Election pdlle en Iran, la com de MAcron, les chiffres de la parité des partis politiques

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par une élection, présidentielle encore. On vote aujourd’hui en Iran

« Non, je ne voterai pas, même pour Rohani, tous les candidats sont issus du même système » voilà ce que dit une jeune fille, Elham à Georges Malbrunot, l’envoyé spécial du Figaro à Téhéran. « Mais non, rétorque un autre, il faut absolument faire barrage à Raissi, c’est comme chez vous en France, il fallait voter Macron au second tour pour empêcher le Pen d’être élue »…Illustration de la francophilie qui perdure décidément en Iran, illustration aussi que décidément aussi, le clivage système/anti-système traverse tous les pays, au-delà de situations politiques très différentes. En Iran, nous explique Yves Bourdillon dans les Echos, ce qui se joue c’est le choix entre la poursuite de l’ouverture internationale, avec le président sortant Rohani, et l’isolement, voire le retour à une confrontation souterraine avec l’Occident via l’élection de Raissi. Une opposition là encore entre les partisans de la mondialisation et ceux plus enclins à l’isolationnisme.

Mais ce qu’il faut lire ce matin sur l’Iran, ce sont les articles de Courrier International sur la « Génération qui ose ». Un notamment, le reportage exclusif du quotidien belge De Morgen. Il raconte la vie sexuelle débridée d’une partie de la jeunesse de Téhéran. Récit absolument incroyable du journaliste qui a assisté à des scènes de libertinage, voire de sexe collectif qui ont parfois lieu dans le jardin d’un chef spirituel haut placé, en son absence évidemment c’est sa fille qui était à l’initiative, scène de « dating » opéré au volant des voitures dans les embouteillages de Téhéran où l’on repère le ou la partenaire d’un soir. Mais ce que le journaliste explique c’est le sens politique de cette effervescence sexuelle. « Nous appelons cela notre « révolution ludique » lui dit un jeune homme. « Comme tout est interdit, tout devient possible » Protester dans la rue reste en effet extrêmement dangereux, du coup, avance une anthropologue iranienne, « la seule façon pour les jeunes d’exprimer leur mécontentement est de transgresser dans la sphère privée les règles instaurées par le régime ». Plus que les hommes encore, ce sont les femmes qui prennent l’initiative de la révolte sexuelle, parce que ce sont elles qui paient le prix le plus lourd des lois absurdes de la république islamique. Le régime et ses gardiens de la révolution mènent une chasse sans répit à ces libertins, mais derrière les hauts murs et les portes épaisses des villas cossues de Téhéran Nord, l’alcool coule, les corps se mélangent, la jeunesse iranienne se joue des interdits pour mener, au moins, sa révolution de l’intime.

Retour en France, premier conseil des ministres hier, et un discours de la méthode du président qui fait déjà grincer quelques dents

« Autorité, collégialité, confidentialité » c’est le mantra délivré hier au président à ses ministres. « Ce quinquennat s’ouvre sous le règne d’une communication ultra contrôlée » souligne Laure Bretton dans Libération, ce qui n’empêchera nullement prédit le journal, les points de friction entre ministres venus d’horizons tellement différents, notre dames des landes, CETA ou encore CSG, « Clash en stock » prévient le journal à sa Une.

Mais c’est surtout la communication très verrouillée du nouveau président qui inquiète…les journalistes. D’ailleurs plusieurs media, dont France inter, ont protesté hier dans une lettre ouverte contre la tentation de l’Elysée de vouloir désormais choisir « ses journalistes » pour couvrir ses événements. Une série en fait de petits agacements qui nourrit le soupçon d’un « cadenassage », alors on n’est pas en Iran non plus je vous rassure. Mais pour comprendre les nouvelles visées de l’Elysée en matière de maitrise de la communication, il faut lire l’enquête de Zyneb Dryef et Laurent Télo dans M, le magazine du Monde sur la « superproduction Emmanuel MAcron ». Les auteurs y racontent comment dans « la boite de prod » du nouveau président, il y a des modèles, « Obama, la référence absolue, com scénarisée et léchée comme un blockbuster américain, cadenassée à triple tour pour donner l’image du président le plus cool de l’univers, et des contre-modèles, François Hollande bien sûr et sa présidence bavarde. Un des plus proches d’Emmanuel Macron, Ismael Emelien, désormais conseiller spécial du président, et qui fut son stratège en com pendant la campagne, est resté traumatisé par l’expérience vécue chez DSK. Il avait 17 ans à l’époque, était petite main dans l’équipe de campagne du candidat Strauss-Kahn, et a assisté en spectateur au « cataclysme du Sofitel » : il en a développé une méfiance incurable à l’égard de la presse, méfiance partagée par son nouveau patron, les medias, c’est le système, le système, faut s’en affranchir. L’objectif est donc de les tenir à bonne distance…ça a été fait pendant la campagne, quelques anecdotes croustillantes, et ça s’est accru quand le Macron candidat a du se dissoudre pour devenir Macron Président. Cette fois, ce sont les mannes de François Mitterrand et de Jacques Pilhan qui sont invoquées, raréfaction de la parole et art de l’éclipse. Les journalistes de M détaillent tous les contre pieds pris avec le président Hollande, pas de copinages avec les journalistes, pas de off, le contrôle toujours le contrôle. Un contrôle aussi de l’intime, avec le rôle désormais connu de Mimi, Mimi marchant, reine des paparazzis et paparazzades qui a obtenu un accès exclusif au couple Macron et qui l’a fait rentrer, quand il était encore en mal de notoriété, dans les salons de coiffure et salles d’attente en multipliant les Unes de Paris Match. Enquête donc sur la fine équipe du président qui espère écrire un « roman présidentiel » bien différent du précédent. Mais qui déjà connu quelques ratés, épisode de la Rotonde au soir du premier tour où l’on découvre des conseillers presse ivres de rage et menaçants à l’encontre des journalistes. Pas de photos vendues par Mimi pour cette enquête à la une de M, mais des illustrations d’Artus de Lavilliéon.

On termine par des chiffres qui ont retenu l’attention de la presse ce matin ?

404 millions d’euros : « et maintenant il doit payer » affiche le Parisien/Aujourd’hui en France à sa Une. 404 millions, c’est la somme que la cour de cassation condamne Bernard Tapie à rembourser, épilogue de 25 ans du « catch judiciaire » qui a opposé l’homme d’affaires à l’ex crédit Lyonnais au sujet de la vente d’Adidas. Alors l’état récupèrera-t-il l’argent ? Rien n’est moins sûr, car comme l’explique Laurent Mauduit dans Mediapart, Bernard Tapie a opportunément demandé au tribunal de commerce de placer son groupe en procédure de sauvegarde, de sorte que le magot soit difficilement accessible. En attendant le jugement le 6 juin prochain, le Parisien tente de nous donner une idée de ce que représente 404 millions d’euros, c’est un exercice qu’on apprend dans toutes les écoles de journalisme. Mais ça a un petit côté absurde totalement réjouissant : 404 millions c’est : 40 600 fois le salaire d’un ministre, ou 40 voiliers Phocéa, ou encore 4 millions 300 000 paires de Stan Smith…Mais que pourrait-on bien faire de 4 millions de stan smith !

Autre chiffre, dévoilé celui-ci par le site Les Nouvelles News : 35% . C’est la proportion de femmes investies pour les prochaines législatives par l’UDI. Faute de respecter la parité dans ses candidatures, le parti centriste va devoir se priver de la quasi-totalité de l’aide publique liée à ces élections. Car cette aide prend en compte le nombre de parlementaires finalement élus, mais pour moitié aussi les candidats et candidates. Et met à l’amende ceux qui ne jouent pas le jeu de la parité. Les Républicains eux, ne franchissent toujours pas la barre des 40% de femmes, ce qui vaudra au parti une retenue d’un tiers sur le montant de l’aide publique. Le Ps y est presque, avec 48% de candidatures féminines, quand la République en marche, la France Insoumise, le Front national, le pc et les écologistes affichent une stricte parité. De quoi espérer le 18 juin, conclut Arnaud Bihel, des femmes plus nombreuses dans l’hémicycle, et peut-être permettre à la France de progresser par rapport à la peu glorieuse 36ème place mondiale qu’elle occupe dans ce domaine

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.