Les retraités au menu du Point et de l'Obs. Marcel Gauchet ranime, dans l'Obs et le Figaro, la figure de Robespierre, populiste pour inventer un peuple républicain. Kylian Mbappé garde la République d'une merguez dans le Bondy Blog, l'Equipe et le Parisien. Une équation remplace le vieux kilo de platine, l'Humanité.

On parle des retraités ce matin...

Qui sont le sujet commun de l'Obs et du Point, quand s'avance la réforme du pouvoir et quand 70% des français trentenaires, "ne pensent pas ou ne sont pas surs" de toucher un jour une retraite! Un chiffre, venu d'une enquête réalisée par la CFDT auprès de 120.000 personnes et que le syndicat, complicité réformiste, partage avec l'Obs: 7 français sur dix dans la force de l'âge n'ont aucune certitude sur l'existence même de leur retraite...  

Le Point le confirme, nous n'avons rien compris au bouleversement en cours, l'allongement de la durée de la vie a un coût que nous sommes loin prendre en compte.

Heureux alors les anciens, qui n'ont pas de doute puisqu'ils la touchent, leur retraite, oui mais. Il y a dans l'Obs des portraits de retraités, qui en quelques mots résument leur vie et disent ce qu'ils gagnent ou ce qu'ils ont perdu, ils sourient et ce sourire est une pudeur. Philippe élève des brebis, comme il a eu plusieurs métiers, il touchera plus à la retraite qu'en activité, et faut-il se désoler d'une retraite à 740 euros, ou s'étrangler des 590 euros que gagne, actuellement, ce corrézien de 64 ans. 

A l'autre bout de la vie, un jeune homme est revenu chez lui hier à Bondy dire aux enfants de croire en leurs rêves, Kylian Mbappé dont la joie porte l'Equipe et le Parisien, dont le nom illustre dans une école cette règle de notre langue qui place le M avant le B... Il est Mbappé une preuve de la France dit le Parisien, et il inspire au Bondy Blog, media pourtant de contestation, la moins politique de toutes ses interviews, ou bien Mbappé est au contraire infiniment politique de nous unifier par la joie de l'enfance que l'on garde au coeur et  "ses tournois de Bondy où on s’amusait beaucoup ", et les barbecues  « avec une merguez trop cuite mais on s'en fout » !

La merguez trop cuite de Kylian Mbappé, qui nous garde la République? 

Et on parle de cuisine et de jus de cochon...

Qui arrosa, les patates au lard du chef Alain Ducasse, qui se raconte dans Society, au rendez-vous du plaisir et de la subversion. Car ces patates et cette coche de lard de 220 kilos et de 11 cm d'épaisseur  étaient une subversion, Ducasse les servit à ces Messieurs du CAC 40 quand il prit la succession de Robuchon à l'Hotel du parc, propriété de la Compagnie générale des eaux, pour dire à ces messieurs qu'il était un petit mec du sud et que « quand c'est bon, c'est bon ». Ah ça ira. Il dit aussi Ducasse, le dîner de Vladimir Poutine et Emmanuel macron à Versailles, et cette sensation qu'il eut de voir débarquer l'armée russe au palais, une armée de types avec mallettes, écouteurs, et lunettes...

Il a le gout du mot, Ducasse, et nous avons avec lui le gout de l'histoire, quand les époques dialoguent. Soljenitsyne me parle de Robespierre ce matin dans le Point et avec quelle violence : "La langueur presque blafarde de Robespierre rappelle l’asthénie de Lénine. Robespierre agissait comme sous l’hypnose de sa propre conviction d’avoir raison." Extrait d'un livre posthume du grand russe qui avait quelques raisons de ne pas aimer les révolutions...

On me parle aussi de Robespierre dans le Figaro et dans l'Obs, car le philosophe Marcel Gauchet ranime cet homme qui dit aussi notre crise démocratique. Gauchet explique, seul dans le Figaro, mais en dialogue avec le marxiste Alain Badiou dans l'Obs, comment Robespierre, qui était un défenseur des droits de l'individu, choisit la terreur et l'imposition de la vertu, cette dévotion obligée de chacun au bien commun, car il fallait, après le roi, forger la république, trouver une base sociale au nouveau régime, lui inventer un peuple en somme... Robespierre, fut alors le premier de nos populistes. 

Quel raccourci, quand Jean-Luc Mélenchon, qui admire Robespierre, et qui voulait inventer un peuple dans l'insoumission, se fait ce matin, c'est le tour du Parisien, exécuter dans un journal populaire comme en Place de grève, il est « l'outrance » dit le Parisien et un outrage à la République. 

C'est un matin d'histoire. Le gouvernement, pour l'environnement, va autoriser les péages urbains, c'est bien raconté dans les Echos, mais est-ce une vertu que l'on nous impose, ou une barrière sociale qui lèvera d'autres populismes? 

C'est un matin d'idée. A la Une du Figaro, un homme jeune m'entraine, l'acteur Lorant Deutsch, qui est au Figaro ce qu'est Kylian Mbappé au Parisien, un référent joyeux totémique, il aime la langue française, « aimer le français c’est aimer la France », et fait un livre pour célébrer une langue de tradition et d'audace, le kif inclus ! "On dit souvent que les gens des quartiers tordent la langue, mais ils la magnifient et lui donnent un dynamisme incroyable"... Mais par quelle alchimie le Figaro l'amène-t-il à avoir le seum et à condamner l'enseignement de l'arabe à l'école, qui ne serait qu'une flatterie envers "les quelques millions d'enfants issus de l'immigration"... 

Je lis dans la voix du Nord qu'une rue Pétain, provisoire, jusqu'au 11 novembre va être inaugurée à Maroilles, car c'est le centenaire de la libération du Nord, en Une du journal, dont Pétain fut un acteur... L'histoire est un vertige.  

Et un point fixe pour finir...

Qui va disparaitre, nous dit l'Humanité, et qui pourtant nous vient de la Révolution qui avait aboli les anciennes mesures, le kilo absolu, le prototype international du kilogramme, ce grand K , alliage de platine et d'irridium forgé en 1889 et qui veille à Sèvres dans les entrailles du Bureau international des poids et mesures, il a maigri, et va être remplacé par une constante mathématique immatérielle, une équation venue d'Einstein qui liait l'énergie à la masse. Je vous livre ici, merci l'Huma, ce que sera désormais un kilo: 6,62607015 X 10 puissance moins 34 Joule.seconde...  Ca ira? 

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.