(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : ma petite puce

(Bruno Duvic) « Cet objet a quelque chose à voir avec la mort de Dieu. Il témoigne que nous sommes arrivés au stade où l'humanité prend soin d'elle même après avoir congédié Dieu. »

Voilà comment le philosophe Jean-Luc Nancy parle du téléphone portable dans les colonnes de Philosophie Magazine à paraître demain. Cet objet que possèderont bien 80% des hommes et femmes sur terre, « Cet objet nous veut-il du bien ? »

Sur 25 pages, dans un dossier assez fascinant, le mensuel interroge philosophes, anthropologues et autres universitaires à propos de cet être sans fil que nous sommes devenus. Où l'on voit que la révolution numérique est encore plus importante que nous l'imaginons.

Un seul exemple, je vous laisserai découvrir les autres dans ce dossier. On a beaucoup parlé de l'influence du portable et des réseaux sociaux dans les révolutions arabes. Un spécialiste de littérature arabe montre un autre bouleversement lié au portable dans cette partie du monde.

« L'arabe classique a très peu évolué depuis le Coran, il est lié à l'interprétation du divin. Mais quand sont apparus le Net et les smartphones, il n'était pas possible d'écrire en arabe. Alors les gens ont bricolé, ils ont utilisé des caractères latins, des chiffres, du dialecte. C'est d'une importance politique capitale. La nouvelle langue écrite s'appelle l'arabizi. Vous devez considérer que le monde arabe vit un démantèlement complet de ses codes d'écriture validés par la tradition. »

Avec le portable, toutes les sources d'autorité traditionnelle sont mises à rude épreuve. Le père de famille, les frères, les imams, les journaux gouvernementaux. Pas de différence homme/femme sur Internet. Ces transformations sont bien plus importantes que l'organisation de manifestations via Facebook.

Les autres exemples sont à lire dans Philosophie magazine en kiosque demain. « Ma puce me suit, je suis ma puce. »

La révolution numérique, c'est aussi « La haine en réseau »

C'est la Une de Libération qui revient sur cette page Facebook de soutien au bijoutier de Nice « likée » par plus d'un million et demi de personnes.

La tension retombe après cet épisode, mais les affaires d'agression et de cambriolage font encore florès dans les journaux. Dans Le Parisien-Aujourd’hui en France , histoire de ce vendeur de moto victime de 54 cambriolages ou tentatives, il a fini par tirer au petit plomb sur le dernier visiteur.

Mamie Pierrette à la Une de Nice matin . 80 ans, elle a mis en fuite un homme qui l'agressait en pleine rue. Elle a mordu et frappé le voleur.

Mais il y a des moments de tension qui échappent curieusement aux radars des médias. L'Express raconte ce qui s'est passé cet été à Brive-la-Gaillarde. Pendant que toutes les caméras étaient braquées sur Trappes, la ville a bien failli flamber à cause d'une guerre des bandes entre des militaires du 126ème régiment d'infanterie et des habitants d'une cité. Tout part d'une histoire d’incivilité ordinaire. Des gamins de la cité des Chapélies veulent s'incruster dans la piscine privée d'une résidence voisine. Un militaire qui habite la résidence s'interpose, quelques coups sont échangés.

Le soir, 16 juillet, expédition punitive des militaires dans le quartier, en civil. Barres de fer, battes de base-ball contre jets de pierre. Quelques blessés légers seulement. Les jours suivants, le climat est assez irrespirable dans la ville.

23 juillet, une nouvelle rixe sans doute encore plus violente est évitée par miracle. Dans la soirée, alors qu’il quitte le centre social, le médiateur social du quartier voit arriver une cinquantaine de comparses derrière lui. Les jeunes de la cité les attendent, le pied et le parpaing ferme sur le toit d'un immeuble.

Miracle ! Le médiateur social aperçoit dans la pénombre une ancienne gloire du club de rugby de Brive. Le premier se charge de calmer les habitants de la cité, le second les militaires.

Le plus étonnant dans cette histoire c'est qu'elle n'est presque pas sortie du cercle local. Tout le monde s'y est mis pour apaiser les esprits. L'opposition municipale qui n'en pas rajouté, les flics et la justice qui ont travaillé de concert, et les journalistes locaux qui n'ont pas appelé leurs confères de Paris. Mais, à Brive-la-Gaillarde écrit Henri Haget dans L'Express , plus rien n'est tout à fait comme avant.

Un éditorial à propos de la poussée du Front national

Encore dans L'Express l'édito de Christophe Barbier, qui dénonce « la complaisance du nauséabond » dans la classe politique. « L'alerte au FN est fausse écrit Barbier, non parce qu'il ne progresse pas. Mais parce que les cris d'orfraie sont de circonstance. Gauche et droite sont dans un tel état de déréliction qu'elles souhaitent le pire afin que la catastrophe cache leurs incuries respectives, chacune persuadée que la peste tuera l'autre.

La gauche assurée que la montée du FN empêchera la reconquête de la droite. La droite certaine que cette poussée rabattra vers elle, pour les seconds tours, l'électorat populaire qu'elle a perdu. »

Quoi d'autre dans la presse ?

L'UMP a organisé le Sarkothon, mais elle ne paiera pas les pénalités infligées à Nicolas Sarkozy par le conseil constitutionnel. En tout cas, le patron de l'UMP ne le veut pas. "C'est à Sarko de payer il n'a qu'à faire quelques conférences, ça lui permettra de récolter les fonds nécessaires" aurait lâché Jean-François Copé devant quelques proches. C'est à lire dans Le Canard enchaîné .

Faut-il envoyer des drones pour pacifier les cités de Marseille ? La Provence étudie ce matin la proposition d'Eugene Caselli, le président de la communauté urbaine. Il est plus que prématuré d'en parler, répond la direction de l'aviation civile.

Vers la disparition de la note de vie scolaire au collège. Les parents d'élève le demanderont au conseil supérieur de l'éducation demain. Selon Le Parisien , plus personne ne veut de cette note, jugée inefficace et arbitraire.

Et un miraculé de guerre

Le savon d'Alep... Alep en Syrie. La ville est en ruine. Mais le savon qui a contribué à sa renommé avant la guerre continue d'être produit et exporté.

Rue 89 interroge les fabricants et importateurs en France. Toutes les usines sur place ne sont pas fermées, certaines échappent aux obus. Mais la production a singulièrement baissé. Ce qui sauve les savons d'Alep c'est qu'il y a encore du stock. Il faut 9 mois pour faire sécher un savon. Ceux qui sont prêts pour l'export aujourd'hui ont été produits pendant l'hiver 2011-2012. Quant au transport, avec beaucoup de courage et des détours monstrueux on arrive à faire sortir la marchandise.

Si le conflit dure, une production hors de Syrie est envisagée mais pour l'instant, ca passe. Cette guerre là aussi continue, mais au moins, c'est une guerre propre.

A demain

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