Pas facile d'être socialiste aujourd'hui... Congrès du Mans... Ouverture ce vendredi... Scepticisme général dans la presse. Courants, déchirements, motions, ambitions et trahisons... Qu'à cela ne tienne... L'objectif, c'est faire comme si... Arriver en rang serré plutôt qu'en clans serrés... Comme l'écrit Philippe Waucampt dans "Le Républicain Lorrain", d'une manière ou d'une autre, le Parti Socialiste, expert en liturgie, a tout intérêt a entonner le grégorien de l'unité dans les vapeurs d'encens de la plus complète camaraderie... Même si tout cela fait passablement faux-cul, une dynamique serait ainsi créée en vue de la présidentielle. "Oui, bal des hypocrites", répond Pierre Taribo dans "L'Est Républicain". Les autres éditos sont à l'avenant... Vous le voyez, les risettes du Mans ne trompent personne. Enfin, c'est comme ça, déplore Serge Faubert, de "France Soir" : la France a hérité d'un Parti Socialiste autiste... Le monde peut bien s'écrouler autour de lui, seule l'arithmétique interne le mobilise... Sourds et aveugles, les socialistes cheminent en petits boutiquiers des espérances trahies. Du côté des manchettes, c'est le même ton... "Couvre-feu au PS", titre "Libération"... "Le PS retrouvera-t-il sa gauche ?", s'inquiète "L'Humanité", pour qui la question centrale, c'est de savoir si les socialistes vont résister ou non à la tentation sociale-libérale... Ce que, dans l'ancienne rhétorique communiste, on appelait les "socio-traitres". Le congrès du PS : poker menteur, résume "Le Point"... Beaucoup de bluff, en fait, pour un statut quo... Bref, le PS ne va pas très bien... Et pourtant... A la question : "Le PS peut-il gagner ?", Stéphane Rozès, directeur de CSA-Opinion, répond "oui"... Et il s'en explique dans "La Tribune". D'abord, il lui faut désigner un candidat crédible, avec un projet alternatif, menant une campagne de premier tour vers l'électorat populaire, qui détient la clé de la Présidentielle... Compter sur le seul vote-sanction, poursuit Rozès, serait hasardeux. Le problème, c'est qu'au Mans, le candidat pour 2007 ne sera certainement pas désigné... Ce qui fait que chacun avancera masqué, et personne ne comprendra les orientations du PS. Bon... Imaginons que les socialistes l'emportent quand même à la Présidentielle... Que feraient-ils... Banlieues, emplois, logements, éducation... Déclarations d'élus locaux à l'appui, "France Soir" recense ce que pourrait faire un Président socialiste. Selon le journal, ce Président, eh bien, ce serait François Hollande, montré en Une avec des lunettes façon Chirac, et une posture engoncée, comme celle du Président en début de semaine à la télé. Saisissant. Tout comme l'est le spectacle offert par les socialistes français aux sociaux-démocrates européens médusés... Sentiment révélé par les journaux de nos voisins... Avec d'abord le "Guardian", qui donne un conseil aux socialistes français : "Ne faites surtout pas comme la gauche britannique, qui n'a plus d'identité... Bref, restez à gauche, ne faites pas du blairisme... Ce sera un combat symbolique, non seulement pour la France, mais pour l'Europe entière". En Italie, "La Repubblica" voit à travers le congrès du Mans la question de ce que sera le socialisme du nouveau siècle en Europe... Et là encore, c'est un appel : "Passez donc du simple règlement de compte interne à un laboratoire de la gauche européenne"... Presque une supplique. Enfin en Allemagne, dans les colonnes du "Zeit", on déplore le fait que le PS soit si loin des banlieues... On le qualifie de représentant d'ne gauche lointaine et hautaine. Tout cela, le magazine économique "Challenges" le résume par cette formule, mais dans l'autre sens : "Socialistes, l'exception française". Je dis "dans l'autre sens" car cet hebdomadaire regrette qu'au moment où toute l'Europe roule à la social-démocratie, le PS français virer à gauche toute... Du moins dans ses paroles. Quoi qu'il en soit, et quelle que soit la tournure que prendra le congrès du Mans, il est bel et bien difficile d'être socialiste aujourd'hui... Alors pourquoi le PS va mal ?... "Le Parisien" évoque dix raisons, que nous n'allons pas dérouler ici, ce serait trop long... Mais voyons les principales avec vous, Dominique de Montvallon, directeur adjoint de la rédaction du "Parisien"... Bonjour... Alors, selon vous, les principales raisons du malaise au PS... A votre avis, de quoi va accoucher ce congrès ?... Merci, Dominique de Montvallon... Le mot de la fin, il est aussi dans votre journal... Il est de Denise, 73 ans, militante depuis la naissance du Parti Socialiste, au congrès d'Epinay, il y a 34 ans... "Mon courant, dit-elle, c'est le PS". Hier, "France Soir" criait à la censure à propos du livre sur la vie amoureuse de Cécilia Sarkozy... Ouvrage que l'éditeur First ne publie pas... Après intervention de Nicolas Sarkozy, expliquait le même journal... Eh bien aujourd'hui, c'est Cécilia elle-même qui apporte des précisions, dans "Le Parisien"... Et voilà très exactement ce qu'elle dit... A la question : "Après que vous l'avez alerté, qu'a fait exactement Nicolas Sarkozy pour que le livre ne sorte pas en librairie ?" "Je n'en ai pas la moindre idée... Quand j'ai su que ce livre était sur le point de sortir, j'ai appelé Nicolas au secours. C'est moi qui lui ai demandé de m'aider. Je lui ai dit ce qu'il en était, et il m'a répondu qu'il s'en occupait". Et comme le remarque "Le Parisien", en France, les cas de censure sont rarissimes... D'ailleurs, depuis dix ans, ils se comptent sur les doigts d'une main... En 96, il y a eu le livre du docteur Gubler sur la maladie de François Mitterrand : "Le grand secret"... On peut citer aussi l'interdiction d'une biographie d'Alain Delon, à la demande de l'intéressé... On s'aperçoit tout de même qu'à travers ces exemples, les livres finissent tout de même par sortir... Plus tard que prévu, mais comme on dit : mieux vaut tard... Oui, avec un certain regard... Venu d'Afrique... Et vous allez le voir, c'est un festival. C'est le journal panafricain "Le Gri-Gri", sorte de fondu enchaîné entre "Le Canard" et "Le Courrier International"... A la fois satirique et compilatoire, surtout jubilatoire... Où l'on découvre comment "Notre Voix", journal ivoirien, analyse les violences dans les banlieues, avec cette phrase... "Etonnant, tout de même, que la France, qui est capable de détruire en un clin d'oeil la flotte aérienne d'un pays situé à 6.000 kilomètres, ne parvienne pas à mettre hors d'état de nuire quelques hordes de jeunes désoeuvrés"... Et toc ! Sévère critique également dans "Le Messager" camerounais : "Ce qui arrive aujourd'hui est la conséquence d'une politique d'intégration aussi hasardeuse que ce qu'on appelle la politique africaine de la France"... Vision partagée au Cameroun par le quotidien "Mutation"... "Oui, la politique menée pendant plusieurs années par la France en Afrique est responsable de la crise dont les flambées de violence dans les cités sont l'expression... La France récolte chez elle ce qu'elle a cru pouvoir semer ailleurs, dans l'irresponsabilité". Voilà : à lire la presse africaine, Paris n'a plus qu'à entonner le fameux refrain de Georges Brassens... "Au village, sans prétention, j'ai mauvaise réputation".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.