Un petit soldat russe a tué huit autres militaires de peur d'être violé, dans une armée en proie au bizutage qui est une torture, Libération. Un polonais qui assassina un combattant anti-apartheid en Afrique du Sud est un héros pour l'extrême-droite en Pologne, le Monde. London Calling a quarante ans, the Independent!

Usine de Ricard à Vendeville dans le Nord de la France
Usine de Ricard à Vendeville dans le Nord de la France © AFP / Philippe HUGUEN / AFP

On parle d'alcool, ce matin...

Et on parle dans Le Parisien de beuverie, de douze, quarante pastis par jours. On parle d'hallucinations, de voix qu'on entend, de coma éthylique. On parle d'un médecin qui vous dit "Continuez comme ça, dans trois ans, vous êtes morte". On parle de la Fête de l'Humanité qui est soûlerie et d'un homme qui tangue dès l'après-midi aux arènes de Nîmes quand vient la Feria. On parle d'un alcoolique qui ne se tient debout qu'au Guronsan et au Red bull, qui se dope pour compenser l'alcool qu'il ingurgite pour travailler...

Oui pour travailler. Dans Le Parisien, parlent des hommes et une femme devenus alcooliques parce que c'était leur métier, alcooliques pour et par leur métier. L'un d'eux est déjà allé aux Prud'hommes. Ils étaient représentants de commerce chez Ricard, notre géant du pastis et pour vendre, ils devaient lever le coude dans les bars, les discothèques et les fêtes, et c'était "bois ou crève", disent-ils dans le journal.

Si je refusais un verre, mon chef me disait "tu n'aimes pas les produits que tu vends".

Un silence se brise et voilà, exposée une entreprise de fête nationale... Le Parisien commente son propre dossier d'un ton presque étonné, tant on dénonce aujourd'hui en France. Jadis, l'alcoolisme chez Ricard aurait fait sourire, avons-nous changé ?

On parle de souffrance aussi

On est loin des communiqués de victoire de la vente annuelle des hospices de Beaune dans Le Bien public, où pour une bonne cause, la recherche médicale, on a éculé des bouteilles pour 12 millions d'euros. Tony Parker a acheté 600 bouteilles, Beaune n’est pas la Fête de l'Huma.

Mais en dehors de la Bourgogne, la souffrance porte de nos journaux. Le Figaro nous décrit victimes du bruit qui nous envahit, il ne faut pas rester près d'un marteau-piqueur plus de dix secondes, lis-je car ces 120 décibels, les mêmes que ceux de l'avion qui décolle, marquent le début de la souffrance auditive. Parfois on se l'inflige. Un milliard cent millions de jeunes gens dans le monde risquent leur audition "par leurs dispositifs audio personnels", les casques comprend-on, parfois on vous l'impose ; on perd 10 mois de vie dans les zones denses de l’île de France par le bruit des transports. Et même votre collègue vous agresse car l'open space est un enfer, ajoute Le Parisien. Le travail décidément une plaie.

Le Parisien, très bon, me raconte aussi les traînées d'huile que laissent au sol les mécanos clandestins dans des banlieues pauvres, où le garage à ciel ouvert est devenu une véritable industrie, on répare les voitures dans les rues au pied des immeubles et cela fait du bruit aussi et du déchet mécanique, mais dans ces quartiers beaucoup n'ont pas les moyens d'acheter de bonnes voitures ni d'emmener leur guimbarde chez le garagiste officiel...

Il y a voiture et voiture et ce matin, un homme qu'elle rend heureux et qui aime son métier. Carlos Tavares, patron de PSA, ramène Peugeot au Mans pour les 24 heures, dit-il au Maine Libre, et lui-même hier a participé à une course d'endurance sur le circuit Bugatti. La piste était grasse. Il dit que pour lui, la course est une thérapie. Monsieur Tavares va mieux que Monsieur Ghosn de Renault, dont la vie a basculé il y a un an demain et qui depuis se bat, que la justice japonaise interdit de parler à sa femme, lis-je dans Le Figaro. C'est son enfer à lui.

On parle de soldats russes et de peur au ventre...

Des petits conscrits, me dit Libération, soumis aux bizutage, humiliations, tortures dans un système codé, qui autorise les plus anciens à persécuter les nouveaux qui, au bout de quelques mois, persécuteront à leur tour. La Russie ne peut pas se passer de service militaire mais le 25 octobre, le petit soldat Ramil Chamsoutdinov, qui a 20 ans, a tué huit autres militaires sur une base de Sibérie parmi eux, le lieutenant qui lui avait annoncé que ce jour-là, on allait le violer.

Ils sont ces petits Russes, quelques-uns des naufragés de ce jour. Dans Le Monde, je lis un criminel que son crime rend populaire, Janusz Walus, un polonais émigré en Afrique du Sud devenu suprémaciste blanc, qui, en 1993, assassina le leader noir Chris Hani, héros de la lutte contre l'apartheid. Il est encore en prison là-bas mais en Pologne, l’extrême-droite, des hooligans du football, célèbrent un combattant.

A Strasbourg, me disent Les DNA vit Ali Gassr Sahw qui, il y a quatre ans, en novembre 2015 a ramassé sur la cote grecque les corps de 5 de ses enfants, il n'a pas retrouvé celui de deux autres, ni celui de son épouse, tous noyés dans la mer Egée qu'ils traversaient ayant fui la Syrie de l'Etat islamique. Ali seul est arrivé à chez nous, et pose près d'un bébé, une nouvelle fille, Jenna, aux beaux yeux, qu'il a eu avec une nouvelle femme, syrienne et réfugiée comme lui. Jenna est superbe dans son body rose, son papa est gris, ses yeux sont loin...

A Limoges, me dit Le Populaire du Centre, vit un champion d'athlétisme qui s'appelle Yousuf Jeldo Jerso, qui a fait 4e hier du Cross national d'Uzurat, et qui court la peur au ventre : il a fui l’Ethiopie, il n’a pas de papiers.  

A Tours, me dit La Nouvelle République, vit Fatou venue du Nigéria, que des réseaux ont torturé et prostitué. Elle s'est échappée pour aller trouver une association, elle aurait 16 ans, l’administration dit 18, majeure, et ne veut pas l'aider. A qui s'en remettre ici-bas ?

Et on parle de Dieu...

Qui, s'il existe a de quoi faire, mais peut compter sur trois femmes épatantes de force et de foi : une musulmane, une chrétienne, une juive, toutes d'une orthodoxie impeccable mais qui se dressent contre le patriarcat dans La Croix. La Croix qui se demande si Dieu ne serait pas une femme, et si la femme ne serait pas son avenir, on ne l'a pas toujours appelé père, et qui écoute donc Liliane Vana, Iqbal Gharbi, Anne-Marie Pelletier qui ont lu le Coran, les Évangiles, la Bible, le Talmud mais aussi le droit, l'historie, l'anthropologie. Elles défient et moquent le pouvoir des hommes qui accaparent les prêches et qui vantent les femmes si sensibles, intelligentes, spirituelles un trésor, tout en les traitant en mineures éternelles.

Est-ce une inspiration divine ? Une femme a eu un mot de génie au début du mois de novembre au parlement néo-zélandais, et Le Monde la célèbre, Chloe Swarbrick, 25 ans et députée était interrompue par un parlementaire âgé quand elle parlait du réchauffement climatique. Elle lui a envoyé un "OK boomer", comprenez, "OK baby boomer", le renvoyant dans les cordes d'une génération que les jeunes récusent à force de l'entendre moquer ses espérances, l'écologie, Greta Thunberg... "Ok boomer" est devenue un mot d'ordre mondial.

A propos de génération, la mienne pardon. Décembre marquera le quarantième anniversaire d'un double album qui révolutionna le rock le punk le reggae, London Calling des Clash, dont L'Independent et autres journaux anglais, disent la gloire et qui fait l'objet d'une exposition au Museum Of London...

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