Le poids des mots... On connaissait les bulles du Pape... Là, c'est la boulette papale... Alors oui, le Pape fait part de ses regrets, constate l'ensemble de la presse ce matin... "des regrets, mais pas d'excuses", comme le dit La Montagne... "Est-ce bien raisonnable ?", s'interroge Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace... "Est-ce bien raisonnable, puisqu'il est question de raison, de s'engager dans un débat terminologique quand la théologie et la diplomatie viennent justement de se télescoper sans grand bonheur"... La Croix tente de comprendre le malentendu sur Benoît XVI et l'islam... Le journal catholique publie notamment le texte intégral de la conférence incriminée, celle du 12 septembre à Ratisbonne, en Bavière... "Le conférencier de Ratisbonne semble n'avoir pas songé qu'au-delà de l'ancien professeur, c'est le Pape qui serait écouté, et que son propos, lu un lendemain de 11 septembre, en recevrait une portée symbolique supplémentaire", écrit Michel Kubler... Oui, constate François Tartarin dans La Nouvelle République du Centre-Ouest, "le discours de Ratisbonne s'ajoute à des précédents qui ne font pas de l'ancien archevêque de Munich un Pape maître de sa diplomatie... Le monde se demande désormais si Joseph Ratzinger n'est pas resté le théologien brillant et n'a pas pris encore la totale mesure de sa mission de chef de l'Eglise catholique et de chef d'Etat"... "Il n'est rien de pire, pour un Pape infaillible, que de commettre une faute", écrit Jean-Michel Thénard dans Libération... "Son ânerie est grande, qui l'oblige, fait sans précédent, à s'avouer désolé de ses propos... Certes, ils ont été sortis de son contexte... Certes, il ne se reconnaît pas dans l'analyse qu'il citait de l'empereur byzantin... Tout cela est vrai, mais n'excuse pas le Pape... Le chef de la Curie n'a pas de division, mais une parole qui pèse"... Et pour l'instant, "Benoît XVI écrit seul, et ne soumet à personne ses discours, conférences ou homélies", explique La Dépêche du Midi... "Brillant théoricien de la foi, il n'a pas d'expérience de diplomate... Alors oui, peut-être"... Mais dans le même journal, l'évêque de Lourdes pose la question qui est peut-être finalement la bonne ce matin : "L'islam est-il devenu un sujet tabou ?"... Parce que, analyse Frank De Bondt dans Sud-Ouest, "la reculade opérée en catastrophe par le Vatican et par le chef de l'Eglise catholique, dont l'infaillibilité était inscrite naguère dans nos cathéchismes, est un signe des temps... Il donne la mesure de la peur que répand désormais en Occident la menace islamiste"... Pas vraiment d'accord, l'éditorialiste du Guardian... "Nous ne pouvons accepter de conserver ces anciens préjugés contre l'islam... Les remarques du Pape étaient dangereuses, parce qu'elles pourraient convaincre bon nombre de musulmans que l'Occident est incurablement islamophobe"... Il ne faut pas se tromper de débat... C'est Yves Thréard, dans Le Figaro... "Le responsable du déchaînement de haine des foules arabo-musulmanes n'est pas le Saint-Père, mais bien tous ceux qui fabriquent n'importe quel prétexte pour manipuler leurs crédules fidèles et entretenir leur ignorance au nom de causes bassement politiques... Laisserons-nous le Pape pointer seul les dangers du fanatisme ?", s'interroge l'éditorialiste... "Pourquoi le Pape a raison", affirme de son côté The Australian... "Il y a un réel problème à propos de la violence contre l'Infidèle dans l'enseignement du Coran... Cela existait au 14ème siècle, et fut démontré le 11 septembre 2001... Il y a toutes les raisons d'en discuter... Le silence est plus effrayant que l'offense", conclut l'éditorialiste de Melbourne... Oui, surtout ne pas faire silence... même si, pronostique Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne, "il y aura d'autres incidents, c'est sûr... Dans les sociétés démocratiques, toute religion, toute philosophie ou toute opinion ne peut se soustraire à l'analyse ou à la critique... On ne va pas, et on ne doit pas, s'en priver au motif que cela pourrait "heurter"... un mot trop souvent entendu pour justifier l'intolérance la plus primaire"... La PS Academy... C'est un des titres de Libération ce matin, après le grand oral des présidentiables socialistes samedi à Lens... Et ce sondage, en Une de Libé, qui fait de Ségolène Royal la candidate préférée à gauche... "Royal souveraine... Elle poursuit sa course en tête", note le journal... "L'épreuve n'a pas véritablement fait bouger la physionomie d'une course où, sans surprise, se détachent quatre candidatures... Ségolène Royal, premier choix avec 43% des sympathisants PS, qui en font leur meilleure candidate... 18% pour Lionel Jospin l'entêté... 12% pour DSK l'embusqué... Quant à Laurent Fabius, note Libération, c'est la méthode Coué, avec 3%"... Peu importent ces chiffres, à vrai dire... Dans la presse, ce matin, ce grand oral de Lens est plutôt applaudi... Marc Chevanche, dans Nice Matin, note que "lorsque l'affrontement est contrôlé, alors se dissipe le spectre de la bataille de chiffonniers, et se donne à voir un exercice pratique de démocratie maîtrisée"... "Le PS exorcise sa guerre des chefs, analyse également Dominique Garraud dans La Charente Libre... même s'il est à craindre que ce ne soit qu'un exorcisme sans lendemain"... Parce que "tout peut encore arriver d'ici novembre, même si certains prennent leurs rêves pour la réalité"... C'est Jean-François Montémont, dans Le Courrier Picard, qui explique... "La machine militante ne s'est pas mise véritablement encore en marche... Et chacun sait bien que ce n'est pas Ségolène Royal qui a les meilleurs atouts de ce côté-là... Fabius rallie les caciques et les bobos impressionnés par son intelligence politique... Jospin séduit les nostalgiques, Jack Lang les aventuriers... Et Strauss-Kahn est, lui, décidément trop social-démocrate... Qui pourra donc faire la synthèse ?"... Plus largement, dans L'Alsace, Patrick Fluckiger fait le bilan du week-end... "De la réunion socialiste de Lens à la Fête de l'Huma à La Courneuve... C'était charmant, écrit-il... Mais la gauche, libérale ou anti-libérale, n'est pas plus avancée pour autant... Les candidats potentiels sont toujours aussi nombreux au PS... Et ils sont de plus en plus abondants à la gauche de la gauche, où la pluie d'automne fait pousser les prétendants comme des champignons"... Et ça, c'est peut-être bien la preuve, comme l'écrit Pierre Laurent dans son éditorial dans L'Humanité, que "pour 2007, la messe n'est pas dite... la messe d'un bi-partisme qui évacuerait la nécessaire confrontation sur les projets"... La messe n'est pas dite... C'est toute l'idée de la question en Une du Parisien-Aujourd'hui en France... Royal et Sarkozy confisquent le débat, constate le journal, qui interroge : "Et s'il surgissait un troisième homme ?"... "L'exaspération des électeurs, qui refusent que tout soit joué d'avance : c'est la menace qui pèse sur le tandem Sarko-Sego... L'apparition, dans la dernière ligne droite, d'un homme ou d'une femme bénéficiant de l'effet de surprise, troublerait un jeu aujourd'hui trop bien huilé"... Et dans le dossier du Parisien, Roland Cayrol, le directeur de l'Institut CSA, répète : "Cela fait plusieurs élections que l'on croit connaître les résultats du premier tour des mois auparavant... Au final, on a toujours des surprises... Il ne faut pas oublier que les sondages ne sont que des thermomètres qui donnent la température du malade mais pas le résultat final... Et puis, continue l'analyste, les Français peuvent se révolter devant une espèce de ronron médiatique et sondagier... Et deux réactions sont possibles... D'abord un fort taux d'abstention, sur le thème : "puisque tout est joué d'avance, on n'y va pas"... Ou alors, autre option : "on va les emmerder : on va voter pour un autre candidat"... C'était le cas en 2002, et cela a donné Jean-Marie Le Pen au second tour"... Alors qui pourrait être cette nouvelle tête ?... Le Parisien-Aujourd'hui en France a fait le tour de tous les camps, et a dressé "la liste des 12 qui pourraient changer la donne"... De Michèle Alliot-Marie à Nicolas Hulot, en passant par Jean-Louis Borloo, José Bové ou Lilian Thuram... Je ne vous les cite pas tous, mais ce sont autant de visages qui peuvent permettre de voir les choses autrement... On parlait du poids des mots... Là, ce serait plutôt le choc des photos... "Trop maigres pour défiler"... C'est L'Indépendant qui constate... "Cinq mannequins trop maigres ont été récusés au défilé de mode de Madrid : leur indice de masse corporelle était inférieur aux critères de l'OMS... une décision prise dans le cadre de la lutte contre l'anorexie"... "Des mannequins qui ne font pas le poids", juge également L'Union... Et dans ce domaine, il y a du boulot... Confirmation dans Elle, avec cet article sur les actrices d'Hollywood... intitulé "Epidémie d'anorexie : qu'est-ce qui fait maigrir les stars ?"... Oubliées les formes glamour, regrette l'hebdomadaire... Elles sont rachitiques... Felicity Huffman, l'une des héroïnes de Desperates Housewives, constate, impuissante : "Je fais du 36, et pour Hollywood c'est gros"... Du coup, une nouvelle taille a même vu le jour dans les magasins de vêtements de Los Angeles... le double zéro... En gros, la taille 12 ans... Alors heureusement, la taille 12 ans, ça ne va pas à tout le monde... "De l'avis de tous les photographes, explique Isabelle Duriez dans Elle, Nicole Kidman n'est vraiment pas sexy avec ses 38 kilos pour son mètre 55"... Le problème, c'est que ces actrices-là sont devenues le modèle de milliers d'adolescentes, qui regardent leur photo pour se donner le courage de ne pas manger... Elles appellent ça "la mincepiration"... Des ados qui se retrouvent sur des forums Internet baptisés "pro-ana" comme "pro-anorexie", pour faire le point sur leur régime accéléré... "Absorbé aujourd'hui, écrit l'une d'entre elles : café, eau, médocs, cigarettes... 800 calories"... Et tout ça pour quoi ?... "Pour répondre à la mode, explique Elle... Les actrices rivalisent en effet pour porter les couturiers les plus chauds du moment... Et pour ce faire, elles doivent être aussi minces que les mannequins"... Bon ben moi, je m'en vais prendre un croissant... Bonne journée.

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