Des écrivains à l’honneur ce matin dans la presse

Hommages àMichel Tournier , rares encore dans la presse papier ce matin, au vu de l’heure tardive de l’annonce de sa disparition…Photo de ce collectionneur de mythes aux yeux malicieux, petit bonnet de laine vissé sur la tête, dans le Figaro ,qui revient sur une rencontre en juin dernier avec ce sympathique misanthrope retiré dans son presbytère de Choisel ; François Mitterrand lui rendait visite pour rivaliser d’érudition sur l’œuvre de Zola….trois romans, trois bombes dans le ciel littéraire, Vendredi ou les Limbes du Pacifique ,Le Roi des Aulnes et Les Météores « Je ne suis pas un auteur de best-sellers, nuançait-il, mais de long sellers », trois livres devenus effectivement des classiques recommandés par l’Éducation nationale. Romans de formation, constructions polyphoniques et rémanence de grands mythes, mais romans lointains aussi souligne Nicolas d’Estienne d’orves, «Oui, je souffre d’une infirmité épouvantable , confiait Michel Tournier,je ne peux écrire que si j’ai quelque chose à dire »…jolie leçon pour quelques autres écrivains…Michel Tournier qui concluait ainsi sa vie, il y a six mois : « Mon bilan est plutôt bon, avec ce sommet que représente le Goncourt, le point faible, c’est l’époque où j’ai vécu ».

Un autre écrivain qui a lui aussi peut être du mal avec son époque, Alain Finkielkraut qui s’apprête à devenir Immortel..

Pour le nouveau numéro de Vanity Fair , Sophie des Déserts s’est glissée dans les coulisses de la préparation de l’entrée d’Alain Finkielkraut à l’académie française. Formidable récit, bourré d’informations sur qui verse son obole pour financer le costume et l’épée, 100 000 euros de facture tout de même, Denis Olivennes de Lagardère Active a pris les rênes de ce comité de l’épée, il n’est plus très en phase avec Alain, écrit la journaliste, depuis qu’il a commencé à cultiver son obsession de l’identité nationale, mais « j’aime bien l’idée, reconnaît Olivennes,que ce juif polonais devienne le nouveau Barrès, le chantre de la nation », les mécènes affluent, Patrick Drahi, Serge Weinberg ou François Pinault. D’autres fans, plus gênants ont été délibérément écartés, l’écrivain Renaud Camus, chantre du grand remplacement…Finkielkraut continue de converser avec lui mais sa femme, furieuse, a mis le holà, trop dangereux, a-t-elle jugé. On apprend que sur l’épée du nouvel Immortel, une vache de bronze sera sculptée sur la chape, hommage à Nietszche et sa rumination de la pensée, et une phrase de Charles Péguy gravée: «La république est une et indivisible, c’est notre royaume de France ». Mais au-delà du récit de ces préparatifs c’est le portrait d’un homme « souffrant » qui émerge, qui arrive même à épuiser Fabrice Lucchini avec qui il passe ses vacances. Torturé par l’hommage qu’il doit rendre à Félicien Marceau sous la Coupole, ce collaborateur devenu académicien, imaginant déjà les futures Une de Libération et de L’Obs , se moquant de lui un peu plus encore, le rangeant dans le camp des réacs aux côtés de Zemmour, sans qu’il le comprenne, un homme souffrant de la dépression que la chimie des antidépresseurs a sauvé, confie t il, un homme qui a ressuscité en replongeant dans le bouillon médiatique pour tout fustiger, Nabilla, Jeff Koons, les Guignols, la communauté musulmane caricaturée en chaudron islamiste, tout cela au nom du combat contre la déculturation. Souffrant même du chemin de croix le menant à l’immortalité « C’est ainsi chez Finkielkraut, écrit Sophie des Déserts, seule compte sa douleur ». C’est son fils, Thomas, fils rebelle qui un temps songea à abandonner son patronyme trop lourd à porter, qui l’a convaincu de se porter candidat à l’Académie, rappelant au paternel combien ses parents, petits maroquiniers exilés de pologne auraient été fiers de le voir sous la Coupole.. Quelques jours avant d’y faire son entrée le 28 janvier, un soir d’essayage d’habit vert, c’est Inès de la Fressange qui le conseille, il lâche, « que c’est difficile d’être tous les jours soi-même. Ce soir je n’ai pas envie d’être Alain Finkielkraut ». A lire donc dansVanity Fair.

Dans la presse, ce matin, des réactions après la rencontre des présidents des collectivités corses avec le premier ministre hier…

Réaction surtout à la petite phrase lâchée juste avant d’arriver à Matignon, par Jean-Guy Talamoni, le nouveau président de l’assemblée de Corse ; « la France, pays ami, a-t-il dit hier, sous entendu l’île de beauté est une nation indépendante.. Michel Schiffres à la Une de l’Opinion préfère s’en amuser : « Moi, depuis hier, un de mes rêves est de finir ambassadeur en Corse, sourit il, puisqu’un des chefs de l’île a jugé que la France était un pays ami, ce qui est gentil…à moi, le miel, le figatellu blanc et les châtaignes. Sans doute là bas, y a des mauvaises têtes, pour un rien, on sort le fusil et on prend le maquis. Cela s’appelle l’honneur parait il. Je ferai avec… »

L’Opinion, décidément très en verve ce matin, qui pour revenir sur le plan d’urgence pour l’emploi présenté hier par François Hollande se demande benoitement sous la plume de Nicolas Beytout, « s’il ne faudrait pas intégrer les 2 milliards d’euros de ce dernier plan dans les comptes de campagne du…candidat Hollande. Ce serait logique affirme l’éditorialiste, tant les mesures annoncées sont ouvertement électoralistes »

En attendant le chômage a un impact direct sur les finances des départements…

Dossier à la Une du Parisien pour nous signaler les départements qui n’ont plus les moyens…une dizaine de départements au bord du gouffre financier détaille le journal, peut être 30, 40 l’an prochain.

Explications, les dotations de l’Etat ne cessent de baisser, or les dépenses des départements elles ne cessent de croitre avec notamment une explosion du financement du Rsa, le revenu de solidarité active, le rsa suivant fidèlement les évolutions du chômage avec quelques mois de décalage

Conséquences politiques : certains élus, notamment de l’opposition, menacent désormais le gouvernement de « jacquerie » à un an de la présidentielle et promettent une guerre totale avec l’Etat, pour récupérer de l’argent

Conséquences pratiques pour les français: pas de risque de non versement du RSA, c’est un droit rappelle le journal, mais possible hausse des impôts locaux, la taxe foncière en Ile de France va flamber dans 4 départements. Et oui, ce qu’on ne reçoit pas d’un côté, faut bien le récupérer de l’autre

Elle était « Muttie » pour les allemands en 2015, mais rien ne va plus début 2016 pour Angela Merkel Hélène

Ce week end, le quotidien Allemand Bild titrait « merkel est elle encore la bonne pour diriger le pays ? » les Echos nous racontent ce matin comment l’étau se resserre sur la chancelière dans la crise des réfugiés. Son allié, la CSU lui lance un ultimatum, il lui donne 14 jours pour rétablir l’ordre aux frontières a prévenu hier son président, menaçant de déposer une plainte auprès de la cour constitutionnelle. Son autre partenaire de la coalition le parti social démocrate lui reproche de se défausser de sa responsabilité pour une intégration durable de ces réfugiés. Pour l’instant Angela Merkel parie surtout sur une solution européenne, mais qui tarde à venir. En attendant L’heure tourne titre le Spiegel, pour la première fois, une large majorité d’allemands 56% jugent mauvaise l’action d’Angela Merkel..le point faible, c’est peut être l’époque où on vit comme disait michel Tournier

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