Les noyaux d’olives et les noyaux de dattes, ils ont en fait des pions pour pouvoir jouer aux Dames. Et dans les cartons vides de « Vache qui rit », ils ont découpé des morceaux représentant les pièces d’un jeu d’échec…

 Avec les moyens du bord, jouer aux Dames et jouer aux échecs, rares moments d’évasion pour oublier le reste, la faim, le froid, la peur, les tortures et l’enfermement. 

C’est à lire dans LE PARISIEN : « Le récit glaçant des otages de DAECH ». Récit « terrifiant », précise même la Une. Les deux termes conviennent. Récit « terrifiant » par les détails qu’il donne. Et récit, dès lors, « glaçant » pour ceux qui le lisent… Ce sont les détails, ici, qui glacent le sang. Les détails des dix mois de captivité de quatre reporters français. Didier François, Edouard Elias, Pierre Torrès, Nicolas Hénin ont été enlevés en Syrie en juin 2013, et n’ont été libérés qu’en avril 2014. Bien sûr, on se doutait qu’ils avaient vécu des choses difficiles, même s’ils ont très peu raconté. Par pudeur, sans doute. Et peut-être aussi pour passer à autre chose… Mais pour LE PARISIEN, Eric Pelletier retrouvé les témoignages qu’ils ont livrés à la justice, et il les a croisés avec des sources issues du renseignement. C’est le résultat de son enquête que publie le journal, enquête qui, selon mon confrère, permet de saisir ce que fut l’univers concentrationnaire de DAECH, et de mieux cerner la personnalité des bourreaux.

Des bourreaux que l’on a surnommé « les Beatles ». Un surnom trouvé par l’Américain James Foley, dont les Français ont partagé pendant quelques temps la cellule… « Les Beatles », un surnom pour désigner ce groupe de quatre djihadistes britanniques, dont deux membres ont été capturés fin janvier. Un troisième croupit actuellement dans une prison turque. Le quatrième a été tué. Un groupe qui serait responsable d’une trentaine d’exécutions, et notamment de décapitations filmées.

A la justice, les otages ont donc tout d’abord raconté la faim, le froid et la saleté. Les fines couvertures qu’on leur donnait étaient infestées de poux. Ils ont raconté les maladies récurrentes, les fièvres et les diarrhées. Ils ont raconté les interrogatoires et les séances de torture, dans des pièces puant le formol… Des coups et des brûlures, des noyades et des simulacres d’exécution. Ils ont également raconté les  gardiens, francophones ceux-là, qui égorgeaient les prisonniers syriens ou irakiens, après leur avoir fait subir des sévices toute la nuit… Ils ont raconté leur confrère James Foley surnommé « le punching-ball », pour la régularité avec laquelle il était frappé. Et pourtant, il a continué, jusqu’au bout, il a continué à tenir tête à ses bourreaux… Il sera décapité le 18 août 2014, en rétorsion aux frappes de l’armée américaine. Les reporters français, eux, ont été libérés quatre mois plus tôt, et de leurs témoignages, on retient bien sûr les horreur, mais aussi les sursauts de vie : les noyaux d’olives et de dattes pour jouer aux Dames, les morceaux de carton pour jouer aux échecs, ou encore cette chanson fredonné par un des otages. « La vie en rose » d’Edith Piaf… L’un de ses compagnons l’entend dans la cellule voisine. La chanson fredonnée lui redonne de l’espoir.

Dans les éditos, ce matin, ce sont deux hommes qu’on retrouve… Deux hommes qui, disons-le tout de suite, suscitent des commentaires très différents. Aux antipodes, même. Des louanges pour l’un. Pour l’autre, des critiques sévères. Celui-là, c’est Laurent Wauquiez… Tout le monde lui tombe dessus, après ses propos enregistrés la semaine dernière… Propos que, semble-t-il, il n’aurait pas tenus s’il avait su qu’ils allaient être rendus publics. Darmanin, Macron, Sarkozy… On ne reviendra pas dessus, mais quelques mots, tout de même, des commentaires des journaux. Le plus sévère est sans doute Jean-Michel Servant dans les colonnes de MIDI LIBRE… Pour lui, les déclarations de Laurent Wauquiez devant les élèves d’une école de commerce « dévoilent un peu plus le _caractère inquiétant d’un dirigeant autoritaire et cynique _et c’est à se demander comment ce normalien, énarque, agrégé d’histoire, a pu se laissé avoir, écrit-il, comme un bleu (d’Auvergne) par les étudiants… Après Fillon le menteur, voilà les Républicains bien mal embarqués avec Wauquiez le manipulateur. Eux qui croyaient avoir enfin un jeune président avec du charisme se retrouvent dirigés par un petit Machiavel sans idée. » La plupart des éditos sont sur cette tonalité-là.

Très différents, donc, de ce qu’on peut lire sur l’autre homme qui, lui, fait la Une d’une bonne partie des journaux. Et celui-là, c’est Martin Fourcade, devenu hier le Français le plus titré de l'histoire des Jeux Olympiques d'hiver, avec quatre médailles d'or. « Quel pied ! », s’enflamme L'EQUIPE – référence au pied du skieur, tandis que LE PARISIEN évoque « un champion ‘or normes’ (or, sans « h » et sans « s »), qui entre _« dans la légende des jeux Olympiques après un final de folie déjà au panthéondes grands moments du sport français ». Dans la même veine, Cédric Callier, du FIGARO, qualifie Fourcade de « champion au mental hors normes », qui « n'a pas manqué ce rendez-vous avec l'histoire », et ce, à l'issue d'une « course à couper le souffle », s'exclame LIBERATION. Une course qui lui a permis de faire « coup double », relève L'HUMANITE, en « remportant la médaille d'or » et en devenant « le sportif français le plus titré des JO d'hiver ». Jean-Denis Coquard, dans L’EQUIPE voit dans cette performance « le souffle de l'histoire ». « Le sport est affaire d'émotions. Celles dont les champions se nourrissent toujours. C'est en cela,_ écrit-il, grâce à l’émotion qu’ils suscitent, que ce sont les plus grands ». Cela étant, toute la presse rappelle que deux autres français avaient, avant lui, décroché quatre médailles olympiques : les escrimeurs Lucien Gaudin et Christian D'Oriola, mais c’était il y a très longtemps… 

Pour le reste, vous lirez dans LE PROGRES le portrait de deux pompiers lyonnais. Initiative salutaire. _« Sauver des vies grâce à son smartphone_. » Ils viennent de lancer « le permis de sauver », une application sur smartphone qui, lorsque quelqu’un se sent mal, permet de géo-localiser toutes les personnes susceptibles d’intervenir avant l’arrivée des secours. Le Samu du département l’a déjà intégrée à son logiciel, et va l’expérimenter d’ici quelques semaines.

Dans LE JOURNAL DE SAÔNE-ET-LOIRE, vous verrez la photo d’une photo étonnante. « Une œuvre rock & roll pour Johnny Hallyday »… Ce sont des guitares monumentales en inox, et le sculpteur espère qu’elle deviendra le monument officiel d’hommage au chanteur. Elle pourrait être un jour installée au Cap d’Agde, d’où est originaire sa veuve Laëtitia… Peut-être de nouvelles bisbilles familiales.

Enfin, autre musique à la Une de NORD LITTORAL… « Calais orphelin de son jazzman »… Le célèbre violoniste Didier Lockwood est mort subitement hier à l’âge de 62 ans. C’était un homme merveilleux. Un violoniste merveilleux. 

Ce matin, la vie n’est pas rose. Il nous manque déjà. 

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