Le Kenya, l'Ethiopie et surtout la Somalie affamés par la sécheresse.

Douze millions de personnes en situation critique, les agences de l'ONU et les ONG ont tiré le signal d'alarme.

Dans Libération, dans le Figaro , on lira comment la corne de l'Afrique, l'une des régions les plus défavorisées du monde, est au bord d'une catastrophe humanitaire majeure. Ce sont d'abord les conditions climatiques qui sont en cause, deux saisons des pluies très mauvaises de suite, des récoltes qui n'ont quasiment rien donné cette année. Mais il y aussi cette guerre civile qui ravage la Somalie depuis des années, depuis vingt ans précisément et la hausse des denrées alimentaires incessante depuis un an : 40% de hausse selon le dernier rapport de la FAO (l'organisation pour l'agriculture et l'alimentation des Nations- Unies).

"Les Etats les plus faibles ne peuvent plus rien importer", s'enflamme Jean Ziegler qui fut rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation et qui pointe du doigt les spéculateurs. Les hedge funds qui après avoir perdu des sommes astronomiques au moment de la crise se sont jetés sur les matières premières agricoles, sans parler des coupes dans le budget du PAM, le programme alimentaire mondial, passé de 6 milliards de dollars en 2008 à un un peu plus de 3 milliards aujourd'hui. "On a trouvé 1700 milliards d'euros pour sauver les banques", conclut Jean Ziegler , "cherchez l'erreur!"

En France, il pleut sur les vacances du mois de juillet.

La nature est mal faite sans doute, mais comment se plaindre dans ce contexte?

"Certes, on se croirait à la Toussaint" titre le Parisien , et personne ne sera épargné ce mardi,si ce n'est peut être la Corse. Parapluies et k-way sur la plage : pas vraiment des photos de saison dans le Parisien , dans France soir mais il y a qu'à sortir le plan B, les plans B. C'est France soir qui propose : à défaut de plage, un petit plongeon dans une piscine couverte, un parc aquatique en tout genre. A moins de s'envoler au soleil où les voyagistes ont cassé les prix sur la Tunisie le Maroc ou l'Egypte. Ou encore un bon film en famille, le ciné c'est à l'abri, on n'y avait pas pensé, merci France soir.

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En attendant, c'est une vraie tempête politique en revanche qui s'abat outre-manche sur le premier ministre David Cameron.

On lira dans le Monde , le Figaro , Libération , et la Tribune le résumé de cette affaire Murdoch, qui va de rebondissements en rebondissements. "Cela nous rappelle quelque chose" comme dit Pierre Fréhel dans le Républicain lorrain : la France a son affaire DSK, l'Angleterre son scandale politico-policier.Et s'il y a un lien entre les deux affaires c'est parce que la presse britannique s'est permis au printemps de donner des leçons aux journaux français jugés complices d'une classe politique dont ils refusaient de dévoiler certains comportements au nom du respect de la vie privée. Ce scandale des écoutes illégales pratiquées à grande échelle par le News of the world conclut Fréhel renvoie les leçons de déontologie à l'envoyeur.

C'est aujourd'hui donc que Rupert Murdoch et son fils James seront entendus par une commission parlementaire, alors que la numéro 2 du groupe Rebecca Brooks a été arrétée et que les patrons de Scotland yard ont présenté leur démission.

"Personne" écrit Libération "n'ose plus anticiper le prochain rebondissement de cette saga extraordinaire baptisée sur les réseaux sociaux la «murdochalypse» ".

Est-ce que le groupe Murdoch est menacé? Difficile à dire pour la Tribune qui fait le point en détail sur ce qui constitue l'un des plus gros empires médiatiques de la planète. Un empire dont les murs s'effritent mais qui n'ont pas encore rompu.

"C'est le premier ministre qui vacille dans la tourmente" titrentLibération , le Figaro et le Monde.

Le Monde qui n'hésite pas à évoquer un Watergate à l'anglaise, tant les liens de David Cameron et de Murdoch sont devenus compromettants. On sait que le candidat conservateur avait fait d'un ancien rédacteur en chef du groupe son conseiller en communication. "Mauvaise pioche" conclut Tristan de Bourbon dans la Tribune : c'est sa capacité de discernement qui est aujourd'hui remise en doute et sa légitimité émiettée.

En France aussi, le premier ministre est sur la sellette, pour tout autre chose.

Ce n'est pas une affaire, tout juste une polémique qui vaut à François Fillon une petite leçon civique du Monde.

Après la proposition d'Eva Joly de remplacer le défilé militaire du 14 juillet par un défilé citoyen, le Monde s'étonne dans son éditorial de la réponse odieuse et limite xénophobe du premier ministre, (en voyage à l'étranger) et qui a remis en cause la francité de la candidate écologiste.

On peut juger la proposition d'Eva Joly incongrue écrit le journal du soir car on voit mal en quoi les français qui ont choisi le métier des armes et de risquer leur vie pour la république sont moins citoyens que les autres.Mais ce n'est pas sur ce terrain que la droite a choisi de répliquer, en relançant le débat sur la double nationalité. Venant d'un pilote aussi confirmé que François Fillon conclut le Monde le dérapage a sans doute été calculé, mais c'est jouer aux apprentis sorciers que de vouloir ainsi concurrencer le FN.

Ce que regrette aussi Esther Benbassa de l'Ecole pratique des Hautes Etudes dans Lilbération , qui voit aussi dans ces propos du premier ministre la cristallisation de l'identité nationale comme thème politique majeur de la droite dite républicaine. "Est-ce bien sûr ?" commente Guillaume Tabard dans les Echos.

On se souvient que François Fillon comme Nicolas Sarkosy s'étaient opposés aux députés UMP qui voulaient interdire la double nationalité. C'est une erreur qu'il a commise le premier ministre, erreur politique qui permet à la gauche de se ressouder sur son dos. Et oui, en politique mieux vaut attiser la discorde dans le camp d'en face. C'était la bonne occasion pour cette saillie d'Eva Joly, mais c'est raté. Ce que souligne un cadre de l'UMP dans le Parisien : qu'au lieu de nuire à la gauche cette affaire nous retombe dessus.

Et on n'oublie pas le Tour de France pour terminer cette revue de presse.

Le petit Voekler du jour: "cet homme qui redonne le sourire au Tour de France" comme dit joliment la Croix, en évoquant ce qu'il faut bien appeler la "voeklermania" qui a saisi la grande boucle. Pas seulement pour le sportif qu'il est, le David parmi les Goliaths, mais pour l'homme qu'il révèle sous le maillot jaune, une anti star parfaite.

C'est le titre de Libération : Thomas Voekler ne joue pas le jaune premier.

Il se la pète pas pour parler clairement. Bien au contraire. Il faut voir ce qu'il en dit lui même de sa performance dans l'Equipe ou dans France soir : je fais pas du vélo pour etre populaire, j'ai juste l'obligation morale de me battre pour mes coéquipiers, mais perdre le maillot ne m'empèchera pas d'etre tranquille en famille lundi prochain. Trop modeste moi? Mais c'est vous les journalistes qui parlez des favoris en disant les grands, ce qui veut bien dire que moi je suis un petit.

DansLibération c'est Jean Louis Touzet qui imagine ce que le manager de Voekler, Jean René Bernaudeau, doit se dire en fond for intérieur : que certes la grandeur n'exclut pas la modestie mais là quand même ç'est un peu trop. Ce n'est pas tout d'avoir des vertus mais faut pas tout démonétiser non plus, une semaine en jaune c'est pas rien.

C'est un peu comme un candidat à la présidence de la république qui se dirait normal. Faudrait pas trop insister.

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