Dans la presse ce matin : Dieu à toutes les sauces...

C'est frappant l'intérêt, presque l'obsession de la presse pour les religions en ce moment... Les cathos de gauche à la Une de plusieurs hebdos la semaine dernière et demain encore de Télérama .

Le mensuel Le Tigre qui interroge longuement 3 prêtres, on y reviendra...

Et actualité oblige, l'Islam, dans son visage le plus radical, omniprésent ce matin dans les quotidiens.

Libération , à la Une, et sur les 5 premières pages : « Retour de haines »... De l'Iran aux Champs Elysées

La Croix : dans le Nord du Mali l'oppression et la peur

La Dépêche du midi : faut-il avoir peur des salafistes...

On en passe... Et puis il y a L'Humanité , qui prend le contrepied de tous les confrères : Non « Le monde musulman ne s'embrase pas.

Les protestations, parfois violentes provoquées par le film anti-Islam n'ont rassemblé que quelques milliers de personnes dans les pays musulmans, où la grande masse des populations a ignoré l'appel des extrémistes... »

L'éditorial est signé Jean-Paul Pierot

"L'habituelle collusion des adeptes du choc des civilisations fait de nouveaux ravages. On voit bien à qui profitent les crimes/ Aux Etats-Unis, certains orphelins de l'époque Bush pourraient être tentés de recréer une ambiance d'intolérance à deux mois de la présidentiel.

Dans les pays arabes ou à majorité musulmane, les forces islamistes les plus radicales entendent pousser les feux de leur influence. Dans cette offensive sont en réalité visés la majorité des citoyens, les forces démocratiques. »

Les plus radicaux entendent pousser leurs feux. Ce n'est sans doute pas un hasard, si l'Iran augmente la prime pour avoir la peau de Salman Rushdie. 500.000 dollars de plus à celui qui aura sa tête. Après-demain parait le livre où il raconte les treize années qu'il a dû passer caché après la publication des « Versets sataniques ».

Téhéran investit dans la colère islamiste, titre Libération . Jean-Pierre Perrin souligne que cette Fatwa a été relancée à chaque fois que le régime était en position de faiblesse, comme pour détourner les regards. Position de faiblesse aujourd'hui pour son soutien à Bachar el Assad.

A propos de détourner les regards, pendant que le monde parle d'un petit film provocateur, l'armée syrienne bombarde de plus belle. "Il n'y a plus un village, plus un hameau du Nord de la Syrie qui échappe à la punition" écrit Jean-Philippe Remy dans Le Monde .

Les radicaux contre les forces démocratiques dans le monde arabe. Illustration page 2 du Figaro.

Reportage d'Armelle Thedrel "Comment les femmes tunisiennes résistent aux islamistes. L'une des figures des Droits de l'homme et de la femme, Oum Zied dit ceci : "La société tunisienne n'a plus peur. Quand ils ont voulu réintroduire la charia dans la constitution, nous avons lutté pendant des semaines pour nous y opposer et nous avons gagné". Une autre femme dit, à propos de la société civile : "Nous sommes devenus un véritable contre-pouvoir"

Changement radical de contexte, à l'image de la presse ce matin : En France, faut-il voir dans la manifestation salafiste des Champs Elysées le symptôme d'une poussée radicale. Dans Ouest France , en ce qui concerne l'hexagone, l'universitaire Malek Chebel est assez serein : « Ces mouvements vont-ils s'amplifier ? demande le journal. - Ca semble difficile. »

Il y a tout de même des accrocs qu'on ne peut pas laisser sous silence. Depuis ce week-end, quelques articles sur la mésaventure arrivée à Caroline Fourest à la fête de l'Huma. La journaliste connue pour son combat pour la laïcité a été empêchée de parler par quelques activistes.

Ce matin sur Atlantico , l'ancienne secrétaire d'Etat à la jeunesse Jeannette Boughrab ne cache pas son malaise : « cela signifie qu'en France on ne peut plus débattre de la religion, que désormais comme dans certains pays musulmans il existerait une atteinte au sacré. Tout cela est proprement scandaleux. »

Avant de replonger dans la crise : petite pause

Comme par hasard, en ces temps difficile, les spectacles d'humoristes font le plein. Alors que Johnny et Lady Gaga peinent à remplir les salles, Florence Foresti refuse du monde. Double page dans Le Parisien . Entre Lyon et Paris Bercy, elle aura joué devant 80.000 spectateurs en 10 jours.

Merci Florence, parce qu'à part ça, « C'est la Dèche », comme le titre Siné Mensuel . La dèche, la crise, la panade. Et on en voit les stigmates dans certains coins de France. Reportage de Mediapart à Givet dans les Ardennes. C'est l'archétype de la commune cognée par la désindustrialisation. L'une des grandes entreprises autrefois c'était Cellatex. Simon Castel raconte le parcours d'un ancien syndicaliste de Cellatex, Serge Baroni. Depuis 12 ans, avec ses indemnités de licenciement, il a ouvert un bistro, l'a revendu, a été éboueur, échafaudagiste, il a même travaillé sur le site de démolition de son ancienne usine. Dernier emploi connu : maintenance des machines à café. Entre chaque contrat, des périodes de chômage.

Alors on gratte tout ce qu'on peut, de la station service aux bureaux de Bercy. « Des idées neuves pour économiser l'essence », c'est le dossier du jour dans Le Parisien-Aujourd’hui en France . Le Figaro fait sa Une sur l'un des sujets de réflexion du gouvernement : « Les retraités dans le collimateur ».

Leurs avantages fiscaux et sociaux pourraient être réduits.

Au jeu du qui perd gagne, la Une des Echos : « Les stars du Cac 40 vont augmenter leurs dividendes », malgré le recul des bénéfices des entreprises concernées.

A ceux que cela choque, François Vidal donne cette explication. « Comme les entreprises ne peuvent pas tabler sur le potentiel d'appréciation de leur cours de bourse, c'est le dividende qui fait office de produit d'appel pour les investisseurs. »

Quoi d'autre dans la presse ?

L'hommage de la presse de l'Ouest à Edouard Leclerc. Même titre dans Ouest France et Le Télégramme à propos de l'épicier de Landerneau : « Mort d'un pionnier ».

A la Une de Corse matin : « La liberté de la presse criblée de balles 9 mm ». L'agence du quotidien à Bastia a été la cible d'armes à feux dans la nuit de dimanche à lundi.

Bientôt un Vanity Fair à la française. Information de l'Agence france presse. Le nouveau magazine sera lancé avant l'été prochain. Et c'est Michel Denisot qui dirigera la rédaction.

Pour finir, comme promis, coup d'œil au Tigre , le mensuel le plus décalé de vos kiosques. Le Tigre interviewe ce mois-ci sur 8 pages 3 prêtres de base qui racontent leur vie quotidienne, les petits miracles quand on parvient à nouer un dialogue avec des gens a priori étrangers à la religion, ils évoquent ces jeunes prêtres tentés de se vêtir comme avant le concile Vatican 2, comme un réflexe identitaire.

Et puis le père Jean-Yves explique que le travail des prêtres, c'est aussi d'aider les gens à ne pas mettre Dieu à n'importe quelle sauce.

"J'étais dans une petite commune de campagne, et on me fait venir parce qu'il y a un bruit dans le four et qu'au même moment tout le monde a la grippe dans la famille." Sous entendu : il y a du démon là dessous.

Le prêtre raconte : « J'ai commencé par faire connaissance avec les gens et puis je me suis intéressé au four.

Et il y avait un conduit d'aération avec une tôle qui bringuebalait derrière. Voilà… »

A demain

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