(Nicolas Demorand : "La presse est très riche, ce matin")... Vous avez peut-être vu hier, au journal de 20 Heures, les images de cette opération d'espionnage, qui est à la fois une réussite et un fiasco total... Le 20 janvier, un haut responsable du Hamas était trouvé mort dans sa chambre d'hôtel de Dubaï, fermée de l'intérieur. Les autorités de l'émirat sont sûres à 99, voire 100%, que c'est un coup du Mossad, les services secrets israéliens. Car, à l'heure des caméras de surveillance et des portables que l'on peut pister à loisir, l'opération a été reconstituée minute par minute. Dans Le Figaro, Adrien Jaulmes raconte ce vrai roman d'espionnage à l'hôtel Al-Bustan de Dubaï... cet agent secret qui entre dans les toilettes chauve et qui en ressort avec une perruque de playboy... ces taupes qui pistent leur cible dans l'ascenseur, déguisées en joueurs de tennis. Ils ont repéré qu'il logeait à la chambre 230. Le meurtre a pris 5 minutes, pas plus. Etouffement ou électrocution ? Pas la moindre trace de violence. Du beau boulot. Sauf que, quand une opération d'espionnage se retrouve à la Une des journaux, c'est qu'il y a un problème. C'est "le Dubaïgate du Mossad", titre Le Monde. Laurent Zecchini relève les bourdes des limiers pas très fins. D'abord le côté amateur de la fausse moustache et des moumoutes. Plus grave, les membres du commando avaient des passeports de vrais citoyens européens. En principe, ça ne se fait pas entre pays amis. D'ailleurs, les chancelleries n'ont pas aimé. L'identité de 7 Israéliens a également été usurpée. Les intéressés témoignent en boucle à la télévision. Et puis l'opération a été menée dans l'un des rares pays arabes avec lesquels Israël a de bonnes relations : pas le choix le plus judicieux. Pour Laurent Zecchini, si la piste du Mossad devait se confirmer, il vaudrait mieux, pour le Premier ministre israélien, qu'il ait été tenu dans l'ignorance des détails de cette mission. En 1997 déjà, une barbouzerie qui avait mal tourné lui avait valu de passer un sale moment. (ND : "Et le conflit israélo-palestinien occupe une large place dans les journaux, ce matin")... Politis consacre un numéro spécial à la Palestine, comme une "grande cause anticoloniale". Dans Libération et La Croix, interview du Premier ministre Salam Fayyad... Sa politique, c'est celle des tout petits pas et du fait accompli. "Ce sont les projets concrets qui feront émerger l'Etat palestinien. J'ai inauguré, dit-il, mon millième mini-projet en deux ans, il y a quelques jours : c'est une route de desserte locale près de Qalqilya, à moins d'un kilomètre du mur de séparation israélien". "A travers ces mini-projets : des routes, des écoles, des bâtiments municipaux, nous voulons construire les infrastructures d'un Etat dans les Territoires occupés, lui donner une réalité, une consistance. Cela n'exclut pas le processus politique : il est complémentaire". Salam Fayyad, cet économiste considéré comme modéré, a plutôt une bonne cote ce matin dans la presse... Le site Causeur.fr relève que sa stratégie du "state building" passe aussi par l'économie : la croissance a atteint 7% en 2009, les salaires ont augmenté de 20%, et les appels d'offres pour la construction d'une ville nouvelle sont en préparation. Causeur relève encore qu'on a célébré hier le 13ème anniversaire de la Bourse palestinienne, à Naplouse. C'est un miracle qu'elle ait tenu, dans le contexte que l'on connaît. Mais évidemment, la grande limite de l'action de Salam Fayyad, c'est qu'il n'a la main qu'en Cisjordanie... pas à Gaza, aux mains du Hamas. (ND : "Et à partir de l'actualité au Proche-Orient et de l'opération d'espionnage à Dubaï, petites histoires de diplomatie")... Dans Le Figaro, Laure Marchand relève que la Turquie étend son rôle au Proche-Orient. Il y a toute une série de raisons à cela : sa proximité à la fois avec les Etats-Unis, le monde arabe et, dans une certaine mesure, Israël notamment. Le Premier ministre Erdogan est même surnommé "le nouveau Nasser" dans la presse arabe. Mais Laure Marchand relève encore que les séries télévisées turques exportées dans tout le monde arabe ont contribué à la bonne image du pays. C'est notamment le succès de "Nour", une saga à l'eau de rose diffusée dans 22 pays. Le héros était un jeune Stambouliote au regard de braise. Petites histoires de diplomatie... Le Figaro, encore, nous apprend que le nouveau surnom d'Hillary Clinton, c'est "Cendrillon". Cendrillon et sa pantoufle de vair... Les images où on la voit perdre sa chaussure sur les marches de l'Elysée ont fait le tour du monde. Cendrillon et son carosse qui se transforme en citrouille... Lors d'un voyage récent, l'avion officiel de la secrétaire d'Etat américaine est tombé en panne dans le désert d'Arabie. Pour la consoler, le roi Abdallah lui a réservé un accueil de princesse : 50 plats au déjeuner, sous sa tente 5 étoiles. Le monarque s'est tout de même montré un peu mufle, puisqu'il a allumé la télévision, qui diffusait un match de baseball. Mais peut-être voulait-il faire plaisir à son hôte américaine ou couvrir le secret de leur conversation. Histoires de diplomatie... Parfois, de grands malheurs ont des conséquences heureuses. Le Monde nous apprend que Cuba et les Etats-Unis vont renouer le dialogue aujourd'hui, via des émissaires. Washington a apprécié la coopération de La Havane à l'occasion du séisme d'Haïti. Et puis nous parlions du conflit israélo-palestinien. Parfois, il perturbe les écoles françaises... L'Humanité raconte l'histoire de cette collégienne exclue trois jours de son établissement de Villefranche-sur-Saône parce qu'elle portait un T-shirt : "Palestine libre". La direction estime que c'est du prosélitisme, et l'accuse d'avoir quitté un cours sans autorisation. Les soutiens de la jeune fille, militants pro-palestiniens, disent que le prof d'histoire-géo faisait de la propagande pro-israélienne. (ND : "Il a été beaucoup question, cette semaine, de la mauvaise ambiance dans les écoles")... Et une toute petite histoire, dans Libération, nous dit beaucoup de choses... Adèle a 8 ans, et elle a déjà connu 18 enseignants depuis le CP. Remplaçants, remplaçants des remplaçants, titulaires d'autres classes de l'école venus donner un coup de main : cette histoire raconte le casse-tête de la gestion des ressources humaines dans l'Education... Parfois, on doit faire appel à des étudiants ou à des retraités. Son père a porté plainte auprès du Tribunal administratif. Il estime que sa fille ne bénéficie pas d'un enseignement continu. Des histoires qui racontent l'époque, on en trouve également à la rubrique Economie de Libé... Le groupe Pinault-Printemps-Redoute va vendre trois de ses enseignes les plus prestigieuses pour se désendetter. Chaque histoire raconte les changements dans les modes de consommation : La Redoute d'abord : La Redoute en déroute... Comment le commerce sur Internet a tué la vente par correspondance. En dix ans, l'enseigne est passée de 6300 à 3300 salariés, selon un membre de la CGT. La FNAC ensuite : la FNAC qui raque... Crise du disque et commerces low-cost. Il y a un an, un plan de suppression de 400 emplois était annoncé. * Enfin, Conforama... Quand l'immobilier va mal, l'ameublement en souffre. Là aussi, un plan de restructuration est en cours. Encore un tout petit mot sur l'économie... Débat d'époque dans l'excellent hebdomadaire Le Nouvel Economiste : quelle place accorder au service public ? C'est "le grand écart". D'un côté, la crise a remis en cause les privatisations à tout crin : c'est le retour de l'Etat. D'un autre côté, il n'y a plus de sous dans les caisses. Alors quelle politique de service public définir ? Le député socialiste Philippe Martin propose qu'une commission droite-gauche dresse une liste de l'ensemble des services publics pour lesquels on ne dérogerait pas au principe "prix égal quel que soit l'endroit du territoire". (ND : "Et encore un grand écart, pour terminer")... Oui, en quelques secondes, nous allons passer des transsexuels aux églises... Les transsexuels : c'est la Une de Libération, ce matin... Le premier rapport officiel doit être publié aujourd'hui. Prise en charge médicale, cadre juridique, suivi psychologique : il relève la plus grande confusion dans l'accompagnement des personnes qui veulent changer de sexe. Les églises, elles sont dans Télérama... Le reportage commence près de Béthune, face à l'hypermarché Auchan. C'est un clocher de briques rouges : Notre-Dame du Sacré-Coeur. Sous le ciel du Pas-de-Calais, le toit fuit, et les fidèles aussi. Que faire de toutes ces églises de moins en moins peuplées ? Question délicate, pour des raisons juridiques, spirituelles et culturelles. On compte aujourd'hui 253 musées installés dans des églises, une préfecture, quelques mairies, un théâtre à Dijon, et un marché couvert aménagé par Jean Nouvel à Sarlat-la-Caneda, dans le Périgord noir. Le lieu est magnifique, comme le montre la photo de Rodolphe Eischer dans Télérama. Mais, bien souvent, le sort de l'église oppose les communes, propriétaires des bâtiments, et le curé, voire l'évêque, sans l'avis de qui rien ne peut se faire. Exemple de l'église de Ploumérin, dans les Côtes-d'Armor, tellement branlante qu'elle ne peut même plus sonner l'heure : des pierres pourraient tomber dans le cimetière. La rénover coûterait 3 millions d'euros. La commune n'en a pas les moyens. Le maire voudrait la démolir, l'évêché ne s'y résout pas. Et c'est vrai qu'une église, c'est aussi l'histoire d'une commune et un gros trou dans le paysage si elle disparaît. Comme l'écrit Luc Le Châtelier, "la porte close d'une église, c'est une atteinte à la simple méditation". Pierres qui tombent et vieilles dames en prière... Elles renvoient à une vaste question : sommes-nous mortels ou immortels ? Bon week-end...

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