"Une demande en mariage... et 64 millions de cocus"... Vous devinez de quoi on parle avec cette Une de France-Soir... De la sortie des Bleus de l'Euro 2008... Football donc... Elimination des Bleus, et, en toile de fond, l'avenir de Raymond Domenech... "Domenech pas à la noce", juge Libération... "Domenech, le divorce ?", s'interroge Les Dernières Nouvelles d'Alsace... Et pour beaucoup de journaux ce matin, la réponse ne fait pas de doute... Ainsi, Le Midi Libre explique en Une "pourquoi Domenech doit faire ses valises"... Et Richard Gougis, dans son éditorial, écrit : "Quand le supporter se sent cocu, le divorce est consommé... Domenech peut bien lâcher cette ultime perle : 'l'équipe de France est éternelle, mais les joueurs ne le sont pas', on lui répond que les sélectionneurs ne le sont pas davantage"... "Faut-il sauver le soldat Domenech ou tourner la page de Raymond le bouffon ?"... La question est posée par Jacques Guyon, dans La Charente Libre... Alors lui... "Il veut rester", rapporte Le Parisien-Aujourd'hui en France.... Et L'Equipe note ce matin que "Domenech prépare sa défense"... "N'accablons pas Domenech", commente Yves Thréard, dans Le Figaro... "D'accord, cette équipe ne ressemblait à rien... Pas de défense, pas d'attaque, pas de système de jeu... Pas de charisme... Pas de chance non plus... Mais, se rappelle l'éditorialiste, le Brésil de l'après-Pelé, ou les Pays-Bas de l'après-Cruijff, ont connu de semblables trous d'air... Et il convient de ne pas trop prêter au football... Il y en a assez qu'une défaite dans un stade se transforme en deuil national"... C'est aussi l'opinion de Dominique Quinio, dans son éditorial de La Croix... "Le foot rend fou... On a entendu, sur M6, les commentateurs s'en prendre de façon indigne à l'arbitrage du match, sans souci du message transmis aux jeunes à l'écoute... On a vu l'entraîneur, saisi d'une tentation exhibitionniste, déclarer sa flamme à l'antenne... et une ministre de la République parler de 'deuil collectif'... Ce n'est pas aimer le sport que de s'enflammer seulement pour la victoire des siens"... Oui mais voilà : c'est plus que du sport... "C'est de politique dont il s'agit", souligne l'éditorialiste de L'Equipe... Et Sylvain Villaume, dans Le Républicain Lorrain, ironise : "Les conséquences sont terrifiantes : le moral des ménages restera en berne... Et ce n'est pas à Vienne, à la fin du mois, que Nicolas Sarkozy ira chercher son fameux point de croissance avec les dents"... Politiques aussi, les comparaisons et les images... Pour Frank de Bondt, dans Sud-Ouest, "Raymond Domenech est au football ce que Jean-Louis Borloo est à la classe politique"... Sans compter que tout le monde le dit... En demandant sa compagne en mariage à l'issue de la défaite, Domenech a fait son Sarkozy... Hier, il se reprochait seulement des erreurs de communication... "Tiens ! Ca ne vous rappelle personne ?", ironise Jacques Guyon... L'Euro de football d'un côté... l'Europe politique de l'autre... "Que faire après le 'non' irlandais ?"... La question est en Une de Ouest-France... puisque aujourd'hui débute un sommet européen à Bruxelles... un sommet dont l'ordre du jour est devenu : "éviter la paralysie", explique le quotidien... Et la réflexion de Dominique Moïsi, à lire en Une de Ouest-France... Dominique Moïsi est conseiller à l'IFRI, l'Institut français des Relations internationales... Pour lui, l'Europe doit éviter deux tentations... "La première serait de se replier sur soi-même, alors que le 'non' de l'Irlande ne signifie pas la fin de l'Europe... La deuxième tentation serait d'ignorer le message des Européens... On ne peut s'acharner à sauver Lisbonne", écrit le chercheur... Une opinion partagée par Christophe Barbier, dans L'Express... "Quand un peuple souverain a voté, faire comme si de rien n'était est un crime de lèse-majesté"... Et Pierre Laurent, dans L'Humanité, enfonce le clou... "Tant que la voix des peuples qui appellent à réviser l'Union ne sera pas écoutée, la crise ira grandissante"... Alors dans les hebdomadaires qui sortent aujourd'hui, beaucoup d'Européens convaincus tentent de rassurer... C'est le cas de Jacques Delors, dans Le Nouvel Observateur... Pour l'ancien président de la Commission Européenne, il faut réagir avec calme... d'abord parce que le Traité de Lisbonne ne devait entrer en vigueur qu'en 2014, voire même plus tard... et ensuite parce que les décisions qui comptent sont prises par les Conseils des Ministres, donc par les gouvernements... Mais la question qui intéresse Jacques Delors, c'est cette question de fond : "Est-ce qu'un seul pays, grand ou petit, peut s'opposer à l'avancée de la construction européenne ?"... Et il rappelle le processus de Schengen, voté par 5 pays sur 9... ou encore la monnaie unique... 11 pays sur 15 y étaient favorables... Pourquoi ce qui était vrai à 9 ou à 15 ne le serait plus à 27 ?, s'interroge donc Delors... Dans L'Express, c'est l'actuel président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso... "L'Europe n'est pas devenue impopulaire", dit-il... Et il constate que souvent, dans des contextes de politique intérieure difficiles, il y a la tentation de faire retomber la faute sur Bruxelles... "Il faut défendre notre idéal", affirme Barroso... Et dans Libération, une interview de celui qui sera peut-être le prochain président du Conseil Européen : le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker... Lui aussi défend l'idéal européen... "Il ne faut jamais perdre de vue les raisons de la construction communautaire... Aujourd'hui, nous sommes confrontés à un problème de génération... Il y a ceux qui ont fait la guerre, et ceux qui ne l'ont jamais connue, qui considèrent la paix comme un dû... Mais est-ce que l'Europe est immunisée contre la guerre ?... Est-ce que les vieux démons ont vraiment quitté l'Europe ?... Non, poursuit Juncker... L'absence de guerre n'est pas la règle... C'est même l'inverse... C'est écrit dans l'Histoire... C'est écrit dans le sol européen... C'est écrit dans ses cimetières"... Et la France dans tout ça ?... "Peut-elle sauver l'Europe ?", se demande Challenges... Et son éditorialiste Vincent Beaufils concède que, certes, "Nicolas Sarkozy a peu de goût pour la diplomatie besogneuse... Il espérait une présidence française étincelante... Et il va devoir, en toute humilité, apprendre le métier de diplomate, qui fait partie aussi de la belle panoplie de l'homme d'Etat... Lui, qui paraît à contre-emploi dans cet office, saura-t-il nous surprendre encore ?"... Et que peut-on lire d'autre dans la presse, ce matin ?... Que "le bonus-malus auto coûtera 200 millions à l'Etat en 2008"... Les Echos explique que ce surcoût pour l'Etat complique l'extension de ce dispositif visant à lutter contre les émissions de CO²... "Remous autour de la réforme du CNRS"... La Tribune fait de ce sujet son dossier... note que "la recherche privée reste trop faible pour tirer la croissance"... et qu'au niveau international, "les Anglo-Saxons sont les champions de la recherche et du développement, quand la France se situe parmi les pays suiveurs avec le Canada, l'Autriche ou la Belgique"... Dans Le Figaro... vous lirez la tribune signée par le groupe Surcouf... un groupe d'officiers généraux de l'armée française qui, de manière anonyme, commentent le Livre Blanc sur la défense... "Une espérance déçue", résument-ils... Un commentaire critique donc, puisque ces officiers estiment ne pas avoir été écoutés, et que cette réforme ne permet pas d'entreprendre une réflexion plus complète sur les ambitions globales de la France et sur ses priorités géostratégiques... "Au mieux, écrivent-ils, nous serons mieux renseignés, mais nous pourrons moins agir"... Vous lirez aussi, ce matin, cette Une du Parisien... "Nouvelle polémique sur la laïcité : gymnase interdit aux hommes"... C'est du moins ce qui était prévu pour la tenue d'un tournoi féminin de basket inter-mosquées, dans l'Essonne... Mais pour couper court à la polémique, le maire a finalement décidé de ne pas prêter le gymnase municipal... Un dossier à rapprocher de la Une du Temps... "Le foulard, tenue réglementaire aux JO"... Le quotidien suisse rapporte que le Comité international olympique a autorisé une athlète iranienne à participer voilée aux Jeux de Pékin... "Fichu foulard islamique", s'écrie l'éditorialiste Caroline Stevan... "Cheveux au vent, les femmes sont source de tous les désordres, tentatrices invétérées, pêcheresses devant l'Eternel... C'est là qu'est toute la perversion... Les musulmanes doivent en passer par le foulard pour gagner une certaine liberté, un passeport vers le monde".... L'éditorialiste de Genève termine avec cette question : "Viendrait-il à l'idée de quiconque de cacher les hommes sous un foulard, sous prétexte qu'ils sont désirables ?"...

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