Faut-il l'applaudir? Et parier sur l'avenir? Ou pleurer sur le Tour de France? Il fait la Une de presque tous vos quotidiens Nationaux et Régionaux aujourd'hui. Nouvelle exclusion hier et pas des moindres, Riccardo Ricco, l'une des figures, un personnage contrôlé positif à l'EPO 3ème génération. Sentiments partagés ce matin dans vos journaux et éditos et jeux de mots à profusion. "Le cobra a été piqué" pour l'Equipe. "Le cobra s'est fait piquer" pour l'Humanité. Le "cobra", surnom de Rico, qui le rappelle "Le Parisien Aujourd'hui en France" a piqué 2 fois, en remportant 2 étapes de ce Tour de France 2008. Piquant, autin, peu apprécié pour ces raisons par les coureurs des autres équipes et qui revendiquait une filiation avec le coureur Marco Pantani : lui aussi pris en flagrant délit de dopage et mort d'une overdose en 2004. Fin de la comparaison, on l'espère. Riccardo Ricco, que l'on surveillait étroitement depuis le début du Tour, il le sentait d'ailleurs, mais cela ne l'a pas empêché, raconte Libération, de dire hier encore à son manager sportif: "Je te jure sur la tête de ma mère que je prends rien". Madame Ricco pourra toujours dire qu'elle a élevé une vipère en son sein. "Une vipère qui a fini hier dans un bocal de pharmacien, dans un bain de formol" ironise Libération. Et il n'en faut pas plus à son éditorialiste Laurent Joffrin pour signer l'arrêt de mort du Tour de France. Car seuls les plus bêtes ou les plus négligents se font prendre, c'est à dire une minorité. Alors "il n'y a plus d'échappée sans soupçon, de performance sans doute. Derrière chaque maillot jaune, on devine un médecin marron". "Rico et ses frères pourraient bien avoir tué la poule aux oeufs d'Or", confirme Gérard Noël dans la "Liberté de l'Est". Les patrons du Tour, eux, préfèrent penser dans les colones de l'Equipe, qu'ils "sauvent le Tour". Dédramatiser l'événement et faire de la France l'un des pionniers de la lutte anti-dopage. Il faut dire, rappelle le "Parisien Aujourd'hui en France", que pour la première fois cette année, l'Agence Française de lutte contre la dopage avait instauré une véritable politique de contrôle : l'hormone de croissance pour la première fois détectée, et puis cette "EPO nouvelle génération" que l'on a retrouvée dans les urines de Ricco. Il ne s'y attendait pas, mais son "comportement lors des controles suscitait un agacement" rappelle l'Equipe. Et puis "en se prélassant sur la plage avant l'épreuve, pour finalement décider d'y participer in extremis, il aurait échappé à des controles inopinés d'avant Tour". "L'Erreur d'un fanfaron"...pour le quotien sportif, qui ne veut pas croire en la mort du Tour de France. "Mais, les rêves qu'il enfantait à l'approche des Alpes se sont évanouis", résume Philippe Brunel, fataliste. Alors fin de l'Histoire? Pas tout à fait. Loin de là même. Pour Olivier Berger dans la "Voix du Nord". "Juillet, passe encore...mais il ne manquerait plus que l'Agence Française de Lutte anti dopage commence à s'attaquer au football et au tennis, pour nous gâcher le reste de l'année." D'autre éditorialistes le souhaitent d'ailleurs. "L'Union Cycliste Internationale doit faire son travail, estime Jean-Paul Brunel dans la "Liberté de l'Est" et "rien ne se produira si l'UCI ne change pas d'attitude et si d'autres pays...comme l'Italie et l'Espagne continuent de fermer les yeux". Et le public dans de tout cela? Il pourrait bien se lasser.. Pour Didier Pobel dans Le Dauphine Libéré, l"indulgence du public a sans doute ses limites et la magie a déjà sacrément du plomb dans l'Aile". "Vite! Qu'une légende du cyclisme- une propre- sorte du peloton...pour prolonger le rêve". Conclut l'Est Républicain. Et à lire également à ce sujet, cet entretien dans le Journal allemand "Der Spiegel" repris dans Courrier International de cet semaine, Peter Sloterdijk, philisophe allemand et coureur cycliste dans ses loisirs. Le dopage est pour lui inévitable, ne serait-ce que d'un point de vue physiologique. "Impossible de fournir pendant les 6 heures d'une étape de montagne une puissance moyenne de 280 watts à chaque coup de pédale avec des pointes de 450 watts et plus dans les côtes très raides." Pas de doute pour le philosphe allemand : "aux JO de Pékin, nous allons assister au plus grand rassemblement de dopés depuis que le premier homme a lancé une pierre." Par Estelle Schmitt

Estelle Schmitt

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