Menace terroriste sur la campagne, derniers éditos des hebdos, Bernard Guetta dans Vanity Fair, et Pascale Clark qui lance Boxsons

On commence par l’attentat déjoué, et l’arrestation de deux hommes hier à Marseille

« Terrorisme, fin de campagne sous la menace » titre Libération à sa Une, le procureur de Paris François Molins a pris soin hier de préciser que si ces deux hommes préparaient une attaque imminente, « ni les cibles ni les dates envisagées n’apparaissaient encore clairement ».

Mais ce matin, la presse embraie, rapidement, sur ce « retour au réel » comme dit L’Opinion, sur « la « menace terroriste qui pèse sur la présidentielle » titre le Figaro. Le Figaro qui balaie les précisions du procureur, et qui tout de go, sur une double page, accrédite la thèse que c’est François Fillon, et lui seul qui était visé. Avec pour seul indice pour l’instant, la Une du Monde où figurait une photo du candidat retrouvée au domicile des deux hommes.

Aujourd’hui en France/le Parisien reprend avec précision l’enquête qui a conduit à leur arrestation. « Des interpellations qui signaient la fin d’une course contre la montre enclenchée il y a une dizaines de jours » nous raconte t il, « et qui a mobilisé des centaines de policiers du renseignement dans toute la France ».

Dans la Croix Guillaume Goubert salue « l’action remarquable des services anti terroristes. Le fait que 3 candidats aient été prévenus des risques qu’ils pouvaient courir, permet de souligner qu’il y a là une belle illustration de l’existence d’une collectivité nationale qui dépasse tous les clivages. Ce n’est pas interdit de souligner non plus ajoute-t-il, l’utilité des services publics, notamment de sécurité que financent les contribuables. En ces temps d’affrontement partisans parfois surjoués, il est bon de s’en souvenir ».

Mais tout le monde ne joue pas l’union nationale sur le sujet. L’édito du Monde daté d’aujourd’hui, fustige « la frontière de l’indécence » franchie par Marine le Pen qui lundi soir, avant donc l’information sur ce dernier attentat déjoué, affirmait « avec moi, il n’y aurait pas eu de Mohammed Merah, français grâce au droit du sol, avec moi il n’y aurait pas eu les attentats au Bataclan parce que les terroristes ne seraient pas entrés dans notre pays ». « La ligne rouge d’ordre moral est franchie » écrit le Monde, qui rappelle Un, l’absurdité et la fausseté de telles affirmations, 2, qu’aux Etats-unis après les attentats du 11 septembre, au Royaume Uni après les attentats de Londres en 2005, jamais l’opposition ne s’était permis d’utiliser de telles tragédies

A 4 jours du premier tour, derniers soutiens pour les candidats en campagne, derniers meetings et dans les journaux, derniers éditos

Notamment dans les hebdos dont c’est la dernière parution avant le jour J. Si Pierre Siankowski dans les Inrockuptibles se contente d’un « Votez », « votez pour dire que nous valons plus que cette parodie à laquelle nous avons eu droit pendant cette campagne, entre bal minable des trahisons et discours répugnants de ceux qui font de la haine leur seul fonds de commerce », Christophe Barbier dans l’Express se veut plus didactique, son édito s’appelle carrément « les idées claires » : « Si vous souhaitez un choc libéral, votez François Fillon, il vous faut néanmoins pour choisir ce bulletin considérer que l’éthique est secondaire en politique ; si vous croyez en la réunion des bonnes volontés, votez Macron, mais si vous redoutez les atermoiements d’un executif aux majorités incertaines, ne votez pas pour lui. Si vous êtes en colère, votez Marine le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. » Mais attention prévient Barbier, votez pour eux c’est s’offrir à une démocrature » Un choix prévient- il que la sagesse républicaine ne saurait souffler aux oreilles du citoyen indécis ». Les idées claires de Christophe Barbier, quitte à hérisser le poil de ceux qui n’ont pas tout à fait la même lecture que lui des candidats en présence

Dans Charlie Hebdo, Riss a la nostalgie des premiers tours d’autrefois. « C’était le plus agréable se souvient-il, c’était pour le fun, pour voir, pour se donner le petit frisson de jouer avec le feu sans que ça puisse tirer à conséquence »Mais cette époque bénie est terminée depuis 2002. Gérard Biard s’agace lui de cette « urne qui rend fou », où l’électeur doit désormais s’improviser stratège, et se transformer dit il en un croisement entre Alain Duhamel et Marcel Ipsos. « Pour échapper à ce casse-tête insoluble conseille t il, la solution c’est le retour aux fondamentaux : voter selon sa conviction. Oui mais comment ne pas s’interroger sur la conviction du voisin qui pourrait tout faire capoter » s’amuse-t-il. On n’en sort pas ! Dans le Canard enchainé, Lefred Thouron croque un homme qui reste au lit à l’heure du choix, sa femme lui demande « tu ne viens pas voter ? »il répond « non, j’essaie l’abstention utile »

Dans la presse encore Hélène, portrait croisé ce matin

D’un homme à nos côtés tous les matins Patrick, mais sans doute avez-vous encore des choses à apprendre sur lui : Bernard Guetta, éminent chroniqueur à France Inter, qui a donc superbement réussi, mais qui a une particularité, c’est d’avoir un demi- frère, qui a tout aussi bien réussi dans un domaine diamétralement opposé. Bernard et David Guetta, « le jour et la night », portrait croisé dans Vanity fair. « 16 ans les séparent, ces deux-là s’aiment sans se comprendre » écrit Jacqueline Rémy qui signe l’article, « se connaissent intimement sans guère se fréquenter, ils n’ont pas vécu ensemble,ils ont pourtant bien des points communs, et n’ont cessé de se cogner l’un contre l’image de l’autre. L’un voulait être roi du monde, il est devenu le DJ le plus récompensé de la planète, l’autre rêvait d’être roi du Monde, le journal, il est aujourd’hui l’un des éditorialistes les plus écoutés de France. Retour sur leur parcours respectif, très politique, très jeune pour Bernard, en 68 c’est lui qui met en grève les bahuts du quartier latin. Edgar Faure appelle même chez lui le trublion, mais quand il se présente « c’est le ministre de l’éducation nationale » au téléphone, sa petite sœur lui rétorque Et moi je suis le pape », et lui raccroche au nez. David, qui invente très vite une profession que personne ne comprend chez lui, DJ, contraint de commenter en classe un article de son frère …Une respectabilité dont il se servira plus tard, pour épater les policiers de la Mondaine admiratifs de Bernard ! Une célébrité qui basculera au début des années 2000 quand David Guetta deviendra plus connu, est-ce possible, que Bernard ! La journaliste raconte les 2 facettes d’une même ambition, « absolue, éreintante » écrit elle, elle raconte joliment les itinéraires inversés de deux frères élevés dans des familles recomposées, la figure du père, la place de l’engagement politique puis journalistique pour l’un, celle de la musique pour l’autre. Elle raconte l’histoire d’une fratrie qui n’a rien en commun, et tout. Elle dévoile un peu, l’homme que vous écoutez tous les matins

On termine par une naissance

Cette voix, cette voix, mais bien sûr c’est Pascale Clark…Pascale Clark qui a donné naissance hier 18H, à Boxsons, premier site payant de podcasts. Reportages longs, sur un cyclo plombier, le quotidien d’un petit maire ou Noelle, fille de bagnard. Ecriture soignée, journalisme engagé, mise en sons en majesté. Boxsons est né hier. Longue vie

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