Bonjour... "La meilleure défense, c'est l'attaque !"... ...Choisir la défense quand on s'apprête à charger un troupeau d'éléphants : après tout, ça n'est peut-être pas la stratégie la plus bête. Je vous parle, là, de Ségolène Royal. "La dame en blanc est sortie du bois", titre, en page Une, "Le Télégramme de Brest". Pour Chantal Didier et "L'Est Républicain", "la présidente de la région Poitou-Charentes a pris les devants en officialisant sa stratégie de conquête du parti. La nouvelle n'a guère surpris, mais elle a confirmé les craintes des 'royalistes' (ou des 'ségolénistes') face à la montée en puissance du maire de Paris". Dans "La République des Pyrénées", Jean-Michel Helvig prédit : "La bataille du congrès socialiste sera féroce". Interrogé par "France-Soir", le député-maire d'Evry Manuel Valls confirme : "Le congrès se prépare dans les pires conditions". Michel Lépinay, dans "Paris-Normandie", imagine, lui, la politique du pire pour la formation de gauche. Dans cette "perspective d'une bataille d'éléphants épique", l'éditorialiste normand entrevoit un "risque" pour le PS : "que, sous les charges éléphantesques, l'herbe ne repousse plus. Qu'il ne reste plus alors du PS que terre brûlée après cette guerre des roses qui ne fait que commencer". Son confrère Jean-Pierre Bel, de "La Nouvelle République du Centre-Ouest", prévient à son tour : "Il est urgent, pour le PS, de mieux s'organiser, s'il ne veut pas qu'à Reims le sacre soit un massacre". Beaucoup plus mesuré, Jacques Camus, dans "La République du Centre", salue le geste technique (comme disent les sportifs) que vient de nous offrir la présidente de Poitou-Charentes : "Alors que beaucoup de présidentiables du PS ergotent et masquent leurs ambitions derrière le respect du calendrier et des procédures d'appareil, Ségolène Royal a donné un coup de pied dans la fourmillière (...) Après tout, elle n'a peut-être pas tort d'affirmer que le Parti Socialiste a autant besoin d'un leader que d'un programme. L'un ne va pas sans l'autre. En agissant ainsi, elle va forcer ses pusillanimes rivaux à se dévoiler. Même Strauss-Kahn a dû sortir ce week-end de sa réserve... monétaire". Et Bertrand Delanoë, pendant ce temps, que fait-il ? ...Il prépare soigneusement la série des interventions médiatiques qui accompagneront la publication d'un livre intitulé : "De l'audace". Dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France", le directeur de "Libération", Laurent Joffrin, co-auteur de l'ouvrage, explique que "De l'audace" parle du maire de Paris, "de sa vision du PS, de la gauche". Le journal que dirige Joffrin résume assez bien l'affaire qui occupe aujourd'hui les socialistes, avec ces quelques mots : "Congrès... Royal se déclare, Delanoë s'y prépare et Strauss-Kahn reste à part". C'est un surtitre. Le titre ("Le PS, champ de course-poursuite") surplombe un dessin de Willem. On y voit Ségolène Royal et Bertrand Delanoë lancés dans une course d'obstacles. Les haies, posées sur la piste, portent les inscriptions "2008, 2009, 2010, 2011, 2012"... Dominique Strauss-Kahn, pendant que ses rivaux s'épuisent en course et en sauts, marche tranquillement, les mains dans les poches, à côté des haies. Il semble bien avoir une longueur d'avance. ...Royal, Delanoë, Strauss-Kahn : dans "Le Figaro", Paul-Henri du Limbert brosse un portrait de groupe, à sa façon. - "Ségolène Royal ? (...) Un peu de Tony Blair, un peu de Lulla. C'est peut-être sympathique, c'est sans doute un peu osé, mais c'est surtout très flou". - "Dominique Strauss-Kahn ? (...) Intelligent, évidemment ; clairvoyant, bien sûr ; mais parce qu'il invite les socialistes à se réformer, les camarades accusent le patron du FMI (...) d'être de droite. - "Bertrand Delanoë ? (...) C'est 'jospinisme' et 'modernité', deux mots qui, a priori, ne vont pas très bien ensemble mais qui, si l'on en croit les sondages, commencent à sonner harmonieusement aux oreilles des sympathisants socialistes. Il n'en reste pas moins que Jospin n'était pas 'moderne' et que Bertrand Delanoë, même s'il devait déplaire aux bobos, devrait avoir le courage de dire que les 35 heures ne furent pas l'idée la plus géniale qu'on ait eue, à la fin du XXème siècle, en France". Dans "Le Figaro", toujours, quelques pages avant l'éditorial de Paul-Henri du Limbert, derrière le duel Royal-Delanoë, Nicolas Barotte se prend à imaginer que "la troisième voie ne s'incarne dans un quatrième visage", celui de Martine Aubry. "Faut-il vraiment brûler les 35 heures ?" : je me garderai bien de répondre à cette question, que "Libération" nous pose, pleine page Une. En sous-titre, on lit : "Souvent décriées, les lois Aubry fêtent leurs 10 ans. La gauche revoterait-elle ce texte ?"... Lire en page 2. ...Avec vous, je tourne la page et je découvre, en lettres grasses, que les lois Aubry constituent un "héritage qui embarrasse le Parti Socialiste". François Wenz-Dumas écrit ceci : "On trouve à gauche deux catégories... ceux qui tiennent à rappeler qu'ils n'ont jamais été vraiment pour, et ceux qui veulent tourner la page". Quant à la journaliste Sophie Dufau, auteur (chez Albin Michel) d'un livre intitulé "Nos chères 35 heures ! Chronique d'une disparition annoncée", elle note que les socialistes, visiblement, "préfèrent parler d'autre chose". Pour le député socialiste de la Nièvre Gaëtan Gorce (il fut, à l'Assemblée, le rapporteur des lois Aubry) : "Au PS, c'est le bal des faux-culs". En éditorial, Didier Pourquery se demande si la France est "devenue un pays de fainéants, comme la droite semble le dire". Aussitôt, il répond "non". Il ajoute même : "Face aux avancées technologiques, aux métiers émergents dans les services, il faut débattre des nouveaux rythmes de vie. Innover encore. La gauche doit articuler un discours clair sur le sujet. On l'attend. Elle devra se montrer courageuse et inventive". Le dossier de "Libération" relève au passage que parmi les personnalités socialistes, Michel Rocard est "sans doute le seul qui soit prêt à refaire de la réduction du temps de travail un cheval de bataille du PS". Le congrès du Parti Socialiste aura lieu en novembre. Aucun doute : il s'annonce passionnant. De "socialiste" à "social", la transition est aisée (au moins phonétiquement). Vos quotidiens régionaux reviennent -nombreux- sur la manifestation d'hier à Paris en faveur du service public de l'éducation... Pour "La Charente Libre", "la FSU réussit son tour de chauffe"... "Le Républicain Lorrain" voit la fédération syndicale "entretenir la mobilisation"... "L'Alsace" titre, dès aujourd'hui, sur les grèves de jeudi... Dans "Le Figaro Economie", on nous rappelle que "tous les syndicats appellent à manifester jeudi contre le passage à 41 ans de cotisation"... Le titre de l'article : "Retraites : le grand test pour le gouvernement"... et "L'heure de vérité pour le service garanti pour les transports au niveau national". "Le Fig Eco" s'arrête aussi sur la colère des pêcheurs, conséquence de la flambée du prix du gazole. Gros titre de "La Tribune" : "Le pétrole tout près des 130 dollars". Revenant sur le blocage des ports par des pêcheurs désespérés, Patrice Chabanet, dans "Le Journal de la Haute-Marne", constate que "ce sont ces mouvements, souvent considérés à tort comme corporatistes, qui représentent un véritable danger pour l'équipe au pouvoir. En soi, ils ne sont pas massifs. Mais ils peuvent se révéler de redoutables détonateurs. Surtout, ils donnent des idées à une kyrielle de professions lourdement pénalisées par la hausse inexorable du prix du carburant". Quoi d'autre dans la presse, aujourd'hui ?... - "La France a ouvert des contacts avec le Hamas" : l'information est publiée dans "Le Figaro". Georges Malbrunot nous apprend qu'au Proche-Orient, "Nicolas Sarkozy n'est plus hostile à l'ouverture de passerelles avec les islamistes palestiniens". - En page 13 du "Parisien-Aujourd'hui en France", vous verrez la photo d'un homme à l'air serein. Il porte, sur le front, la marque sombre des musulmans très pieux dont l'avant du crâne se frotte très régulièrement au tapis de prière. Une barbe très fournie orne son visage. On pourrait se croire à Gaza, on est à Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes. Grégory Dubrulle est un "converti" à l'islam. Il déclare y avoir trouvé "un code de vie", "une condition d'homme digne". Il avait 7 ans lorsqu'un inconnu l'a enlevé le 9 juillet 1983. Il est le seul survivant d'une longue série de disparitions et de meurtres d'enfants, une vingtaine, survenues dans le département de l'Isère entre 1983 et 1996. "Le Parisien-Aujourd'hui en France" nous l'apprend : la procureure générale de Grenoble a mis en place une cellule spéciale pour élucider ces "mystères" de l'Isère. - Une autre affaire : celle de cette jeune Suédoise violée et assassinée récemment par un faux-chauffeur de taxi. C'est dans "Libération" : début février, le meurtrier présumé de Sussanna Zetterberg était passé à la rédaction du journal pour se plaindre de mauvais traitements policiers. Les journalistes qui l'avaient reçu avaient jugé ses propos "incohérents" et n'avaient pas donné suite. Aujourd'hui, une délégation d'une vingtaine de taxis quittera l'aéroport de Roissy, à 14 heures, pour se rendre en forêt de Chantilly et y rendre un hommage à la jeune Sussanna, à l'endroit même où son corps a été découvert il y a quelques semaines. Enfin, ils sont nombreux, vos journaux qui reviennent ce matin sur la pré-sélection annoncée par Raymond Domenech dans la perspective de l'Euro 2008 de football... Dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France", vous verrez la photo du sélectionneur, le pouce et l'index de la main droite pointés comme on pointerait un flingue. Pour "L'Equipe", "Domenech condamne Trezeguet"... Trezegoal, exclu de la pré-sélection pour l'Euro. Plusieurs quotidiens préfèrent délaisser ce joueur pour attirer notre attention sur la surprise du chef. Cette surprise a pour nom Baffetimbi Gomis. Sous le maillot vert des Stéphanois, il a fait des merveilles, cette saison, face aux buts adverses.

Alain LE GOUGUEC

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