(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : les clés de la confiance...

(Bruno Duvic) Métro d'Alger, hier après midi. Il y a le sigle de la RATP bien visible. Mohamed a une trentaine d'années, il monte à la station Khelifa Boukhalfa. "C'est qui ? demande-t-il Un acteur ?" Non, c'est un héros de l'indépendance.

L'histoire des martyrs de l'indépendance s'affiche tout au long de la ligne 1, raconte Le Parisien Aujourd'hui en France - station Amirouche, station Les fusillés. Mais, dans le métro, quand on parle de la France, le mot qui revient le plus souvent, c'est « visa ». La France doit être plus souple dans l'attribution des visas, pour s’installer là bas ou juste rendre visite à la famille.

Visa et devises... « Hollande en Algérie, visite d'Etat de deux jours sous le signe du réalisme ». C'est à la Une du site Internet d'El Moujahid , quotidien algérien. Le Parisien y va plus franco : « Les affaires reprennent, c'est l'heure du business ».

Et dans le journal, interview du chef d'entreprise Issad Rebrab. Il est à la tête du premier groupe privé algérien. Une phrase de cette interview a de quoi faire baver la plupart des chefs d'entreprise français : « Nous sommes en situation de sur-liquidités. » Trop d'argent, en quelque sorte. Alors il est prêt à reprendre des entreprises françaises en difficulté.

Comment peut-on avoir trop d'argent ? L'économie algérienne est encore largement administrée. Seule la compagnie pétrolière nationale peut sortir des capitaux.

« La France a besoin de l'Algérie », écrit Akram Belkaïd dans Le Quotidien d'Oran . 150 milliards d'Euros de réserve de change de l'autre côté de la méditerranée, merci le gaz merci le pétrole.

Et pourtant, l'Algérie se traine dans les classements internationaux. Très difficile d'y faire des affaires. « L'Algérie utilise mal sa rente gazière », titrent Les Echos . Beaucoup de redistribution, pas d'investissements. Les 35 chefs d'entreprise qui accompagnent le président français ne demandent pas mieux que de changer les choses.

Alors donnant-donnant, « Une nouvelle page doit s'écrire »

C'est la Une de lL'Humanité ... Economie, mais aussi mémoire, vie quotidienne culture. L'Huma relève qu'en Algérie, la langue française, ce « butin de guerre », comme l'appelait l'écrivain Kateb Yacine, connait un renouveau, sans doute dû à l'essor d'Internet, et des chaines de télévision françaises.

Une nouvelle page doit s'écrire pour les Droits de l'Homme en ALgérie. L'humanité publie une tribune d'une pléaide d'associations demandant à François Hollande d'inclure cette question dans les négociations.

Sur la mémoire, les discours du président seront pesés au trébuchet de part et d'autre de la méditerranée. La chape de silence tombée des deux côtés à travers les générations, de la casbah d'Alger aux cités parisiennes, des gamins du Maghreb aux Pieds noirs de l'hexagone, cette chape se fissure au fil des années.

Chose vue dans Libération . A Colombes, des ados ont filmé les témoignages de leurs proches sur la guerre d'Algérie.

Au pied d'un immeuble, Mehdi braque sa caméra sur son père qui sort du bâtiment, et lui pose une question un peu vague sur la guerre d'Algérie. Et tout d'un coup, tout sort. Tout ce que le père a entendu dans sa famille. Le grand père moujahid, condamné à mort en Algérie et qui arrive en France sans papier. Les descentes de l'armée française dans la maison du bled. Les frères et sœurs massacrés et disparu. Le jeune Medhi est hagard. Le père s'arrête et tend une main maladroite vers son fils : "On n'avait pas eu l'occasion d'en parler".

« La guerre est une histoire de mort et moi je suis une histoire neuve » dit un chroniqueur du Quotidien d'Oran à Libération . Libé qui titre sur « La dictature de la mémoire ». Jean Louis Le Touzet a visité les musées d'histoire d'Alger, leurs impasses, leurs héros et ce qu'ils disent des années noires.

Conclusion : "Une ombre passe à pas feutré. C'est l'heure où les gardiens sortent les clés pour verrouiller l'héritage du passé dans cette histoire laquée. La très riche Algérie s'apprête aujourd'hui à accueillir la pauvre France qui ne viendrait pas mendier le pardon, mais des contrats. »

Avant de partir en Algérie, François Hollande s'est confié au Point

« Hollande, confidences et pirouettes » titre l'hebdomadaire. Sylvie Pierre-Brossolette a rencontré le président lundi.

A propos de son impopularité, le chef de l'Etat ceci : « Dans ce pays, tant que le chômage augmente, il n'est pas d'embellie populaire possible. C'est pourquoi mon seul objectif est de faire baisser le chômage. »

Pas d'embellie économique avant 2014 : " En 2013 les plans de licenciements seront à leur paroxysme (…)

J'ai été élu avec une majorité courte. Si les Verts votaient à l'assemblée, contre un texte important, ils ne seraient plus dans la majorité donc plus au gouvernement. Ce n'est pas leur état d'esprit pour l'instant (…) François Bayrou ne serait pas l'élément d'une majorité nouvelle. »

Florange, si c'était à refaire ? « Montebourg n'aurais pas fait ses déclarations hostiles à la présence de Mittal et Ayrault aurait eu un mot agréable pour son ministre. » Mais à propos du Premier Ministre : « Y en a-t-il un autre qui ferait ce qu'il fait avec autant de courage et de ténacité ? »

A la rubrique politique, on relèvera encore les tiraillements au Front de gauche. Le député du Nord Marc Dolez annonce à Libération qu’il quitte le parti de gauche : « Jean Luc Mélenchon l'a rendu inaudible ». Il dénonce une dérive gauchisante.

Dans Le Canard enchainé : l'affaire Cahuzac pourrait-elle prendre fin ? Le ministre va demander à l'UBS de lever le secret bancaire le concernant. On saura donc s'il a eu ou non un compte dans cette banque.

Une sombre histoire dans Libération

Une syndicaliste d'Areva victime d'une saucissonnage chez elle. Ses agresseurs ont laissé un message : « C'est le deuxième avertissement, il n'y en aura pas trois. » Cette responsable CFDT était en pointe dans un combat contre la direction d'Areva pour obtenir des informations sur un contrat très opaque en Chine. C'est le dossier qui se détache, mais « il est évidemment trop tôt pour établir un quelconque lien entre l'entreprise et l'agression », écrit Libération . Areva a condamné cet acte odieux.

Dans Le Figaro , le soutien d'artistes à Gérard Depardieu. Les réalisateurs Pascal Thomas et Xavier Giannoli, les metteurs en scène Jean-Laurent Cochet et Jérôme Savary. Ils ont notamment été choqués par la lettre très virulente de Philippe Torreton hier dans Libération .

Et puis un (vrai-faux ?) poisson d'avril déjà éventé dans un indiscret de L'Express . L'assemblée devrait se pencher le premier avril prochain sur un texte de protection d'espèce menacée. L'espèce concernée ce sont les députés qui portent un nom d'animal aquatique. La proposition de loi est signée des députés Poisson, Tetart, Marlin et Goujon…

Et Marguerite Duras dans Le Nouvel Observateur

Où l'on reparle de la France au temps des colonies, en Asie cette fois. Cela traverse l'œuvre de l'auteur de « L'Amant ». Le Nouvel Observateur publie des extraits d'un livre d'entretiens avec une journaliste italienne. C'était en 1987. C'est une pépite qui a été curieusement ignorée en France. Duras y multiplie les confidences. Notamment à propos de « L'Amant ».

  • Chaque chose dans le livre est vraie.

  • Même l'argent que vous passait votre amant chinois ?

  • Je sentais que c'était mon devoir de le prendre d'un milliardaire et de le donner à la maison. A table, personne ne lui adressait la parole. Ils étaient un peu racistes dans les colonies et ma famille disait qu'elle le haïssait. Bien sûr, quand il s'agissait d'argent, elle fermait les yeux. Au moins, nous n'aurions pas à vendre ou hypothéquer le mobilier pour manger. »

A demain

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