J'ai une bonne nouvelle... Alors, avant d'égrener la litanie des sales nouvelles, ce matin encore, dans la presse, arrêtons-nous un instant sur celle-ci : nous avons passé le plus dur... Hier 18 janvier, c'était le pire jour de l'année, le Blue Monday, lundi de la déprime. Le site Slate.fr s'est intéressé à une étude anglaise : étude d'une société qui aide les entreprises à combattre l'absentéisme. Et elles font du troisième lundi de l'année la journée la plus poissarde. Pourquoi ça ? Eh bien, parce qu'il fait froid depuis des jours, qu'on ne voit pas beaucoup le soleil, que les dettes de Noël se sont accumulées, mais que les bonnes résolutions du 1er janvier ont été avalées avec la galette des rois. Et pour couronner le tout, selon cette étude, on ne peut pas prendre ses congés parce qu'on a déjà épuisé son quota à cause des récentes chutes de neige. Eh bien voilà, réjouissez-vous : le Blue Monday est derrière nous. Place au Sunny Friday. Encore un peu de patience : ce vendredi ensoleillé, jour le plus heureux de l'année, c'est le troisième vendredi de juin. (Nicolas Demorand : "Nous voilà remontés à bloc, prêts à affronter les priorités de 2010")... Sur ce thème, réponse du mensuel Alternatives Economiques : la priorité, cette année, c'est : lutter contre le chômage, lutter contre le chômage et encore lutter contre le chômage. Le Monde a fait les comptes pour les plus fragiles... un million de personnes arrivent en fin de droits en 2010, et 600000 ne toucheront pas la moindre indemnité : pas de RSA (le successeur du RMI), pas non plus d'allocation spécifique de solidarité. Alors comment fait-on dans ces conditions ? Eh bien, on fait peu... Témoignage de Christine, 49 ans, en fin de droits depuis novembre dernier : "Je fais partie, dit-elle, de ces personnes qui galèrent avec un Bac+5". Sept ans sans emploi stable, elle vit avec moins de 1000 € par mois. 1500 € pour Sonia, son mari et leurs deux enfants. Ils vivent avec le SMIC de Monsieur et les allocations familiales et logement. 1500 € dont 800 de factures incompressibles. "Le seul plaisir que nous nous faisons, dit Sonia, c'est l'abonnement Internet". Le chômage endémique, selon L'Humanité ce matin, revient donc en grosses lettres sur l'agenda des politiques. Le Monde relève que le Parti Socialiste parle de "scandale social" à propos de ces chômeurs en fin de droits, et que Xavier Bertrand fait de l'emploi la priorité de la campagne régionale à l'UMP. Alors, que faire ? Après avoir dévalé une avalanche de mauvais chiffres (il y a bien un effet retard à la crise), Alternatives Eco dresse le bilan de l'action du gouvernement : le succès du statut de l'auto-entrepreneur, l'amélioration du chômage partiel, la formation des salariés licenciés, les quelques emplois aidés. Mais, selon le mensuel, il y a d'autres pistes, que le gouvernement n'explore pas pour des raisons idéologiques : cesser de dépenser de l'argent public pour les heures supplémentaires, remplacer plus d'un fonctionnaire sur deux qui partirait à la retraite, et cesser d'encourager les salariés âgés à travailler plus longtemps. Cela dit, Alternatives Eco le reconnaît : il y a un vrai problème de financement de la protection sociale. C'est la question des retraites notamment. Et, sur ce point, Le Figaro relève la fin d'un tabou au Parti Socialiste : celui de la retraite à 60 ans. C'est une déclaration de Martine Aubry dimanche, passée assez inaperçue : "Je pense qu'on doit aller, qu'on va aller très certainement, vers 61 ou 62 ans". Pour un habitué du Parti Socialiste qui témoigne dans Le Figaro, "en tant qu'ancienne ministre du Travail, Martine Aubry sait que le système des retraites ne pourra pas rester en l'état". Alors le PS va-t-il faire son aggiornamento sur ce point ? Dans la série "petits et grands changements", Le Parisien-Aujourd'hui reproduit ce matin le nouveau logo du Parti Socialiste : il y a toujours la rose, mais elle est plus petite, à côté des deux grosses lettres PS. Et surtout, les feuilles de la rose sont désormais bien vertes : une petite touche écolo, en ces temps de réchauffement climatique... L'avenir du PS est-il écolo et strauss-kahnien ? Breaking news sur LePoint.fr : Dominique Strauss-Kahn devient la personnalité politique préférée des Français. Il détrône Rama Yade. C'est un sondage IPSOS qui sera publié après-demain dans l'hebdomadaire. Détail très intéressant : DSK recueille plus d'opinions favorables chez les partisans de l'UMP que chez ceux du PS. (ND : "Et bien sûr, les journaux font encore une large place au chaos en Haïti")... Et au milieu de ce chaos, un gros bâtiment blanc épargné par le séisme, impeccable. C'est un hôpital, l'un des rares à posséder quatre blocs opératoires à Haïti. Et pourtant, il est fermé... "La débâcle du corps médical haïtien" : c'est le reportage de Tanguy Berthemet, ce matin, dans Le Figaro, à Léogâne, près de Port-au-Prince. Où sont les médecins ? A cette question, le maire de la ville n'a pas vraiment de réponse : peut-être sont-ils morts ou enterrent-ils leurs proches. Sans doute, malheureusement, mais pas seulement. L'hôpital de Léogâne était fermé avant même le séisme : mauvaise gestion et corruption. Et au-delà de cela, les médecins survivants sont aux abonnés absents. "On a vu trois ou quatre docteurs les premiers jours : ils sont passés, ils ont aidé une demi-heure puis ils sont partis. C'est comme ça, ici", dit la directrice de l'école d'infirmières de Léogâne. L'un de ses élèves est plus cinglant : "J'en ai même vu un qui jouait aux cartes". Et ça ne surprend pas un homme d'affaires européen qui vit à Port-au-Prince : "Haïti, dit-il, est un pays très individualiste. La majorité des élites, souvent formée à l'étranger, ne se sent pas concernée par le bas-peuple. Pendant les grands cyclones en 2004 et 2008, on avait dressé un constat identique". A côté de ce reportage assez accablant, le mot de "solidarité" revient dans d'autres récits. La Croix s'arrête ce matin sur un autre phénomène : la ferveur religieuse des Haïtiens... Pour le quotidien, à travers ces prières, ils tentent de donner un sens au drame. Donner du sens : c'est ce qu'essaie de faire Libération ce matin aussi, en donnant la parole à des auteurs haïtiens. Voici comment Kettly Mars décrit le séisme de la semaine dernière : "J'ai l'impression qu'elle est de chair, cette chose qui a traversé la terre. En un éclair, nous ne sommes plus maîtres de nos destins. La chose nous a secoués comme un mouchoir au vent. La terre n'a plus voulu de nous. Et puis l'égarement, comme un réveil en enfer. L'obsession des portes ouvertes, pour courir plus vite que la mort. On a presque envie de croire au Bon Dieu". (ND : "Allez, des nouvelles de la famille, pour finir")... Le palmarès des prénoms... C'est un jeu que la presse adore. La Provence le décline, ce matin, dans la région marseillaise. Pour les filles, les Marseillais font comme tout le monde : Emma est en tête du palmarès. Pour les garçons, Mathis a été le prénom le plus donné en France l'an dernier. A Marseille, c'était Mohamed. Mais surtout, certains Marseillais n'ont voulu faire comme personne. Et l'article de La Provence est émaillé de prénoms tous plus originaux les uns que les autres. Chez les filles, Aava (qui veut dire "amour" en hébreu), Osanna, Calypso, ou encore la très lyrique Tosca. Chez les garçons, Adonis (faut assumer), La (comme la note de musique) ou encore Caramba. Le pompon revient à la fille d'un dénommé Laurent : elle s'appelle Diplodocus ! "Je me suis toujours dit que mes enfants devaient se souvenir d'où l'on vient pour savoir où l'on va", dit le papa très, mais alors très très philosophe. Heureusement, Diplodocus n'est que le sixième prénom de la petite fille : son prénom d'usage, c'est Victoria. La famille vue d'Italie, maintenant... C'est, dans Le Figaro, le phénomène des "bamboccioni", autrement dit les gros poupons. On appelle comme ça les enfants (singulièrement les garçons) qui restent jusqu'à plus d'âge chez leurs parents. 73% des Italiens vivent chez Maman jusqu'à 39 ans. Pour essayer de leur bouger les fesses, le ministre de l'Administration publique propose une loi qui les obligerait à quitter la maison, la pasta et la Mamma à 21 ans. Il faut dire qu'à propos de pasta, il y en a qui sont gratinés, comme cette fille de 32 ans qui a traîné son père en justice parce qu'il ne payait plus des études qu'elle avait interrompues depuis huit ans. Le plus fort, c'est qu'elle a eu gain de cause. En même temps, si son père l'a prénommée Diplodocus, on comprend qu'elle ait voulu le lui faire payer... Bonne journée...

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