(Nicolas Demorand) Religion à la Une ce matin... (Bruno Duvic) Sur le tournage du film "Des hommes et des dieux", consacré aux moines de Tibéhirine, il y a eu un miracle. Il est raconté dans « Le Figaro ». Le réalisateur Xavier Beauvois avait prévu de tourner la scène de l'enlèvement dans les tout derniers jours. Il fallait qu'il neige. He bien il a neigé. "Des hommes et des dieux", présenté hier sur la Croisette sera-t-il Cannes/Onisé, comme en rêve Xavier Beauvois... En tout cas il a "la carrure d'une palme d'or" pour "Le Parisien"... Au delà de la compétition, ce que retient la presse c'est la force d'âme et le courage de ces religieux. Malgré la quasi guerre civile en Algérie, ils sont restés dans leur monastère de l'Atlas. Ils l'ont payé de leur vie en 96. "A quoi rêvaient les moines de Tibéhirine ?" se demande Olivier Séguret dans "Libération". Car le film raconte leur vie et non pas leur mort. "Une trace de pur amour", comme l'écrivait Bruno Chenu dans "La Croix" un an après leur disparition. Aujourd'hui, c'est Dominique Quinio qui signe l'édito : "Dans le brouhaha des films présentés à Cannes, Xavier Beauvois a fait le choix de porter à l'écran ce que fut la discrète vie de ces religieux, leur message spirituel de fraternité entre les hommes." Et elle cite à nouveau Bruno Chenu "Les moines ont tissé des liens de solidarité avec les pauvres du voisinage, ils ont contré la logique de mort qui les assaillaient en considérant tout homme comme un frère. Ils ont engagé un dialogue avec l'Islam dans une démarche de prière". "Le don de soi, c'est ce qui manque le plus aujourd'hui, dit le réalisateur Xavier Beauvois toujours dans la Croix. (...) Parlons-nous et tout ira bien. Avant je pensais qu'on ne pouvait rien changer. Les frères de Tibéhirine m'ont appris qu'on peut toujours." "Le film s'en retrouve hissé à la hauteur d'un certain mysticisme", écrit Olivier Séguret dans « Libération ». Mystique et pratique. Dans « Le Figaro », on rencontre le conseiller monastique du film. Il était là pour que le moindre détail soit conforme à la réalité. Il a emmené les acteurs chez des cisterciens : la vie de moine ce n'est pas la pub "Chaussée aux moines". D'ailleurs "Des hommes et des Dieux" a quelque chose de rugueux, selon « Libération », "une simplicité presque japonaise" qui est le comble du talent" selon le Figaro. Conclusion du critique Eric Neuhoff. "Des films comme ça, on n'en voit pas souvent dans une vie". (ND) Religion encore : le projet de loi sur le voile intégral est présenté aujourd'hui en conseil des ministres. (BD) La ministre de la justice Michelle Alliot-Marie le défend dans "Le Parisien". "Il faut réaffirmer les valeurs humaines et humanistes qui fondent notre vivre-ensemble. (...) Des Etats islamiques ont eux aussi banni cette pratique, c'est même interdit à la Mecque", dit-elle. A cette occasion, le site "mediapart.fr" publie une nouvelle interview au long cours. C'est l'un des atouts de "Mediapart", ces interviews fouillées et publiées par épisodes. Paroles à 10 habitants de la Courneuve. Pourquoi la Courneuve ? Parce que c'est un lieu générateur de fantasmes sur les banlieues islamisées, parce que 50% de la population y est musulmane et parce qu'à la Courneuve, il ya des débats, mais pas de tension majeure. Pour lancer la série d'interviews, reportage à la Courneuve. La pratique des religions, toutes les religions y est plus importante et visible qu'il y a quelques années. "Face aux difficultés de la vie, les gens vont chercher dans la religion ce qu'ils ne trouvent pas ailleurs dans la société" dit le maire de ville, le communiste Gille Poux. Oui à la Courneuve, "on voit beaucoup plus de voiles depuis 5 ou 6 ans". Ce qu'on retient de ce reportage, c'est que les tensions liés au voile ou à à une pratique assez radicale de l'Islam restent des épiphénomènes, mais il y a en a, régulièrement. A la cantine de l'école, en cours de sport, au centre médico-social... "Il y a une pression sociale en direction des jeunes femmes dit le maire. Dans une cité, si on ne sort pas voilée, si on porte un short, on peut être traitée de pute. C'est quelque chose qu'on n'entendait pas il y a 15 ans." Les jeunes filles interviewées parlent de problème culturel. La première de la série, s'appelle Nora, elle a 30 ans. Elle se définit comme une "reconvertie", après une période de rejet de la religion à l'adolescence. Elle se dit "voilée et libre". C'est donc à lire sur "mediapart.fr". Encore un mot de religion, plus visible que naguère en effet. A quelques jours de la pentecôte, l'hebdomadaire « Pèlerin » fait sa Une sur ces « cathos heureux de l'être ». « Le progrès » de Lyon raconte un face à face qui a failli tourner à la bagarre hier devant la cathédrale St Jean entre les militants de la cause homosexuelle et catholiques radicaux. (ND) Après la religion, le credo du PS sur les retraites... (BD) Et à vrai dire il n'ya pas un déluge de commentaire : pas de report de l'âge légal, taxation du capital et des banques, hausse des cotisations... Résumé en titre dans « Le Figaro » : le PS veut faire payer le capital avant tout mais refuse une réforme d'ampleur. Pour Jacques Camus dans "La République du Centre", cette réforme des retraites porte une marque de gauche. "Aux banques et aux riches de payer avant de pénaliser les salariés". Martine Aubry vous étiez la dame des 35 heures, vous êtes maintenant la Dame des 60 ans sous la plus de Jacques Camus. "Sur ce point, pas question de transiger comme elle en avait donné un moment l'impression", écrit-il. Reproche majeur : ne pas avoir tranché sur la durée de cotisation. "Gouverner c'est choisir, le PS ne gouverne pas encore" écrit Philippe Jarrassé dans « L'Est Républicain ». "Martine Aubry va devoir choisir entre son aile droite et son aile gauche, entre François Hollande et Benoit Hamon"... Ca c'est l'édito du « Figaro ». Conclusion de « Libération » à propos de ce projet. Equilibre précaire au PS : l'accouchement s'est fait dans la douleur et le PS reste loin d'une retraite paisible. Quoi d'autre dans la presse Bruno ? Deux symboles de la France sérieusement écornés. Air France, le trou d'Air titre « Libération ». Sale mercredi pour la compagnie : elle annonce de lourdes pertes et sort un livre-enquête sévère sur Air France, la sécurité des vols, le management, et la gestion financière. Autre symbole de la France, les bleus du foot. Pas très aimés dans l'hexagone, mal aimés à l'étranger. Un sondage dans « L'Equipe » en atteste. Il a été réalisé auprès d'amateurs de ballon dans 9 pays. Parmi les équipes mal aimées, la France arrive en 2ème place derrière l'Argentine. Et puis quand la crise économique favorise le nationalisme. La Hongrie où l'extrême droite a obtenu 16% des voix aux dernières élections, veut refaire 14-18. C'est dans « Le Figaro ». Après la guerre, elle avait été amputée d'une bonne partie de son territoire. Des Hongrois s'étaient retrouvés de fait à vivre dans d'autres pays. Aujourd'hui, le gouvernement veut accorder la nationalité hongroise à leurs descendants, au risque de réveiller des tensions au cœur de l'Europe. Religion suite et fin... On termine avec des cathos de gauche « Télérama » ! C'est le jour de sortie le mercredi, mais je vous propose mieux que le journal : l'âme du journal. Il fête ses 60 ans et à cette occasion un superbe double album sort en librairie. Il a été réalisé sous la direction de Nicolas Delesalle. Il retrace 60 ans de vie culturelle à travers les articles de « Télérama ». Alors catho de gauche, oui, puisqu'à l'origine, c'était un supplément de la Vie catholique illustrée. Mais il a toujours fait preuve d'indépendance à l'égard de l'église et de curiosité tous azimuts. A l'origine il s'appelait « Radio cinéma télévision ». C'est le seul journal qui publie les programmes radio depuis sa création. Et il a saisi tout de suite l'importance de la télévision. Dans le premier numéro, l'une des plumes du journal, le révérend père Pichard conseille au curé de Lisieux d'acheter une TV. « Mais oui mon père, à Lisieux, on capte la Tour Eiffel ! » "La télévision française est-elle la plus intelligente du monde ?", se demandait le n°261 de l'hebdomadaire. Ca s'est gâté depuis. Dès les années 70, « Télérama » constatait : avec la télé, les familles mangent plus et dorment moins. Et au fil des années, c'est devenus un hebdomadaire culturel complet. D'Yves Montand en noir et blanc qui illustre le premier album anniversaire à Bjork en couleur sur le second. Du révérend père Pichard à Loana, 60 ans ont passé. « Télérama » a semé des centaines de petits cailloux que l'on retrouve joliment polis ou encore rugueux dans ce double album. Vous le trouvez en librairie.

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