Avec des ‘si’, c’est bien connu, on mettrait Paris en bouteille...

Autrement dit : on peut réellement tout imaginer… Même le plus incongru, même le plus improbable, sauf à ne retenir que la phrase de Boris Vian, lequel disait, je cite : « Avec des ‘si’, on scierait. »

Et si, et si, _« Et si… ça s’était passé autrement ? »C’est la question que pose le supplément « Guerres & Histoire » du mensuel SCIENCE & VIE, qui nous raconte ce que serait devenu le monde si certains événements s’étaient donc passés « autrement »_… Et si Hannibal avait pris Rome ? Et si les Perses n’avaient pas perdu à Salamine ? Et si Venise avait sauvé Constantinople ? Si la bataille de Trafalgar n’avait pas eu lieu ? Si le Débarquement en Normandie avait échoué ? Et si Napoléon avait gagné à Waterloo ? Evidemment, l’Histoire n’aurait pas été la même… Evidemment, la suite aurait été très différente… Evidemment, le monde serait différent… Peut-être meilleur ou peut-être pire, on ne sait pas.

Cela dit, ce qu’on sait, c’est que, malgré tout ce qu’on en dit tous les jours, le monde est aujourd’hui de moins en moins violent. Etonnant dit comme ça, mais c’est, semble-t-il, une vérité scientifique, ainsi qu’en témoigne cette phrase dans LIBERATON : « La diminution de la violence dans le monde est un phénomène massif et incontestable. » Les mots sont d’un professeur de psychologie de l’Université d’Harvard… Il s’appelle Steve Pinker, il est d’origine canadienne et il vient de publier un livre aux éditions ‘Les Arènes’ : « La part d’ange en nous »

1.000 pages dans lesquelles il démontre que la violence ne fait que régresser depuis les tout premiers temps de l’Humanité… La violence guerrière, la criminalité – une baisse continue du nombre d’homicides… Et, dans le même temps, les pratiques les plus meurtrières ont été abolies dans une grande partie des pays de la planète… Et là, le chercheur cite les sacrifices humains, l’esclavage, l’inquisition, la torture et la peine de mort… Quant au terrorisme, il estime que c’est, certes, un phénomène terrible, mais que statistiquement, il est aujourd’hui infiniment moins dangereux que la jalousie des maris qui assassinent leur femme, ou le mauvais fonctionnement de certains appareils ménagers, qui causent de nombreux accidents domestiques… D’ailleurs, même les accidents sont de plus en plus rares… On meurt moins que dans le passé de chute ou de noyade, on meurt moins sur la route, on meurt moins dans les incendies, on meurt moins de maladie… Sauf, bien sûr, dans certains pays comme l’Irak ou la Syrie, « partout, explique-t-il, la sécurité progresse. Partout, le monde est plus sûr. »

Les actes violents diminuent : voilà donc la thèse de Pinker. Mais dès lors, l’interroge Laurent Joffrin qui signe cette interview : dès lors, _« comment expliquer que la sensibilité à la violence ait augmenté ? »Autrement dit : comment expliquer qu’on a même l’impression que le monde est de plus en violent ? Réponse du psychologue : « C’est notre système de valeur qui évolue. Et nous accordons aujourd’hui à la vie humaine un prix très supérieur à celui du passé. »_

Et c’est pour cette raison que la violence nous insupporte. Parce qu’elle est là, toujours. Et Steve Pinker ne le nie pas.

Violence extrême au Nigéria. C’est à lire dans les pages de COURRIER INTERNATIONAL, avec lestémoignages terribles de jeunes filles qui ont été enlevées par les djihadistes islamistes de BOKO HARAM… Elles sortaient à peine de l’enfance, et le groupe terroriste les a envoyé commettre des attentats-suicide… Des ceintures d’explosifs autour de la taille… Elles devaient aller se faire exploser dans des casernes ou sur des marchés… Mais certaines ont dit ‘non’… Ce sont elles qui témoignent… Et elles racontent ce jour où, arrivées dans les casernes ou bien sur des marchés, elles ont demandé de l’aide, expliquant qu’on les avait transformées en bombe…

Violence extrême en Birmanie. C’est à lire dans les pages du magazine ELLE… Un reportage glaçant d’Emilie Lopes, à la rencontre de celles qu’elle appelle« les survivantes de l’enfer birman »… Et c’estl’épuration des Rohingyas qu’elle nous décrit… Des femmes qui ont trouvé refuge au Bangladesh et tentent de se reconstruire après avoir connu le pire… Leurs villages incendiés… La faim… L’exil… La peur… On a tué leurs maris, on a tué leurs enfants– l’une d’elle raconte son bébé jeté dans les flammes par des militaires birmans… Et puis il y a les viols… Des viols systématiques… Sur les mères, sur les filles et sur les petites filles… « Le viol, arme de guerre contre les Rohinyas », nous explique également Bruno Philip dans LE MONDE… Depuis le mois d’août, plus de 600.000 Rohingyas ont donc fui les violences et sont allés se réfugier au Bengladesh, où ils vivent dans des conditions sanitaires déplorables…

Et si… Aung San Suu Kyi sortait enfin de son silence ? Avec des ‘si’, on mettrait Paris en bouteille…

Et si l’affaire Weinstein n’avait pas éclaté ? Eh bien sans doute n’y aurait-il pas eu cette « libération de la parole » à laquelle on assiste depuis maintenant six semaines et la mise en cause du producteur américain pour violences sexuelles… « Des paroles… Mais des actes ? » interroge LIBERATION, qui précise qu’en France, les réactions politiques se font attendre… Pour l’heure, aucune mesure et pas de moyens supplémentaires aux associations de victimes, qui sont aujourd’hui débordées… Le 39.19, le numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violence ne cesse de sonner : 1.200 appels de plus en octobre qu’en septembre… Et la police, de son côté, a enregistré une hausse de 23% des plaintes pour violences sexuelles… Un vrai « raz-de-marée », un « déferlement », selon les termes de l’association européenne contre les violences faites aux femmes. « Des paroles, oui, mais quid des actes ? », questionne donc Sabrina Champenois dans l’édito du journal, et elle estime qu’aucune mobilisation politique d’ampleur n’est encore sur les rails…

A propos de politique, cette petite question : si Christophe Castaner avait eu face à lui d’autres candidats ? Eh bien, sans doute l’image que cela aurait donné de son parti aurait-elle était bien meilleure… Quelques moqueries, ce matin, sur son sacre annoncé. Des moqueries sur le thème ‘c’est le fait du prince’ et finalement, ce parti n’est pas différent des autres… A l’occasion du premier congrès du mouvement fondé par Emmanuel Macron, Castaner prendra donc ce samedi à la tête de La République en Marche – et il n’y a pas de suspens, il est le seul candidat. « Tous derrière et Castaner devant », relève L’ECHO DE LA HAUTE-VIENNE… LA PROVENCE le présentant comme « le service après-vente » de La République en Marche… Cela dit, comme le précise LE FIGARO, son maintien au gouvernement continue de faire débat dans la majorité, et il devra en outre remobiliser les Marcheurs, les militants du mouvement, dont un bon nombre ont aujourd’hui le moral en berne.

Les journaux s’inquiètent par ailleurs pour notre Johnny national… Il est en photo ce matin à la Une d’une partie de la presse régionale… « Johnny Halliday hospitalisé pour détresse respiratoire », titre ainsi L’INDEPENDANT, tandis que CENTRE PRESSE évoque « une santé de plus en plus inquiétante »… Âgé de 74 ans, l’ex-idole des jeunes, monstre sacré du rock français, lutte depuis quelques mois contre un cancer des poumons, mais si l’on en croit LE PARISIEN, il devrait quitter sa clinique parisienne ce week-end. Ah si, ah si, ah si… Johnny pouvait se porter mieux…

Enfin, j’ai relevé, dans LA VIE, cette nouvelle tendance qui, paraît-il, tient même de la thérapie :faire des câlins à des arbres… Des hêtres, des platanes ou encore des pommiers. Il parait que ça fait beaucoup de bien, et que ça permet de regagner de l’estime de soi… Evidemment, si vous avez une compagne ou un compagnon, c’est très bien également de leur faire des câlins. Au moins aussi bien que d’en faire à des arbres… Ah si… l’amour n’existait pas…

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