Historique : le terme n'est certainement pas trop fort pour qualifier l'événement auquel nous assistons en France : ce procès de la justice, cette parole donnée à des innocents, devant les parlementaires... Et surtout la retransmission en direct à la télé. Procès d'un outrage à innocents... Nous y sommes largement revenus ce matin dans nos journaux, sur France Inter... Avec notre invité également... L'avocat Daniel Soulez-Larivière... La presse écrite, elle aussi bien sûr, consacre l'essentiel de ses colonnes et de sa Une à l'événement... Ainsi vous pourrez lire les témoignages des acquittés d'Outreau... Annoncés par des titres dictés d'abord par l'émotion... Comme celui du "Parisien" : "Témoignages bouleversants des innocents devant les députés"... Oui, émotion également face à cette méthode inédite de la retransmission télévisée, comme en attestent les titres du "Figaro" : "Outreau, le procès de la justice en direct"... Ou de "Libération" : "Outreau, le choc en direct"... Avec ce commentaire de Jean-Claude Dassier, dans le même journal... Jean-Claude Dassier, patron de la chaîne info LCI... "Pour moi, dit-il, c'est un des moments de télé les plus forts depuis 50 ans". Et puis il y a le cas Burgaud, auquel "France Soir" s'intéresse... D'abord sous le titre, en Une : "Outreau, le déshonneur d'un juge"... Et cet édito de Serge Faubert, qui écrit : "Le juge Burgaud ne s'excusera pas, il l'a dit"... On l'imagine pétri dans sa morgue, la certitude en bandoulière... Celle d'avoir accompli son devoir... Sa conscience aussi immaculée que la page de garde du Code pénal... Cet homme fait froid dans le dos... On n'ose imaginer ce que pareille raideur aurait produit sous la Terreur pendant la Révolution française, ou en Union soviétique à l'époque de Staline", conclut notre confrère de "France Soir". C'est vrai, Fabrice Burgaud ne s'excusera pas... Il le dit tout net dans "L'Express", auquel il accorde une interview exclusive... C'est la première fois qu'il parle ainsi à la presse... Pas d'excuses donc... Tout simplement parce que le magistrat s'estime victime d'une injustice... Victime à la place des victimes... Demandant en quelque sorte la présomption d'innocence, pour lui. Situation un peu surréaliste, qui fait dire à Gilles de Bernardi, dans "Le Dauphiné Libéré" : "L'injustice qui révolte Fabrice Burgaud ne concerne qu'une seule petite personne : la sienne... Dans le genre vertueux, on a connu plus élégant". Plus incisif encore, Francis Brochet, dans "Le Progrès"... "Ainsi, Monsieur le juge Burgaud a-t-il le sentiment d'une profonde injustice... Oh, pas au détriment des 13 innocents d'Outreau... Non, non... Monsieur le juge pleure l'injustice faite à sa propre personne. D'ailleurs, il n'a rien à dire aux acquittés... Surtout pas des excuses... Pas même une parole de compassion... Un mot, comme ça, pour signaler qu'il comprend leur sentiment d'injustice... Non... Droit dans ses bottes, Monsieur le juge... Raide comme la justice". Gérard Dupuy, lui, dans "Libération", tempère... "Si antipathique qu'elle soit, la tête du juge Burgaud est trop petite pour porter seule la grosse casquette dont on l'affuble. Alors retenons cet élément, parmi tous les témoignages livrés par les innocents d'Outreau... Celui de Thierry Dausque, mis en exergue par "France Soir" et "Le Parisien"... "D'abord, la garde à vue : 11 heures enfermé avant d'être entendu... De 6 heures à 17 heures... Et à 17h30, c'était réglé : je n'ai mis qu'une demi-heure à finir en prison... Quant à la comparution devant le juge Burgaud, elle a duré un quart d'heure", raconte l'ancien prévenu... Un quart d'heure à nier les faits dont il était accusé... Alors le juge lui a dit : "Vous allez regagner vos quartiers... Il faut que vous parliez, parce que pour nous, c'est 20 ans". "Je ne sais pas comment tu fais pour vivre à Paris, moi je ne pourrais pas"... Si vous êtes Parisien, vous avez dû l'entendre plusieurs fois, cette phrase, de la part du bon cousin de province qui vient passer quelques jours et qui repart sur les genoux... Oui, "dur, dur de vivre à Paris", titre "Le Parisien", qui publie aujourd'hui une grande enquête sur ce thème et sur la base d'un sondage CSA auprès de 700 Parisiens et 313 Franciliens... Ce qui est aussi un enseignement pour le maire, Bertrand Delanoë, qui recueille tout de même 60% de bonnes opinions... En baisse tout de même de 18% par rapport à la même enquête publiée il y a tout juste deux ans. En fait, les non-satisfaits estiment que la vie n'a pas changé à Paris... Qu'on ne vit ni mieux ni moins bien qu'avant Delanoë... Il y a même quelques clignotants qui passent au rouge... On va le voir avec vous, Dominique de Montvallon, directeur de la rédaction du "Parisien"... Bonjour... Alors, quels sont les trois points noirs de la vie à Paris ?... Les candidats à la succession de Bertrand Delanoë ne manquent pas... Qui peut le battre à droite ?... Merci, Dominique de Montvallon... C'est donc à lire dans "Le Parisien" et dans le supplément du "Nouvel Observateur", "Paris Ile-de-France", puisque le sondage CSA a été commandé par les deux journaux... Enquête qui débouche, dans "L'Obs", sur un article étonnant, consacré à "la police des mauvaises odeurs". Oui, elle existe, parce que la nuisance olfactive arrive en deuxième position après le bruit... D'ailleurs, le nombre de plaintes sur ce thème a bondi de 15% en deux ans, confie Alain Dhaussy, responsable du Bureau des actions contre les nuisances... C'est ça, la police des mauvaises odeurs... Sans rire, c'est la branche olfactive de la Préfecture, dont le métier est de humer et de renifler. C'est vrai qu'ils ont du pain sur la planche, entre les restos, les poissonneries, ou même les cordonneries mal ventilées, qui minent le quotidien des Parisiens... Figurez-vous que même le fumet de croissants chauds au petit matin... A dose continue, c'est le supplice... Si, si... Demandez donc aux marchands de journaux voisin des croissanteries du métro... Ils vous le diront tous : à force, le beurre sucré, ça dégoûte. D'ailleurs, cette police qui a du nez, dont je vous parlais tout à l'heure, explique que, dans 80% des cas, les plaintes pour mauvaises odeurs sont fondées... La grande majorité d'entre elles émanant des quartiers populaires... Autrement dit, des quartiers mal ventilés... Comprenez "mal équipés"... Dans les beaux quartiers, on vit mieux... C'est vrai que l'argent n'a pas d'odeur. L'argent et les beaux quartiers... L'un plus l'autre égalent people... Souvent. Les people, les gens célèbres... Quelques-uns vont se reconnaître... D'ailleurs, ils sont ouvertement cités, dans un livre écrit par un ancien journaliste de "Voici", qui sait donc de quoi il parle... C'est Jean-Paul Champagne, auteur de "La mafia des people"... Livre qui inspire à "France Soir" son dossier principal, aujourd'hui, sous le titre : "De l'art de faire du fric avec son image". La méthode est toute simple, explique Jean-Paul Champagne : "Le people se montre, ne prend aucune précaution... Il est donc photographié... Ce qui lui permet, au nom du respect de la vie privée, de s'indigner, mais surtout de porter plainte, et de ramasser la mise". Simple comme bonjour. Et Jean-Paul Champagne balance... C'est pour ça que son témoignage est intéressant... Il nous confie ainsi que la championne toutes catégories de ce genre de pratique, c'est Stéphanie de Monaco, qui a obtenu 330 décisions de justice favorables, sur 348 plaintes déposées... Soit un total de 2 millions et 240.000 euros de dommages et intérêts... Ce qui représente, grosso modo, 153 années de SMIC. Mais heureusement, il y a des contre-exemples... Celui d'Alain Souchon, notamment... Qui n'attaque jamais, tout simplement parce qu'il n'a pas à le faire, vu qu'il ne met pas sa vie privée en avant. La morale de l'histoire, tout de même, c'est que malgré toutes les amendes qu'elle doit payer, la presse people se porte comme un charme... Elle ne s'est jamais aussi bien portée... Comme ça, tout le monde est content... Sauf la presse... La vraie, serait-on tenté de dire... Qui, elle, doit faire face aux pires difficultés financières... On ne prête qu'aux riches.

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