Bonjour, Une fois n'est pas coutume, c'est par France Inter que nous allons commencer cette revue de presse. France Inter et l'inusable "Jeu des 1000 euros" qui fête en ce 19 avril, ses 50 ans d'existence. En 58, il s'appelait "100.000 francs par jour". Et qu'est-ce qu'on apprend dans la rubrique télévision du PARISIEN AUJOURD'HUI EN FRANCE ? Que Louis Bozon prend sa retraite en juin... "J'arrête avant de passer pour un vieux con", dit Louis Bozon, toujours vert à 73 ans. Il avait succédé à Lucien Jeunesse en 1995. On n'a pas vu passer le temps. Selon Louis, c'est Nicolas Stoufflet qui va le remplacer. Nicolas anime en ce moment les petites heures des Matinales, de 4 h et demi à 6 heures, comme l'avait d'ailleurs fait Louis Bozon avant de passer au" Jeu des 1000 euros". "Le monde a faim"... C'est le titre de Une des DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE et le thème de nombreux éditorialistes de la presse quotidienne régionale. "Il y a urgence" s'exclame le REPUBLICAIN LORRAIN. Et Philippe Waucampt développe : "Les institutions internationales avancent des idées. Les pays développés font des gestes symboliques comme ces 60 millions d'euros d'aide alimentaire annoncés par la France. Et les pauvres de la planète regarde l'addition monter : 37% de plus pour leurs importations céréalières en 2007, avant les 56% prévus cette année." Et Philippe Waucampt cite Louis Michel, le commissaire européen au développement, qui voit "un choc alimentaire mondial se profiler, moins visible que le choc pétrolier, mais avec l'effet potentiel d'un vrai tsunami économique et humanitaire". "Lorsqu'un kilo de riz coûte un dollar et qu'on ne dispose que d'un dollar pour vivre par jour, explique Hervé Chabaud dans L'UNION, la situation devient explosive et les ventres creux se révoltent de désespoir". Aujourd'hui, ce sont 37 pays qui sont au bord de la disette. "Et demain ?" demande Hervé Chabaud. A rapprocher de cette photo dans le FIGARO MAGAZINE, d'un lendemain d'émeutes à Port-au-Prince, en Haïti, où des casques bleus de l'ONU sur leurs véhicules blindés, sont entourés par la population haïtienne qui a la faim au ventre. Quand le prix d'un produit alimentaire de base, riz, blé, maïs, etc... augmente de 1%, ce sont 16 millions d'êtres humains supplémentaires qui deviennent des affamés. Chiffres cités par Alain Duhamel dans son éditorial de NICE MATIN. Il rend hommage au geste de Nicolas Sarkozy annonçant hier, qu'il doublait l'assistance alimentaire d'urgence fournie par la France (60 millions au lieu de 30). Mais Duhamel s'inquiète : "La lenteur de réactions des nations les plus riches devant un tel drame, est consternante", dit-il. Comme le rappelle François-Régis Hutin dans OUEST FRANCE, "il manque 500 millions d'euros au Programme Alimentaire Mondial pour agir immédiatement avec efficacité. Faible somme comparée aux dépenses d'armement effectuées dans le monde". Et l'éditorialiste interpelle ses lecteurs : "Osons choisir d'aller à l'essentiel avant que cela ne soit imposé par la force des choses. Il vaut mieux décider ensemble les changements qui sauveront des millions de vie. Il vaut mieux les piloter ensemble plutôt que de les subir". LIBERATION est plus dubitatif. "Contre la faim, titre le journal, les promesses de Sarkozy ne mangent pas de pain". "C'est vrai, ça ne mange pas de pain, si l'on peut dire, reprend Xavier Panon dans LA MONTAGNE. Nicolas Sarkozy a raison de secouer le cocotier des nantis. L'appel serait toutefois plus crédible si la goutte d'eau de l'aide française ne coïncidait pas avec une baisse de l'aide publique au développement, même si notre pays reste le troisième donateur". "La France ne peut pas nourrir toute la terre, poursuit André Schlecht dans L'ALSACE... La France ne peut pas nourrir toute la terre, mais elle doit y prendre sa part. Le doublement de son aide alimentaire est une réaction de première urgence. Ni plus, ni moins". "Ces aides d'urgence restent d'ailleurs très modestes, explique Dominique Garreau dans LA CHARENTE LIBRE. Elles arrivent tard et elles ne seront d'aucun effet pour désamorcer la bombe à retardement de l'insécurité alimentaire. L'équation des émeutes de la faim est parfaitement connue, écrit Garreau. D'un côté, la conjonction d'une hausse de la consommation des pays émergents, comme la Chine ou l'Inde, les aléas climatiques, le développement des agrocarburants, et la formation d'une bulle spéculative sur le marché à terme de Chicago. De l'autre, 3 milliards d'êtres humains vivant déjà sous le seuil de pauvreté, et en passe d'être projetés dans la famine sous l'effet des hausses des prix". Et Dominique Garreau cite un expert estimant que "les aides d'urgence équivalent à éjecter une goutte d'eau dans un océan de problèmes." Retour aux DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE où Jean-Claude Kieffer pointe du doigt la finance internationale. Elle joue à coup de milliards avec les stocks alimentaires. Frustrés de Subprimes et autres miroirs aux alouettes, la spéculation mise désormais sur le riz, le blé, le soja et le maïs. "En matière agricole, ajoute l'éditorialiste, le libéralisme tel que prôné par l'Organisation Mondiale du Commerce, est une véritable catastrophe". S'il est élu président des Etats-Unis, Barack Obama pourra-t-il infléchir la marche du monde ? En tout cas, il a déjà réussi à transformer des internautes en militants de terrain pour sa campagne à l'investiture démocrate. Vous lirez comment dans le supplément du MONDE 2. Le chef d'orchestre s'appelle David Axelrod (presque un nom de moteur de recherche), et c'est lui qui coordonne le mouvement "The movement", un énorme réseau de soutien qui intègre, qui trie et qui digère le travail réalisé sur le terrain par des volontaires et des professionnels. Comme le dit un porte-parole, "nous suivons le principe de la formation continue. Nous voulons que les sympathisants deviennent des organisateurs à leur tour. Barack Obama a déjà un million d'amis sur Internet". A côté de cela, la politique française aurait presque un côté désuet. C'est tout juste si l'on a remarqué la visite de Lionel Jospin à l'Elysée hier. Hélène Pilichowski s'en étonne dans LE DAUPHINE LIBERE : "Il a passé une heure à l'Elysée hier, et curieusement, les commentaires n'ont guère fusé... Une quasi indifférence, dit même Hélène Pilichowski, un peu comme si le candidat malheureux à deux présidentielles s'étaient commis en acceptant l'invitation de l'actuel chef de l'Etat". Flairant ce procès en compromission, l'ex-premier ministre a eu tôt fait de se justifier. C'est seulement au titre de ses anciennes fonctions à Matignon qu'il fut consulté par le président. "Rien à voir avec une quelconque tentation d'ouverture, note l'éditorialiste du DAUPHINE. D'ailleurs, lui (Lionel Jospin) parangon du socialisme intègre, s'est empressé de rappeler à Nicolas Sarkozy que l'Europe sociale devait figurer dans les priorités de la future présidence française. Ce qui lui permit d'apparaître sur le perron de l'Elysée, telle la statue du Commandeur... Prêt pour une nouvelle apparition, dit encore Hélène Pilichowski, dans un comité local du PS par exemple". D'autres éditorialistes reviennent sur les réformes en désordre annoncées puis désannnoncées par le gouvernement. "C'est peu dire qu'il y a de la pagaille dans l'air, s'exclame Michel Richard dans le MIDI LIBRE. La visibilité de l'ensemble pêche ! ô combien". Et Michel Richard prend l'exemple de la situation des chômeurs de plus de 57 ans et demi dont on voudrait, semble-t-il, qu'ils ne soient plus dispensés de chercher un emploi. Beaucoup ne demanderaient pas mieux que d'en avoir un. "Mais qu'y peuvent-ils, continue Michel Richard, si les entreprises n'en veulent pas, au point même de se débarrasser volontiers des plus de 55 ans". Et Rémi Godeau s'inquiète dans L'EST REPUBLICAIN : "Jour après jour, la liste des annonces anxiogènes s'allonge... Sans le dire, le gouvernement compose, note après note, une nouvelle partition". LA CROIX ouvre par exemple le dossier du travail dominical. "Le dimanche est un autre jour" titre le quotidien catholique. Et Rémi Godeau reprend : "multiplier les fronts, telle est la stratégie de l'Elysée pour épuiser les réfractaires à la réforme... Soit, admet l'éditorialiste de L'EST REPRUBLICAIN, mais le chef de l'Etat pourra-t-il longtemps s'exonérer d'exposer aux Français une vision, de créer le consensus sur un nouveau choix de sociétés. Ne pas le faire, conclut Rémi Godeau, c'est prendre le risque d'alimenter l'angoisse." Pour une fois, c'est LIBERATION qui nous rassure : "Ouf, les Français rient encore !" c'est la Une du journal qui se souvient lui aussi que Pierre Desproges est mort il y a 20 ans. "Mais le rire ne connait pas la crise, affirme Libé. Le rire en France ne se limite pas aux Ch'tis. Les nouvelles scènes fleurissent. Les nouveaux comiques se moquent de tout, y compris des communautés (la leur ou celle d'en face). Ils visent davantage la société que la politique". On termine avec un rafraichissant hommage à Eric Tabarly. C'est dans le FIGARO MAGAZINE. Yann Queffelec l'appelle le "seigneur des mers". Le romancier a d'ailleurs recueilli pour la première fois, le témoignage du photographe Erwan Quemeré qui a vu Eric Tabarly projeté à la mer du pont de son Pen Duick. "Il a dit quelque chose en tombant, dit Erwan Quemeré. Ce n'était pas un cri, c'était des mots". Un seul mot ou plusieurs. Un adieu. "Quel adieu" se demande Yann Quefelec ? Son ami entend clairement la voix d'Eric dans le vent noir qui balaie la mer invisible autour du bateau. Il entend la voix d'Eric. Pas les mots.

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