Patrick Cohen : Dans la presse aujourd'hui : sous le ciel de Rimbaud... Bruno Duvic : Si vous avez 716 millions d'euros, soyez gentil de contacter Madeleine Guillot... C'est la comptable de la maison Védrenne qui vend des liqueurs à Nuits-Saint-Georges en Bourgogne. 716 millions, c'est le montant de la facture qu'Orange a adressé à l'entreprise ! Bugue informatique... aujourd'hui Madeleine en sourit à la Une du "Bien Public", mais elle a tout de même eu un choc ! Cela dit, si vous avez la somme, vous pouvez aussi la donner au gouvernement... car 716 millions, cela fait 716.000 primes de 1.000€ pour les salariés en mal de pouvoir d'achat. Mieux que rien ! La prime pour les salariés des entreprises qui versent des dividendes... Encore raté ! Une idée séduisante sur le papier, mais qui se révèle difficile à appliquer. Faut-il la rendre obligatoire ou facultative ? Comment intégrer les salariés des petites entreprises ou les fonctionnaires ? Bref, ce projet, "c'est plus de flou que de flouze", comme l'écrit Didier Pobel sur son blog. Pour Jean-Marc Vittori dans Les Echos, "il ne pourra aboutir qu'à un chef d'œuvre de complexité baroque". "Cette mesure conçue pour frapper comme un slogan ne résiste pas à l'examen", conclut Nicolas Demorand dans Libération. Un exemple relevé par "Rue89" : Figurez-vous que si le projet du gouvernement était appliqué en ce moment, un salarié de TOTAL ne toucherait rien du tout ! Car entre 2009 et 2010, les dividendes n'ont pas augmenté chez TOTAL. Or, si l'on en croit Xavier Bertrand, la prime s'appliquerait dans les entreprises où les dividendes progressent. On verra si le chef de l'Etat donne des précisions aujourd'hui... Il se rend dans les Ardennes pour parler emplois et salaires... Autrement dit, même si sur le pouvoir d'achat "Sarkozy est dévalué", comme titre Libération, il insiste sur ce terrain... C'est peut-être là qu'il peut renouer avec le peuple. Patrick Cohen : Mais le peuple l'attend de pied ferme... Bruno Duvic : Eh oui, les Ardennes, c'est le lieu où il avait lancé en 2006 le slogan : "travailler plus pour gagner plus". "Sarkozy sur les lieux de ses mensonges", titre L'Humanité... Parole à Norbert Malicet. Il est délégué CGT aux ateliers de Janves. En 2006, Nicolas Sarkozy, écrit L'Huma, était venu taper dans le dos d'un fraiseur dans ces ateliers. "Travailler plus pour gagner plus", les ouvriers y avaient cru, raconte le syndicaliste. "Le lendemain du passage du candidat, j'avais commencé à discuter mais je m'étais fait rabrouer. Aujourd'hui, les gars sont rancuniers, ils ne sont pas contents d'avoir été bernés". Prime et déprime... Comment répondre à l'attente des électeurs sur cette question du pouvoir d'achat quand on dirige un Etat à cours d'argent ? Dans les Ardennes, pays de Rimbaud, le président peut méditer le premier vers de "Ma bohème" : "Je m'en allais, le poing dans mes poches crevées". "Monsieur le président, aidez-nous !", titre L'Ardennais. Pour une réflexion plus en profondeur sur cette question du pouvoir d'achat et du partage des richesses, deux pistes dans la presse... Jean-Marcel Bouguereau dans la République des Pyrénées : "Faire entrer plus largement les salariés dans les conseils d'entreprise. Ils pourraient mettre eux-mêmes sur la table ces questions de pouvoir d'achat". Ou bien Jean-Marc Vittori dans Les Echos : "Il faut repenser le rôle des actionnaires dans les entreprises". Patrick Cohen : La France n'est pas le seul pays à se battre avec les dettes... Bruno Duvic : "Alerte sur la dette américaine", titrent Les Echos... Et l'Europe aussi, est un bateau ivre… Irlande et Portugal en difficulté. Et la Grèce, c'est encore pire ! L'idée d'une faillite de cet Etat n'est plus un fantasme. Dans ce contexte, les mécanismes d'aide aux pays en difficulté sont remis en cause. Pourquoi ? Explication dans La Tribune... Pour aider le Portugal, par exemple, il faut un vote à l'unanimité des 17 ministres de l'Eurogroupe. Parmi les 17, la Finlande... et en Finlande, la situation a changé depuis ce week-end : la parti populiste des "Vrais Finlandais" a obtenu 19% des voix aux législatives, et s'il participait au gouvernement, il pourrait refuser d'aider le Portugal : pas envie de payer pour les autres ! D'où ce raccourci sur le site "myeurop.info", "les vrais Finlandais" inquiètent les Portugais. Immigration, gestion de la dette... Près de trois ans après l'éclatement de la crise, ce que beaucoup redoutaient est peut-être en train de se produire : la vague populiste grandit en Europe. "Le phénomène, explique Laurent Marchand dans Ouest-France, mêle à la fois sanction de la classe politique, rejet de la mondialisation et peur des conséquences sociales de la crise. Il a touché les Pays-Bas, la Hongrie, la Suède, le Danemark, la Suisse". Pierre Rousselin poursuit dans Le Figaro : "Perçue comme un vecteur de la mondialisation, imposant une ouverture sur l'extérieur qui menacerait l'identité nationale, l'Europe est la bête noire de tous ces mouvements populistes". "Alors, il y a urgence, conclut Michel Lepinay dans Paris-Normandie... il y a urgence à prouver que l'Europe n'est pas une union de façade et que nous pouvons régler, ensemble, les problèmes". Europe bouge-toi avant qu’il ne soit trop tard ! « Au réveil, écrivait Rimbaud, il était midi ». Patrick Cohen : Quoi d'autres dans la presse, Bruno ? Bruno Duvic : Pouvoir d'achat, suite... A en croire France-Soir, le panier des essentiels imaginé par Frédéric Lefèbvre fait un flop ! Dans la plupart des magasins, les produits sont à peine signalés. Pendant ce temps, les biens mal acquis des dictateurs africains font des petits... Avec les révolutions arabes, la liste s'allonge de ces comptes en banque, magasins et autres immeubles acquis par les chefs d'Etat en spoliant leur peuple. Le site "owni.fr" publie la carte de ces biens. Les journaux du groupe "Playback" avec les Japonais... "L'Actu", "Mon quotidien" et "Le Petit Quotidien" publient des reportages auprès de familles touchées par le séisme, le tsunami et la menace nucléaire. Le procès Barbie en DVD... Le coffret est présenté aujourd'hui... C'est la Une du Progrès de Lyon. En manchette, photo d'archive : Barbie dans le box et devant lui, son avocat Maître Vergès. Allez, pour finir, à l'heure où l'on parle tant de mondialisation... une série d'images dans "Le Tigre" du mois de mai... Le photographe Jan Banning a fait poser des secrétaires, des policiers, des employés, assis à leur bureau, aux quatre coins du monde. C'est sur les murs que s'affichent les différences... Dans le bureau d'un directeur du Trésor Public au Liberia, un calendrier Coca-Cola... Chez un responsable de la police de la route à Monrovia, un tableau noir avec un passage de l'Evangile de Saint-Jean... Chez une fonctionnaire indienne, un fatras de vieux papiers empilés jusqu'à hauteur d'homme... Chez un adjoint au maire de Bolivie, des portraits de Simon Bolivar... Dans le même pays, des filles plantureuses et dévêtues veillent sur un fonctionnaire des travaux publics... Dans une autre région indienne, il n'y a rien au mur, la fille est au bureau et elle est voilée de pied en cape. Mondialisation, oui... mais en sous-main, les cultures locales sont toujours là. A demain !

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