Macron à la Une partout, et infos qui se telescopent

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Vous commencez ce matin par des téléscopages d’informations

Guillaume Goubert à la Une de La Croix, relève « qu’hier, le géant américain des services financiers Goldman Sachs a annoncé une bénéfice net annuel en hausse de plus de 27% l’an dernier ». Or, quelques heures plus tôt, à Davos, Christine Lagarde confiait que le Fmi dont elle est la directrice générale, s’était converti « à l’importance de la question des inégalités et aussi à l’importance d’y apporter des réponses »a-t-elle dit…autrement dit, ajoute t il, tout le monde est aujourd’hui convaincu que les tensions que ces inégalités engendrent ont un effet délétère sur la vie politique avec la montée des votes anti-système, et perturbent donc la vie économique. Mais le système justement, continue sur sa lancée comme si de rien n’était. Et les représentants de Goldman Sachs et consorts, qui portent une lourde responsabilité dans la crise, investissent même les lieux de pouvoir, notamment le futur cabinet de Donald Trump. Amer paradoxe »conclut il

A Davos encore au forum économique mondial, « inversion des rôles stupéfiante » nous dit Hervé Favre de la Voix du Nord : « l'Américain Donald Trump et le Chinois Xi Jin Ping, ont bien un point commun, ils arborent tous deux le plus souvent une cravate rouge ! Mais, sur le plan idéologique, le nouveau locataire de la Maison-Blanche arrive avec un programme de fermeture des frontières tournant le dos au libre-échange, et pendant ce temps le n° 1 chinois vient chanter les mérites de la mondialisation. S'il n'était pas embaumé dans son mausolée de la place Tien'anmen, Mao s'en retournerait dans sa tombe !"

Un dernier téléscopage pour la route, hier, The Guardian, le New York Times, le New York Post, la tribune de Genève, le Monde chez nous, mettaient à leur Une, » 2016 année la plus chaude enregistrée depuis le début des relevés de température en 1880 ». Pas de chance, l’info a débarqué en plein froid. Froid mathématique et froid ressenti. Résultat, on n’en a pas vraiment fait des gorges chaudes. Bernard Pivot poétise dans un tweet ce matin « ce coup de froid pendant le réchauffement climatique, c’est comme une petite brouille pendant un week-end érotique ». Sauf que..c’est beaucoup plus grave que ça !

En politique Hélène, un homme concentre toutes les attentions ce matin…

Macronite dans la presse ce matin!

« Macron Momentum » à la Une du Financial Times qui précise que « l’ancien banquier électrise la présidentielle française », « Ce qu’il a dans la tête » à la Une du Point, Philippe tesson y qualifie Emmanuel Macron de « post socialiste et gaullien ». La Croix s’interroge sur les « ressorts de la percée Macron », et Libération tente de comprendre « Pourquoi ils marchent ». « ils », ceux qui remplissent notamment ses salles. Enquête donc sur ces électeurs séduits par l’ancien ministre .Macron touche parait- il désormais tous les segments politiques de l’électorat, droite et gauche, toutes les catégories sociales, et même les abstentionnistes. Reste la circonspection des « plumes » du journal : Laurent Joffrin, le compare au « psychanalyste qui écoute sans mot dire et répète la dernière phrase de son patient », « il est le réceptacle reconnait-il, des fantasmes et des angoisses de ceux qui ne croient plus à la vieille politique. Et chante la chanson que l’on souhaite entendre. Mais il faudra bien un jour qu’il sorte de l’ambiguité, et se prononce sans ambages sur des mesures précises et emblématiques ». Comprenez, on ne sort de l’ambiguité qu’à son propre détriment, on verra donc bien ce qu’on verra. Dans le même journal, Alain Duhamel reconnait lui aussi la singularité de ce candidat, « à l’américaine » dit-il, qui met à mal « l’antique canevas de tout ce qu’on connaissait jusque-là en France », « des idées mais pas de programme, des supporters mais pas d’alliance, candidat anti-système qui incarne parfaitement l’élite de l’excellence française. » La macronisme est une synthèse atypique, un pointillisme savant, un impressionnisme enjôleur « écrit il. ET ? ET ? Et bien même Duhamel est incapable de dire si Emmanuel Macron subira ou non, le sort habituel des 3èmes hommes de chaque présidentielle. « Comète assurément, astre éventuellement » conclut il prudemment. Nous voilà bien avancés !

SI, certains avancent. Jean Marc Ayrault a fait un pas de plus hier soir vers le soutien putatif à Emmanuel Macron, au cas où. Déclaration à retrouver sur le site du monde.fr : refusant de s’engager clairement à soutenir le vainqueur de la primaire socialiste, l’ex premier ministre a prôné hier le ralliement à celui qui aura a-t-il dit« la plus forte dynamique présidentielle » à gauche. Une dynamique largement en faveur d’Emmanuel Macron, très loin devant n’importe lequel des candidats socialistes en terme d’intention de vote, si l’on en croit l’enquête du CEVIPOF réalisée par Ipsos et publiée ce matin même par le Monde.

En politique encore, Marine le Pen s’en va t en guerre dans Paris match, et sous la plume de Virginie Le Guay nous refait le coup du régime pré présidentiel, moins 12 kilos, et de « l’homme de sa vie » Ca vous rappelle quelqu’un ? Elle nous raconte aussi que son petit voyage à New York, quand elle a poireauté à la Trump Tower, lui a permis d’avoir des pistes pour un prêt auprès d’une banque américaine, puisque, affirme t elle, les banques françaises ne jouent pas le jeu.

Et puis une autre femme est déjà en guerre, c’est Rachida Dati, écartée par François Fillon, au profit de Nathalie Kosciusko Morizet dans une circonscription parisienne dorée, c’est-à-dire gagnée. Dans les colonnes du Parisien ce matin, la maire du 7ème arrondissement fait ce qu’elle fait le mieux, canarder : « on va droit dans le mur » prévient elle, « où est l’espoir pour les classes moyennes dans le programme de Fillon ? » « personnellement, je préfère le général de Gaulle à Thatcher ».

Trump président, cérémonie d’investiture demain. En attendant, la contestation s’organise

« Parfois il faut un cauchemar pour se réveiller, raconte Mick dans Ouest-France ce matin, et bien pour nous, ça a été l’élection de Trump ». L’Humanité met à sa Une, cet « autre visage de l’amérique » qui s’apprête donc à manifester contre le président élu. Avec samedi notamment, la grande manifestation des femmes, la presse américaine s’attend à 200 000 personnes. Très bon reportage dans les Inrockuptibles cette semaine signé Maxime Robin sur ceux qui organisent la riposte. Souvent des anciens activistes gays, qui se sont formés au moment du sida, des luttes d’act up, très organisés donc, mais qui ont surtout un nouveau modèle : le tea party. Oui, le tea party, celui qui a fait capoter les réformes d’Obama. Nous voulons devenir racontent ils, le tea party de gauche, mettre la pression sans arrêt sur les élus, pour qu’ils fassent échouer les projets les plus dangereux de Trump prêt à un tsunami législatif dans les 100 jours à venir.

On termine par un cri du cœur

« On n’est pas là pour se faire engueuler », papier jouissif dans l’Express sur toutes les injonctions qu’on subit jour après jour : « manger 5 fruits et légumes par jour, fermez votre sac sinon ce sera votre faute si les pickpockets vous le piquent, allaitez vos enfants, ça stimule leur QI », ça, c’est carrément l’unicef qui avait osé. Article de Clotilde Cadu qui raconte comment l’engueulade et la culpabilisation sont devenues des messages marketing. Des messages de remontrance qui frisent parfois la maltraitance dans certains cabinets médicaux, Martin Winckler l’a raconté dans son dernier livre. Discours destinés à nous infantiliser. La bonne nouvelle c’est que ça ne marche pas à tous les coups. Pour que le message fonctionne, conclut la journaliste, il faut qu’il soit « crédible, pertinent et non manipulateur ». A vous de faire le tri, et de déculpabiliser…un peu

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