Deux soldats israéliens enlevés par le Hezbollah, et depuis, presque une semaine de bombardements jour et nuit sur le Liban... Pourquoi la réaction d'Israël est-elle aussi massive ?... Voilà la question que se posent beaucoup de journaux ce matin, et les réponses montrent à quel point ce conflit pourrait provoquer une déflagration très étendue, et même des répercussions mondiales... C'est l'analyse que mène le spécialiste de géopolitique François Géret dans les colonnes du "Figaro"... Pour lui, l'affaire est claire : Israël a le sentiment de combattre pour son existence, menacée par une nouvelle coalition... La guerre d'aujourd'hui résulte de la montée, depuis 2003, de factions extrêmes, la victoire électorale du Hamas en Palestine, l'affirmation du Hezbollah au Liban, la radicalisation de la Syrie, l'instabilité de l'Irak, et partout, l'action d'un Iran aux prises avec une crise nucléaire de plus en plus grave... Israël se bat pour son existence, et l'armée israélienne pour restaurer sa capacité de dissuasion... C'est Alain Frachon qui poursuit son analyse dans "Le Monde"... Il rappelle qu'en mai 2000, sous la pression des attaques du Hezbollah, l'Etat hébreu a quitté la partie sud du Liban, et que l'image de son armée a alors été écornée... Les Palestiniens des territoires de Gaza et de Cisjordanie ont pris le Hezbollah pour modèle, l'armée est partie en guerre pour retrouver sa dignité, écrit Alain Frachon, reprenant l'analyse d'un quotidien de l'Etat hébreu... Du coup, les soldats ne se contenteront pas d'un engagement de la communauté internationale, ou de simples mots... Une force internationale, comme le proposent depuis hier les diplomates, ne serait pas suffisante pour désarmer les milices... Et dans cette affaire, Tsahal, l'armée israélienne, a les coudées franches... C'est le titre d'un article de "Libération"... "L'Humanité" va même plus loin : dans son édito, Pierre Laurent se demande si elle n'est pas en train de faire le sale boulot que les Etats-Unis rêvent de mener à bien dans la région... La théorie de Bush pour le "Grand Moyen-Orient", écrit Pierre Laurent, vise la reprise en main militaire et politique : la Syrie, l'Iran, toutes les forces qui leur résistent à l'intérieur de chaque pays... L'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban sont le cadet des soucis américains... En tout cas, l'analyse que George Bush fait de cette crise est assez simple : elle est citée par "Libération"... Pour le Président américain, tout ce qu'il faudrait, c'est que les Syriens disent au Hezbollah d'arrêter cette merde, et ce serait fini"... C'est un micro indiscret qui a capté cette délicate confidence du Président américain à Tony Blair, hier à Saint-Pétersbourg... Et ce langage de charretier met en colère Didier Pobel dans "Le Dauphiné Libéré"... Impossible, écrit-il, de ne pas trembler en songeant à la petitesse d'esprit dont témoignent parfois les grands quand ils se croient entre eux... L'embrasement qui menace actuellement la paix mondiale mérite plus de diplomatie que n'en témoigne une pensée philosophique de cow-boy hilare...... En tout cas, avec la visite-éclair de Dominique de Villepin hier à Beyrouth, la France, au moins symboliquement, a repris une place dans cette crise... Villepin a pris des risques, y compris physiques, reconnaît "Libération"... Il s'offre une place de choix dans les journaux télévisés français... Et quand il apparaît sur le port de Beyrouth, les évacués l'applaudissent au cri de "Vive la France !"... Une place de choix dans les journaux et télés français, c'est bien beau, mais après ?... Quel résultat ?... Dans "Sud-Ouest", Bruno Dives est dubitatif : il est à craindre, dit-il, que le beau geste de Dominique de Villepin reste sans lendemain, comme le témoignage, courageux mais impuissant, d'un pays qui a beaucoup perdu de son influence au Proche-Orient... Dans "Le Télégramme", Hubert Coudurier est un peu plus optimiste... Les marges de manoeuvre françaises sont réduite, reconnaît-il, mais Dominique de Villepin peut jouer un rôle, de par ses qualités de résistance psychologique, qui en font un mauvais barreur par petit temps, un bien meilleur en temps de crise... Car c'est aussi une partie de notre avenir qui se décide là-bas, sur fond de guerre de civilisation avec Israël, comme dernière enclave occidentale en Orient... L'un des enjeux des tensions au Proche-Orient, c'est aussi l'eau... "Les batailles de l'eau" : voilà le thème du numéro d'été de "L'Expansion", qui rappelle que la moitié de l'approvisionnement d'Israël provient de la Cisjordanie et des affluents du Jourdain, et que le contrôle des débits du Tigre et de l'Euphrate empoisonne les relations entre la Syrie, l'Irak et la Turquie... En tout, près de la moitié de la population mondiale n'a accès ni à l'eau potable ni aux services d'assainissement... Et même les très riches pays occidentaux peuvent s'inquiéter... "L'Expansion" explique ainsi qu'en Angleterre, pour lutter contre la pire sécheresse depuis un siècle, on songe à remorquer des icebergs de l'Arctique vers l'Europe... L'eau, il est conseillé aux personnes fragiles d'en boire beaucoup aujourd'hui... "Protégez-vous !", conseille "Le Parisien", qui précise que 24 départements sont aujourd'hui en état d'alerte chaleur... Et la question qui se pose, c'est évidemment, trois ans après les 15.000 morts de 2003 : sommes-nous prêts à faire face à une nouvelle canicule ?... Alors les avis divergent... Pour "Le Figaro", Anne-Charlotte de Lang a visité "Les Airelles", une résidence pour personnes âgées, que la Croix-Rouge a installée dans le 20ème arrondissement... Et depuis 2003, c'est un peu comme si une révolution était passée... La climatisation est présente dans chaque pièce à tous les étages, jusque dans la salle de kiné... Et puis il y a des petits riens qui font la différence... Un thermomètre à l'intérieur comme à l'extérieur du bâtiment... Une fiche du relevé des températures dans l'ascenseur, et des posters du ministère de la Santé dans le hall... N'empêche... Selon "Le Parisien", l'inquiétude monte... Un urgentiste affirme que dans les hôpitaux de Seine-Saint-Denis, c'est déjà le flux tendu, tant du point de vue du personnel que des lits... Rien n'a changé : on attend toujours les infirmières et les lits supplémentaires... Dès hier, l'hôpital des Broussailles, à Cannes, 15 patients ont dû se contenter de brancards, faute de lits... Et Pascal Champvert, l'un des responsables d'associations de maisons de retraite, affirme : "Nous avons toujours deux fois moins de personnel que nos voisins européens"... Et si les séances de signature que prévoit Nicolas Sarkozy pour son livre, "Témoignage", qui vient de sortir, se transformaient en happening de défense des élèves de sans-papiers ?... Et si sa séquence de rencontres directes avec les Français était bien moins idyllique qu'il le souhaite ?... Dominique Garaud se pose la question dans "La Charente Libre"... Hier, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations a été saisie dans le dossier des enfants de sans-papiers... Cela prouve que le ministre aura fort à faire pour se sortir sans dommages de ce feuilleton, écrit Dominique Garaud... Car "La Croix" le constate : le traitement des dossiers diffère selon les préfectures... "L'Humanité" donne des détails : dans l'interview d'un responsable d'une des associations qui défendent ces élèves, on constate en ce moment une désorganisation totale des préfectures... A Paris par exemple, les Roumains ne peuvent pas déposer de demande de régularisation, alors que les Maliens, pourtant exclus de la circulaire, le font... Son association, la Cimade, demande l'adoption d'une nouvelle circulaire beaucoup plus claire, et souhaite une régularisation plus large... Cette affaire des élèves sans-papiers, Jean-François Kahn s'y attaque dans "Marianne"... Et il s'en prend à certaines associations de sans-papiers, sans les citer... Selon lui, elles militent, sans jamais le dire, pour une immigration totalement libre... Or, ce qui est intolérable, ce n'est pas l'apport de l'immigration, mais l'incapacité à lui assurer un accueil décent et à l'intégrer... Ce qu'il faut exiger, c'est que dans la patrie des droits de l'homme, nul citoyen ne soit discriminé, plus mal logé, plus mal payé, plus maltraité que d'autres, en fonction des origines ou de la couleur de peau... Les immigrationnistes exigent la liberté totale de circulation, sans se préoccuper le moins du monde, une fois leur B-A accomplie, de ce qui en résulte... En tout cas, quelle que soit l'analyse que l'on fait de ce dossier, selon le délégué de la Cimade dans "L'Humanité", ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que la circulaire Sarkozy est inapplicable... "Good guy" et "bad guy"... Le bon et le mauvais garçon... Deux personnages trouvent encore leur place dans les journaux, ce matin : Harry Roselmack dans le rôle du "good guy", et Lance Armstrong dans celui du "bad guy"... La "première" d'Harry Roselmack au "20 Heures" de TF1 hier soir est saluée par un titre tonitruant dans "France Soir" : "Impeccable !"... Le journaliste de "France Soir" Charles Dana est quasiment en transe... Il a trouvé le présentateur viril, assuré, velouté, conquérant, ravageur... A peine lui reproche-t-il un brin de monotonie... Un présentateur noir au "20 Heures", ça ne change pas tout, mais quand même... Selon "Le Parisien", lorsque le joker de Poivre a introduit un reportage sur un cas de discrimination à l'embauche en Loire-Atlantique, le sujet a résonné différemment, plus fort, à nos oreilles... "Bad guy", c'est donc Lance Armstrong, l'homme qui a osé traiter les joueurs de l'équipe de France de foot de "trous du cul"... Et décidément, on ne prête qu'aux riches... Le quotidien "L'Equipe" le soupçonne maintenant de vouloir influencer les résultats du Tour, un an après sa retraite... L'un des coureurs les mieux placés pour remporter la Grande Boucle s'appelle Floyd Landis... C'est un Américain... Et selon Philippe Brunel dans "L'Equipe", Armstrong fera tout pour empêcher qu'un autre Américain lui succède à Paris... surtout s'il s'agit de Landis, qui avait accusé Armstrong, il y a deux ans de cela, de ne penser qu'à l'argent... Selon Philippe Brunel, le septuple vainqueur du Tour, qui va suivre la course aux côtés de ses anciens équipiers jusqu'à la fin de la semaine, pourrait chercher à déstabiliser Landis... Mais décidément, dans les journaux ce matin, tout ramène à la crise au Proche-Orient... même la douce et légère chronique d'Alain Rémond dans "La Croix"... Il raconte l'un de ces petits malheurs qui arrivent à tout le monde... Il a pris le train l'autre jour... Il devait arriver à Montparnasse à minuit 25... Mais à minuit 20, à quelques encâblures de la gare, le convoi s'est arrêté : panne de courant... Après une heure d'attente, il a fait marche arrière jusqu'à la gare de Massy, en banlieue parisienne... Et là, il a repris son élan pour repartir à Montparnasse... Conclusion d'Alain Rémond : "Un grand bond en avant, après une marche arrière... Si seulement les choses se passaient ainsi chaque fois que le train de l'Histoire repart en marche arrière... au Proche-Orient par exemple"...

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