La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par une histoire de blanchiment

Si je vous parle de la Suisse Patrick, vous pensez, paysages alpins, horlogerie ou chocolat, et pas forcément place financière opaque ? Et bien c’est à cela que veut parvenir le Luxembourg !

Alors que le procès des lanceurs d’alerte du scandale Luxleaks doit démarrer le 26 avril prochain, le site Lesjours raconte ce matin l’opération de blanchiment d’image dans laquelle s’est lancé le grand-Duché. En bon français, ça s’appelle le « nation branding » : un pays étant considéré comme une marque, il s’agit pour les autorités du Luxembourg de tenter de promouvoir une autre identité que celle à laquelle on l’associe habituellement, et plus encore depuis 2014, celle d’un paradis fiscal. Alors sur quoi s’appuyer pour changer l’image du pays ? Le journaliste Nicolas Cori raconte que depuis 2 ans, après consultation des citoyens par internet, ateliers avec des politiques, des syndicalistes, des patrons, 3 termes censés incarner le pays ont émergé, fiabilité, ouverture et dynamisme…le problème, c’est que ça ne colle pas vraiment. Un seul exemple : « prêter aux luxembourgeois un sens de l’ouverture s’est révélé en décalage avec l’événement politique majeur du pays l’an dernier raconte le journaliste : la population a massivement rejeté la possibilité de donner le droit de vote aux résidents étrangers, qui représentent 46% de la population du pays. » Qu’importe, l’initiative publicitaire plait surtout aux milieux d’affaires, l’idée, c’est que les entreprises ne se posent pas la question d’image quand elles décident d’installer leur siège social au Luxembourg. « C’est peut-être là l’objectif inavoué de tout le processus conclut Nicolas Cori, blanchir l’image du pays, tout en laissant son modèle économique inchangé »

https://lesjours.fr/obsessions/la-grande-evasion/ep2-nation-branding

Dans la presse également ce matin, retours sur le processus de destitution engagé contre la présidente brésilienne Dilma Roussef

Et si aucun de vos journaux n’épargne la présidente, « ex guerillera devenue présidente autoritaire » relève le Figaro, beaucoup de questions néanmoins sur le vote de dimanche. Pour le journal l’Humanité, « c’est l’histoire d’une bourgeoisie revancharde qui veut la peau de la gauche ». Même tonalité dans l’article d’Armelle Enders, spécialiste du Brésil à Paris-Sorbonne, publié sur le site The Conversation. Cette universitaire y affirme que ce 17 avril restera « un jour de honte dans les annales du Brésil, celui du triomphe de ce que le pays a de plus rétrograde » explique –t-elle. Passons sur le spectacle peu reluisant de cette nuit de vote, selfies à gogo de députés quand un autre dédie son vote à la mémoire du colonel Ustra, tortionnaire patenté et personnel de Dilma Roussef pendant la dictature militaire. Pour Armelle Enders, ce détail effroyable est révélateur de l’esprit de revanche, voire de vengeance qui a saisi « les droites brésiliennes, qui n’ont jamais vraiment digéré l’élection au suffrage universel du président de la république, surtout depuis les victoires à répétition de la gauche. « une partie des couches supérieures écrit elle, est convaincue que la démocratie n’est pas adaptée à la plèbe brésilienne, en majorité pauvre et noire ». Du coup, tous les coups sont permis contre Dilma Roussef, raconte t elle, qui n’est à ce jour sous le coup d’aucune procédure judiciaire, contrairement à une cinquantaine de députés qui ont participé au vote dimanche, et à leur président, Edouardo CUHNA. « Mascarade » conclut elle que ce vote du 17 avril qui laisse très pessimiste sur les chances du Brésil de se tirer de cette ornière et reprendre le chemin de la croissance économique

https://theconversation.com/nuit-de-revanche-a-brasilia-58030

A l’étranger encore Hélène, la campagne des anti brexit au Royaume Uni, chiffres à l’appui

« Quitter l’union européenne équivaudrait à s’auto mutiler », Tribune choc hier du chancelier de l’Equichier Georges Osborne au Times. Le ministre de l’économie de David Cameron qui s’appuie sur un rapport dévoilé du Trésor britannique qui évalue, nous dit le Figaro économie, à 6% du PIB d’ici 15 ans, le manque à gagner par rapport au maintien en europe de la Grande Bretagne. Soit 5400 euros de perdus par an pour chaque foyer. Les partisans d’une sortie de l’Union dénoncent une « campagne de la peur » des opposants au Brexit. Une telle approche avait néanmoins fonctionné relève le journal, lors du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse en 2014

Et puis grand reportage poignant, à retrouver sur le site de l’Afp, à la rubrique Making of, du photographe Bulent Kilic, reportage dans le camp de réfugiés d’Idomeni en Grèce, où 11 000 personnes s’entassent dans le désespoir absolu, au milieu de la boue et des excréments, avec pour unique activité de tenter d’obtenir de la nourriture… Bulent Kilic raconte comment chacun devient fou là bas, « même moi écrit il, qui ai couvert d’innombrables situations de ce genre, qui vais rentrer chez moi, je me sens de plus en plus déprimé, de plus en plus agressif» Dans ces circonstances, qui ne perdrait pas la raison ? s’interroge t il. «Perdre la raison face aux barbelés »

A noter que 2 Prix Pulitzer ont exceptionnellement été décernés hier, dans la catégorie Photo » Breaking News : l’un, à des photographes du New York Times pour leur travail sur les réfugiés et les dangers qu’ils affrontent, l’autre à une équipe photo de l’agence Reuters ayant suivi des migrants dans leur voyage…

Retour en France Hélène avec un zoom sur la Canebière

« Belkacem-Gaudin réunis pour les écoles » titre la Provence. La ministre de l’éducation était en effet hier à Marseille pour signer,avec le maire un engagement conjoint à hauteur de 10 millions d’euros pour mettre fin à la vétusté voire l’insalubrité de certaines écoles marseillaises, scandale révélé publiquement par une enseignante marseillaise et relayé en janvier par Libération…Après avoir crié « à la manipulation politique et médiatique », Jean Claude Gaudin convient donc qu’il fallait faire quelque chose. Extrait de son interview dans la Provence « quand on gère 444 écoles, bien sûr il peut y avoir ici un robinet qui fuit..Mais je croyais qu’on était nickel, alors c’est vrai j’ai été un peu surpris » Jean-Claude Gaudin qui a donc finalement débloqué 5 millions sur 5 ans …ça fait cher le robinet qui fuit, en réalité 114 écoles sont concernées….

Canebière toujours avec cette révélation à la Une de l’Equipe : Giocanti remplaçant de Labrune affirme le quotidien sportif…Xavier Giocanti, homme d’affaire marseillais, n’est autre que le compagnon de Christine Lagarde, qui dirige le FMI. Il serait « pressenti par la propriétaire de l’Om Margarita Louis Dreyfus, pour succéder à Vincent Labrune, dans les jours ou les semaines qui viennent » nous explique l’article, un peu moins catégorique donc que ne laisse le supposer la Une

Enfin sachez que l’euro ne sera pas que footballistique en juin prochain, il sera foot-ballis-tico/culturel. C’est Claire Bommelaer dans le Figaro qui nous raconte l’injonction du ministère de la culture :« cette Coupe doit être une fête dans tout le pays ». Ni une, ni deux, les 10 villes qui accueilleront les matchs sont donc en train de monter des expos ou animations, chacune son thème, europe et foot à Nice, histoire des supporters à Lens. Certains directeurs de musée, pas franchement versés dans le foot ont dû faire appel à des consultants extérieurs, l’éditorialiste de l’Equipe notamment, quand d’autres espèrent bien profiter de l’occasion pour attirer un nouveau public. « Certains lensois ne sont jamais venus au Louvre Lens explique le président du Louvre, peut être ont-ils besoin d’apporter leurs objets, et donc leur culture pour s’y sentir à l’aise » espère t il…si tu ne viens pas à la culture, le foot t’y amènera donc…peut-être

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