Alors... ce débat... Le débat des présidentiables du PS, hier soir... Eh bien, du pour et du contre, ce matin dans la presse... "Franchement, ce fut éprouvant, écrit Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace... des crampes en prime time... Celles des compétiteurs, plantés pendant deux heures derrière leur pupitre, comme des premiers communiants... Celles, maxillaires, des téléspectateurs dans leur canapé, luttant bravement contre l'engourdissement à s'en décrocher la mâchoire... Alors, qui a gagné ?... Qui a perdu ?... Ni l'un, ni l'autre, ni le troisième, conclut l'éditorialiste... Après tout, c'était peut-être le but de cette opération blanche"... Patrick Fluckiger, dans L'Alsace, a trouvé, lui... "le principal vainqueur de la triangulaire interne au PS, c'est l'ennui... La soirée a été une longue successions de monologues calibrés au millimètre... Certes, le PS a échappé au déchirement en public... Mais on doute que le match d'hier soir ait contribué à faire bouger le statu quo"... Oui, "c'est le gel des positions, confirme Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne... parce que c'est la dialectique qui est le moteur de la démocratie, pas l'écoulement gentil de l'eau tiède"... "Le problème, c'est que le bachotage politique, ça existe aussi, analyse Hervé Chabaud dans L'Union... Ségolène Royal aurait obtenu 20 sur 20 en récitation, lorsqu'elle a décliné les raisons de sa candidature... une vraie petite fable du Poitou... Le brevet de fidélité au programme du PS, Laurent Fabius l'aurait obtenu avec la mention "très bien"... Quant au baccalauréat technologique des sociaux-démocrates du 21ème siècle, Dominique Strauss-Kahn aurait affiché la meilleure moyenne... S'il y a eu de la sincérité dans les propos, conclut l'éditorialiste, les postures manquaient de naturel"... "D'accord, écrit Philippe Waucampt, dans Le Républicain Lorrain, le débat n'était pas vraiment primesautier... Mais quand même : il a réussi à être de bonne tenue, tout en évitant d'être aussi soporifique que redouté"... Dans Le Midi Libre, Michel Noblecourt est sur la même ligne... "Ce fut un bon débat, traitant du fond des sujets... une belle démonstration de maturité démocratique... un débat finalement plus apaisé que conflictuel, où les idées ont pris le pas sur les postures"... Qui a gagné hier ?... "Fabius, DSK, Ségolène ?, interroge France-Soir... Eh bien non : le PS... Grâce à une primaire jusqu'à présent réussie, qui met en sourdine leurs luttes intestines, les socialistes donnent une image moderne... un beau pied de nez à la droite, qui, pendant ce temps, se noie dans les querelles et les petites phrases", note le journal... Pour Le Parisien-Aujourd'hui en France, c'est "avantage : Strauss-Kahn"... La rédaction du journal a noté les trois candidats... Résultat : 11 sur 20 pour Laurent Fabius, 12 pour Ségolène Royal, 16 pour DSK... Pour Le Figaro, ils sont bien tous ex-aequo... "Les candidats rivalisent de promesses", affirme le journal... C'est aussi le constat du Financial Times... "Ils ont tous promis plus pour la recherche, l'éducation et l'aide aux personnes âgées... Quand on leur a demandé comment ils trouveraient l'argent, ils ont tous répondu qu'une croissance économique plus élevée couvrirait les dépenses... "Si nous n'obtenons pas le retour de la croissance économique, alors rien de ce que nous avons dit là ne sera possible", a admis Dominique Strauss-Kahn... Un autre quotidien anglais, The Independent, a regardé cette confrontation d'un nouveau genre pour la politique française... et note : "Madame Royal est apparue d'abord nerveuse et surentraînée... Mais au fil de la soirée, sa prestation est devenue plus assurée... Monsieur Strauss-Kahn, ancien ministre des Finances, a été, d'un bout à l'autre, social-démocrate, et par moments élogieux pour Madame Royal, se positionnant peut-être pour être son candidat Premier ministre"... Cette hypothèse de The Independent, c'est tout ce qui énerve DSK... C'est ce que l'on apprend dans le portrait que dresse Raphaëlle Bacqué du candidat socialiste, dans Le Monde... "DSK, dilettante repenti"... DSK qui est l'un des rares que tous les socialistes imaginent au pouvoir en cas de victoire de la gauche, quel que soit le schéma... Les militants socialistes verraient bien un ticket Ségolène-Dominique... Elle à l'Elysée, puisqu'elle est populaire... Lui à Matignon, puisqu'il est compétent... Mais DSK, rapporte la journaliste du Monde, se souvient de la campagne présidentielle de 2002... Lors d'un débat sur France 2, il croise Nicolas Sarkozy, qui lui lance : "Tu es venu pour Jospin, moi pour Chirac... La prochaine fois, on sera peut-être face à face, en nos propres noms"... Et Dominique Strauss-Kahn a toujours gardé l'espoir excitant de ce combat-là... Dans le débat d'hier soir... il y avait donc le fond... la forme aussi... Et c'est Libération qui note : "Le glamour s'invite au cravate-club"... "Côté garçons, note le journal, Laurent et Dominique ne se sont pas foulés : costumes sombres et chemises blanches... Le duel se réduit à une bataille de cravates... Celle, bleue à pois blancs, de Fabius sentait la fantaisie mal assumée... Celle de DSK, zébrée blanc et noir, avait l'avantage de claquer plus à l'écran... Quant à Ségolène Royal, elle a peu varié par rapport à son look habituel, note Libé... Deux détails quand même : ce petit pull gris, façon cote de maille, qui lui donne des airs de Jeanne d'Arc... et surtout sa chevelure ondulée et gonflée... un brushing californien... On était à deux doigts des "Desperate Housewives"... Politique, toujours dans vos journaux ce matin... "Raffarin revient, ses proverbes aussi"... C'est Libération qui explique qu'hier soir, à Paris, l'ancien Premier ministre a fait la leçon à Villepin et Sarkozy... Avec des raffarinades bien en bouche, du genre : "Les forces de la France sont au coeur des Français"... Au-delà de la petite phrase... "Raffarin se veut le Casque Bleu de l'union"... C'est Le Figaro qui le rapporte... Et l'ancien Premier ministre joue de plus en plus ouvertement sa propre partition, pratiquant un soutien exigeant à Nicolas Sarkozy, dans la fidélité à Jacques Chirac... Le Figaro qui constate : "Oecuménique, le sénateur de la Vienne a eu un mot pour chacun : Chirac, Villepin, MAM, Juppé et Sarkozy... A propos de ce dernier, cette phrase mystérieuse : "Il sait que je le connais... Je sais qu'il me connaît"... Il lui faudra sans doute être plus clair, face aux juges demain... C'est L'Est Républicain qui l'annonce ce matin... "Dans l'affaire Clearstream, l'ancien Premier ministre est convoqué en qualité de témoin... Il devra dire s'il avait été informé des diverses enquêtes diligentées par Dominique de Villepin... Villepin, son ministre de l'Intérieur à l'époque... L'audition de Jean-Pierre Raffarin est nécessaire, explique Laïd Sammari, le journaliste de L'Est Républicain, pour que la justice passe aux étapes suivantes, à savoir les auditions de MAM et Dominique de Villepin"... Et là, est-ce que la justice peut faire quelque chose ?... Poursuivre un gouvernement pour non-publication de décret d'application... C'est Le Parisien-Aujourd'hui en France qui dénonce, ce matin, "le CV anonyme enterré"... "Le curriculum vitae anonyme, obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés, ne verra jamais le jour, malgré le vote du Parlement en mars... Et pour cause : le gouvernement a discrètement décidé de ne pas publier le décret d'application... Le CV anonyme, c'était pourtant LA mesure anti-discrimination... Oui, mais voilà : syndicats et patrons viennent de terminer leurs négociations sur ce thème... Et dans leur projet de lutte contre la discrimination en entreprise, le CV anonyme n'est pas obligatoire... Le Parisien qui constate que ce CV anonyme, c'était donc "une vraie-fausse bonne idée"... C'est un sujet où les vraies-fausses bonnes idées pullulent... L'environnement... L'Institut français de l'environnement a rendu public hier son 5ème rapport... Et "les Français ont du mal à changer leur comportement", note Les Echos... Les Echos qui rapporte que "l'industrie française fait des progrès"... Du coup, constate Le Monde, "l'enjeu est maintenant du côté des sources diffuses de pollution, celles qui nécessitent l'adhésion de chacun dans ses choix individuels pour se déplacer, pour consommer, se chauffer ou se loger"... Oui mais voilà, analyse le quotidien du soir : "si les Français se soucient de la qualité de leur environnement, ils ne sont pas prêts à changer leurs pratiques ou à payer plus cher pour des produits dont le processus de production respecte le milieu naturel"... Et l'éditorialiste du Monde regrette la timidité du discours politique sur ce sujet... "Les élus se refusent à aborder frontalement toute idée de contrainte nouvelle, ou même à évoquer de simples changements des habitudes"... Et quand le citoyen est prêt à changer d'habitude... eh bien, ce n'est pas possible... C'est dans Le Canard Enchaîné... "La nouvelle pompe biocarburant, c'était du bidon !"... Le Canard revient sur la scène, Porte d'Orléans, le 9 octobre dernier... Thierry Breton, le ministre de l'Economie, débarque en fanfare dans une station Total pour inaugurer la première pompe à biocarburant... Mais depuis... Eh bien, les malheureux employés de la station-service doivent refouler les conducteurs qui réclament leur carburant vert, et les inviter à repasser dans plusieurs mois... Parce que, explique l'hebdomadaire satirique, "emportés par leur élan écolo, le grand pollueur Total et le communiquant Breton ont oublié de préciser que ce carburant n'est pas près de couler... L'autorisation de commercialisation n'a pas été délivrée, et le prix du biocarburant, comme sa fiscalité, ne sont même pas fixés... Le 9 octobre, c'était donc juste pour la com... Le ministre de l'Economie avait accordé une dérogation exceptionnelle à Total pour remplir une cuve de la station de biocarburant... juste le temps de l'opération caméra... "Et une fois celle-ci terminée, les douanes nous ont demandé de pomper le biocarburant, de vider la cuve, puisqu'il est interdit d'en vendre", avoue le groupe pétrolier... "Et dire, conclut Christophe Nobili, du Canard, que l'automobiliste Breton a fait le plein devant tout le monde avec des produits illicites"...

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