Et l'Equipe à la Une superbe, façon Beatles, raconte comment le club de Liverpool n'est plus l'ami de la classe ouvrière. Le Monde dit l'enfer du royaume du Crack à Paris. Le Figaro et Libération communient dans le sublime de Picasso, quand Libération célèbre l'art du laid, l'étron le néant ludiques de Franz West!

De nouveaux ennuis pour la ministre de la Culture Françoise Nyssen...

Que La Provence affiche, "Nyssen le nouveau couac" : le journal raconte la dérive d'une école fondée par Françoise Nyssen et son mari Jean-Paul Capitani, le Domaine du possible, une école alternative pour enfants réfractaires à l'éducation nationale, et une école aussi en mémoire d'Antoine, le fils de Françoise Nyssen et Jean-Paul Capitani, qui avait été un élève en souffrance et qui s'était suicidé...   

Mais le Domaine du possible est en crise, les professeurs démissionnent, il plane le soupçon d'une dérive sectaire, et en juillet dernier, le directeur pédagogique, Henri Dahan a été renvoyé. Dahan et son épouse étaient pourtant des amis du couple Nyssen-Capitani, mais aussi des militants d'une philosophie ésotérique. 

L'anthroposophie.

Inventée par un autrichien mort en 1925 Rudolf Steiner, elle soutient que la science n'explique pas le monde mais que des esprits et des forces surnaturelles agissent dans un monde invisible. L'anthroposophie compte des milliers d'adeptes, elle inspire une méthode éducative, elle inspirait le Domaine du possible... 

Avant les vacances d'été, le Monde diplomatique  -vous retrouverez en ligne son enquête- décrivait une cérémonie initiatique qui se pratique chaque décembre dans les écoles Steiner... 

La « spirale de l’Avent » se déroule dans une grande salle entièrement plongée dans l’obscurité. « Sur le sol, des branches de pin forment une spirale, au centre de laquelle brûle un grand cierge. Tandis qu’élèves et professeurs chantent dans le noir, les enfants porteurs d’une chandelle progressent seuls à l’intérieur de la spirale » pour allumer leur cierge.

En décembre 2017, sans que les parents d’élèves en aient été informés, ce rituel a été organisé au Domaine du possible. 

Et, dit la Provence, ce serait cet article du Monde diplomatique qui aurait provoqué le renvoi de la direction de l'école, pour éviter un scandale.  On perçoit dans la Provence un embarras et un malaise... "J'ai choisi de faire une coupure claire avec l'école," dit Françoise Nyssen, "L'anthroposophie, ce n'est pas mon truc, dit Jean-Paul Capitani, on a été confiants..."  

Mais internet est implacable. Et on retrouve alors, en juillet 2017, un reportage aimable du Parisien sur l'école de la ministre, que Jean-Luc Mélenchon avait accusé d'être liée à une secte et Jean-Paul Capitani s’indignait. On trouve un autre article, très positif en octobre 2016, dans le Monde, où Françoise Nyssen Jean-Paul Capitani et Dahan parlaient d'une même voix contre "l'idéologie de l'école ».

«  On ne peut pas s’occuper d’enfants en évacuant la spiritualité. »

« Steiner a proposé une pédagogie qui prend au sérieux la question de l’esprit comme celle du corps et des émotions.  »

Et vient le vertige. Ce qui était vrai il y a deux ans ne le serait plus aujourd'hui? Et on ne sait pas si Françoise Nyssen et son époux ont été jadis imprudents, ou s'ils sont aujourd'hui un peu lâches... 

Des légendes venues d'Angleterre... 

Et d'Ecosse, pour se remettre, dans la Voix du Nord où je découvre que des enseignants, à Jeumont, utilisent une pédagogie Harry Potter, déguisement à l'appui pour réveiller les enfants en ZEP. Cela marche et cela a un parfum d'innocence...

Mais il est une autre légende d'Angleterre et l'Equipe atteint au sublime pour annoncer la ligue des champions et le déplacement du PSG à Liverpool... "Une route à traverser" (bonjour Monsieur le président) illustré d'un photomontage où Neymar Cavani Mbappe et l'entraineur Tuchel remplacent les Beatles sur Abbey Road.

Mais l'Equipe n'est pas seulement drôle. Le journal raconte comment le club de Liverpool, ce club historique de la working class, est devenu un prédateur dans le quartier pauvre de Anfield où est bâti son stade... Rachetant autour de lui des maisons et des rues,  et détruisant, pour un projet immobilier qui n'a jamais vu le jour, un centre sportif... et des supporters des Reds entrent en résistance contre ce club dont la légende masque la réalité sociale.

C'est dans l'Equipe... Une des clés de la dépossession du monde... Et des révoltes...

On lit, à propos de révoltes, c'est dans le Figaro, qu'une nouvelle génération de militants, jeunes et métissés et radicaux, monte au parti démocrate, aux Etats-Unis, et s'approchent du congrès... Ils renversent leur système, ajoute les Echos, en contournant le vieux monde par Youtube. 

Et la beauté du monde pour finir...

Qu'il faut privilégier contre l'horreur qui nous assaille pourtant.

Elle nous assaille dans le Monde, qui poursuit sa politique de grands reportages dans un article terrifiant de calme sur "le royaume du crack", ce monde de drogués au bout de la déchéance qui survit à Paris, et nous découvrons Agnès et ses 29 ans, ses jambes squelettiques, une seule dent sur le devant, qui se prostitue pour le caillou... « Je viens de donner mon cul pour dix balles !» 

Elle nous reprend, l'horreur, dans les méandres de Jean Claude Romand, ce faux médecin qui avait tué ses parents, sa femme et  ses enfants, c'est dans Sud-Ouest  que j'appréhende, le mieux le narcissisme d'un homme qui, s'il sort, pour exister, écrira un livre, parie son premier avocat... Des juges doivent décider si Romand peut retrouver la liberté, on ne voudrait aps être à leur place dit le Dauphiné...

Mais il est au-delà de tout cette beauté d'un jeune homme bestial qui à Montmartre, période bleue, période rose, peignait la grâce d'un jeune acrobate en équilibre, Picasso que vous contemplez dans le Parisien et le Figaro et au musée d'Orsay. Picasso dont le musée qui porte son nom expose aussi la fragilité de ses arlequins...

Il est aussi un autre maitre moins gracieux mais ludique. Mort il y a six ans, Franz West était autrichien, et réalisait des installations drolatiques où le spectateur peut s'asseoir, des sculptures boudinées et des oeuvres de papier mâché, il est à Beaubourg : il sublimait le laid et le trivial, le laid et le sale, « l'étron et le néant » célèbre Libération qui reste, inexorablement Libé. Légendaire forcément.

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