Ce sont quasiment les derniers du genre... Et ce matin, leur juxtaposition va réjouir leurs détracteurs... Je vous parle des sondages... Parce que ce matin... Y en a pas un... non Madame... Y en a pas deux... non Monsieur... Ecoutez bien ce matin... C'est incroyable... Trois sondages !... Le premier, dans la presse régionale... une enquête CSA... où les candidats UMP et PS sont en légère progression et se détachent, au détriment de François Bayrou et Le Pen, qui sont en baisse... Le deuxième... un TNS-SOFRES, en Une du Figaro... qui annonce là Sarkozy et Royal en légère baisse... Bayrou et Le Pen en légère hausse... Et du coup, le titre du Figaro, c'est logiquement : "les écarts se resserrent à nouveau"... Pour la petite histoire, sachez que ces deux sondages ont été faits tous les deux lundi et mardi derniers... Le troisième... c'est un sondage IFOP dans Paris Match... réalisé là samedi et lundi derniers... Là, Sarkozy est le seul à progresser légèrement... Royal, Bayrou et Le Pen baissent un peu... Autant de photos floues... Pas à dire : ça fait tourner les têtes... "Vivement demain soir !... Tout sondage sera interdit à partir de vendredi minuit", rappelle Patrick Fluckiger dans L'Alsace... "Et c'est tant mieux... Parce qu'à force de suivre les évolutions contradictoires des 250 enquêtes qui lui ont été servies, la France est en passe d'attraper un torticolis"... C'est "l'insondable mascarade", pour Philippe Noireaux, dans L'Yonne Républicaine... qui n'en revient pas de l'aplomb des sondeurs... L'éditorialiste rapporte le commentaire de Jérôme Sainte-Marie, le directeur de BVA... "Si l'identité des deux sélectionnés pour le second tour revêt aujourd'hui un caractère de forte probabilité, une évolution de Jean-Marie Le Pen et de François Bayrou est tout à fait possible... de même que l'inversion de l'ordre d'arrivée des deux candidats les mieux placés"... Des sondeurs pour qui tout est dans tout, y a pas de doute... Trois sondages donc... et une seule certitude : on ne sait rien... Et ça, pour le coup, c'est "la philosophie des indécis"... "Ils sont comme Socrate, les indécis... La seule chose qu'ils savent, c'est qu'ils ne savent pas", écrit Didier Pobel, dans Le Dauphiné Libéré... "Mais si au contraire, s'interroge l'éditorialiste, leur philosophie faisait simplement d'eux des forcenés du secret ?... de ceux qui ne parlent qu'en présence de l'isoloir... des partisans du grand mystère... les derniers vrais adeptes de l'insondable"... Alors ces "adeptes de l'insondable"... La Croix s'est penché sur eux... "Comment se décident les indécis"... C'est le titre du journal... qui a enquêté sur la manière dont les électeurs tranchent... Premier constat... "Les Français ne veulent pas voter à la légère... Si beaucoup d'électeurs hésitent jusqu'à la dernière minute, c'est parce qu'ils sont soucieux de bien voter", explique La Croix... Alors rencontre avec l'un de ces indécis... Il s'appelle Alain... Il est viticulteur dans l'Aude... Et il refait la chronologie de la campagne... Le 19 février, il en était sûr, il voterait pour Ségolène Royal... Mais trois jours plus tard, la candidate socialiste fait revenir les éléphants, et enterre du coup les espoirs du viticulteur... Le 1er avril enfin, Alain est persuadé que c'est François Bayrou son candidat... Mais depuis, il a encore changé d'avis... Alors il le reconnaît, Alain : il ne faut pas grand-chose pour le perturber... Et dimanche, c'est sûr, il choisira son candidat au dernier moment... dans l'isoloir... La Croix qui rappelle aussi qu'en septembre 2005, ce sont les indécis qui ont démenti les prévisions des sondeurs allemands... Outre-Rhin, personne n'avait imaginé le résultat du 18 septembre 2005, qui ont contraint les deux grands partis du pays à gouverner ensemble... Bon alors, puisque l'on parle de l'étranger... Si vous voulez savoir comment les autres pays regardent notre campagne présidentielle... lisez Libération ce matin... "La campagne vue d'ailleurs : bizarres ces Français"... Parce que, constate Libé, "si les étrangers se passionnent pour la Présidentielle, ils la trouvent parfois baroque"... En même temps, à trois jours du scrutin... côté candidats, on ressent un peu de tension ce matin... La Une du Parisien-Aujourd'hui en France fait monter la pression... "J-3 : le suspense... Giscard préfère Sarkozy... Bayrou triomphe à Bercy... Hollande appelle au vote utile"... Gros plan donc sur le candidat centriste... "La percée de Bayrou inquiète l'UMP et le PS", explique Le Parisien... qui constate que "le centriste a fait chavirer Bercy"... Et du coup, contre Bayrou... "Sarkozy fait tonner ses centristes", analyse Libération... Le même constat dans Le Figaro... qui a suivi le meeting du candidat de l'UMP à Issy-les-Moulineaux... la ville d'André Santini, le député-maire UDF rallié au patron de l'UMP depuis le début de la campagne... Le centriste de poids qui a rallié également Sarkozy... c'est donc VGE... L'ancien Président de la République affiche son soutien au candidat UMP dans Le Parisien... Un ralliement qui laisse sceptique Pierre Taribo, dans L'Est Républicain... "Il ne faut pas surestimer l'importance de la réapparition sur la scène électorale de ce Phénix toujours prêt à renaître de ses cendres... Les indécis attendent autre chose pour se décider qu'un nouvel épisode de "SOS Fantômes"... Comptes rendus de meetings... En fait, on a un peu l'impression, ce matin, que les journaux ont à peu près tout dit sur cette campagne électorale... Les grands dossiers thématiques ont vécu... Alors, du coup, beaucoup de petits à-côté... Le Point nous emmène "dans le secret des QG"... "Ce sont eux les moteurs de la campagne présidentielle", explique l'hebdomadaire... Description des QG des quatre principaux candidats... Pour l'UMP... 1.000 mètres carrés d'un décor sans âme... où s'imagine cette "France d'après"... C'est le loft de Sarkozy... Côté socialiste... 400 mètres carrés... avec une énorme vache sacrée estampillée Milka, cadeau des ouvriers Suchard... Voilà pour le show-room de Royal... Côté UDF... c'est tout simplement le siège du parti... une ancienne imprimerie de briques blanches aux stores orange... Dans la cour pavée, on a sorti les tables et les ordinateurs portables... On bosse au soleil... C'est la start-up de Bayrou... Et puis côté Front National... le QG, c'est aussi la demeure personnelle du leader frontiste... le "paquebot" de Le Pen... Si vous avez besoin du diagnostic des psys avant de vous enfermer dans l'isoloir... lisez Le Nouvel Observateur... Le magazine explique : "Depuis plusieurs semaines, on a analysé les programmes des candidats et raconté leurs batailles... Aujourd'hui, on décrypte leur inconscient... leurs motivations cachées... leurs conflits intérieurs... Bref, par quels fantasmes sera travaillé le vainqueur pendant 5 ans ?"... Bon, ça tient quand même plus de la psy de comptoir que d'autre chose... Royal, sublimatrice ou castratrice ?... Sarkozy, c'est transgresser et punir... Bayrou, le complexe de Narcisse... Le Pen, c'est le père de la horde primitive... Et puis aussi, dans la presse... ici ou là, on commence à parler du second tour... Dans Le Parisien... la confidence, en marge de son meeting à Bercy, de François Bayrou... S'il pense au second tour, il refuse d'en parler, par superstition... Dans L'Express... au détour d'une des histoires secrètes de la campagne... on apprend que côté PS, un homme se prépare à jouer un rôle particulier... C'est Claude Bartolone... L'ancien ministre servira de sparring-partner à Ségolène Royal pour le débat avant le second tour... si elle se qualifie dimanche bien sûr... Alors dans la série "qu'est-ce qui pourrait faire évoluer les votes ?"... Peut-être bien le scandale Forgeard... C'est à lire dans Challenges... Comment Noël Forgeard a obtenu son chèque de départ d'EADS... Challenges raconte que plusieurs membres du conseil d'administration, dont le Français Arnaud Lagardère, souhaitaient que Forgeard fasse place nette sans se prévaloir de son parachute doré... Le co-président d'EADS n'était pas d'accord... Pour le licencier, il aurait fallu mettre en avant une faute de sa part... On allait droit aux prudhommes... Et selon Challenges, Thierry Breton, le ministre français de l'Economie, ne souhaitait pas voir le linge sale franco-allemand être déballé devant la justice... Alors ces informations sont démenties du côté de Bercy... Mais elles suscitent quelques commentaires intéressants dans vos journaux... Une chronique du Cercle des économistes, dans La Tribune... qui dénonce "l'avidité sans frein des puissants, qui fait détester l'entreprise et haïr tout particulièrement les grandes"... La réaction également de Pierre Bilger... l'ex-PDG du groupe Alstom... C'est lui qui avait renoncé à ses 4 millions d'euros d'indemnités de départ, parce que l'entreprise qu'il quittait était au bord de la faillite... Pour lui, l'impôt est l'arme la plus efficace contre les excès... C'est la seule façon de réduire l'écart, devenu trop grand, entre les revenus et les patrimoines les plus élevés et les plus faibles... L'ancien PDG explique que son geste était un geste de solidarité envers les salariés d'Alstom... une décision éthique, religieuse... Et d'ailleurs, dans Le Monde, sur ce même sujet... "L'Eglise contre les parachutes dorés"... un titre pour expliquer que les évêques français sont sortis de leur pieuse réserve, de rigueur en période électorale, pour fustiger les indemnités de départ de certains patrons... "Ce qui est légalement autorisé n'est pas nécessairement moral"... Pour finir... Si vous voulez parler d'autre chose que de politique... Direction La Réunion... C'est dans Paris Match... "Pêche miraculeuse au pied du volcan"... Le Piton de la Fournaise est en éruption... La lave incandescente s'écoule dans la mer... où elle tombe à pic en eau profonde... Et du coup, eh bien sont ramenées à la surface des espèces inconnues venues des abysses... Une variété inconnue de poisson-trompette... un poisson-scorpion de 7 centimètres... et puis d'autres, qui n'ont pas de nom...

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