L'académicienne Babarin Cassin aime la langue vivante et mouvante et aima René Char, le Monde, Télérama, l'Humanité. "La bouche et les yeux dépossédés dépouillés/espace d'un cri entouré d'espace entouré de rien", le poète Lorand Kaspar est mort, le Monde, Mediapart, l'Obs. Joker gilet jaune? L'Opinion, ACTA.

On parle d'un tilde ce matin...

Le tilde, ce petit signe en forme de s couché que le jeune Fañch de Kernevel - Rosporden a définitivement le droit de porter au-dessus du n de son nom, ainsi en a acté la Cour de cassation, Fañch nous salue dans Ouest france et dans la une du Télégramme, son nom était une bataille depuis que le 11 mai 2017, un officier d'état- civil de Quimper avait refusé de l'enregistrer, le n avec tilde étant sans doute breton mais n'appartenant pas à la langue française. Tout s'est conclu sur une bourde juridique du procureur général de rennes qui avait mal formulé son recours devant la cour de cass'. Mais qu'importe le flacon pourvu qu"on ait le gouter en revenant de l'école Diwan où l'on enseigne en breton.

« On avait tout le temps dit qu'il l'aurait, son tilde, dit le papa de Fañch, il ne ne menace plus l'unité de la république... On n"aurait jamais pensé que ce serait aussi long ! »

Le télégramme parle d'une longue troménie judiciaire.

La troménie ? Je suis allé chercher sur wikipedia, pardon, c'est une longue procession giratoire, un tour religieux qu'on pratique en Bretagne aux pardons. Le mot vient du breton tro-minihi, littéralement tour (tro) du  minhi, minihi venant du latin monachia, espace monastique du haut Moyen Âge.

J'ai appris quelque chose grace au Tilde de Fañch,  sur notre langue impure.

C'est le jour, puisqu'on honore Barbara Cassin, nouvelle académicienne française, philologue et philosophe qui hier dans son discours que publie le Monde a dit de jolies choses sur notre langue singulière de pas être seule, "pour parler une langue il faut en flairer d'autres" dit Cassin. « La langue française n’est pas hors du temps, comme une essence figée ou fixée, elle  a tout le temps. A nous, cohorte non close, de la servir au mieux »

La cohorte non close met des tilde sur le n des enfants.

Cassin est aussi dans l'humanité, riche entretient dont je retiens que le langage construit la réalité, "il arrive que quand on dit je t'aime, les mots rendent ça réel." Le monde nous dit comment à 22 ans, en 1969, elle tomba éperdument amoureuse du poète René Char qui en avait 62, « Demoiselle, avec un instinct sûr, vous choisirez votre siège » lui avait dit Char, ce furent une omelette aux cèpes, un premier baiser, des promenades, René Char qui avait été résistant dialoguait avec le philosophe Heidegger dont Cassin on ignorait à quel point il a vait été nazi. La jeunesse était riche et confuse. Dans Télérama, portrait solaire, Cassin se souvient de l'agrégation de philo qu'elle rata. « Au sortir de Mai 68, c"était compliqué. Dina Dreyfus, résistante et inspectrice générale de philosophie, nous exhortait à tenter le concours et nous lui criions, "Crève, salope!"” Choquée, elle disait "Mais je ne mérite pas cel"a et nous lui répondions; Pas vous, madame, l'agrégation !» La voilà pas agrégée mais à l'Académie.

Un très grand poète est mort nonagénaire il y a neuf jours. Il a été de nos oublis depuis et rien n'est plus triste que ces  jours où Lorand Gaspar n'a pas été pleuré, parti en tapinois a réagi Mediapart il y a deux jours, suivi du Monde, et de l'Obs, et me voici en retard. Il était né hongrois, devenu français, médecin, photographe, il avait vécu en Tunisie et fut ami de la Palestine quand c'était une dilection rare, et poète donc il trouvait dit le Monde l'unité de sa vie dans la langue française, « Tout en moi sait que je parle toujours la même langue (celle qui me parle, me fait en parlant…) ». Mediapart cite ces vers qui sont belle épitaphe.

La bouche et les yeux

dépossédés dépouillés

espace d'un cri

entouré d'espace

entouré de rien.

On parle d'une comtesse...

Qui vient elle aussi de mourir à 95 ans, mais dont  les yeux scintillent sur le site de Ouest France,  Henryane de Chaponay, qui avait consacré sa vie aux peuples en lutte, la police politique du brésil il y a longtemps l'appelait la comtesse rouge, le pape François l'aimait,  elle disait avant de partir que les jeunes devaient reprendre le flambeau.

Il y en a, si le coeur vous prend des luttes à mener. Reporterre publie une carte et la liste des sites et grands projets inutiles contre lesquels on se mobilise quand on est écolo, 127 luttes et autant de déchirures du pacte avec la terre, Reporterre demande à ses lecteurs d'enrichir le tableau.

Le Monde dans une enquête vidéo minutieuse démontre que le 12 janvier dernier à Bordeaux, le manifestant « gilet jaune » Olivier Beziade fut la cible d'un tir de LBD 40 dans la tête alors qu’il ne présentait pas de menace, mais aussi d'un jet de grenade de désencerclement non autorisé... Beziade, pompier volontaire, fut l'emblème de la violence subie par les gilets jaunes. 

Quel rapport entre lui et film commercial?

Joker, un million et demi d'entrées en une semaine, serait « les gilets jaunes » version Hollywood dit l'Opinion, qui suit ACTA, un journal d'extreme gauche en ligne, ACTA qui a vu la violence révolutionnaire dans l'épopée criminelle de Arthur Fleck  "sous-prolétaire blanc désorienté, plongé dans une misère affective et matérielle totale". Dans une ville en ruines où seuls les riches prospèrent, nait une révolte. Est-elle cousine du trumpisme, qui rameuta le peuple blanc contre les élites, ou au contraire une réponse à à l'Amérique de Trump ?. Un tag à Porto-Rico montre le joker avec ce slogan "mort aux riches". Time Warner, qui produit le film, va bien merci...  

Ls riches vont bien en ce bas monde. Aux enchères à Besançon me dit l'est républicain, un vase chinois d'époque Yongzheng (1723- 1735) est parti pour 2 280 000 € frais compris sous les applaudissements de la salle.

Ils faut regarder les riches, c'est intéressant.  Dans les Echos, lisez Stephen Schwarzman, fondateur du fonds d'investissement Blackstone, défendre les riches et son métier, arguer qu'un investisseur ne doit pas se donner d'autre priorité que le profit, expliquer que la crise financière est née parce qu'on avait forcé les banques à prêter aux ménages pauvres, mais en même temps il regrette l'Amérique de son enfance où l’école fonctionnait, il donne avec son épouse à des écoles catholique sui envoient leurs élèves à l'université... Est-ce suffisant.  Je lis dans le cahier Wealth, richesse, du Financial times que la nouvelle génération des familles milliardaires veut faire changer ses parents, ne plus se contenter de s'acheter une conscience en donnant aux oeuvres de charité, mais investir dans des projets éthiques, environnementaux, cela s'appelle impact investing, y croit-on.

Et un monument pour finir.

Dans la Croix, un monument que les révoltés ont longtemps détesté, puisque le Sacré-coeur fut construit en haut de la butte Montmartre après la défaite de la Commune, un temps où les élites conservatrices parlaient du "voeu national", la France était coupable d'avoir été vaincue par la Prusse, et la Basilique était un rachat. Mais le temps a passé et reste ce monument blanc que les touristes plébiscitent, où des coeurs errants cherchent le christ jour et nuit, on célébrera dimanche le centenaire de sa consécration et il s'agirait désormais d'amour, de la piété populaire qu'aime le pape François qui aima une comtesse rouge.

Dans le Parisien, je vois des supporters du Red star qui posent, ayant tatoué sur leurs poitrines replètes l’étoile de leur club, notre coeur, notre force. un

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