Bonjour... Chaque médaille a son revers. Prenez la lettre "D". Côté pile, elle renvoie à "déficit" (ouh le vilain mot !)... C'est sombre, un déficit, c'est négatif, c'est subi. Côté face, en positif, "D", c'est la débrouille, la "démerde" à la française, une spécialité bien de chez nous au même titre que le coq au vin et les aiguillettes de canard... Le "système D", c'est ce qui nous permet de respirer quand le pays frôle l'asphyxie. Dans sa dernière livraison, datée d'aujourd'hui, l'hebdomadaire LE POINT propose en couverture "le guide 2009 des nouvelles combines". Dans LE FIGARO, vous lirez sous la plume de Bernard Devert (il préside un collectif d'associations spécialisées dans le logement et l'insertion) que "la crise peut permettre le réveil des solidarités". Dans LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE, ce titre enthousiaste, accompagné d'un point d'exclamation : "Le covoiturage, quel succès !". FRANCE-SOIR, dans sa rubrique "Bon Plan", vous invite à mettre "de la pub sur votre voiture" (ce concept tout simple peut vous permettre de gagner 70 à 300 €). Gagner de l'argent en roulant, c'est ça le "système D". Le même journal (FRANCE-SOIR) vous indique aussi "comment bien utiliser l'eau de pluie à la maison". Ce procédé écologique est aussi "économique" : ceux qui l'adoptent peuvent solliciter un crédit d'impôt sur le revenu de 25%, une subvention destinée à les encourager dans cette voie. Un truc, encore, pour dépenser moins... J'ai trouvé l'information dans LES ECHOS. Ce quotidien publie une étude réalisée par MSN-OpinionWay en janvier 2009, pendant les soldes d'hiver, auprès de 975 internautes de 15 ans et plus : vous qui vivez en couple, décidez donc une bonne fois pour toutes d'envoyer systématiquement l'homme de la maison faire les courses... Le sondage d'OpinionWay nous apprend qu'il achète "uniquement les produits dont il a besoin". Monsieur est paraît-il "plus rationnel" que Madame dans ses achats. En revanche, peut-être a-t-il plus facilement tendance que son épouse ou sa compagne à craquer devant un téléviseur : LA TRIBUNE nous apprend que les géants mondiaux de l'électronique grand public sont tout surpris ; ils avaient prévu une nette baisse des ventes d'écrans plats après Noël : ils sont en rupture de stock. Dépenser moins, c'est aussi "sortir moins". L'investissement dans un poste de télévision, c'est l'assurance -à domicile- d'un loisir permanent et presque gratuit après amortissement. Puisque vous parlez d'argent, Alain, dites-nous donc ce que nos journaux pensent ce matin des 2 milliards 600 millions d'euros que Nicolas Sarkozy a sortis hier de son chapeau... L'expression évoque un illusionniste, François Martin, dans LE MIDI LIBRE, voit plutôt le chef de l'Etat en "équilibriste"... C'est le titre de son éditorial, il commence par ces mots : "Comment faire le grand écart sans se casser la figure ? Chapeau l'artiste !" Dans LA CHARENTE LIBRE, Jacques Guyon titre, quant à lui : "Calinothérapie doublée, mais cap inchangé". Pour Hubert Coudurier et LE TELEGRAMME, "Sarko fait le service minimum"... Dans L'ALSACE, Patrick Fluckiger résume cela d'un mot : "Millefeuilles". C'est la tonalité d'un grand nombre d'éditoriaux du jour... L'intervention présidentielle et le "Sommet social" qui l'a précédée apparaissent aux yeux de mes confrères comme un "empilement" destiné à régler le court terme, c'est-à-dire à apaiser les tensions sociales en plein appel à la mobilisation syndicale pour le 19 mars prochain. Dans LA PROVENCE, Philippe Larue note que "Nicolas Sarkozy et son gouvernement semblent désormais faire du rapiéçage crise après crise". A-t-il, au moins, d'autres choix ? ...Pour François Ernenwein, dans LA CROIX, la réponse est incontestablement "non". En page Une de OUEST-FRANCE, Paul Burel remarque que "le libéral pragmatique redécouvre la fonction irremplaçable de l'Etat protecteur"... Toujours l'équilibrisme. Au passage, Paul Burel observe que "la plupart des mesures affichées -aides aux jeunes, aux familles, baisses d'impôt- relèvent bien d'une relance par la consommation qui n'ose pas dire son nom". Dans LA TRIBUNE, Hélène Fontanaud constate que "Nicolas Sarkozy s'est affiché hier comme l'avocat du modèle social français qu'il avait pourtant pourfendu pendant sa campagne présidentielle de 2007". ..."Social", Nicolas Sarkozy ?... Jean-Marcel Bouguereau n'est pas d'accord. L'éditorialiste de LA REPUBLIQUE DES PYRENEES s'en explique : "Avec sa proposition de supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu, il s'agit (entre guillemets) 'de protéger les plus exposés'. Mensonge. Car une telle mesure protègera un électorat qui est en train d'échapper à la droite, les plus riches des plus pauvres : les classes moyennes modestes. Les 'plus exposés', eux, ne paient pas l'impôt sur le revenu". Le quotidien économique LES ECHOS signale que la mesure de réduction d'impôt avancée hier par le Président de la République, si elle vise les classes moyennes, "bénéficiera aussi à certains ménages... aisés". Les déficits se creusent, les Européens de Bruxelles font les gros yeux quand ils regardent vers Paris... Jean-Michel Bretonnier, dans LA VOIX DU NORD, souligne "qu'il faudra bien, demain, combler ces gouffres en faisant payer ceux qui produisent des richesses, entrepreneurs et salariés". ..."Reste qu'on a senti un fond d'optimisme à l'annonce que nous étions 'au milieu de la crise'" : c'est Francis Brochet qui fait cette remarque dans LE PROGRES, pendant que Philippe Waucampt, pour LE REPUBLICAIN LORRAIN, comprend que Nicolas Sarkozy fait "le pari" d'une rapide "sortie de crise"... Il ajoute : "Sinon, les 2 milliards 600 millions d'euros n'y suffiront pas. Et la remise en cause du 'paquet fiscal' reviendra inéluctablement sur la table". ...Mais d'une manière générale, Alain, les éditorialistes se montrent-ils hostiles ou favorables aux conclusions du Sommet social ? ...Ce n'est pas si simple. C'est un peu l'un, un peu l'autre. Dans LE COURRIER PICARD, Francis Lachat reflète assez bien la perplexité ambiante quand il écrit : "Les partenaires sociaux semblent être sortis de cette journée plutôt embarrassés. Ils parlent de mesurettes, de saupoudrage, ils maintiennent la journée d'action du 19 mars, mais ils n'ont pas non plus de raisons d'exploser. On saura dans les jours qui viennent si le Président de la République a réussi à faire baisser la pression". Comme son confrère Daniel Ruiz, dans LA MONTAGNE, Francis Lachat note en revanche la "tension" perceptible dans les rangs du MEDEF après la rencontre d'hier. Dans LE FIGARO ECONOMIE, vous lirez ce titre : "C'était un peu la Sainte-Laurence". Laurence Parisot a eu beaucoup de mal à faire valoir ses positions. Elle n'a pu, sans se faire entendre, que tenter d'exprimer son opposition au partage des profits des entreprises, nouveau cheval de bataille social de Nicolas Sarkozy. ..."Peut-il empêcher l'explosion ?"... "Pourquoi Sarkozy joue avec le feu" : c'est ce qui fait, cette semaine, la couverture de l'hebdomadaire L'EXPRESS, pendant que VALEURS ACTUELLES titre : "Le temps du doute". Les hebdomadaires titrent aussi sur l'actualité sociale antillaise... L'EXPRESS, LE POINT, LE NOUVEL OBSERVATEUR, POLITIS : tous, en effet, évoquent la crise qui secoue l'Outre-Mer. Dans les pages des quotidiens, certains (c'est le cas du PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE) n'hésitent pas à parler d'un "climat insurrectionnel" après la mort, hier, d'un militant du LKP guadeloupéen. Avant la rencontre, aujourd'hui, des élus ultra-marins avec le Président de la République, deux déclarations retiennent ce matin l'attention... ...La première émane de Mgr Emmanuel Lafont. Il est l'évêque de Cayenne. Avec les prélats des trois autres départements d'Outre-Mer, il a rédigé et signé un message adressé aux plus hautes autorités françaises. Dans le quotidien LA CROIX, Mgr Lafont déplore "l'aveuglement de l'Etat". ...La seconde réaction, je l'ai lue dans L'EQUIPE. Le quotidien sportif publie l'entretien que lui a accordé la triple championne olympique d'athlétisme Marie-José Pérec. Guadeloupéenne, elle dit sa "colère de voir s'éterniser le conflit" sur son île natale. A la question "On évoque une possible manifestation des Antillais de métropole, samedi à Paris. Irez-vous défiler ?", Marie-Jo Pérec répond : "Oui. J'ai envie de défiler pour soutenir nos familles, nos amis. Ils en ont besoin". Un mot encore à propos de l'Outre-Mer, à partir de cet encadré découvert dans les pages de LA TRIBUNE. Il a pour titre : "Mayotte va devenir le cinquième département d'Outre-Mer". Le 29 mars (c'est très bientôt), les électeurs de cette île de l'Océan Indien devront dire par référendum s'ils sont d'accord pour transformer leur Territoire en Département d'Outre-Mer, leur "TOM" en "DOM"... On sait que la réponse sera positive. LA TRIBUNE précise qu'à Mayotte, "la croissance démographique est cinq fois plus élevée qu'en métropole" et que "l'immigration illégale en provenance des Comores est un problème endémique". ...Peut-être de nouveaux problèmes en perspective.

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