Durer. Durer dans la dictature. Durer dans la dissidence.Deux morts frappent les esprits ce matin.Deux morts que tout opposent par le sens donné à leur vie, par le message laissé au monde.Celle de Vaclav Havel hier. Et celle de Kim Jong Ill samedi. Mais annoncée ce matin, par une présentatrice nord-coréenne en pleurs, vêtue de noir.Le cher leader est mort à l'âge de 69 ans, victime d'un surmenage physique et mental affirme les médias nord-coréens.Pas un mot dans la presse française, pour cause d'annonce tardive. Il faut donc se tourner vers la presse étrangère.David Sanger du New York Times dresse le portrait de ce dictateur qui a affamé son pays, et emprisonné nombre de dissidents. Un dictateur fascinant pour la CIA qui tenté de comprendre la psychologie du bonhomme, ses motivations, mais qui était surtout un objet de parodie dans la culture américaine.Petit et rond grandit par des talons, lunettes de soleil et coiffure bouffante.Une caricature d'après-guerre. Kim Jong Ill était lui-même, fasciné par les films.Il avait d'ailleurs fait enlever une actrice et un réalistateur sud-coréen pour tenter de développer l'industrie du film en Corée du Nord. Il avait chez lui... plus de 20.000 films étrangers. Ses préférés étaient James Bond paraît-il.Mais comme l'écrit le journaliste du New York Times, la réalité du monde extérieur, il l'a voyait rarement, sauf peut-être de la fenêtre de son train luxueux avec lequel il se rendaitoccasionnellement, en Chine.Georges Bush le traitait de pygmé. Pour l'ancien président américain, la Corée du Nord faisait partie de l'axe du mal.Mais Kim Jong Ill a duré. Ce matin, son fils Kim Jong Un a été désigné pour lui succéder.On sait très peu de choses sur lui relate Atlantico.fr. Même pas sa date de naissance exacte, 83 ou 84. On sait qu'il a fait ses études en Suisse. D'après le Washington Post, ses anciens camarades de classes le disent timide, peu à l'aise avec les filles. Mais féroce et compétent sur un terrain de basket.Bref pas grand chose,L'an dernier... un studio d'animation sud-coréen s'en était même amusé via une vidéo...Extrait vidéo à découvrir sur Atlantic.fr C'est en sud-coréen, je vous l'accorde. Mais pas besoin de traduction. La vidéo à voir sur Atlantico.fr, montre un gentil Kim Jon Un passer dans la machine à fabriquer des dictateurs. Se retrouver parachuté au milieu des militaires se recueillir sur le lit de son père. Jouer au basket, en faisant des "dunk" Jordan sous les hourras de la foule et des prisonniers. Des prisonniers qui dès qu'ils le voient choisir quel type de dictateur il sera, sortent la corde pour se pendre.Kim Jong Un comme son père, a été formaté pour durer.

Lui en revanche, n'avait pas prévu de diriger un pays.Etonnant destin que celui de Vaclav Havel l'écrivain-président tchèque, mort hier. Vaclav Havel, le dissident pour Libération.La figure libre pour La Croix.La conscience morale de l'Europe post-communiste pour le Figaro.Vaclav Havel n'a jamais décidé d'être dissident souligne Stéphane Kovacs, page 6 du Figaro.Encore moins un homme politique. "C'est arrivé comme cela. Je ne sais pas comment" disait-il.François Bonnet dans Médiapart, relate aussi l'anecdote rapporté par Vaclav Havel en 89.A peine élu président de la République, il se rend au chateau de Prague. Et il remarque qu'il n'y a pas de pendules. Or, il venait justement de mettre un point final à l'éternité communiste.Quel symbole !Pendant de longues années, on n'a pas pas eu besoin de regarder l'heure. Parce que pendant longtemps, l'histoire s'est interrompue. Et Médiapart de reprendre les mots de son premier discours de président le 1er janvier 89.

"Depuis 40 ans, vous avez toujours eu le même discours le premier jour de l'année. Comment notre pays fleurit. Combien nous sommes heureux. Je suppose que vous ne m'avez pas proposé à ce poste pour que je vous mente à mon tour."Non. "Notre pays ne fleurit pas. Des branches entières de l'industrie produisent des choses qui n'intéressent personne."Qui est responsable du totalitarisme se demandait Vaclav Havel avec ses mots? Chacun d'entre nous tout simplement.Oui, Vaclav Havel était un révolutionnaire, titre à sa une le Hérald Tribune.Mais en ces temps de révolutions reprend Vincent Giret dans Libération, il est une autre leçon à méditer. Havel a refusé le désordre des règlements de comptes. Il n'a jamais lu les fiches des policiers zélés. C'est à ces conditions que s'enracine la démocratie.Et Olivier Picard des Dernières Nouvelles d'Alsace de conclure.Havel dépassera l'histoire de son pays. Parce qu'il a été grand vainqueur sans violence, par la seule force du verbe. Parce qu'il fut le héros d'une révolution de velours, dont l'intitulé à lui seul, réconcilie l'affranchissement des peuples et la méthode pour les délivrer.

Quoi d'autres dans la presse ? Le rêve brisé. La désillusion.La Provence et l'Union se font l'écho de l'ensemble de la presse pour qualifier la défaite hier, des handballeuses françaises aux mondiaux de Hand au Brésil.Force est de constater, qu'à l'image de leurs homologues masculins, elles ne sont pas encore expertes.Oui. Mais hier, elles ont obtenu face à la Norvège, l'argent du coeur.Oui. Les Norvégiennes étaient plus fortes.Mais s'il y a bien un sport qui mérite le triple A, écrit Sébastien Varnier dans la Voix du Nord, c'est le Hand. Les résultats s'enchaîne toujours dans le positif. On devrait en faire une règle d'or.Comment se fait-il que le hand soit toujours aussi haut ? Pour Philippe Pailhories, de l'Equipe, il y a un état d'esprit, une philosophie tournée vers le jeu et les acteurs. Le système français est un modèle qui fonctionne bien. Avec l'amour du maillot. "Le fric ne nous a pas tué" explique Philippe Bana, le DTN.Il y a aussi le choix de la constance, avec des entraîneurs qui ne changent pas. On les faits vieillir. Et ils se bonifient. Bref, une vraie machine à gagner conclue le Figaro.

Tout cela est bon pour durer.

Les "empifés" Et parfois, le temps fait bien les choses...C'est à lire dans Libé ce matin, page 26.On vous en a déjà parlé sur France Inter.L'histoire des "Empifés" du sapin.Un mordu du magazine Pif s'est mis en tête de retracer l'épopée des conifères offerts en gadget par le célèbre magazine dans les années 70-80. Les photos et les témoignages sont à lire sous la plume de Sophie Gindensperger de Libé.Nicole raconte que son fils avait 7 ans quand il a planté le sapin chez sa grand-mère à Chelles en Seine et Marne. Il a été remplanté deux fois. "Car jamais" dit-elle, "lors de nos déménagements, mon fils n'a voulu abandonner son sapin."Pour Catherine en Dordogne, le Sapin de Pif lui rappelle l'enfance.Chaque fois que nos parents ouvrent les volets et qu'ils voient le sapin de Pif, ils pensent à nous.Marie dans le Val d'Oise se souvient elle aussi, du jour où sa maman est revenue avec le sapin de Pif. "Le Pif de Maman a vu grandir" dit-elle, "12 petits enfants. Aujourd'hui, Maman a 87 ans. Et elle est fière de son Pif."Avoir le Pif pour durer. Pas simple, sauf pour des conifères.

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