A la Une de Charlie Hebdo, cette semaine : un François Fillon déguisé en travesti vous met la main dans le pantalon, Jean-Marie Le Pen... Légende du dessin de Cabu : "Mais si, il y a des réserves de voix à droite". Ce sont les "derniers feux de campagne", comme le titre Sud-Ouest. Et ils sont incendiaires. "Meurtre de policier : 30 ans de prison incompressibles" : c'est la Une du Figaro, ce matin... Le Figaro qui revient sur l'annonce de Nicolas Sarkozy hier à Dammarie-les-Lys. Il était auprès des collègues du policier tué par un commando d'ETA. Revoilà donc le thème de l'insécurité, à deux jours du second tour des Régionales. Pour Libération, pas de doute : le Président fait de "la récupération"... le Président et le Premier ministre. Dans Libé, retour sur la grosse gaffe de François Fillon mercredi soir : l'annonce à tort de la mort d'un autre policier, agressé à Epernay. En fait, il est toujours vivant, et même sorti du coma dans lequel on l'avait plongé. C'est une information que France Inter vous donnait en primeur hier matin. Pour Jacques Guyon, dans La Charente Libre, François Fillon a payé le risque de jouer les croque-mitaine. "Comment expliquer autrement que par ce climat de déni des réalités et d'énormes pressions mises par l'Elysée l'énorme bourde du Premier ministre ?". Pour Libération, il y a en ce moment un "vent de panique à l'UMP". Après avoir dragué l'électorat écologiste, on ressort les vieux pots sécuritaires. "L'improvisation dans laquelle cet entre-deux-tours se déroule n'est pas la marque de Nicolas Sarkozy, un pro de la politique. La défaite qui se profile a déstabilisé toute la machine sarkozyste". La boussole est déréglée. Pour Laurent Joffrin, dans Libération, "l'UMP est désormais l'Union pour un Mouvement en Perdition". Nous voici donc "entre Kärcher et extincteur", comme l'écrit Didier Pobel dans Le Dauphiné. (Nicolas Demorand : "Les éditos de la presse régionale sont très sévères, ce matin")... Pour Chantal Didier, dans L'Est Républicain, "le retour du thème de l'insécurité est un appât si grossier qu'il n'en est plus crédible". Pour Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées, "Nicolas Sarkozy, grand consommateur de sondages, ne peut pas l'ignorer : la priorité, ce n'est plus l'insécurité, mais l'emploi et le pouvoir d'achat. Dans son profond autisme, il est en train de perdre sur les deux tableaux : du côté des classes populaires comme de l'électorat traditionnel de la droite, qui ne se retrouve plus dans ce Président-là". L'UMP en perdition : c'est sans doute aller un peu fort. En tout cas, à la lecture du Figaro, on comprend que le débat est ouvert sur les réformes et le rythme des réformes après les Régionales. Selon Charles Jaigu et Bruno Jeudy, une tribune de la presse, signée par des chiraquiens, est en préparation. Ils demanderaient au Président d'ajourner la taxe carbone, de reporter la réforme de la procédure pénale, d'alléger celle des collectivités et de geler les suppressions de postes dans la police et l'éducation. Et puis le débat sur le remaniement du gouvernement fait son chemin. Selon Le Figaro, le départ de Bernard Kouchner semble le plus envisageable. Symboliquement, lundi, François Fillon devrait remettre sa démission au chef de l'Etat, qui la refusera... à charge pour lui de former un nouveau gouvernement. Un dernier mot, puisqu'il est beaucoup question de sécurité ce matin... Le Parisien-Aujourd'hui ajoute une pièce au dossier des rapports entre les Français et la police... Le quotidien s'est procuré un document montrant qu'à Paris, les policiers ont bien des objectifs chiffrés pour les PV aux automobilistes. Un flic râle : "En travaillant de la sorte, notre image auprès de l'opinion publique est entamée". Le préfet de police de Paris Michel Gaudin assure dans Le Parisien que celui qui a rédigé ce document sera sanctionné. (ND : "Tout autre sujet... Dans Valeurs Actuelles, retour en Haïti")... Valeurs Actuelles a embarqué fin février sur un vol Air France, première compagnie à avoir rouvert les vols à destination de Port-au-Prince... Air France a doublé le poids des bagages autorisés en soute : les Haïtiens de la diaspora qui peuvent enfin voir leurs proches emportent des bâches avec eux. Car sur l'île, on est encore dans la problématique des tentes, qui tardent à arriver. "Haïti : l'espoir sous les décombres" : c'est le titre du reportage de Vladimir de Gmeline. Alors que la saison des pluies est imminente, le pays commence à se relever... commence tout juste. A Port-au-Prince, le journaliste de Valeurs Actuelles a vu partout des camps, des habitations de fortune au milieu de la chaussée, des hommes et des femmes qui se lavent en pleine rue, des feux, des chiens qui fouillent les détritus, et les ronronnements des groupes électrogènes. Dans les hôpitaux installés par l'aide étrangère, on traite beaucoup de pathologies liées aux conditions d'hygiène. On estime qu'il faudra deux à trois ans pour déblayer les tonnes de gravats, et dix ans pour reconstruire le pays. Et ici, personne ne croit en l'Etat et ses capacités d'organisation. Une conférence internationale sur la reconstruction est prévue à New York à la fin du mois. Et puis la terre tremble toujours. Dans la nuit du 22 février, secousse : magnitude 4,7. Il était 4 heures du matin. Chacun a tendu l'oreille et scruté l'obscurité redevenue immobile. Rien d'autre à faire que retourner se coucher. Mais les plus nombreux ont tiré leur matelas à l'extérieur et fini la nuit à la belle étoile. (ND : "Autre lieu de reportage, ce matin : la Sologne")... C'est dans Politis : un récit de Claude-Marie Vadrot... "Doucement mais sûrement, le territoire de la Sologne se couvre d'écriteaux : 'Propriété interdite', 'Chemin privé', de clôtures et de fils barbelés... La plupart des chemins vicinaux ou communaux et des sentiers de randonnée sont en train de fermer". Comment on privatise la Sologne. Toutes ses terres ont été achetées aux communes sous pression, voire confisquées sans que les maires puissent intervenir. Qui achète ? Des vedettes de la jet-set ou du monde industriel, écrit Politis. Aujourd'hui, 95% des habitants de Sologne vivent sur 5% du territoire. Le maire de Lamotte-Beuvron parle "d'engrillagement" de sa région. De moins en moins de paysans.. Le prix de la terre flambe : il est équivalent à celui de la Beauce. Depuis une quinzaine d'années, les écolos en particulier se battent pour que soit créé un parc naturel régional. Et dans cette histoire, l'économie rejoint l'écologie, puisque cette privatisation des terres entrave, selon Politis, des projets économiques susceptibles de créer des emplois. (ND : "Pour changer de cette actualité bien lourde, quelques chemins de traverse")... Un brin de people d'abord... Johnny en slip de bain, à la Une de France-Soir... On le voit glisser sur une planche de body-board dans les Caraïbes. Depuis la mi-février, tout le clan Hallyday prend du repos à Saint-Barth. "Mon père va très bien", confie David Hallyday à France-Soir. Allez, pour changer de la presse people ou politique, une nouvelle revue... Vous la trouverez en librairie. Si vous aimez les arts graphiques, la bande dessinée, les graffitis, le dessin, la photo et même les tatouages, cette revue est pour vous. Elle s'appelle Hey! C'est un très bel objet, qui paraîtra tous les trimestres. L'objectif est de donner la parole et de montrer les oeuvres des artistes de ce monde à la fois populaire et souterrain. Dans ce numéro, vous découvrirez par exemple les anciens conteurs de rue japonais. Pour illustrer leurs histoires, ils avaient des plaques qu'ils peignaient à la main. Ils étaient extrêmement populaires. Leurs peintures sont reproduites dans ce numéro de Hey! C'est l'une des filiations du manga. Et pour finir, hommage à Simone Veil dans toute la presse, ce matin... Elle était reçue hier à l'Académie française. Le Figaro reproduit le discours de réception, prononcé par Jean d'Ormesson... des mots très émouvants, pour raconter notamment les moments de miracle qui ont permis à la nouvelle académicienne de survivre à l'horreur : elle avait alors 16 ans. Je vous cite un peu longuement les propos de Jean d'Ormesson, parce qu'ils ont du poids et du sens... "15 avril 1944... En pleine nuit, vous débarquez sur la rampe d'accès au camp d'Auschwitz-Birkenau : vous entrez en enfer. Une voix inconnue vous murmure à l'oreille : 'Quel âge as-tu ?'. Vous répondez : '16 ans'. Un silence, puis, tout bas et très vite : 'Dis que tu en as 18'. La voix inconnue vous a sauvé la vie... Une amie de Nice, arrêtée avec vous, conservait sur elle un petit flacon de Lanvin. Sous les cheminées des crématoires, d'où sort une fumée pestilentielle qui obscurcit le ciel, vous vous aspergez à trois ou quatre de ce dernier lambeau de civilisation avant la barbarie. Il paraît, Madame, que vous avez un caractère difficile. Difficile, je pense bien : on ne sort pas de la Shoah avec le sourire aux lèvres"... Et Jean d'Ormesson a eu ces mots, infiniment moins légers qu'ils en ont l'air : "Nous vous aimons, Madame"... Bonne journée...

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.