"Un pilote à Matignon"... C'est la Une de l'hebdomadaire Valeurs Actuelles avec, fort judicieusement, une photo de François Fillon en combinaison de pilote... Eh oui, car cet élu de la Sarthe est un fan de mécanique automobile, et il adore conduire des bolides à ses heures perdues... En pages intérieures, Valeurs Actuelles publie une photo de François Fillon en combinaison argent, à côté d'une Ferrari... qui est rouge, bien sûr, et qui porte le numéro 23... C'est au volant de cette voiture que François Fillon a couru en 2004 les 24 Heures Classique au Mans... la Classique, c'est une course avec des modèles vintage... mais qui roulent tout de même très vite. Nicolas Sarkozy en a fait lui-même la dure expérience... Dans Le Monde, Raphaëlle Bacqué raconte qu'il y a quelques années, François Fillon lui a fait faire quelques tours de circuit au Mans à ses côtés... et Nicolas Sarkozy est ressorti du cockpit chancelant et tout pâle... Alors la presse a bien aimé également le footing, hier, des deux têtes, ou plutôt des quatre jambes, de l'exécutif... C'est "la foulée gouvernementale", écrit Didier Pobel dans Le Dauphiné Libéré... "Et on choisit le symbole que l'on veut... Celui d'une France qui se lève tôt pour courir, et qui mouille son T-shirt... Ou tout simplement, celui d'une parfaite maîtrise de la scénographie galopante d'un pouvoir new look"... Ce que Libération résume d'un titre lapidaire : "Fillon court aux ordres de l'Elysée"... En tout cas, tout le monde s'accorde pour dire, ce matin, que dans la rupture tranquille, "la rupture c'est Nicolas, la tranquillité c'est François"... Et la phrase est du député Dominique Paillé, repris dans Le Monde... "Sarkozy-Fillon, c'est l'eau et le feu", selon le titre de l'éditorial d'Alexis Brézet dans Le Figaro... Dans L'Est Républicain, Pierre Taribo trouve à François Fillon "la tête de l'emploi, c'est-à-dire un air de gendre idéal, un peu lisse, mais que la politique n'a pas rendu fou"... Alexandre Morel relève, dans La Montagne, que "l'Histoire est malicieuse, puisque voilà François Fillon à Matignon, dans ce poste de Premier ministre dont il avait suggéré la suppression à l'avènement du quinquennat"... Cela dit, "François Fillon est bien préparé pour le job"... Et c'est Raphaëlle Bacqué qui le raconte dans une double page du Monde consacrée à un portrait du nouveau Premier ministre... Où a-t-il appris le job ?... Eh bien au 10 Downing Street... En effet, François Fillon est l'un des très rares hommes politiques français à bien parler l'anglais... Il faut dire que son épouse, Pénélope, est Anglaise, ou plus précisément Galloise... Et il y a deux ans, François Fillon est parti deux jours s'installer chez Tony Blair, pour voir comment ça fonctionnait à Londres... Fillon, stagiaire au 10 Downing Street... Il en restera forcément quelque chose... Pour sa part, L'Humanité fait sa Une sur "un bras-droit bien à droite"... et titre, à l'intérieur sur "Fillon, le réformateur libéral et revanchard"... Et il y en a quelques-uns qui doutent... C'est le cas de l'ancien patron de Force Ouvrière, Marc Blondel, interrogé par Le Parisien-Aujourd'hui en France... En vieux briscard des négociations sociales, Blondel, qui a beaucoup croisé le fer avec le ministre Fillon sur les retraites, dit de lui qu'il a peur de l'affrontement... Et se demande s'il aura la personnalité nécessaire pour diriger les ministres, et, plus encore, pour oser être en désaccord avec le Président de la République... "Parce que ce dont je suis sûr, dit Blondel, c'est que Nicolas Sarkozy, lui, n'hésitera pas, si besoin est, à court-circuiter son Premier ministre"... Sur la répartition des postes dans le gouvernement, qui sera connu dans moins d'une heure et demie, cela a été un peu chaud ces dernières heures... "Michèle Alliot-Marie a fait le forcing pour avoir, comme Alain Juppé, le titre de ministre d'Etat... En vain... et au grand dam de MAM, écrit Christophe Jakubyszyn dans Le Monde... Car elle a bien failli perdre le ministère de l'Intérieur"... Et il cite une réflexion dans l'exécutif : "Si MAM n'était pas une femme, elle n'aurait rien"... Le Parisien croit savoir que le député sarkozyste Christian Estrosi pourrait devenir secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer, afin d'éviter un choc frontal avec Jean-François Copé, promis à la présidence du groupe UMP à l'Assemblée... Sophie Huet, dans Le Figaro, n'exclut pas une bataille pour le perchoir, en principe dévolu à Bernard Accoyer... Mais elle rappelle l'interview récente donnée au journal par le président sortant Patrick Ollier, sur le thème : "Je ne suis pas au perchoir pour faire l'intérim"... Sinon, la presse ne se lasse pas de la séquence Fouquet's du 6 mai au soir... On parlait hier, dans un journal, de la séquence karaoké-Chivas Régal... Dans Le Point, Catherine Pégard... dont c'est le dernier article, puisqu'elle rejoint Nicolas Sarkozy à l'Elysée... Catherine Pégard a entendu parler d'une autre formule : la séquence Bar Mitzva-Onassis... Alors qui était, en fait, au Fouquet's, là où Cécilia n'était pas ?... Les people, on le sait, mais les vrais, les gens qui comptent ? Eh bien Renaud Revel, dans L'Express, croit avoir fait le tour du Gotha présent ce soir-là... Bernard Arnault, l'homme le plus riche de France... François Pinault, l'autre plus riche... Martin Bouygues, Serge Dassault, Alain Minc, Vincent Bolloré, le propriétaire du yacht... Seul manquait à l'appel du Fouquet's Arnaud Lagardère, mais Renaud Revel précise que Lagardère avait devancé tout le monde en se rendant, à 20 heures, au QG de la rue d'Enghien pour féliciter celui qu'il appelle publiquement "mon frère"... Et Ségolène, pendant ce temps ?... "Seule à Djerba", titre France Soir en Une... et qui résume ainsi la situation en première page... "Elle est en vacances en Tunisie... Ses 4 enfants sont du voyage... François Hollande est resté à Paris... Le couple vit des heures difficiles"... France Soir parle même de rupture consommée... sans qu'on sache bien si on est dans le personnel ou dans le politique... Il faudra désormais s'habituer à ce mélange des genres, avec une vie politique française rythmée par la saga de deux couples : la saga des Sarkozy et la saga Hollande-Royal... Sur ces derniers, Catherine Nay croit savoir qu'au lendemain du deuxième tour, Ségolène Royal aurait dit à ses enfants : "Si j'ai été battue, c'est parce que votre père ne m'a pas aidée"... Catherine Nay l'écrit dans Valeurs Actuelles, en relevant par ailleurs que Cécilia Sarkozy n'a pas voté au second tour, pour des raisons que la raison ne connaît pas... Et la journaliste conclut : "On a bien changé d'époque"... On attendait L'Humanité après l'hommage à Guy Môquet rendu par Nicolas Sarkozy l'après-midi de son intronisation, devant le monument aux Martyrs de la Cascade du Bois de Boulogne... Comme le quotidien communiste ne paraissait pas hier, jour de l'Ascension, c'est ce matin qu'il réagit, sur deux pages + un édito, en publiant bien sûr, comme la presse hier, la fameuse lettre à ses parents du jeune résistant communiste, quelques heures avant sa mort... lettre que le Président souhaite voir lue à la rentrée dans toutes les écoles de France... L'Humanité donc salue Guy Môquet, "un jeune communiste pour l'exemple"... mais écrit que ses valeurs et son combat ne peuvent être récupérés par la droite... "Oui à la reconnaissance", dit l'historien communiste Roger Martelli... "Mais non à la captation d'héritage"... Et il poursuit : "Entendre l'éloge de Guy Môquet par le héraut de la contre-révolution libérale, qui a construit son triomphe en absorbant une part de l'électorat et de la thématique du Front National... voilà qui laisse un terrible goût d'amertume"... Dans son éditorial, Patrick Apel-Müller se demande "comment l'image de ce jeune communiste pourrait-elle se marier avec la conception de droite de la Nation, excluant les étrangers ?... Cette figure lumineuse, dit-il, est à l'opposé de la face obscure de la planète UMP, celle où les vieilles idées de l'extrême-droite sont accomodées avec les restes... On n'achète pas l'Histoire, conclut l'éditorialiste, comme on achète certains hommes : avec un portefeuille". On attendait L'Humanité après l'hommage à Guy Môquet rendu par Nicolas Sarkozy l'après-midi de son intronisation, devant le monument aux Martyrs de la Cascade du Bois de Boulogne... Comme le quotidien communiste ne paraissait pas hier, jour de l'Ascension, c'est ce matin qu'il réagit, sur deux pages + un édito, en publiant bien sûr, comme la presse hier, la fameuse lettre à ses parents du jeune résistant communiste, quelques heures avant sa mort... lettre que le Président souhaite voir lue à la rentrée dans toutes les écoles de France... L'Humanité donc salue Guy Môquet, "un jeune communiste pour l'exemple"... mais écrit que ses valeurs et son combat ne peuvent être récupérés par la droite... "Oui à la reconnaissance", dit l'historien communiste Roger Martelli... "Mais non à la captation d'héritage"... Et il poursuit : "Entendre l'éloge de Guy Môquet par le héraut de la contre-révolution libérale, qui a construit son triomphe en absorbant une part de l'électorat et de la thématique du Front National... voilà qui laisse un terrible goût d'amertume"... Dans son éditorial, Patrick Apel-Müller se demande "comment l'image de ce jeune communiste pourrait-elle se marier avec la conception de droite de la Nation, excluant les étrangers ?... Cette figure lumineuse, dit-il, est à l'opposé de la face obscure de la planète UMP, celle où les vieilles idées de l'extrême-droite sont accomodées avec les restes... On n'achète pas l'Histoire, conclut l'éditorialiste, comme on achète certains hommes : avec un portefeuille".

Patrick BOYER

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