Et vous... Comment ça va ?... Au travail... Comment ça va ?... La question est souvent posée... Mais la réponse peu écoutée... Il y a donc du chemin à faire pour changer les choses.... Car le mal-être en entreprise est un phénomène aussi croissant que tabou... Après le nouveau suicide d'un ouvrier chez Peugeot... Libération s'intéresse à cette comptabilité macabre... 6 suicides chez PSA depuis février... 3 en 4 mois chez Renault... et 6 en 3 ans chez EDF... "Toutes ces morts ne sont sans doute pas liées... ou uniquement liées... au travail"... écrit Sonya Faure... "Mais le rapport entre travail et suicide fait désormais débat... Plus généralement... le mal-être des salariés s'est imposé chez les politiques"... "L'Etat a tellement pris conscience de l'urgence du problème que le stress au travail sera au menu d'une conférence sociale à la rentrée"... ajoute Renaud Dély, toujours dans Libé... "Certes... il serait aussi stupide qu'inutile de verser dans le manichéisme pour fustiger les cadences infernales d'un capitalisme inhumain... Mais force est de constater qu'il a changé... De paternaliste... il est devenu plus brutal... parfois implacable... La rentabilité est indispensable... Lorsqu'elle devient le seul critère... elle transforme l'art de vivre en entreprise en bataille pour la survie"... Oui... "évitons les conclusions hâtives... tellement les réalités humaines diffèrent de l'une à l'autre"... poursuit Didier Louis, dans Le Courrier Picard... "Mais nous sommes néanmoins en face d'un phénomène qui exige des réponses plus radicales qu'un numéro vert chez PSA"... Car "le lieu où cet ouvrier a décidé d'en finir désigne un coupable"... L'analyse est cette fois... de Patrick Apel-Müller, dans L'Huma... "Le phénomène du suicide des salariés n'est pas une curiosité sociologique qui nous rapprocherait de la culture japonaise... C'est un cri de la France ouvrière... du monde du travail... puisque ce désespoir gagne aussi des cadres, comme chez Renault"... "Ces salariés en détresse semblent être de plus en plus nombreux... Une vingtaine d'hôpitaux ont ouvert des services pour répondre à leur souffrance"... C'est à lire page 4 des Echos, sous la plume de Derek Perrotte... Un médecin hospitalier raconte ses consultations... Ses patients qui parlent de l'urgence permanente imposée par l'organisation moderne du travail... "Le mal-être au travail... explique Sylvie Rondey... est avant tout une pathologie de la solitude"... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... un autre médecin... Dominique Chouanière... responsable du projet Stress au Travail à l'Institut national de recherche et de sécurité... décrit les signes d'alerte... "On connaît tous des épisodes de stress face à des événements extraordinaires... C'est normal... Là où c'est dangereux... C'est quand ça devient chronique... Autrement dit... quand le sentiment d'être sous pression ne vous lâche plus... Un salarié peut travailler à haute cadence sans se mettre en danger... Mais s'il souffre de manque de reconnaissance, tout peut basculer... Problème... note le médecin dans Le Parisien... contrairement à la Suède et au Danemark, qui ont mis en place des politiques de prévention... On est seulement au tout début de la prise de conscience en France... Sans une démarche collective qui implique salariés et hiérarchie, dit-il... on n'arrivera à rien"... En Chine... le stress au travail n'est pas censé exister... Le travail... c'est 6 jours sur 7... 10 heures par jour... et dans des secteurs aussi variés que l'art, par exemple... Antoine de Tournemire, de VSD... a rencontré des peintres ouvriers... "Dans les ateliers de Dafen, près de Hong Kong... on copie les génies de l'art comme on monte à la chaîne des appareils d'électroménager... Les employés ont 25 ans en moyenne... Et produisent jusqu'à 5 millions de tableaux chaque année... qui vont inonder le marché occidental... Et on copie de tout... de Klimt à Van Gogh, en passant par Picasso et De Vinci... On est ici bien loin de l'école romantique du Louvre, à Paris... écrit le journaliste de VSD... Suivant le système tayloriste... chaque employé peint une zone du tableau... Les arbres... Le visage de Mona Lisa... Le coloriage, pour les moins talentueux... Un travailleur peintre peut gagner jusqu'à 485 euros par mois... Pour un tableau qui sera revendu autour de 300 euros... Mais personne ne se plaint... Pas même des émanations de peinture qui menacent la santé des ouvriers"... C'est là qu'on voit que tout le monde n'est pas logé à la même enseigne... La plainte est un art qui se cultive... Il paraît que les conditions de travail des députés français sont par exemple... impossibles... Claire Bommelaer et Elodie Lestrade, du Figaro... ont grenouillé dans les couloirs du Palais Bourbon et recueilli les propos des râleurs... "Ceux qui n'ont pas de téléphones et d'ordinateurs... Ceux qui n'ont pas assez de place pour installer leur assistant... Ceux qui n'ont pas où dormir... En principe... il y a 600 bureaux pour 577 députés... Mais au Palais Bourbon, en ce moment... il y a des travaux... Alors on délocalise... Les bleus se retrouvent par exemple... Boulevard Saint-Germain... Mais certains en ont tellement marre... qu'ils ont fini par fuir dans leur circonscription... écrivent les journalistes du Figaro... Réforme ou pas, explique un député... il y a des limites... Déjà que le moral n'est pas bon"... Ah bon !... S'il y en a une qui pourrait se plaindre... C'est Rachida Dati... L'Est Républicain dénonce ce matin... l'acharnement dont la ministre de la Justice fait l'objet... "Il y a une sorte de jubilation malsaine dans l'envoi de projectiles en direction de la Beurette... fille du peuple... qui après avoir intégré les élites... s'aperçoit que dans ce pays, les préjugés ont la vie dure...écrit Pierre Taribo... On connaît le franc-parler de Rachida Dati... femme énergique... qui pêche visiblement dans les rapports humains... Certes, son projet de loi sur la récidive ne fait pas l'unanimité... Mais il n'est pas non plus au niveau zéro des réformes gouvernementales"... "Mais à quoi bon une justice qui montre ses muscles... Si elle n'a pas les moyens ensuite de concrétiser... sa sévérité affichée ?"... se demande Olivier Picard, dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace... Dans les pages Rebonds de Libération... la socialiste Marylise Lebranchu et l'européenne Adeline Hazan dénoncent les peines plancher... "Comme si l'arsenal juridique français était vierge de tout outil de répression... Comme si la France était le pays du laisser-faire... Quel aveu d'échec !... Comment croire, au moment du passage à l'acte... qu'un délinquant se dira : "Attention : avec la loi sur la récidive, je vais risquer une peine plus lourde" ?... Ce ne sont pas des criminologues... Au moment de l'infraction... si réflexion il y a... c'est "comment ne pas se faire prendre"... C'est pourquoi la peine n'est qu'un élément de dissuasion efficace... surtout avec les honnêtes gens... La prison est l'école de la récidive... C'est une loi pénitentiaire qu'il nous faut... "Madame la Garde des Sceaux... écrivent les deux députées dans Libé... Plutôt que de vous précipiter dans cette impasse... A la procédure d'urgence... préférez la concertation... C'est comme ça que nous ferons progresser notre République... Et pas autrement"... "Quant aux ennuis de justice du frère de Rachida Dati"... poursuit Dominique Garraud, dans La Charente Libre... "A ce que l'on sache... personne n'est comptable des actes de sa famille"... "La seule question qui vaille... souligne Philippe Val, dans Charlie Hebdo... c'est l'activité législative qu'elle va déployer, et qu'il faut dénoncer... Les peines plancher, voilà le problème... On n'en a rien à foutre de son frère... Elle n'y est pour rien... Evidemment... c'est plus simple de ricaner de Rachida Dati que d'élaborer un discours et des propositions sur la question des violences dans la société... Pour le faire... il faut réfléchir... Et juste quand il commence à faire chaud... c'est fatiguant... Il vaut mieux être con... Ca repose"...

Laëtitia GAYET

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