(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : du rose à la Une.

(Bruno Duvic) « Rose bourbon », comme le titre Libération .

Même Le Figaro s'y met en manchette : « La France en rose face à la crise »

Majorité absolue pour le PS à l'assemblée confirme « L'Humanité » et « Le Progrès »

C'est « Un grand chelem » pour le Parisien-Aujourd’hui en France .

« Scénario presque parfait » écrit La Voix du Nord et Les Echos ajoutent : « François Hollande obtient une majorité claire pour gouverner »

Alors « François Hollande a les clés du camion » comme l'écrit Daniel Ruiz dans La Montagne. Maintenant « Y'a plus qu'à », lance La Voix du Nord en première page. Y'a plus qu'à résoudre la crise de l'Euro, tenir les promesses, les comptes publics et rester populaire….

Pour Nicolas Demorand, dans Libération , avec cette « hyper majorité » dont bénéficient François Hollande et Jean Marc Ayrault, maintenant, quelle feuille de route, dans le contexte que l'on connait ?

« Les deux incarnent sereinement la social démocratie (...)

Si la feuille de route est de réformer du sol au plafond le fameux modèle française, il serait opportun voire impérieux d'en informer le pays maintenant que les élections sont gagnées. »

Voilà bien l'enjeu après ce grand chelem pour François Hollande qu'Etienne Mougeotte lui aussi constate dans Le Figaro . Quelle gauche pour relancer quelle croissance ? Pour Mougeotte, « il faut impérativement rétablir l'équilibre des comptes, réduire les dépenses, alléger les charges des entreprises (…) il faudrait que la gauche réalise son aggiornamento »

Les Echos présentent les 10 casse-tête du gouvernement : cela va du marché auto français à la croissance en passant par les licenciements économiques, les suppressions de postes et les salaires dans la fonction publique, les heures sup ou encore le prix du gaz.

Pour Guillaume Tabard, le prochain rendez vous électoral pour François Hollande, c'est en septembre 2013, les élections en Allemagne. Il est ce matin en position de force face à une chancelière qui accumule les défaites locales et qui entame un chemin de croix électoral de 15 mois.

Hollande et la gauche en position de force mais dans une période délicate. Pour François Ernenwein dans La Croix , leur objectif doit être de « rassembler ». Ne pas céder à l'arrogance. « Le changement n'est possible en France que si tous les Français y sont associés. »

Commentaires par parti, à présent. Au PS, la défaite de Ségolène Royal assombrit le tableau

Et à chaque chapitre, nous allons rappeler les élus et les battus pour mémoire...

Dans la majorité présidentielle, pour les membres du gouvernement qui étaient candidats, c'est assez simple : tout le monde a gagné.

Parmi les vainqueurs, on peut ajouter les noms de Bartolone, Glavany, Guigou, qui figurent parmi les candidats à la présidence de l'assemblée, puisque Ségolène Royal ne le sera pas.

C'est la grande battue à gauche avec Jack Lang.

Dessin à la Une de Metro . « Les socialistes obtiennent 314 députés et une dépitée. »

Ironie aussi en manchette de Libération qui parle de « Gauche royale » après la victoire du PS hier.

Au delà du tout sauf Royal qui a joué dans cette chute, localement, Libé relève deux erreurs de la présidente de Poitou Charente. Entrée en campagne trop tardive. Elle a cru qu'il suffirait d'apparaitre. Et postuler d'emblée pour l'assemblée nationale a pu déplaire aux électeurs.

Et l'UMP entre officiellement dans l'opposition au parlement

Les noms des battus hier soir Guéant, Morano, Raoult, Lefebvre, Alliot-Marie, Peltier…

Les rescapés : Copé, Fillon, Bertrand, Guaino, Baroin, Pécresse, Kosciusko-Morizet et Devedjian

D'autres élus ou réélus, qui pourraient être président du groupe UMP à l'assemblée : Jacob, le sortant, c'est le grand favori, Gaymard, Leonetti.

La bataille pour la présidence du groupe, c'est la première étape dans la reconstruction de l'UMP relève Le Figaro . Car après cette première défaite de son histoire, le parti prépare la suite et son congrès au mois de novembre.

Parmi les questions : quelles relations avec le Front National et ses électeurs ?

Libération relève que ceux qui étaient pour une levée du cordon sanitaire avec le FN ou ses valeurs ont été battus : Nadine Morano qui « se prend une tôle à Toul » titre le journal, mais aussi Jean-Paul Garraud. « La vague rose emporte les caricatures de la Sarkozie » titre Rue 89

En revanche, ceux qui sont pour une distinction très claire entre droite républicaine et extrême droite ont gagné : NKM mais aussi Bruno Le Maire

"L'heure est à la remise en question", déclare Xavier Bertrand dans Le Parisien Aujourd'h'ui en France . "Nous venons de perdre deux élections majeures coup sur coup avec un score aux législatives inférieure à celui de 97 (la dernière défaite de la droite) - alors que nous avions cette fois-ci beaucoup moins de triangulaires (...) Il faut retrouver le P de Populaire dans le signe UMP"

Le FN national fait son retour à l'assemblée...

Deux députés marinistes : Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen. Le huffingtonpost.fr n'a pas résisté à la tentation du titre : « Maréchal, là voilà ».

Autre élu d'extrême droite : Jacques Bompard, le maire d'Orange

Parmi les perdants, Louis Alliot, Florian Philippot, Bruno Gollnisch et bien sûr, Marine Le Pen

Pour Le Figaro , Marine Le Pen, même si elle s'en défend songe maintenant à l'Italie. L'Italie où dans les années 90 le parti post fasciste s'est transformé en mouvement de la droite conservatrice plus classique et fini par sceller une alliance avec Silvio Berlusconi. Mais le journal ajoute : « le redressement et l'enracinement du FN aux législatives, très réels comportent aussi des limites : toujours un écart important entre le score aux présidentielles et aux législatives et un ancrage local qui reste faible. »

Et le centre compte ses morts...

Le Modem en tout cas. C’est général qui est tombé au combat : François Bayrou.

Son mouvement sauve 2 soldats : le fidèle Jean Lassalle et Thierry Robert élu à la Réunion. Pour compter les survivants centristes, il faut regarder au delà du Modem : Boloo, Morin, Lagarde.

La chute de François Bayrou, le dessinateur Delucq la résume en un croquis cruel sur le huffingtonpost.fr : un Bayrou aux grandes oreilles d'ânes déclare : « en quelques mois, je suis passé de 3ème homme à dernier des Mohicans. »

Il va donc « prendre du recul ». Le Parisien reprend en titre ce passage de son discours d'hier soir. Martine Chevallet ajoute : « Ces derniers jours, on lui a beaucoup reproché d'avoir négligé son fief du Béarn. Il a même renoncé à se montrer sur le marché de Nay, le plus gros de la circonscription, lassé de se faire "engueuler". »

Mais « Bayrou ne change pas une virgule à son sombre diagnostic économique. Et il dément ces "conneries’’ d'une mission que Hollande pourrait lui proposer. »

Quoi d'autre dans la presse, Bruno...

Le Parisien donne des raisons d'espérer à ceux qui ont peur de rater leur Bac. Début des épreuves aujourd'hui. On apprend que Stéphane Bern est allé au rattrapage et que Bernard Pivot a été recalé une fois. Lui le littéraire, on l'avait collé dans un pensionnat de Lyon où l'on ne pouvait passer qu'un bac maths-physique-chimie

Dans Le Parisien encore, le démenti de Michel Sapin : "Je n'ai jamais mis les pieds chez les Bettencourt. Il répond aux accusations de l'avocat de Nicolas Sarkozy, notamment hier dans le JDD .

Dans Les Echos , un gigantesque marché noir des billets pour les jeux olympiques. C'est le Sunday Times qui a sorti l'affaire hier. Des journalistes se sont fait passer pour des acheteurs potentiels de billets au black.

La fraude concerne les tickets de 54 pays participants, des milliers d'entrées pour les meilleurs moments des jeux. Parmi les personnes accusées, le président du comité olympique grec.

La Grèce on y vient. C'est l'autre grand titre du jour, les autres grandes élections législatives hier. « Victoire serrée mais cruciale du camp pro-euro », titre Le Figaro . Le leader du parti de droite voudrait former une coalition avec les socialistes, ajoute Libération. Voilà « Les Grecs obligés de s'unir » analyse Le Parisien.

S'unir comment ? Mystère... La tragique comédie grecque continue pour Eric Le Boucher sur slate.fr . Il va falloir rouvrir encore des négociations. Encore des nuits de travail, des crises, des tragédies.

La lecture de L'Equipe pour en finir, ou presque. Le Portugal est qualifié en quarts de finale de l'Euro grâce un doublé de sa star Cristiano Ronaldo. Il obtient la note de 9 sur 10 dans le quotidien sportif. L'Allemagne également qualifiée. Et devinez contre qui elle jouera en quarts de finale ? La Grèce. Vendredi prochain, pas de distinction entre les riches allemands et les Grecs fauchés. Tout le monde en short. Le changement c'est maintenant.

Le changement au stade, quoique... Le chroniqueur mondain du Figaro Bertrand de st Vincent était au concert de Johnny, ancien de soutien de Nicolas Sarkozy, au stade de France.

Avec ironie, il fait du rocker, le dernier spectre d'une époque résolue où la droite était à la fois, rock pop et bling bling.

"Figure titubante du grand roman de l'énergie nationale. Au bord du gouffre, les yeux transparents, la voix cassée, hurlant comme un loup dans la nuit. Debout, sous une pluie battante qui n'en finit pas de tomber depuis l'avènement du socialisme, le vieux combattant chante "Le prix de la vie". Il l'a payé : touche pas à mon pote. »

A demain.

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