Alors ce matin, retour à Villiers-le-Bel... Pas besoin d'être grand clerc pour deviner que les commentaires vont bon train après l'intervention de la police hier... Le Figaro raconte, en Une, "comment la police a retrouvé les tireurs de Villiers-le-Bel"... Le journal décrit "une opération d'une ampleur inédite pour interpeller 35 individus"... "35 gardes à vue et une polémique", résume Le Parisien-Aujourd'hui en France... qui titre sur ce "coup de filet en direct"... "1.000 policiers venus pour une descente musclée, trois mois après les émeutes et à trois semaines des élections municipales"... "Le gouvernement est accusé d'arrière-pensées électorales", note L'Est Républicain... Et L'Humanité ironise : "1.000 policiers enrôlés dans le Sarko-show"... Alors 1.000 policiers... Michel Lepinay, dans Paris-Normandie, a fait les comptes... "Ca fait 31 policiers par arrestation... La République a les moyens !"... Tous vos éditorialistes sont, ce matin, d'accord pour dire que les agressions contre les policiers, lors des émeutes de Villiers-le-Bel en novembre dernier, ne peuvent pas rester impunies... 130 policiers avaient été blessés, dont 75 par arme à feu... Ce qui gêne donc, ce n'est pas le fond de l'opération, mais l'apparence... Et Bruno Dive, dans Sud-Ouest, s'interroge... "Difficile de ne pas remarquer que l'opération d'hier intervient à trois semaines des municipales... alors que chute la cote de Nicolas Sarkozy dans les sondages... Alors coïncidence ?... Peut-être... La police et la justice peuvent avoir leurs raisons, que le coeur électoral ne connaît pas... Mais le Président nous a trop montré qu'il savait remettre la question sécuritaire au centre du débat, dès qu'il se trouve en difficulté, pour que l'on soit tout à fait dupe"... "La ficelle médiatique est tellement grosse, constate Pierre Laurent dans L'Humanité, que toutes les autorités ont passé leur journée à démentir leur implication dans la présence des journalistes... Si, si, ils nous l'assurent, ils voulaient tous une opération discrète"... Sauf que... "Une nouvelle fois, on a fait des policiers les acteurs d'une bande-annonce pour les journaux télé et radio", dénonce Jacques Guyon dans La Charente Libre... Et dans L'Indépendant du Midi, Bernard Revel s'interroge sur les journalistes, récemment traités de "charognards" dans l'affaire du SMS, et qui ont eu toute facilité hier à faire leur métier, dès lors qu'il s'agissait de montrer le pouvoir dans une démonstration de sa fermeté... Alors c'est "le jeu de la démocratie", a estimé la procureure de Pontoise... C'est exact, concède l'éditorialiste, à condition toutefois que ce jeu-là soit ouvert et libre de toute pression... Et puis ce matin, il y a aussi ceux pour qui cette médiatisation n'a rien de scandaleux... Hervé Chabaud, dans L'Union, s'énerve : "Il faut un sacré degré de mauvaise foi ou se moquer du monde pour s'étonner que les journalistes soient au rendez-vous de l'événement... Pour témoigner de ce qui se passe, il faut être présent... Et ceux qui s'insurgent avec le plus de véhémence, parmi les politiques, sont ces fidèles du téléphone portable et ces mordus du SMS"... "L'indignation de quelques opposants patentés au gouvernement n'y fera rien... Une majorité de Français doit être rassurés : l'ordre républicain est respecté dans ce pays"... Yves Thréard, dans Le Figaro, applaudit... Il explique aussi que "respecter les habitants de ces quartiers, c'est assurer leur sécurité et leur rendre justice"... Sauf que ce n'est pas forcément ce qui a été fait hier, analyse Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace... Il explique le prix à payer pour cette démonstration de force... un prix exorbitant... "Pendant quelques heures, une banlieue de France a été dénoncée comme un repaire de hors-la-loi... Comment mieux dévaloriser, comment mieux humilier, comment mieux déclasser ces banlieues, qu'on prétend au même moment réhabiliter avec des trémolos dans la voix ?"... Et dans la presse, ce matin... place au "provocateur institutionnel"... C'est le titre du portrait que Le Figaro consacre à Alain Robbe-Grillet... On a appris hier la mort de l'écrivain... Et l'hommage est unanime... "Il fut l'un des pères du Nouveau Roman", explique La Repubblica... Le Nouveau Roman qui, dans les années 50, "a été l'événement intellectuel de la France", rappelle The Independent... "Alain Robbe-Grillet, un éternel anticonformiste à l'écriture subversive", pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung... Et en Suisse, Le Temps revient sur "l'Immortel réticent, ce brillant farceur qui se laissa élire à l'Académie française tout en refusant les contraintes de cet honneur"... En France, c'est Libération ce matin qui consacre sa Une à cet écrivain controversé toute sa vie... Un portrait de lui... Et ce titre : "Gommé"... en hommage bien sûr à son roman "Les Gommes"... Vibrant hommage donc, et pourtant... "Alain Robbe-Grillet n'était pas un écrivain agréable... Il n'était pas sympa"... C'est comme cela que Didier Pourquery débute son éditorial... "D'où venait alors qu'il était si fascinant ?", se demande-t-il... Et de résumer : "Un curieux mélange de textes sans concession, de théories froides, de discours sur la théorie, d'obsessions récurrentes... le tout enrobé d'auto-dérision et d'un humour provocateur"... Alors prenons cette occasion pour se pencher sur la culture... D'abord il y a, dans Ouest-France, ce point de vue de Jean-Michel Djian... Il est professeur à l'université Paris-VIII... Et son point de vue donc s'intitule : "Malaise dans la culture"... un malaise évoqué par la ministre de la Culture elle-même, s'étonne Djian... "Faut-il donc que les artistes et les professionnels du spectacle soient démoralisés pour que leur tutelle en vienne à relayer publiquement leurs états d'âme ?"... Et il analyse cette crise... Economique d'abord... Les spectacles se sont transformés en produits, et ne sont jugés que sur des critères de rentabilité... Crise artistique aussi... Les oeuvres ne disposent plus de temps pour trouver leur public... Crise du public enfin... puisque l'idée d'une politique d'éducation artistique est sans cesse repoussée... La politique artistique, vous la trouverez à la Une du Journal des Arts... C'est un dossier sur les municipales... Le bimensuel constate que ce sont les villes qui, aujourd'hui, sont devenues les acteurs majeurs de la politique culturelle en France... Le Journal des Arts fait un petit tour de France... de Tours à Saint-Etienne... de Lille à Nice... de Nantes à Marseille... où tout le monde semble avoir bien compris que la culture est un facteur d'attractivité... et où tout le monde regrette aussi les difficiles relations avec l'Etat, qui continue de dicter sa loi même si, difficultés budgétaires obligent, il laisse aux collectivités le soin de régler la note... Et sinon dans la presse, ce matin... La Une de La Tribune... "Les ventes d'armes repartent dans le monde"... Le quotidien économique constate que les dépenses militaires sont au plus haut depuis la fin de la Guerre Froide... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... une grande enquête en Colombie... "Dans la jungle, sur les traces des FARC"... un reportage publié alors que samedi, Ingrid Betancourt entamera sa septième année de captivité... Vous lirez aussi, dans La Croix, le dossier sur les nouvelles règles publiées hier par le Vatican... les règles qui visent à rendre plus compliqué le processus des béatifications et des canonisations dans l'Eglise catholique... "Saints et bienheureux : la porte étroite", résume le quotidien catholique... Et puis pour finir... On parlait de culture tout à l'heure... la culture pour lutter contre l'ignorance, la bêtise... pour lutter contre le racisme... C'est La Provence qui raconte... "Les supporters du PSG laissés en plan"... 81 supporters parisiens venus assister au match OM-PSG n'ont pas pu rentrer en bus à l'issue de la rencontre... Leurs chauffeurs étaient introuvables... Le journal marseillais raconte que les 4 hommes... un Guadeloupéen, deux autres Français d'origine maghrébine et un quatrième d'origine portugaise... avaient subi, durant tout le trajet, des insultes racistes... Du coup, arrivés à Marseille, ils ont porté plainte, et ont laissé là leurs cars... "Bravo !", applaudit l'éditorialiste de La Provence... Philippe Larue qui aimerait bien que les instances du football arrêtent d'ignorer cette question... Et il rappelle qu'"en 98, lors de la finale de la Coupe de la Ligue au Stade de France, une répétition pour le dispositif des stadiers avant la Coupe du Monde... un match PSG-Bordeaux... les dirigeants de Paris avaient obtenu qu'aucun de ceux qui assuraient la sécurité dans la tribune des ultras du PSG ne soit Maghrébin ou Noir"...

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