Bonjour... 6 ans... Bientôt 6 ans que Clara Rojas, enlevée le 23 février 2002 avec Ingrid Betancourt, est l'otage des FARC, les Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes. Depuis hier, on donne pour "imminente" ou "prochaine" la libération de cette femme, qui a mis au monde un enfant au cours de sa longue captivité, un garçon dont le père est un guérillero. Cette libération annoncée, c'est "juste un signe surgi du fin fond de la jungle. A peine une lueur (...) Mais allez donc savoir pourquoi, on a eu soudain envie d'y croire, comme on s'accroche à une bonne étoile", écrit Didier Pobel dans "Le Dauphiné Libéré". Dans "La République du Centre", Jacques Camus, à toutes fins utiles, nous rappelle que "les rebelles colombiens ne sont pas des anges" : "Il y a toujours chez eux une part de calcul cynique : ils savent qu'Ingrid Betancourt constitue leur butin le plus précieux. Ils ne la libèreront qu'en dernier ressort". "France Soir" et "Le Parisien-Aujourd'hui en France" annoncent un nouveau rassemblement aujourd'hui à Paris en faveur de l'otage franco-colombienne. Il est prévu à 11 heures, sur le parvis du Trocadéro. A 11 heures ce matin, peut-être Clara Rojas et son fils Emmanuel auront-ils été libérés. Ils vivent tous les jours la misère d'un otage colombien : le froid, la peur, l'humidité, la faim, la vermine. Ceux qu'on appelle les sans-abri intéressent vos journaux ce matin. Pour Patrice Chabanet, dans "Le Journal de la Haute-Marne" : "Cela fait des années que les gouvernements de gauche et de droite se sont accomodés de la présence des SDF, considérés comme les incontournables exclus des sociétés modernes ; ou comme de petits bataillons gênants pour l'image, mais sans danger véritable d'un point de vue électoral. Cela dit, quand, selon les sondages, un Français sur deux estime qu'il pourrait se retrouver un jour dans la rue, la question prend une toute autre ampleur. Visiblement, le gouvernement a compris le message". "Logement des sans-abri : l'urgence n'attend pas... sauf pour Fillon", titre en page Une "L'Humanité", dont le sous-titre souligne que les associations, reçues à Matignon, demandent un calendrier et des résultats rapides, et que le Premier ministre leur donne rendez-vous le 15 janvier (sous-entendu : le 15 janvier "seulement"). Le chef du gouvernement, vous le lirez dans vos journaux, a proposé aux dirigeants associatifs un "contrat", contrat dont l'objectif est "que personne ne soit contraint de dormir dans la rue". "Libération" précise que François Fillon considère comme non-satisfaisantes des solutions comme l'ouverture des gymnases aux sans-logis en période de grand froid. "On met au chaud les SDF", et on les renvoie dehors "quand la météo devient plus clémente". C'est ce que "Libé" désigne comme une "triste exception française" : on agit dans l'urgence "sans réelles perspectives de réinsertion". Et ailleurs en Europe, comment cela se passe-t-il ? "Le Parisien-Aujourd'hui en France" cite l'exemple britannique. Sous Tony Blair, la Grande-Bretagne est parvenue à réduire de 73% le nombre des SDF. Priorité aux associations caritatives, transformation des foyers d'accueil. On n'y fournit plus seulement un lit et un repas, comme en France : "on y travaille !". "Le Parisien" cite ce foyer pour "démunis" de Manchester : il est devenu, ce foyer, une "petite entreprise" de jardinage. Il travaille pour la municipalité, les églises et des clients privés. En marge de ce dossier, "Le Canard Enchaîné" raconte le privilège dont jouit l'un des très proches collaborateurs de la ministre du Logement Christine Boutin. Locataire, il occupe un appartement municipal de 190 mètres carrés dans un beau quartier de Paris pour seulement 6 euros 30 le mètre carré (Patrick Cohen vous en parlait tout à l'heure dans le journal de 8 heures). Dans "La Charente Libre", Jacques Guyon nous rappelle que 1 Français sur 8 vit en dessous du seuil de pauvreté, à "moins de 817 euros par mois pour une personne seule". Et revenant sur le "contrat" proposé par François Fillon aux associations d'aide aux sans-logis, l'éditorialiste charentais se demande s'il ne s'agit pas d'un "éteignoir à revendications", un "artifice de communication" ?... Et il pose cette question : "Comment penser qu'en un mois, on va trouver une solution à ce qu'on n'a pas su régler depuis des années ? Même le Père Noël refuserait de signer un tel contrat". Sur ce sujet, un mot encore pour vous décrire le dessin de Ranson dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France"... On y voit deux SDF installés dans des cartons au coin d'une rue, dans la nuit et le froid... L'un d'eux dit à l'autre : "Je vivais avec Carla Bruni, et elle m'a foutu dehors il y a 15 jours"... L'autre répond : "Ne me fais pas rire, j'ai les lèvres gercées !". Vos journaux, ce matin, affichent décidément une tonalité bien sociale avec, notamment, le retour aux 40 heures hebdomadaires de travail des salariés de l'usine de pneus mosellane "Continental". "Pourquoi l'ont-ils faits ?", se demande, et nous demande, François-Xavier Pietri, dans "La Tribune"... Il répond aussitôt : "Parce qu'il était question de la survie de cet équipementier automobile". Dans "Les Dernières Nouvelles d'Alsace", Jean-Claude Kiefer prolonge la réponse de son confrère de "La Tribune" : "A entendre les débats à l'Assemblée Nationale où ferraillent toutes les idées en 'isme', on sait déjà que les solutions durables ne viendront pas de la politique mais des acteurs économiques, et au cas par cas, à l'exemple de ce qui s'est passé à Sarreguemines". Son voisin du quotidien "L'Alsace" Patrick Fluckiger relève toutefois une "ambiguïté" dans le scrutin organisé chez "Continental". La direction de l'entreprise l'a "présenté comme un projet "donnant-gagnant"... "Beaucoup (note Fluckiger) y ont vu un simple chantage à l'emploi". Marché du travail, formation, pauvreté, 35 heures, travail du dimanche, représentativité syndicale : Nicolas Sarkozy présentera aujourd'hui son calendrier de réformes... Pour "L'Est Républicain", Pierre Taribo attend "de l'audace, de la réactivité, de l'intelligence, de la souplesse" ; il craint des "bricolages". Il se demande si le chef de l'Etat a eu raison de monter en première ligne sur le sujet. "Son engagement personnel (écrit Taribo) donne à ce dossier un caractère politique qui est en même temps sa faiblesse. D'ailleurs, on n'attend pas du Président de la République qu'il danse sur les tables". Des procès pourraient subir un report, aujourd'hui, à cause d'une grève, une grève nationale, celle des avocats. Les grévistes du jour sont hostiles au remplacement du juge par un notaire dans le cas des divorces par consentement mutuel. Mécontents, ils le font savoir. Le divorce, "une affaire rentable pour les avocats", titre "Le Figaro", qui précise que les séparations peuvent représenter "de 10 à 30% du chiffre d'affaires d'un cabinet". Au passage, le journal nous apprend que, sur le Web, "le marché de la séparation explose". Des centaines d'avocats veulent, paraît-il, travailler sur Internet ; certains sites y proposeraient un divorce à moins de 1.500 euros. Cela m'amène à évoquer cette information très anecdotique en provenance du département du Doubs. C'est dans "Le Parisien". Un candidat aux élections municipales de Besançon qui prône "un divorce à l'amiable entre la Franche-Comté et la France", a l'intention d'intituler sa liste : "Comme Cécilia". Evidemment, j'aurais aimé vous parler d'autre chose, mais c'eût été faire preuve de cécité devant l'étalage des couvertures des journaux que vous proposent vos kiosquiers... Il est beaucoup question, dans la presse, de la vie privée de Nicolas Sarkozy. "Vie privée : la fin des tabous", titre, en Une, "Le Figaro", qui nous dit que "la liaison entre le chef de l'Etat et Carla Bruni rouvre le débat sur la divulgation de l'intimité des personnes publiques". Sur un autre ton, "Le Canard Enchaîné" s'interroge aussi, pleine page Une, sur "la vie trépidante du Président", rebaptisé "le petit père des pipoles"... et ce titre, sur 7 colonnes : "Sarkozy : après la Libye, la libido...". Il faut croire que ça fait vendre, puisque "Match" et "VSD" sortent dès ce matin leur numéro de la semaine. Je ne vous décris pas toutes les photos, de Disneyland à l'Elysée... Je n'en retiens qu'une, celle du Président de la République assis à son bureau. Il allume un gros cigare (n'est-ce donc pas interdit de fumer à l'Elysée ?). "Libération", là encore pleine page Une, choisit de ne pas donner dans la mesure, avec la photo d'un Sarkozy marchant dans les herbes hautes sur fond de végétation tropicale, lunettes noires et téléphone portable à l'oreille, sous ce gros titre : "Président bling-bling" ("bling-bling", c'est le son que font les bracelets quand ils s'entrechoquent). Dans son éditorial, Laurent Joffrin considère que "nous sommes passés de la Vème République à la M6 République"... Nicolas Sarkozy y dirige "un gouvernement du peuple, pour le peuple, mais par le pipole". Il craint que la France ne bifurque vers une "comédie berlusconienne". "VSD" s'interroge : "Qui est la nouvelle compagne du Président ?"... Réponse de "France Soir" : Elle a soutenu Ségolène Royal, affirme avoir l'intention de toujours voter à gauche ; elle a signé la pétition lancée par "Charlie Hebdo" et "Libération" contre le dispositif autorisant les recours aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial des étrangers"... et (ça c'est moi qui l'ajoute) elle est née en 1968. Encore un dessin, cette fois c'est un dessin de Cabu dans "Le Canard Enchaîné". Cécilia y fait face à C arla et lui dit : "Toi ma petite, tu iras peut-être libérer Ingrid Betancourt, mais moi j'en ai libéré 6 d'un coups, des infirmières !". Allez... Encore un petit coup de pipole... du pipole "modeste" que vous propose "Télérama", qui consacre un numéro double de 284 pages à la nuit. Sous le titre : "Le jour se lève", l'hebdomadaire spécialisé dans la radio et la télévision vous invite à découvrir ceux qui font les matinales de France Inter. L'article commence par ces mots : "Chut, elle travaille. Enveloppée par l'obscurité de la nuit et le silence de la salle de rédaction déserte, Clotilde Dumetz feuillette les quotidiens nationaux, sélectionne les articles qui nourriront sa revue de presse. Il est trois heures et demie du matin". Je vous souhaite une excellente journée.

Alain LE GOUGUEC

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