Et quand un amant tue son amante entre Israel et la Palestine, l'histoire s'empare d'une tragédie. De la nostalgie israelienne dans l'Obs, et cubaine dans le Télégramme et la Croix, le sordide de l'affaire Ramadan dans le Point et Libération, et de fiers cyclistes nieztschéens dans l'Equipe, la Provence et la Dépêche.

Une guerre sans fin et des amants maudits dans l'Obs...

Et ce titre romantique, "les amants maudits", pourrait étonner, quand il s'agit d'une femme de 29 ans étranglée jusqu'à ce que son visage devienne bleu, et frappée avec une pierre puis recouverte de vieux pneus, dans les dunes, pas loin d'un parc d'attraction... Mais ce féminicide se passe en Israel, Michal, l'assassinée était juive israelienne, Mohamed, l'assassin était arabe Palestinien... En ce jour du 70e anniversaire d'Israel, l'Obs nous montre comment l'histoire se nourrit d'une tragédie intime. Michal était mariée et s'ennuyait dans sa colonie de Judée, Mohamed était un don juan de Naplouse, ils s'étaient rencontrés sur Internet, ils s'échangeaient des "je t'aime ma vie" et postaient des selfies de couple... Mais on ne sait rien de la vérité du drame... Car après son arrestation Mohamed a revendiqué le meurtre de Michal comme une action politique et la famille de Michal a adopté cette version... Mohamed voulait devenir un de ces prisonniers nationalistes que l'autorité palestinienne subventionne. La famille de Michal voulait qu'elle soit une victime du terrorisme, non pas la maitresse d'un ennemi. Les policiers n'ont pas cru à cette fable mais le tribunal s'est laissé convaincre, dit l'Obs... et officiellement, Michal Halimi fait partie des quelques 23000 israeliens victimes des guerres et du terrorisme...

On parle beauoup d'Israel ce matin...

Et l'histoire de Michal donne le ton d'une tristesse... "Amer anniversaire" titre Libération, tant  les valeurs démocratiques d'Israel sont corrodées par le nationalisme, Israel start-up nation mais société inégalitaire, disent les Echos, l'Obs explore la transformation des Kibboutzim, ces fermes socialistes en villages privatisés où les vieilles salles à manger deviennent, des espace de coworking  high tech...  

Tout ceci est beau et sépia... Car l'Obs revient sur son propre passé, Israel fut un de ses grands sujets, et le fondateur du journal, Jean Daniel, se souvient de ses dialogues avec Ben Gourion, fondateur d'Israel... 

On a la même impression de nostalgie dans les articles sur Cuba, « Cuba sans Castro » titre La croix avec une photo typique d'un cubain torse nu conduisant une vieille américaine sur fonds de peinture murale révolutionnaire, mais dans la vraie vie d'aujourd'hui, Cuba a basculé dans les inégalités. Le Télégramme raconte "l'agonie du nouveau capitalisme" cubain... Quand le salaire moyen mensuel est de 20 euros, des petits entrepreneurs encouragés par le pouvoir ont fait la culbute et les vieilles Chevrolet Bel Air 1953 sont devenus la chance de leurs propriétaires, taxis privés pour touristes gagnant en une journée ce que le fonctionnaire gagne en un mois... C'est fini. L'Etat retire les licences et punit les petits patrons... 

Israel ou Cuba furent des utopies des années soixante, tout est moins beau quand on nous en parle aujourd'hui.  

Une histoire sordide de viols présumés et de chantages... 

Où l'on retrouve le fantasme israelien, c'est dans Libération... Avec ce message envoyé par Tariq ramadan, théologien islamiste accusé de viol, à Marie une maitresse qu'il voulait intimider pour qu'elle reste discrète, et qui l'accuse aujourd'hui...  "Ah on sait, tes enfants et ta maman aussi, dsk le sioniste? Les images les vidéos?" Marie avait été prostituée et impliquée dans l'affaire du Carlton, ce réseau de partie fines autour de Dominique Strauss-Kahn. "Le sioniste Dsk" pour Tariq Ramadan... Mais il a d'autres problèmes que son vocabulaire, Tariq Ramadan, il change de stratégie de défense explique Libération... Il reconnait désormais, non pas les viols, mais déjà la "relation" sexuelle qu'il avait entretenu avec Marie... Le point raconte cette scène... On y voit   cette fameuse Marie donner à des policiers, "une petite robe noire Zara Basic de taille XS, dos nu, roulée en boule dans un sac en plastique et conservée dans un coffre à jouets... Je pense qu'il a éjaculé sur la partie centrale de ma robe », précise-t-elle... L'étau se resserre.

A lire les aventures de Tariq Ramadan, on a besoin de fraicheur... Dans un Figaro saturé de politique, on respire dans une grande enquête sur nos gendarmes qui traquent les braconniers de bébés anguilles... Les civelles grandissent dans nos eaux douces avant de retrouver l'océan... Elles valent au marché noir asiatique 500 euros le kilo pour les braconniers.  Jadis, les civelles, menacées, saturaient les rivières, on les donnait à manger aux poules... 

Il est des nostalgies vivantes et des héros de maintenant et de toujours, ainsi les coureurs cyclistes  et ce barbichu de 25 ans qui serre le poing en haut de la une de l'Equipe, Julian Alaphilippe a remporté hier la flèche wallonne qu'il regardait l'an derier à la télévision, après une opération lourde pour nettoyer une rotule... Vive le vélo donc.... Lisez aussi, sur le site de l'Equipe, les chouettes portraits de Guillaume Martin, lui aussi cycliste professionnel de 24 ans, mais aussi philosophe, qui dit ceci, «Nietzsche pourrait être considéré comme le père du sport moderne. Il est contemporain de Coubertin, mais propose une philosophie du sport moins hypocrite. L'important pour moi, ce n'est pas de participer. C'est ce qu'écrit Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra : “Je ne vous conseille pas la paix mais la victoire.” 

Le cycliste est nietzschéen mais l'imbécilité nous guette. 

On voit un autre cycliste dans La Dépêche et la Provence, Clément Delcros a 18 ans, il s'entrainait mardi soir du côté de Toulouse quand il a croisé une voiture en descendant une côte. "J'ai entendu une détonation et tout de suite une grosse brulure à l'épaule"... On lui avait tiré dessus. Clément Delcros va reprendre l'entrainement dans quelques jours, avec la balle toujours dans l'épaule, "ce n'est pas une grosse gêne, j'ai presque le sourire", c’est dans la Provence, il est dans nos coeurs.   

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