(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : une touche de rose

(Bruno Duvic) C'est un magazine féminin avec les rubriques que l'on connait, histoires vécues, lingerie, beauté, témoignage de lectrices... Sauf qu'il s'adresse aux femmes malades du cancer. Il s'appelle Rose , le premier numéro sort aujourd'hui. Il sera distribué gratuitement dans les établissements de soins, et tous les espaces où l'on écoute et informe les malades.

Joli papier, couverture carré, féminin plutôt haut de gamme... Le pari de Rose, c'est un contrepied, un écrin pour parler du crabe.

Il y a des reportages aussi. On suit par exemple le Docteur Carole Tarpin, qui fait de la prévention dans les quartiers nord de Marseille. Salons de beauté au détour d'une barre d'immeuble, locaux d'association, appartements… partout où elle peut se glisser, cette cancérologue donne des informations dans ces quartiers où elles arrivent vraiment par bribes.

Elle croise des ados qui écoutent l'air de rien, des mamans inquiètes, des mammas futées, comme Madame Zohra, voile multicolore sur la tête et smartphone dernier cri en main. "Moi, je file à la « mammo » chaque fois que je reçois le papier du dépistage"

Dans ce numéro il y a aussi le manifeste des 343 cancéreuses, clin d'Oeil aux 343 salopes pour l'avortement. Article numéro 2 : "Nous réclamons le statut de malade chronique, différent de celui d'adulte handicapé, qui ne nous concerne pas"

Et puis Rose fait aussi de l'humour noir, à l'occasion. Je vous conseille la rubrique bêtisier du cancer, toutes ces phrases que peuvent entendre les malades.

Ou encore celle-ci, piochée dans le reportage à Marseille : l'image de la France, c'est une belle femme avec un sein à l'air.

Et de l'humour, François Hollande doit en avoir s'il lit la presse étrangère.

Le rose du parti socialiste dans les journaux européens et américains.

Courrier International et Le Monde les ont parcourus après l'élection dimanche soir.

Sur le site Internet de Courrier International , un article du journal suisse 24 heures : avec Hollande, les votants ont choisi un « perdant (…) , « celui qui a mené son parti à toutes les défaites pendant plus d'une décennie. Mais les Français aiment élire les perdants. Chirac et Mitterrand ont échoué à répétition avant d'accéder à l'Elysée. »

La suite de la revue de presse étrangère est à lire dans Le Monde .

En Allemagne, derrière l'apparente modestie du candidat, Der Spiegel voit « détermination opiniâtre et large ambition. Il a su développer son réseau longtemps avant celui de ses concurrents. »

Le New York Times : "M. Hollande est fin et intelligent (…) mais la Corrèze n'est pas vraiment comparable avec une nation qui siège au conseil de sécurité de l'ONU"

Ce candidat normal intrigue La Stampa en Italie : « La France a toujours changé parce qu'elle s'ennuyait, cette fois elle risque de changer parce qu'elle veut s'ennuyer. »

Le plus gentil dans cette sélection du Monde est le quotidien espagnol El Pais qui voit dans François Hollande « l'homme du changement tranquille et de l'unité (…) attitude propre à un chef d'Etat. »

Ce n'est pas un lit de roses qui se présente devant François Hollande

"L'UMP lance l'offensive contre Hollande" titre Le Figaro . Dans l'édito Etienne Mougeotte le présente comme « un homme du XXème siècle ». Interview de Xavier Bertrand en pages intérieures : « François Hollande n'a jamais été clair (dans cette campagne) car il a voulu plaire à tout le monde pour gagner la primaire. »

Les artilleurs de l'UMP ont intérêt à bien viser. A en croire Le Parisien-Aujourd’hui-en-France , le chef de l'Etat a trouvé que le parti gérait mal la primaire et la riposte aux attaques socialistes. Il réfléchirait à une réorganisation de son camp avec Alain Juppé parmi les pivots.

En coulisse le président prépare le renouvellement de son équipe de campagne selon Libération . Trois de ses conseillers à l'Elysée sont pressentis pour devenir directeur de campagne. Pas très connus du grand public : Camille Pascal, l'une de ses plumes, Jean Castex, secrétaire général adjoint et Olivier Biancarelli, conseiller politique.

Parmi les angles d'attaques privilégiés pour toucher le PS : son laxisme budgétaire. Mais pour Jean-Francis Pécresse dans Les Echos , "Opposer un Nicolas Sarkozy parangon de vertu budgétaire à un François Hollande héritier d'un laxisme congénital risque de ne pas convaincre grand monde. ( …) Les Français ne semblent pas faire crédit à cette majorité de sa gestion des finances publiques".

Les équipes de campagne se mettent en place, petit à petit

Au PS, François Hollande doit d'abord s'assurer du soutien de l'appareil du parti, dont Martine Aubry a repris les rênes. David Revault d'Allonnes et Thomas Wieder l'écrivent dans Le Monde : « il est bien placé pour savoir que la fracture entre la Rue de Solferino et l'équipe de Ségolène Royal avait contribué à la défaite de 2007. »

Mais pour organiser son équipe de campagne, le candidat n'est pas pressé : « je vais prendre mon temps » dit-il au Monde .

Du côté du Front de gauche, le conseil de campagne est présenté ce soir. Dans les colonnes de L'Humanité , une série de personnalités affichent leur préférence pour Jean-Luc Mélenchon. Dans la liste, l'acteur Yvan le Bolloc’h, le chanteur Bernard Lavilliers, le cinéaste Robert Guédiguian, les sociologues Michel et Monique Pinçon-Charlot ou encore l'écrivain Jean Vautrin.

La politique encore très présente ce matin dans la presse, vous trouverez dès aujourd'hui en kiosque L'Express et Le Nouvel Observateur avec inévitablement François Hollande à la Une.

Quoi d'autre dans la presse ?

Les corses eux aussi à la Une :

En couverture de Libération , « le flic de Sarkozy », Bernard Squarcini mis en examen dans l'affaire des fadettes.

A la Une de La Tribune , « les coulisses d'un putsch » qui voit Jean-Cyril Spinetta reprendre les rênes d'Air France.

Une place du 17 octobre 1961 au Blanc- Mesnil près de Paris, 50 ans après la répression de la manifestation pour l'indépendance de l'Algérie. La place a été inaugurée hier soir, reportage à lire notamment sur le Bondy blog .

Un néo-Zélandais qui a peur de la France, dans L'Equipe . Vern Cotter, l'entraineur de Clermont, estime que les Bleus sont les pires adversaires que les blacks peuvent affronter en finale de la coupe du monde de rugby. Ils n'ont pas encore fait de gros match dans ce mondial, ils le feront dimanche.

Un journal néo zélandais cité par Le Parisien est d'un autre avis : « la différence entre la façon de jouer des Français et des Blacks est plus importante que la note de bar de l'équipe d'Angleterre…. »

Le Parisien qui consacre sa Une à un autre match : Bettencourt, mère contre fille… « La milliardaire est dépossédée de sa fortune. »

Et le sport réserve parfois des surprises

Comme de voir Alain Finkielkraut et son image de vieux réac triste dans les tribunes les plus chaudes du Parc des princes. C'est raconté dans le dernier numéro du mensuel Causeur . C'est le résultat d'un pari de fin de soirée. Thomas Finkielkraut, le fils, a emmené ses parents et l'écrivain Yasmina Reza dans l'un des kops.

Dès le métro, Finkielkraut s'est distingué en parlant très fort de la politique au Proche-Orient dans une rame bondée.

C'était PSG-Nice, dans la tribune, quand Paris a marqué, le philosophe a encouragé Nice.

A la fin sa femme l'a remis à sa place, au milieu des supporters pas spécialement classe : « moi aussi j'ai envie de dire que les Niçois sont des enculés, ça fait partie du folklore ! ». A part ça, vous pouvez écouter Alain Finkielkraut sur France Culture….

A demain

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