Le Un raconte le réchauffement climatique par ces savants qui extrapolent l'avenir de la terre. Delphine Horvileur voit dans Romain Gary l'antidote aux régressions identitaires, Usbek et Rica. Alain Finkielkraut retrouve l'Obs. Un homme fait pousser ses tomates à la dure, sans les arroser, elles se renforcent, la Croix

On parle de lettres ce matin...

Des lettres d'amour qu'écrit une jeune femme de 21 ans à un terroriste emprisonné. "Cette nuit Allah m'a fait rêver de toi", écrit Maéva à Salah Abdeslam, l'unique survivant des commandos islamistes qui tuèrent 131 personnes le 13 novembre 2015 à Paris... "Cette nuit Allah m'a fait rever de toi, je ne saurais plus te dire quel était ce rêve mais à mon réveil mes yeux éprouvaient beaucoup de mal à retenir mes larmes, cela m'a donné envie de t'écrire une nouvelle fois..." Ces lettres sont dans la Dépêche, qui livre un document sur la fascination qu'exercent sur des âmes faibles criminels et assassins... On voit dans le journal la photo floutée de Maéva, elle est de Moissac dans le Tarn-et-Garonne, "une jeune femme au regard sombre et déterminé" dit le journal, convertie à l'islam,  qui a choisi Abdeslam comme témoin de ses angoisses et de sa foi et si l'on oublie à qui s'adressent ces mots, on pourrait ne voir qu'un mysticisme étrange et émouvant... "Je me souviens de la toute première fois où j'ai posé mon front au sol, c'était une après midi d'été, la chaleur était étouffante... A la seconde même où je me suis prosternée, des tremblements ont parcouru mon corps, l'inquiétude que je portais en moi s'en est allée, et c'est à ce moment là que j'ai pu réaliser que j'avais découvert le but de mon existence. De toute ma vie entière je n'ai rien trouvé de plus apaisant dans ce monde que la prière, j'imagine que tu connais cette sensation là toi aussi..."

Mais "toi aussi" est un assassin, et jamais dans leur correspondance, Maéva ne mentionne les morts des terrasses et du Bataclan et ici nous tremblons aussi d'incompréhension. La Dépêche élargit notre horizon et nous dit que les amoureuses des diables ne sont pas forcément de mystiques musulmanes. Des femmes éprises écrivaient au tueur en série Patrice Alègre, des adolescentes voulaient correspondre avec le tueur pédophile Marc Dutroux et Charles Manson, le gourou de la secte hippie qui assina Sharon Tate et ses amis en 1969, séduisit de sa prison une jeune femme de 19 ans...

Après ces égarements de l'âme nous prend un besoin de raison, on voudrait ne pas céder aux peurs mais les peurs nous enserrent. Le Figaro célèbre la nouvelle doctrine présidentielle sur l'immigration, les évêques ont peur de la recherche sur l’embryon dit la Croix, les Echos nous disent que les Français ont bien des raisons d’avoir peur des arnaques financières...  Le Dauphiné libéré et le Progrès font leurs unes sur le réchauffement annoncé par les experts, plus 7% peut être de hausse des températures en france à la fin de ce siècle,

Mais c'est le Un qu'il faut lire pour s'apaiser, non pas de déni mais de connaissance. C'est un TRES BON numéro de l'hebdomadaire,  consacré aux savants du climat, qui extrapolent l'avenir de la terre dans des calculateurs géants, et  racontent leur parcours. "Le changement climatique est un problème scientifiquement compliqué, dit le climatologue Hervé Le Treut. Il a fallu des décennies pour comprendre la nature du rayonnement solaire qui pénètre la Terre, du rayonnement infrarouge qui s'en échappe et des gaz à effet de serre qui empêchent la planète de refroidir." Contre les fake news Il faudrait, dit Le Tret enseigner le fonctionnement de la terre. Nous sommes plus sages en le lisant, pas forcément rassurés.

On parle de livres ce matin...

Dans les Echos qui décrivent la modernisation des imprimeries, qui passent au numérique, connectées directement au réseau de distribution des éditeurs, et peuvent ainsi, en appuyant sur un bouton, lancer des tirages faibles, imprimer non pas des milliers de livres qui finiront au pilon, mais juste la quantité que réclame le marché... Et derrière cette innovation se dissimule une tristesse, c'est parce qu'on lit moins qu'il faut évoluer, sur les 500 romans de la rentrée, combien disparaitront en étant si peu lus.  Mais on peut désormais, sur la commande, imprimer UN exemplaire d'un livre, qui sera automatiquement posé dans un carton d'emballage, Un livre, unique, précieux.

Le livre nous soutient ce matin. Dans Usbek et Rica, une femme  dit son amour de Romain Gary qui devint Emile Ajar pour être ses personnages, aussi bien un python ou un petit garçon musulman hébergé par une vieille juive. Delphine Horvileur, femme et rabbin assure que Gary est un antidote aux replis identitaires... Alain Finkielkraut retrouve l'Obs, l'entretien est en ligne, c'est un événement que ce retour du philosophe dans un journal de gauche. Il s'amuse de ses amis qui voudraient le voir parler de livres seulement, son cher Péguy, Mme de Lafayette, et délaisser la politique... Il raconte aussi ce moment de sa vie où l'intelligence le fuyait, dans une dépression après un cancer. Dans le Figaro, Pascal Bruckner, vieil ami de Finkielkraut, parle joliment de son  frère de mots. Il ne faudrait parler que de cela.

J'ai pour Alain Finkielkraut s'il m'entend une histoire qui nourrira son dégout de l’époque. Elle est dans l'Est républicain qui annonce une manifestation en fin de semaine près de Bure contre l'enfouissement des déchets nucléaires... Cette manif sera réservée, je cite k aux « femmes, meufs, gouines, personnes trans, intersexes, non-binaires», et surtout  sera « sans hommes cisgenres", comprenez des hommes qui ne veulent pas changer de genre. C'est une loghorée militante. On pourrait éviter ce genre de fantaisie.  En Inde, papier saisissant du Monde, la constitution reconnait l'existence d'un troisième sexe. Mais les transgenres, des hommes nés dans le mauvais corps, qui deviennent femme, sont discriminées; chassées, se prostituent, contractent le sida, sont les parias d'un pays... Les Hijras, c’est leur nom, étaient autre fois, respectées, gardiennes de harems et dansaient dans les mariages pour assurer la fertilité du couple. Le colonisateur britannique les a décrété tribu criminelle,  elles n'en sont pas guéries.

Et des lycéens pour finir.

Avec deux histoires glanées dans l'Indépendant. Histoire Un. Devant un lycée à Carcassonne, deux élèves qui s’embrassaient ont été pris à partie violemment par un jeune homme, delaer mais soucieux de décence, qui les trouvait indécents, et qui est allé se plaindre de leur inconduite dans le lycée. Je lis cette réflexion, pourquoi l'entrée du lycée donne-t-elle sur une cité? Histoire deux. Dans un lycée de Perpignan, des élèves sont mécontents de leur emploi du temps et manifestent devant les grilles, puis s'en vont défiler en ville: feux de poubelles, charges de police, lacrymos, arrestations, pour un emploi du temps. Quelle jeunesse, que lui transmet on. 

J'ai trouvé pourtant, dans la croix, un partisan de l’éducation çà la dure. il a une tête de baba cool, Pascal Poot chapeau de paille et cheveux bouclés, mais il ne plaisante pas, ce paysan de l'Hérault. Il fait pousser des tomates sans les arroser dans une terre sèche, parce qu'il ne veut pas se mêler de la vie de ses plantes, elles doivent apprendre, et savez-vous, elles apprennent et poussent d'autant plus fortes et belles.

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