Un astrologue aurait prédit dans l'autre siècle notre pandémie, l'Yonne républicaine. La jeunesse délaisserait le football, Ouest-France. L'Equipe scrute les salaires des footballeurs. Des cyclistes adolescents fauchés par une voiture, le Progrès. Si belles photos signées Sabine Weiss dans le Pèlerin.

On parle d'un souvenir...  

Qui est un bijou lové au cœur de Libération, signé d'un reporter nommé Ramsès Kefi, qui délaisse parfois la marche du monde pour nous dire sa jeunesse: sa madeleine du jour commence ainsi: "Le bazar, pas loin, n'avait plus de cassette vierge."   Et c'est l'histoire d'un petit gars d'une France populaire, dans un coin "mi-champs, mi-HLM",  qui en l'an 2000 en était encore aux cassettes audio; ce jour-là, il voulait enregistrer un "album exquis" à partir d'une autre cassette qu'il devait rendre le lendemain à un copain teigneux,  il allait devoir effacer une de ses cassettes déjà enregistrées, et puis surtout attendre que se libère le poste de radio cassette familial, un engin increvable, couleur nuit sans étoile décoré d'autocollants vache qui rit Georges Marchais dinosaure Didier Six, et dont les touches sentaient les doigts de son père, "un parfum de cendrier débordé mais bienheureux" car "les mégots riaient"... Mais justement ce soir le père, rentré tôt du boulot, qui avait ses propres cassettes qu'il ne nommait jamais par le nom de l'artiste ou de l'œuvre, mais par leur histoire, "la cassette que j'ai laissée un jour dans la voiture de Gerardo quand j'allais au travail", le père donc écouta toute la nuit des chansons d'amour et puis s'endormit sur le canapé, et ce n'est qu'au petit matin que le petit gars enregistra l'album délicieux.  

Cette épopée nous trouve au prétexte d'un hommage au Hollandais Louis Otten, mort la semaine passée, qui avait inventé la cassette... Un autre journaliste, Jean-Daniel Beauvallet, a célébré récemment sur le site AOC (vous en avez parlé Nicolas) la cassette qui jadis donnait chair et gout au son, elle incarnait la musique et elle était "un concentré d’âme". Ramsès Kefi, lui, ressuscite l'instant de grâce quand passait à la radio un titre désiré et chance, il y avait dans l'appareil une cassette vierge et il suffisait d'appuyer avec deux doigts sur deux boutons... Ramsès Kefi est le Proust de nos petits bonheur, quelle envie de s'y réfugier quand nos journaux sévères apitoyés, lassés, commentent la rechute, le mot est du Parisien de nos confinements.   

Le Monde et le Figaro ne cèlent rien du jugement de la cour des comptes sur un Etat qui n'était pas préparé à l'épidémie, les Echos disent la saga des prêts garantis par cet Etat, l'Humanité-dimanche dit les belles affaire des labos, l'Echo républicain dit  le soulagement anxieux de l'Eure-et-Loir coincée  entre l'Eure et l'Ile-de-France confinées... Mais vous pouvez préférer avec  moi ce cadeau de l'Yonne républicaine, où j'apprends qu'un astrologue né icaunais et mort il y a deux ans, avait prévu en 2011 la pandémie qui nous occupe: André Barbault  tissait des liens entre psychanalyse et astrologie: il faisait dès les années 90 des projections sur le XXIe siècle,  et avait remarqué qu'une triple conjonction Jupiter Saturne Pluton annonçait une sinistrose à l'échéance de 2020, qui serait ensuite corrigée mais seulement en 2026... quand Uranus deviendrait sextile à Saturne-Neptune en Bélier, et trigone à Pluton en Verseau. D'autres  astrologues, notez, contestent à feu Barbault ses dons divinatoires? Gardons le doute.  

On parle aussi de football...  

Et du plus troublant des délaissements, Ouest-France nous dit que les jeunes gens se détournent du ballon rond. La génération Z née entre 1996 et 2012 consomme moins de football que les millénials, cuvées 1981-1996, elle joue moins aussi, le défenseur de Barcelone et businessman Gérald Piqué voit un problème pour le futur du sport, bientôt la génération Z sera en âge de dépenser ses sous...  Et on contemple alors comme une panne de la mondialisation, on porte ne porte plus maillot du club du coin mais celui d'armadas lointaines, et du coup, le lien ne se fait plus...  "Entre faire un five avec les copains et regarder Barcelone-Real Madrid à la télé, je vais jouer avec les copains", dit un jeune homme qui m'est bien sympathique... Le foot cherche à le rattraper sur du streaming, sur Twitch, on dirait des politiques...  

Et l'on garde en tête ce début de désamour... en parcourant l'énorme boulot de l'Equipe, qui sort aujourd'hui sous vingt Unes différentes, une par club de ligue 1 et nous dit tout sur les salaires des footballeurs, qui doivent tendre à la baisse, c'est la crise, mais Mbappé va bien à 2 millions par mois. Mais c'est un autrichien de Lorient qui me marque, il se nomme Adrian Grbic, il porte comme un péché originel le prix de son transfert, 10 millions l'été dernier, et son salaire  d'un peu moins de 100.000 euros, car il ne joue pas très bien ne marque pas beaucoup, et en plus se plaint que l'équipe ne joue pas comme elle devrait pour lui...   

Le Figaro nous dit que le syndicat des footballeurs, l'UNFP, veut transformer les mentalités des joueurs, les former les éduquer en faire des acteurs dans la société, rattraper le sacrifice scolaire qui est souvent au départ d'une carrière...  Il s'agit de retrouver l'estime et le désir, seulement 17% des parents espèrent que leur enfant devienne footballeur, et dans ses pages sportives, le Figaro est social démocrate.   

Mais il n'est pas que le foot. A Marseille on célèbre le centenaire du mythique Cercle des nageurs, c'est dans la Provence, et dans les Alpes, c'est dans le Dauphiné, un dénommé Paul Bonhomme  grimpe des pentes infernales puis les descend à skis, c'est son adrénaline. 

Dans la Loire, dit le Progrès, quatorze adolescents pratiquaient leur passion au sérieux, des cyclistes d'un club de Saint-Etienne, quand un inconscient au volant d'une 206 les a doublés en dépit d'une ligne blanche, et la conductrice d'une Opel corsa a pris peur et a fauché les mômes, c'était mercredi, l'un d'eux était hier encore entre la vie et la mort...   

Et on parle enfin de métro....  

Car d'autres jeunes gens me dit le Parisien sont incollables sur le métro parisien, ils l'observent le filment et l'expliquent sur YouTube, con appelle des Ferrovipathes ces émules français des anglais de Trainspotting, que je me souvienne de ce film accuse mon âge.

Le Monde sur son site nous montre des arbres fort beaux, parmi eux la Pouplie, peuplier noir de la Marne, dont nous vous avons déjà raconté l'histoire, il a failli mourir mais il resplendit, et l'Union nous dit qu'il a fini 9e au concours du plus bel arbre d'Europe.  L'Eveil de la Haute-Loire nous montre des batraciens jolis, la saison des amours commence.  Et le Pèlerin, cadeau ultime, publie des photos de la grande Sabine Weiss, 96 ans, photographe des sentiments de l'intime... Parmi elles l'instantané d'un intérieur à Belfort en 1985, trois garçons, le père en pull jacquard, la mère tient un fer a repasser, les meubles sont de bois massif... On cherche le radio cassette, forcément caché.

En comptant mal les Unes dans l'Equipe, j'en ai réduit le nombre de deux unités, et dans mon brouillard, réduit aussi de deux le nombre de clubs en Ligue 1.  Logique, aberrant, mortifiant. Pardon? C.A.

Contact
Thèmes associés