(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : destins hors norme

(Bruno Duvic) Lorsqu'il est né, un astrologue a prédit à ses parents qu'il transformerait tout en or.

C'était il y a 52 ans, à Nagpur dans le centre de l'Inde. Vikram Pandit, descend d'une lignée de Brahmanes, la caste plus privilégiée en Inde.

Etudes et installation aux Etats Unis, passage chez Morgan Stanley puis direction d'un fonds spéculatif. Lorsqu'il le revend, il touche 165 millions de dollars, réinvestis dans un appartement 10 chambres avec vue sur Central Park. Et pour remplir le frigo, lorsqu'il prend la tête de la banque Citigroup en 2007, on lui attribue 48 millions en guise de bienvenue.

Intelligence acérée, naturel aimable, deux enfants. La parfaite success story à la sauce mondialisation financière.

Voici la mouche dans la sauce.

Après avoir renoncé à salaire et bonus en période de crise, Vikram Pandit devait toucher 15 millions de dollars pour 2011. Eh bien les actionnaires de City group ont dit "Non", faisant valoir qu'en 2011 l'action de la banque avait chuté de 44%;

"Le rejet du bonus du patron de Citi constitue une première à Wall Street", titrent Les Echos qui racontent cette histoire.

Et c'est la conséquence d'une réforme de 2010 sur l'encadrement des bonus. Les directions des banques sont obligées de consulter les actionnaires. Pas obligées de tenir compte de leur avis. Mais selon les Echos cette petite rébellion pourrait créer un précédent.

Autre destin hors norme, celui d'un Malien

C'est l'astrophysicien au poste de Premier Ministre, dans Le Figaro . Mais c'est Le Parisien-Aujourd’hui en France qui raconte le mieux le destin de cet homme qui prend donc les commandes d'un pays déchiré entre touaregs, islamistes, militaires rebelles et civils désemparés.

Il est né il y a 60 ans. Son père descendait d'une famille royale Bambara. Elève médiocre, qui passait plus de temps dans les boîtes de nuit que sur les bancs de Jussieu où il fait une apparition. Puis vient, encore, le départ pour New York. Cheick Modibo Diarra commence par vendre des colliers sur la 5ème Avenue. Il s'inscrit dans une université scientifique et le goût des études lui vient enfin.

Il les conclut par une thèse sur les plate-formes de l'espace tellement brillante que la Nasa lui passe un coup de fil. Voici Cheick Modibo aux commandes, depuis la terre, de la sonde spatiale qui vole vers mars.

Une voix lactée s'ouvre devant lui, c'est l'Africain qui réussit, ambassadeur de bonne volonté auprès de l'Unesco et donc aujourd'hui Premier Ministre de son pays en guerre.

Le budget du Mali, c'est la moitié d'une seule mission spatiale américaine.

Des Indiens, des africains, des européens, moins d'américains. Time Magazine publie cette semaine son traditionnel classement des personnalités influentes. 54 non américains sur 100. Un seul français, une française, Christine Lagarde, la championne de natation synchronisée devenue directrice du FMI.

Le FMI qui affirme, c'est la Une des Echos que « La menace sur le crédit reste massive en Europe ».

Comment la crise change l'Europe : le signe du jour, c'est dans La Croix , ces Grecs qui émigrent en Turquie. Quand on a besoin de trouver du boulot, on oublie même les contentieux historiques, notamment autour de Chypre.

Le destin dont rêvent 10 candidats : l'Elysée

Et en matière de destin hors norme, Brigitte Bardot en connait un rayon. A 3 jours de la présidentielle, dans Nice Matin aujourd'hui, elle annonce qu'elle votera pour vous, Marine Le Pen (invitée du 7/9).

"Le Pen : et si la fille dépassait le père". C'est « La menace » pour Libération qui vous met à sa Une ce matin. La présidente du FN peut encore créer la surprise, écrit le journal

  • qui cite le dernier sondage CSA qui vous place à 17%

  • rappelle que votre père avait gagné beaucoup de voix la dernière semaine en 2002

  • mentionne votre succès auprès des jeunes, qui sont aussi abstentionnistes, certains pourraient se mobiliser pour vous au dernier moment, notamment ceux qui votent pour la première fois et dont on mesure mal les intentions.

Les indécis que Le Figaro évalue à un électeur sur 4 à sa Une ce matin.

"Marine Le Pen parie sur une surprise le 22 avril" confirme Le Monde . Et pourtant "à en croire certains caciques du parti, écrit Abel Mestre, cette campagne est la pire qu'ils aient jamais connue. Depuis janvier, les accrochages se multiplient, au point d'installer un climat délétère jusque dans le cercle le plus proche de Mme Le Pen"

D'autres échos de campagne ?

« La Sarkozie en plein désordre », titre de Mediapart . En cause notamment, les défections de beaucoup de figures de l'ouverture. « Ce qu’ils font est dégueulasse », dit Rama Yade, revenue dans le giron sarkozyste dans Le Parisien .

Les échos de campagne, dans beaucoup de journaux ce sont les programmes publiés en détail. Et puis cette petite brève dans Le Parisien . L'un des spécialistes des questions de sécurité autour de François Hollande, François Rebsamen appelle à transformer le délit de consommation de cannabis en simple contravention. Selon lui on lutte plus aujourd'hui pour faire du chiffre contre les consommateurs que contre les trafiquants.

Hors de la rubrique politique, dans la presse encore, la révolte des femmes de Bahrein contre le grand prix de formule 1 qui doit s'y tenir ce week-end. Ce serait cautionner un régime qui a tiré sur la foule. Ces femmes qui manifestaient hier dans le souk de Manama, la capitale, profitent au moins de journalistes et notamment de L'Equipe venus couvrir ce grand prix pour se faire entendre.

Puisqu’on parle aujourd'hui de destin hors norme, Johnny Hallyday accorde une interview à Marc Levy cette semaine dans Paris Match avant de repartir en tournée mardi aux USA. Assez bel entretien où il raconte son amitié avec Brel, Jimmy Hendrix, Clint Eastwood ou Bono.

Philosophie de Johnny : il faut bousculer la vie si on ne veut pas qu'elle s'endorme dans vos bras.

A demain !

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