Quand la presse fait des liens... Pour le meilleur et pour le pire... Le meilleur, c'est Bruxelles et Hong-kong... Le lien, l'agriculture... La méthode : l'arraché... Et le résultat : un accord. Oui, accord à l'OMC... Accord au sein de l'Europe... Ceux qui prédisaient le pire en sont pour leurs frais, écrit Philippe Reclus dans "Le Figaro"... Après une année 2005 terrible, les Européens ont trouvé un compromis sur leur budget... Alors qu'à Hong Kong, ces mêmes Européens ont adressé un signal majeur au reste du monde en débloquant le dossier des subventions agricoles. En tout cas, merci à Pascal Lamy et Angela Merkel, souligne Françoise Crouigneau dans "Les Echos"... Les nerfs d'acier du directeur de l'OMC et le sens tactique de la Chancelière ont sauvé l'Europe d'une crise supplémentaire qui eût été lamentable. Peut-être, mais une fois, de plus les égoïsmes nationaux ont triomphé, objecte "La Tribune"... A Bruxelles... Où le budget ne répond pas forcément aux attentes des pays européens les moins riches... Et à Hong Kong, où les pays riches se sont accrochés à un système de subventions agricoles dont le principal effet est de maintenir les pays les plus pauvres dans le dénuement et la dépendance, dénonce Pascal Aubert. L'autre lien, ce matin, qui tient plus du hasard que de la construction éditoriale... Il provoque un effet bizarre... Ce sont deux titres qui emploient la même formule... Main basse... Main basse sur les crédits pour la Ville... C'est dans "L'Humanité"... à propos des projets d'urbanisme... Et main basse sur la Présidentielle... Ca, c'est dans "France Soir", qui évoque et qui dénonce le système des primaires. Alors l'urbanisme : c'est donc 'L'Humanité" qui affirme que les communes de droite ont été les premières à bénéficier des subventions nationales dédiées à la rénovation urbaine. Si tel est le cas, ça s'appelle du copinage... Ce qui aurait été le cas en faveur, par exemple, de Montereau, en Seine-et-Marne, dont le maire, rappelle "L'Humanité", fait partie de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy... Et en faveur de Meaux, dont le maire n'est autre que Jean-François Copé, ministre du Budget. Enfin, en chiffres... Selon le tableau publié ce matin par "L'Huma"... On s'aperçoit que cette année, les subventions de l'Etat pour la rénovation urbaine ont été en augmentation de 10 et demi pour cent, pour les villes gérées par la droite... Et en baisse de 13 pour cent pour celles gérées par la gauche. L'autre main basse, c'est donc la façon dont "France Soir" qualifie les primaires... A droite comme à gauche... "France Soir" qui semble très attaché à la version gaulliste orthodoxe de ce fameux contrat entre un homme et un peuple, puisqu'on voit le Général en Une et en grand avec, en arrière-plan, François Hollande et vous, Nicolas Sarkozy... "France Soir" estime que le PS, comme l'UMP, veut filtrer les candidats et les imposer aux Français... Ce qui, pour ce quotidien, remet la fonction présidentielle en question, bafouée par la petite cuisine interne des partis. La ficelle est grosse, semble nous dire Serge Faubert dans son édito... Qui écrit : "Grâce aux primaires, Sarkozy espère barrer la route à Villepin, alors que Hollande veut éviter la répétition du cauchemar d'avril 2002...N'en déplaise aux apprentis sorciers, les primaires constituent un formidable retour en arrière... Retour à la 4ème Republique et à ses combinaisons politiciennes". Voilà qui nous amène au bilan que tire Jean-Marc Benamou dans sa chronique pour le journal "La Provence"... Bilan de l'année, concernant les personnalités qui animent la vie politique en France... Avec notamment le parcours tonitruant de Ségolène Royal... Le blitzkrieg, écrit Benamou... Sondages en rafales... Couverture du "Nouvel Obs"... L'opération Ségolène consiste à profiter du flottement à gauche... Du trop-plein autant que du vide... Pour s'imposer. Et puis vous, Nicolas Sarkozy... 200.000 militants à l'UMP... Une popularité au zénith... Vous êtes qualifié "d'animal politique", qui a survécu, cette année, à toutes les polémiques... Mieux... Vous vous êtes renforcé en 2005, alors que cette année aurait pu être votre "annus horribilis", pour diverses raisons, conclut Benamou dans "La Provence". Tous les journaux reviennent, aujourd'hui, sur l'agression d'une professeure au lycée Louis-Blériot d'Etampes, dans l'Essonne... L'histoire d'un gamin de 18 ans, fou de rage parce que sa mère a été convoquée au lycée, pour cause d'indiscipline, alors qu'il cachait tout à sa mère, justement, concernant ses problèmes au lycée. Bref, l'enseignante a eu le malheur de détruire le monde de mensonges qu'il s'était construit... Alors, en guise de réponse, il lui a asséné trois coups de couteau... Un dans le ventre, et deux dans le bras. Tout a commencé, nous raconte "Le Parisien", par une altercation verbale... "Pourquoi avez-vous convoqué ma mère ?"... "Vous l'auriez su si vous étiez venu", lui répond la prof, qui affirme qu'elle a maintes fois alerté sa hiérarchie sur des menaces de viol et de meurtre dont elle a été victime dans cet établissement... D'où ces deux questions, générées par cette affaire... La première, elle est posée par "Le Parisien" : "Que faire des ados violents ?"... La seconde, elle est abordée par "Libération", sur le thème, non pas "Que fait la police ?", mais "Que fait l'Education nationale ?"... Oui, "Violence : profs en mal d'assistance", titre "Libé"... D'ailleurs, l'enseignante agressée envisage de porter plainte contre sa hiérarchie pour ce qui serait une sorte de non-assistance à personne en danger... Parce que, rappelons-le, elle a alerté l'Education nationale plusieurs fois... Et si l'enseignante persiste dans sa démarche, cette procédure sera une première... Un signe révélant le malaise profond qui sévit dans l'Education. (Que faut-il faire des ados violents ?) Je ne voudrais pas faire d'amalgame entre cette violence-là, particulière, et les violences dans les banlieues... Mais enfin... On a peut-être trouvé une solution, en Allemagne... Pas une solution globale, mais bon, un petit quelque chose qui pourrait inspirer ailleurs... C'est à Berlin... Où, dans un quartier à forte population immigrée, des jeunes se retrouvent au sein d'un club pacifique et convivial, nous raconte le journal "La Croix". "Ce n'est pas parce qu'on n'a rien à faire et pas d'argent qu'on va aller voler pour avoir un portable ou un MP3", disent ces jeunes... "Même si à cause des injustices et du chômage, on ne vit pas bien". Alors, forts de ce constat et de ces convictions, ils se retrouvent, tous ces jeunes, en majorité des immigrés, dans ces fameux clubs, où la règle d'or, c'est de se serrer la main en arrivant, et de parler allemand. Ces endroits s'appellent des "bureaux de quartier"... Et le reporter de "La Croix" nous assure que ça fonctionne. Alors maintenant, la banlieue en France... Sous l'oeil des reporters suisses... Une douzaine de journalistes de la rédaction de "L'Hebdo"... Un news-magazine de Lausanne... Bivouaquent à Bondy... Depuis le 11 novembre, ils se succèdent dans cette ville de Seine-Saint-Denis, pour comprendre la crise des banlieues françaises, sur une longue distance... Pas seulement quand les voitures brûlent. Ainsi, ils s'installent à tour de rôle, avec leur sac de couchage, dans un studio de 20 mètres carrés, dans la cité Auguste-Blanqui... A charge pour eux d'envoyer un article par semaine... Ce qui est probablement la meilleure solution pour ne pas verser dans la caricature... Reportages hors normes... Chapeau, les confrères suisses ! On termine avec une info ébouriffante... C'est dans "Libération", assez inspiré aujourd'hui... C'est un article intitulé : "L'obus, projectile contre-nature". Il se trouve que, dans quelques jours, paraîtra, dans le journal américain "Chemical Technology and Biotechnology", une étude américano-suédoise qui avance des pistes pour produire des armes plus vertes. En gros : entretuons-nous, mais proprement. Cette nouvelle arme, qui serait donc à la fois éthique et écologique, vient concurrencer un obus anti-aérien très répandu, qui, lui, cochonne l'environnement. Parce qu'un obus qui explose, et qui contient à peu près 150 matières différentes, c'est un peu une poubelle de déchets toxiques qui se renverse... Donc, faisons des obus propres. N'est-ce pas à ce genre de considération que l'on mesure les progrès d'une civilisation ?... La preuve : il est préconisé, désormais, de fabriquer des projectiles en augmentant la part des matériaux recyclés... Ce qui leur permettrait donc de tuer plusieurs fois. Cette étude est financée par les armées suédoise et américaine, qui vont finir par nous faire croire que la guerre, c'est aussi du développement durable... Mais ne soyons pas chagrin : commence à poindre cette perspective troublante, vertigineuse... Un monde où les guerres seraient bannies, pour des motifs écologiques. Bonne journée !... Rêvez bien !... A demain !

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