Des détails troublants dans la presse, ce matin, Bruno... Une scène banale du dimanche, en Angleterre... Un grand-père accompagne son petit-fils de 9 ans à un match de football. Le gamin doit bien se débrouiller, en tout cas le grand-père est fier. Il prend son appareil-photo pour garder des souvenirs du petit Beckham en herbe. Aussitôt, un entraîneur intervient : "Pas de photos, et s'il vous plaît effacez toutes celles que vous avez déjà faites, ou alors demandez l'autorisation à tous les parents présents autour du terrain". Drôle de climat... En Grande-Bretagne, la lutte contre la pédophilie atteint des niveaux délirants. Virginie Malingre raconte le phénomène dans Le Monde. A partir du 12 octobre, un fichier va recenser tous les adultes qui fréquentent régulièrement des enfants. Cela fait plus de 11 millions de personnes : enseignants, infirmières, médecins, mais aussi dentistes, guides scouts, et même ces familles que nous avons connues et qui accueillent des étudiants étrangers venus perfectionner leur anglais. 11 millions de personnes... Ceux qui oublieront de s'inscrire encourront une amende de 5.000 £. Encore une histoire de gamins... Mickaël a 18 ans. Un jour de l'hiver dernier, trois fois rien, un détail : il vole des friandises dans l'épicerie du coin. Cela se passe à Marmande, dans le Lot-et-Garonne. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Mickaël a une bande de copains, et après les chocolats, la troupe passe aux ordinateurs, aux téléphones portables et aux écrans de télé. "C'est une histoire de monte-en-l'air de campagne", écrit Laurent Chabrun dans L'Express. "Petite affaire... Mais elle mérite qu'on s'y attarde. Pourquoi ces jeunes ont-ils basculé dans l'illégalité ? La crise économique a sans doute joué un rôle". "Avant, explique l'avocate d'un de ces primo-délinquants, ils pouvaient croire que les portables dernier cri et le mode de vie qui va avec étaient à portée de main. Aujourd'hui, c'est différent". "Lorsque la conjoncture s'améliore, poursuit un magistrat, les jeunes qui sont limite passent du bon côté de la frontière. Quand elle se détériore, c'est l'inverse. Frustration économique. Des comportements que l'on croyait réservés aux grandes agglomérations sont désormais exportés dans les zones rurales". Dans le Val-d'Oise, où il y a à la fois des villes et des zones très rurales, la justice traite maintenant des dossiers d'agression très violente pour un baladeur MP3 dans des villages. Dans les affaires comme celle des petits malfrats de Marmande, quand les médias locaux s'en font l'écho, le premier personnage à s'exprimer bien souvent, c'est le procureur... Là encore, affaire de détails : une image passe, on l'oublie. Sauf que c'est l'un des petits signes qui disent le pouvoir pris par ces nouveaux proconsuls. "Les nouveaux proconsuls" : c'est le titre de l'enquête que Le Nouvel Economiste, qui se présente comme "le journal des pouvoirs d'aujourd'hui", consacre aux procureurs. On se souvient de la polémique provoquée par le rapport Léger, qui préconise la disparition du juge d'instruction. Eh bien, pour l'hebdomadaire, ce n'est que la dernière pièce d'un édifice très lourd mis en place depuis vingt ans. Petit cours de droit dans Le Nouvel Economiste. La justice française repose sur trois pieds : - il y a l'Etat, garant de l'ordre public. Il déclenche les poursuites via ces fameux procureurs ; - il y a l'avocat ; - et puis le juge d'instruction, qui réunit les éléments à charge et à décharge, et décide ou non de renvoyer l'affaire devant un tribunal. "Jusqu'à la fin des années 80, l'équilibre régnait, écrit Franck Bouaziz. A partir de là, premier élément de l'ascension des procureurs : les lois de décentralisation. Le proc' est devenu l'interlocuteur des élus locaux. Il prend un rôle important dans la politique de prévention de la délinquance". Deuxième élément : l'encombrement des tribunaux. Les juges n'ont pas le temps de traiter tous les dossiers ? Pas de problème, on innove : le Parquet prend les choses en main. Aujourd'hui, moins de 50% des dossiers sont jugés devant un tribunal. Je vous laisse lire les autres détails de cette enquête passionnante. Elle pose des questions en matière de libertés publiques. Lors d'une enquête préliminaire menée par le Parquet par exemple, la personne soupçonnée ne peut pas savoir ce qu'on lui reproche : elle n'a pas accès au dossier. Il y a évidemment des ajustements possibles. On n'est pas obligé de convoquer Kafka à chaque fois qu'un procureur passe la tête à la télé. Mais, avec le rôle central joué par ces hommes, que la Cour européenne des Droits de l'homme qualifie de "fonctionnaires" en raison de leurs liens directs avec le pouvoir politique, l'un des piliers de la Constitution est ébranlé : la séparation des pouvoirs. Quatre femmes à la Une de la presse... On a le droit d'avoir mauvais esprit et de critiquer un peu les confrères... Bon alors, imaginez une femme au milieu d'une meute de journalistes. Ils sont des dizaines autour d'elle, et ils lui posent cette seule question : "Vous êtes isolée, hein ?" Eh bien, c'est un peu ce qui arrive à Ségolène Royal. Quotidiens, hebdomadaires : il n'est question que de son isolement. On comprend bien que c'est l'isolement au PS, mais le mot ne colle pas vraiment avec la surexposition médiatique. Dans Elle, vous trouverez un portrait, sur huit pages, de Carla Bruni. Régulièrement, l'hebdomadaire parle de manière passionnante des rapports entre les femmes et la politique. Là, rien n'accroche : c'est de la soie. Et pourtant, la politique, ce n'est pas du Saint-Laurent : ça ne tombe pas parfaitement... Témoignage de Véronique Vasseur, dans L'Express... Vous savez : c'est l'ex-médecin-chef de la prison de la Santé. Son livre avait été ultra-médiatisé. Elle a plutôt une réputation de gauche, mais en fait le coeur à droite. Elle était engagée aux côtés de Nicolas Sarkozy en 2007, puis elle s'est présentée aux législatives et aux municipales. Elle n'en retire que du dégoût. "Ce que fait un candidat ne sert à rien : dans les meetings, il n'y a que des convaincus. Je savais que la politique, ce n'était ni sympa ni tendre. J'ai trouvé cela médiocre et grotesque". A aucun moment, elle n'a pu faire avancer les causes qui lui sont chères : pour l'humanisation de la fin de vie, la prison, l'hôpital... Elle s'apprête à publier ses mémoires. Elle a choisi le titre : "Panier de crabes". Et puis il y a l'interview assez touchante de Laure Manaudou, dans Le Parisien-Aujourd'hui... Au-delà de l'énorme titre à la Une : "J'arrête la natation", c'est l'histoire d'une jeune femme de 22 ans, déjà retraitée et qui n'a rien vécu d'autre que la natation. "Quand je suis en face de quelqu'un qui n'est pas de ce milieu, je n'ai pas grand-chose à raconter". Elle a arrêté les études à 14 ans pour plonger dans la piscine. "Aujourd'hui, je ne sais pas de quoi je suis capable. Mais j'ai tout le temps de réfléchir à mon futur". Les autres Unes de la presse, Bruno... Les conséquences de la crise... "Grande distribution : la guerre des prix cassés" : c'est la manchette du Monde. Les enseignes font assaut d'offres promotionnelles spectaculaires. A tel point que les consommateurs pourraient en venir à contester les tarifs ordinaires. "La rue se met en marche"... A la une de L'Humanité, photo des salariés de l'automobile qui manifestaient hier à Paris. Ils étaient 3.000, selon L'Huma. Certains ont symboliquement investi le Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse. La grève du lait... "Les producteurs poursuivent leurs actions en France" : c'est à la Une de L'Est Républicain. Hier, la Commission européenne a fait un geste : 600 millions d'euros pour soutenir le marché. Même les puissants souffrent de la crise... Libération consacre son dossier d'ouverture à "TF1, la grande chaîne qui baisse". Les revenus publicitaires ont chuté de 23% depuis le début de l'année. "Obama joue la détente avec Moscou" : c'est la couverture du Figaro... La Russie a accueilli avec satisfaction l'abandon du projet américain de défense antimissile en Europe de l'Est. L'un des objectifs d'Obama est d'obtenir, en échange, une position plus souple de la Russie sur le nucléaire iranien. Et puis nous avons commencé avec des histoires de gamins et des détails troublants... Une dernière avant le week-end... La guerre du short au lycée Geoffroy-Saint-Hilaire d'Etampes, dans l'Essonne. C'est dans Le Parisien-Aujourd'hui. Le proviseur prie les lycéennes en mini-jupes et autres tout petits shorts de se vêtir plus convenablement. C'est un combat dans lequel beaucoup de parents, qui ont peur que leur fille se fasse agresser, se reconnaîtront. Sauf que les gamins se sont rebellés : jeudi et vendredi dernier, 200 élèves sont venus en short. L'élève de Première S, organisatrice du happening, a été virée. Et le pauvre proviseur ne sait pas où mettre les yeux : quand ce ne sont pas les fesses des lycéennes qui le hantent, ce sont tous les couples qui se roulent des patins à longueur de récré. Ca aussi, il voudrait que ça s'arrête. La contre-attaque est prévue mardi, décrété "Journée du baiser". Déjà 314 inscrits sur Facebook. Et ça, c'est un détail réjouissant. Bonne journée...

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