Mal rasé, en marcel et survêtement et faisant des fautes de français, si peu ragoutant le chômeur dessiné dans le Parisien. Le Républicain lorrain a 100 ans! Un policer prédateur dans le quartier de la Goutte d’Or, les Jours. Un journaliste de la Provence veut envoyer une résistante au Panthéon.

On parle d'un chômeur... 

Que croque dans le Parisien Olivier Ranson, dessinateur attitré du journal, et face à Mme Penicaud et MM Macron et Philippe, ce chômeur dit ceci, "j'ai traversé la rue pour trouver du boulot, j'en ai pas trouvé, et quand j'ai retraversé, y avait plus de chomage non plus".

Et  voilà donc le mépris un peu tendre dans lequel un tendre dessinateur dans un journal populaire tient celui qui n'a pas de travail. Le chômeur du dessin fait des fautes de français, il n'est pas rasé, ventripotent pas ragoutant il est vêtu d'un marcel et d'un pantalon de survêtement et porte des charentaises au pied... Et subliminalement le dessin suggère que ce bonhomme n'a pas du VRAIMENT chercher du boulot... 

Mais en même temps, il dit quelque chose, cet homme et son "y avait plus de chômage non plus » résume, les critiques contre la réforme de l'assurance chômage. L’Humanité dénonce le big bang sur le dos des chômeurs; les chômeurs paieront le déficit disent aussi bien le Progrès que le Républicain lorrain, qui au fait fête aujourd'hui ses 100 ans! « Schoenes Geburstag » confrère, oui en allemand (car le journal fut créé le 19 juin 1919 sous le nom de Metzer Freie Presse dans une Moselle à peine rendue à la France mais où l'ont parlait d'abord la langue de Goethe) et dans ce numéro anniversaire, on me rappelle à quel point le « Répu » épousa le destin d'une région d'industrie et de ses ouvriers, de la grève des mineurs de 1963 jusqu'au déclin des sidérurgies, et on parle donc ce matin, de l’assurance-chômage...

La communication de l'Etat est peut-être pensée, car plus que du chômage on parle dans des journaux régionaux des cadeaux qu'on nous fait, des chiffres publiés hier par le ministère des Finances alimentent des Une sur "ce que vous gagnerez avec la suppression de la taxe d'habitation", ce sont la Presse de la Manche  le Journal du Centre l'Yonne républicaine, l'Echo républicain, l’Est-éclair, le Berry républicain, on gagnera 877 euros par habitant à Bourges; dans les Echos, deux ministres Mme Gourault et monsieur Darmanin promettent aux collectivités locales qu'elles n’en souffriront pas. Pendant ce temps le Figaro raconte à nouveau comment Monsieur Le Maire a voulu imposer chez Renault la loi de l'Etat actionnaire et l’intérêt de la France, il ne fallait pas fâcher Renault avec Nissan, la France avec le Japon. 

Les Echos contemplent à nouveau  l'habileté de Monsieur Zuckerberg de Facebook qui a lancé une société, Calibra, qui monétisera par une application le Libra, sa nouvelle monnaie cryptée... Et quelle puissance qui défie les banques dit le Figaro, et en comparaison, quelle tendresse m'inspire cette autre monnaie parallèle dont me parle Sud Ouest... Elle est basque, l'Eusko, petite devise à parité avec l'euro, mais dont les échanges financent des projets associatifs et l'apprentissage du basque, l'Eusko est adoptée par le grand club de rugby, l'Aviron bayonnais pour ses abonnements, bientôt sa buvette, autant que Facebook n'aura pas...

Nos militaires sont en danger en Afrique...

Et pas seulement dans les combats qu'ils mènent contre les djihadistes, dans les opérations Sabre et Barkhane,  trois militaires du 3e régiment d'hélicoptères de combat d’Étain dans la Meuse ont été blessés au Mali, lis-je dans l'Est républicain, mais ils sont aussi mis en danger par  es avions qui les transportent, qui sont parfois des poubelles volantes, des avions au rebut remis sur le marché par des sociétés privées qui les louent et sous-louent à l'armée française, une armée lis-je coupable « d’incurie", quand elle gère la logistique de nos forces spéciales. C'est un dossier terrible du Monde, qui s'adosse au travail d'un parlementaire, et on est pris de vertige et d'écoeurement dans le dédale de sociétés écrans, qui via l'Ukraine la Géorgie la Russie les Emirats, organisent le transport de nos troupes, qui est, mot poli, externalisé, vers un privé opaque tissé d’aventuriers. 

"Sur les bases militaires françaises au Sahel, on peut ainsi croiser un patron sorti de prison, un pilote ukrainien ayant servi le grand trafiquant d’armes russe Viktor Bout, des mécaniciens nonchalants, des aéronefs hors d’âge et interdits de vol dans l’espace aérien occidental. Pour certains, ils sont exhumés des cimetières d’avions, dont les plus spectaculaires se trouvent en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud."

Et je vous laisse lire l'enquête de Simon Piel , Jérémie Baruch et Joan Tilouine et méditer  sur ce qu'on fait aux héros désormais.  

C'était hier le 18 juin, on parle de résistance, la Provence me dit le très beau combat d'un de ses journalistes, Roberto Figaroli, qui veut qu'on admette au Panthéon une femme dont il fit le portrait en 1991, Jacqueline Pery d'Alincourt, veuve d'officier, héroïne, déportée à Ravensbruck, oubliée si ce n'est par lui. La Croix raconte comment des jeunes gens en 40 entraient en résistance, et commeLibération raconte aussi bien les résistants d'aujourd'hui, qui au Soudan se tiennent droit en dépit d'une répression brutale, lisez, redressez-vous. 

On parle de poison pour finir...

On parle de l'arsenic qui après des crues a contaminé trois enfants dans l'aude, dans la vallée de l'Orbiel où il y avait des mines, c'est dans l'Indépendant. On parle dans le Monde encore, c'est une enquête internationale, d'une autre mine en Tanzanie, est-ce loin, est-ce proche, une mine d'or qui attire des miséreux venus grapiller des paillettes, mais qui surtout pollue les eaux, mais pour la protéger cette mine des curieux, des journalistes, ou de pilleurs, des gardes brutalisent violent et tuent…

Dans les jours, on parle d'un autre prédateur...  Dans un quartier de Paris, la Goutte d’or, chacun se débrouille et un policier se débrouillait mieux que les autres, Karim M dit « Bilka », le kabyle, qui proposait aux commerçants du coin de prendre « la bonne assurance », comprenez le financer, pour éviter les ennuis, et pas seulement aux commerçants, aux jeunes qui dealent et qu'on volait, pressurait, menaçait s'ils ne payaient pas, qui ne pouvaient se plaindre et qui se confient, anonymes, dans un vrai reportage sur la jungle humaine au coin de chez nous...

On envie ayant lu tout cela la superbe innocence d'un homme qui aime les lettres et en joue depuis bambin, Ouest-France fait son portrait, le normand Guillaume Lecut est sans doute le plus grand joueur de scrabble de la planète, et vient de battre le record de victoire des Chiffres et des lettres, tout lui est bonheur, et tous les jeux, il joue au courses et dans la vie, il est croupier

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