  avec des  accents de l'Actors studio. "Comment entrer dans cette rage, comment la faire exister", dit -il en imaginant une histoire de meurtre... 

En convoquant les moments de notre vie dans le quel vous avez été très en colère. Le monde est dans ma tête, mon corps est dans le monde...

Le coeur d'Elena Ferrante est à Naples et nous avons ses mots en tête...

Et on parle de mémoire dans le Point...

Et c'est la suite des livres, et le Point nous fait croire qu'il nous offre un dossier scientifique, avec cette une où sourit un homme en blouse blanche, Francis Eustache, neuropsychologue à Caen, "Muscler et préserver sa mémoire"...

Fait-on plus sérieux...

Mais la science  est une aventure et les neurones un continent de poésies. Le professeur Eustache nous raconte l'hipocampe, ce lieu de notre cerveau qui nous rappelle une randonnée hivernale où nous bûmes du vin chaud à la canelle. 

Il nous dit aussi, le professeur qu'il faut s'abandonenr à la rêverie sur le canapé, c'est dans ces moments d'abandon que le cerveau protège... 

On rêvasse alors et on sourit et on pense à ces êtres qui ne savent pas oublier. Ce monsieur Kim Peek qui mémorisa 12.000 livres, il les lisait en divisant sa vision, page de gauche oeil gauche et page de droite oeil droit, et 2 pages lues toutes les huit secondes. 

Mais pleurait-il aussi devant un livre et rêvassait-il ? 

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